ACTE V : La lumière
Six mois étaient passés depuis l'arrivée de Faith en prison. Six mois qu'elle avait passé à affronter ses peurs, ses angoisses, ses remords, à tenter de contenir sa violence et sa folie. Six mois de solitude, de confrontation avec ses pensées, avec son esprit torturé. Six mois et une seule visite. Angel n'était pas revenu, mais ses paroles étaient toujours ancrées en Faith, comme un espoir,
"C'est ça ta lumière..."
comme un sens enfin donné à sa vie. Il avait libéré quelque chose en elle et elle se raccrochait à ses paroles comme à l'image d'une certaine Tueuse blonde qui l'avait condamnée. Mais cette image - sa satisfaction - ne la faisait plus souffrir, elle la vivait à présent comme un défi, comme le symbole de sa rédemption.
Le combat entre Faith et Trisha avait fait le tour de la prison. Un étrange calme régnait depuis lors. Le gang de Trisha s'était séparé. En prison, on ne reste pas avec les perdants. Mais plus personne ne tentait de prendre le contrôle car tout le monde craignait d'avoir à affronter la colère de celle que les détenues appelaient désormais "la Tueuse". Mais elles ne craignaient pas que sa colère, ses réactions les déstabilisaient toujours. Elles ne comprenaient pas que Faith ne remplace pas Trisha dans son rôle de caïd, qu'elle ne profite pas de son ascendant et de son pouvoir pour les gouverner et les exploiter. Faith se désintéressait de tout cela. Elle restait des heures dans sa cellule, fumant et attendant, le regard tourné en elle-même. Elle attendait.
Et un jour, on l'appela.
— Faith, visite ! lança une surveillante à travers la grille.
Faith écrasa le mégot de sa cigarette d'une main tremblante, puis se rendit au parloir. Tout en marchant dans les couloirs, elle se demanda si Angel était revenu pour évaluer la portée de ses paroles précédentes, pour s'assurer qu'elle n'était pas morte ou qu'elle n'avait tué personne, pour s'assurer qu'elle n'avait pas replongé dans les ténèbres.
Mais derrière la vitre, il n'y avait pas de vampire.
Buffy...
La petite blonde avait les bras croisés et scrutait Faith d'un regard dur, intransigeant. Faith déglutit, puis se résolut finalement à s'asseoir et à décrocher le téléphone. Elle attendit que Buffy se décidât à faire de même.
— Buffy...
"C'est ça ta lumière, Faith..."
— Que les choses soient claires : je ne suis venue que parce qu'Angel m'a priée de venir, parce qu'il m'a dit que tu étais en train de t'enfoncer... que tu avais besoin de nous... de moi...
Buffy fit une pause, fixant toujours Faith avec dureté, puis elle reprit devant le silence de celle-ci.
— Je croyais que tu n'avais jamais besoin de personne, Faith... Je croyais que tu étais si forte que rien ne t'atteignait jamais... Je croyais que tu n'en avais rien à faire de rien, rien à faire du mal que tu nous as fait... que tu m'as fait.
Des paroles revinrent à l'esprit de Faith, celles qu'elle-même avait dit à Buffy sur le toit avant que les hommes du Conseil ne surgissent en hélicoptère.
"Tu ne sais pas ce que c'est de vivre autrement. Moi, je n'ai jamais eu le contrôle, rien n'a jamais eu de sens. Je n'ai connu que le mal et la haine et je sais que rien ne changera, quoi que je fasse, quoi que je dise..."
— Tu sais que c'est faux... Tu sais que je... regrette...
Ce dernier mot avait été extrêmement difficile à prononcer pour Faith, il était comme l'aboutissement d'une longue et douloureuse réflexion.
— C'est trop tard, Faith, et c'est trop facile. Je ne suis pas venue pour entendre ça.
— Pourquoi es-tu venue alors ? demanda Faith qui commençait à se crisper.
