Hey ! J'avais pas participé depuis longtemps, même si j'en avais vraiment envie. J'arrivais juste pas à trouver le temps/l'énergie d'écrire. Bref, je reviens sur ce défi de Noël, peut-être que je participerai encore à ce défi ! Voilà, bonne lecture !
Les contraintes que j'avais tiré étaient :
- 500 mots (10%)
- 10 mots à inclure : Duveteux ; Aubergine ; Oblitérer ; Eglantier ; Glaçage ; Tortueux ; Pervenche ; Rubicond ; Flavescer ; Oeillet
- Figures de styles : Métaphore & Métaphore Filée ; Synecdoque & Métonymie ; Epanadiplose narrative & Epanadiplose & Antépiphore
- Thème : Nostalgie
- UA Futuriste
- Prose


Le ciel était changeant, comme hésitant entre un gris laiteux et un azur éclatant, et parcouru de duveteux nuages blancs, verts, rouges et dorés constamment éventrés par les vaisseaux qui prenaient leur envol. Balthazar les regardait prendre de la vitesse et, en un éclair, disparaître dans le ciel.

Derrière ses barreaux, il contemplait leur danse interminable. A toute heure du jour et toute heure de la nuit, il y avait toujours un vaisseau pour fendre le ciel, traverser les nuages et se perdre dans le ciel, rapetissant peu à peu jusqu'à n'être plus qu'un oiseau dans l'azur, plus qu'une étoile dans le noir manteau de la nuit.

Il y eut un bruit de clés, suivi de pas. Balthazar détourna son regard du ciel et prêta attention aux sons. Trois. Il soupira et se mit à triturer la broche en forme d'oeillet qu'il avait épinglé dans ses cheveux bruns. Quand il releva la tête, les hommes s'étaient arrêtés devant sa cellule. Deux gardes vêtus d'une armure noire recouverte de tissus gris portant leurs armes en évidence encadraient un homme que Balthazar reconnut immédiatement. Contrairement aux geôliers, il ne portait qu'un uniforme aubergine. D'un signe de tête il chassa les gardes, qui le saluèrent avant de repartir.

- Balthazar…

Le prisonnier s'était levé et faisait mine d'ignorer l'homme qui lui parlait.

- Balthazar je veux juste te parler. Tu sais que c'est grâce à moi que tu as pu garder ta broche.

Se retournant abruptement, Balthazar se rapprocha des barreaux en un éclair.

- Et sans toi je ne serais pas là. Alors permet que je ne te remercie pas d'avoir usé de ton influence pour me laisser ce souvenir Théo.

Théo recula, peiné. Des lignes couraient sur ses gants blancs et remontaient en flavesçant jusque vers son col où elles s'unissaient en un collier de lumière.

- Le passé n'a pas d'importance. Je veux te parler du futur. De notre futur.

Balthazar éclata de rire.

- Le passé ? Mais Théo, le passé c'est tout ce qu'il nous reste. Le fleuve que nous suivions s'est scindé et tout ce qu'il reste à faire a déjà été fait. Nous ne pouvons que regarder vers l'amont et nous souvenir.

Balthazar s'arrêta avant de reprendre plus doucement.

- C'est tout ce qu'il nous reste. Les débris des vaisseaux abandonnés sur les rives. Les rochers en plein milieu de la rivière. Les voiles qui s'élancent, là-haut, tout en haut. Les ruisselets tortueux, les fonds rubiconds ! C'est tout ce qu'il nous reste.

Le couloir glacial demeura silencieux.

- Je devais t'arrêter.

- Oui. Et je devais chercher où Shinddha était passé. Ne pas le laisser être oblitéré, laisser les flots parcourus ensemble s'assécher au premier embranchement. Mourir, oh comme j'aurais aimé qu'il puisse juste mourir ! Que nous retrouvions son corps. Que nous n'en soyons pas réduits à… ça.

Théo hésita, puis hasarda une réponse.

- C'était une belle aventure. Ce que tu as fait là, c'était le glaçage