Buffy observa Faith un moment, puis un petit sourire ironique apparut au coin de ses lèvres et elle approcha son visage tout près de la vitre comme si elle voulait lui confier quelque chose.
— Je suis venue pour m'assurer que tu étais bien en prison au milieu de tes semblables... Je suis venue pour m'assurer qu'Angel ne s'était pas trompé, je voulais voir à quoi ressemblaient le désespoir et la souffrance sur ton visage égoïste... Je voulais être sûre que tu saurais aussi ce que c'est...
"Tu ne sais pas ce que c'est de vivre autrement. Moi, je n'ai jamais eu le contrôle, rien n'a jamais eu de sens. Je n'ai connu que le mal et la haine et je sais que rien ne changera, quoi que je fasse, quoi que je dise..."
Buffy fixait les yeux de Faith dans lesquels les larmes commençaient à se former. La Tueuse brune serrait le téléphone de toutes ses forces comme pour se retenir elle-même de tomber.
Mais je n'ai jamais connu que ça, B, le désespoir et la souffrance...
— Maintenant, je suis sûre. Alors je peux m'en aller.
Buffy reposa le combiné, prit son sac et commença à partir.
— Buffy ! cria Faith dans un sanglot.
Buffy se retourna et vit les larmes qui coulaient maintenant sur les joues de Faith. Et Faith aperçut à nouveau l'image terrible de la satisfaction sur le visage de l'autre Tueuse.
C'est ça ma lumière, Angel ?
Alors, le voile retomba dans l'esprit de Faith. Et elle replongea dans le vide.
Une semaine était passée depuis la visite de Buffy. Une semaine que Jessy avait vu revenir Faith du parloir avec à nouveau ce regard vide et l'air anéanti. Une semaine qu'elle essayait de comprendre ce qui avait bien pu se passer là-bas. Mais Faith ne disait plus rien. Elle restait prostrée sur son lit et n'en sortait que parce que Jessy la traînait jusqu'au réfectoire ou à la douche. Une semaine que Jessy voyait les larmes dans ses yeux perdus. Et qu'elle ne savait pas comment l'aider.
Faith se repassait sans cesse le film de cette visite. Elle revoyait constamment la colère et la satisfaction dans les yeux verts de l'autre Tueuse. Elle n'arrivait pas à croire que Buffy puisse se délecter de sa souffrance. Elle n'arrivait pas à croire la haine qui émanait d'elle. Cela ne lui ressemblait pas. Cela ressemblait davantage à ce qu'elle-même aurait pu ressentir.
Ce n'est pas toi, B... Ou alors...
Une idée venait de traverser son esprit désespéré. Elle se leva brusquement et sortit de la cellule d'un pas rapide.
— Est-ce que je peux téléphoner ? demanda Faith à une surveillante.
— Oui, bien sûr, les cabines sont là. Vous avez cinq minutes, répondit-elle en indiquant une salle sur le côté.
Faith laissa la surveillante et se glissa dans une cabine. Elle savait que les lignes étaient sur écoute mais cela n'avait pas d'importance. Elle composa le numéro d'une main fébrile, un des rares numéros qu'elle connaissait par cœur.
— Angel Investigations, j'écoute ?
La voix de Cordélia arracha un sourire à Faith. L'ancienne cheerleader lui avait toujours paru ridicule.
— Hey, Queen C, je voudrais parler à Angel.
— Faith !?
— Non, c'est Hilary Clinton.
Un silence. Puis Faith reprit :
— S'il te plaît, je n'ai pas beaucoup de temps...
Un autre silence. Puis des voix à moitié étouffées. Faith entendit Cordélia passer le combiné en disant "C'est la folle perverse !", remarque qui, au lieu de l'énerver, ne fit qu'agrandir le sourire de Faith.
— Allô, Faith, qu'est-ce qui se passe ?
— Angel... Il faut que... que je parle à Buffy.
— Elle est venue la semaine dernière. Comment ça s'est passé ? Elle n'a rien voulu me dire.
"Je voulais voir à quoi ressemblaient le désespoir et la souffrance sur ton visage égoïste... Je voulais être sûre que tu saurais aussi ce que c'est..."
— Mal... Je n'ai pas pu, Angel... Je n'ai pas pu lui parler... lui dire... Elle ne m'a pas laissé le temps...
— Que t'a-t-elle dit ?
"C'est trop tard, Faith."
— Elle m'a condamnée. Elle est venue pour me voir payer... pas pour entendre mes foutus regrets...
Tu ne m'as jamais écoutée...
Angel s'était tu à l'autre bout du fil. Faith insista :
— Il faut la convaincre de revenir... une dernière fois... J'ai besoin... Il faut que...
— Je vais essayer, la coupa Angel. Je vais essayer mais je ne te promets rien, tu sais comme elle peut être-
— Têtue. Oui, je sais. Mais tu es le seul qui peut lui faire comprendre...
— Je vais essayer.
— Merci. Il faut que je te laisse maintenant.
— Eh, Faith !
— Oui ?
— Il faut que tu luttes. Tu sais que le chemin est long, tu sais qu'il est difficile, mais tu dois lutter, il ne faut pas que tu replonges, que tu cèdes à la tentation du mal.
Faith sourit à nouveau.
— Dis-moi Angel, quand on t'a rendu ton âme, elle était fournie avec une panoplie de prêtre ?
Il y eut un silence, puis Angel répondit :
— Très drôle, Faith. Mais on parle de rédemption ici. Et il n'y a pas d'autre mot qui incarne mieux ce que nous vivons tous les deux. Je sais ce que tu vis, il faut te battre, t'accrocher à ta... à ta lumière.
Ta lumière...
"C'est trop tard, Faith..."
— C'est ce que j'ai fait, Angel. Mais ma lumière s'est éteinte.
Et elle raccrocha.
Les jours passèrent et Faith attendait. Elle attendait, se raccrochait à l'espoir de la visite de Buffy, à ce qu'elle considérait comme sa dernière chance de ne pas tomber définitivement dans le magma informe de son esprit dérangé. De ne pas perdre totalement pied avec le monde réel. De ne pas s'enfoncer dans un néant de souffrance perpétuelle et inutile. Elle attendait, en oubliant la vie qui l'entourait, Jessy, les autres détenues, les rituels quotidiens, en espérant simplement que la surveillante qui passait devant sa cellule allait s'arrêter enfin pour elle.
Et un jour, elle s'arrêta.
C'est ta dernière chance... Ne bousille pas tout...
Quand elle arriva dans le parloir, Faith sentit son cœur battre de manière incontrôlable. Buffy avait la même position qu'à sa précédente visite et son regard était tout aussi dur. Faith décrocha le téléphone d'une main tremblante. Buffy l'imita.
— Tu as cinq minutes, prévint Buffy d'une voix cassante.
— Il faut que tu me promettes que tu écouteras ce que j'ai à te dire jusqu'au bout. Ensuite, je ne te demanderai plus rien. Tu pourras t'en aller... et ne jamais revenir.
— Cinq minutes.
— Promets-moi, B.
Buffy soupira, puis sembla se détendre un peu.
— OK. Promis.
"C'est trop tard, Faith..."
Non, pas encore...
— Tu m'as dit l'autre fois que tu étais venue pour voir le désespoir et la souffrance sur mon visage...
— Egoïste.
— Quoi ?
— J'avais dit "sur ton visage égoïste", précisa Buffy sèchement.
Faith l'observa un instant puis reprit :
— Le désespoir et la souffrance, B, je n'ai connu que ça dans ma putain de vie. Je vais te passer l'histoire de mon enfance pourrie avec une mère alcoolique et des beaux-pères qui se succédaient et passaient leurs nerfs sur moi parce que tu vas croire que je m'en sers pour justifier mes actes. Non, j'assume la folie de mes actes, je reconnais avoir été violente et avoir aimé ça, je reconnais avoir tué deux hommes, je reconnais avoir aidé un malade fou de pouvoir qui voulait déclencher l'Apocalypse. Je reconnais avoir essayé de te pourrir la vie... Mais t'es-tu jamais demandé pourquoi j'avais fait ça ? Crois-tu vraiment que c'était par égoïsme ? Par méchanceté pure ? Par folie ? Non, B. Ca, c'est ce que vous avez tous voulu croire parce que c'était plus facile, plus simple pour vous. Plus rassurant. C'est le désespoir et la souffrance qui m'ont poussée à faire tout ça, à essayer de vous détruire, à essayer de me détruire...
— Tu aurais pu me parler, partager ta souffrance, plutôt que de m'accuser du meurtre et de nous faire du mal. J'aurais pu t'aider...
Tu ne m'as jamais écoutée, B...
— Tu n'as jamais pris le temps de m'écouter... Au moment où j'ai cru que je pouvais te parler, Angel est réapparu et... il n'y avait plus de place pour personne d'autre dans ton esprit...
Faith fit une pause puis ajouta :
— De toutes façons, ce n'est pas ma souffrance que je voulais partager avec toi...
Buffy paraissait intriguée par ces dernières paroles.
— Alors, qu'est-ce que c'était ? demanda-t-elle finalement.
— Pour la première fois de ma vie, j'avais l'impression d'avoir trouvé quelqu'un qui pouvait me comprendre... Une autre Tueuse... qui pouvait comprendre le poids de cette mission... ce qu'on ressent... Pour la première fois de ma vie, j'avais l'impression d'exister et j'avais cru trouver une amie... On n'avait pas besoin de parler pour savoir ce que l'autre pensait... ressentait... Tu savais ce que je ressentais, B... pour toi... Et tu le ressentais aussi... je le sais...
— Je ne comprends pas de quoi tu parles, Faith, lança Buffy, visiblement mal à l'aise.
Faith sourit. Elle ne s'était pas trompée.
— Tu sais très bien de quoi je parle, B. Et cette haine que j'ai vue dans tes yeux l'autre fois au parloir, et toutes ces fois après... après Finch... Je la connais si bien... Elle ne te ressemble pas... Mais elle te trahit, B... Le désir que j'avais pour toi, je l'ai vu en toi aussi... Et tu n'as pas pu l'affronter... Ca te faisait trop peur. Ca te remettait trop en question. Il y avait Angel, les autres... Tu n'as jamais eu peur des monstres, tu n'as jamais eu peur d'aimer un vampire, mais tu as eu peur de m'aimer.
— Tu dis n'importe quoi. Il n'y a jamais rien eu entre nous que de l'amitié... et... et... de la haine... balbutia Buffy qui avait perdu son assurance.
— Oui, de la haine... Une haine provoquée par la frustration d'avoir été rejetée, abandonnée, trahie... Le désespoir et la souffrance à nouveau pour moi... Et pour toi, une justification commode pour fuir tes sentiments et tes désirs... Une haine provoquée par la peur de les affronter. Le mal que je t'ai fait t'a permis de les enfouir, de les oublier. Face aux autres, c'était plus facile d'assumer ta haine envers moi que ton désir... Mais moins tu arrivais à les oublier, plus ta haine redoublait... et plus tu me ressemblais.
Buffy était devenue blême. La mâchoire crispée, elle serrait le téléphone si fort que les jointures de ses doigts étaient blanches.
— Voilà. Je n'ai plus qu'une chose à te dire, B, et après tu pourras partir... Je voulais que tu saches que... que... je suis désolée pour tout le mal que je t'ai fait... et... et que je t'aimais... et... et que je suis prête à faire n'importe quoi pour que tu me pardonnes un jour... parce que... parce que je t'aime toujours, Buffy...
Faith avait les larmes aux yeux. Elle était soulagée. Elle avait cru ne jamais pouvoir le dire, ne jamais pouvoir affronter le regard de Buffy s'il avait été rempli de haine en prononçant ces mots. Mais il n'y avait plus de haine dans les yeux de la Tueuse blonde. Juste de l'étonnement et des larmes.
Car Buffy pleurait. Elle pleurait devant toute cette incompréhension, tout ce gâchis, toute cette souffrance. Et devant sa lâcheté. Devant sa lâcheté à reconnaître la vérité. Pour la première fois, elle se sentait coupable. Coupable d'avoir abandonné Faith après le meurtre de Finch, coupable de ne pas l'avoir écoutée quand elle en avait eu besoin, coupable de l'avoir utilisée quand ils en avaient eu besoin. Coupable d'avoir tenté de la tuer. Coupable d'avoir fui le trouble que la simple présence de Faith suscitait toujours en elle, coupable de ne pas avoir voulu reconnaître ses sentiments. Elle admettait enfin qu'elle avait une grande part de responsabilité dans cet immense gâchis. Et qu'elle devait au moins à Faith de l'assumer.
— Non... c'est moi qui suis désolée, Faith. J'ai été... lâche... Je n'ai pas voulu comprendre... Je n'ai pas voulu reconnaître... Je-
— Les visites sont terminées ! annonça une voix dans le téléphone.
Buffy sembla paniquer. Elle essuya les larmes qui coulaient toujours le long de ses joues et s'accrocha au regard de Faith qui commençait à se lever, pressée par une surveillante. Elle revoyait l'image de sa main et du couteau planté dans le ventre de la Tueuse brune.
— Pardonne-moi, Faith !
Faith sourit. Le voile des ténèbres s'était dissipé dans son esprit.
— Il y a longtemps que je t'ai pardonnée, Buffy.
— Je reviendrai te voir le mois prochain !
"C'est trop tard, Faith."
— Non. Il est trop tard, n'est-ce pas B ? Nos vies se sont à jamais séparées. Maintenant que nous sommes en paix, je préfère garder cette image de toi. Je ne veux pas que tu reviennes.
"Je sais que rien ne changera, quoi que je fasse, quoi que je dise..."
Faith reposa le téléphone doucement. Et avant de disparaître à la suite des autres détenues, elle murmura des mots que Buffy déchiffra sur ses lèvres.
— Je t'aime, B.
Faith passa deux années en prison. Son procès n'eut jamais lieu, faute de témoins et de preuves concrètes. Elle refusa toutes les visites, se raccrochant à la dernière image qu'elle avait gardée de Buffy, l'image d'une Tueuse vulnérable qui lui avait pardonné, l'image des larmes de cette femme si forte qui avait reconnu à demi-mots qu'elle avait partagé son amour. Cela suffisait à Faith. Son esprit s'était réveillé. Il avait émergé des ténèbres. Apaisé, enfin.
Le jour de sa libération, Faith quitta son uniforme orange et reprit ses habits, réintégrant son identité perdue. Mais elle savait qu'elle ne serait plus jamais la même. Elle refit le chemin inverse, retraversa des couloirs, croisant des regards envieux, repassant des grilles que l'on refermait définitivement derrière elle. Ce jour-là, elle franchit seule la lourde porte d'entrée, une porte qu'elle n'aurait jamais cru revoir. Elle regarda à nouveau les murs de la prison, cherchant la fenêtre de sa cellule où Jessy continuerait sa vie.
Quand elle se retourna enfin pour affronter le monde extérieur, ses yeux étaient remplis de larmes. Et c'est ainsi qu'elle la vit. Appuyée contre une voiture, les bras croisés, avec ces yeux verts qui l'avaient obsédée pendant toutes ces années d'enfermement et de solitude.
Peut-être qu'il n'est pas trop tard finalement...
Alors Faith essuya ses larmes et se dirigea vers la lumière.
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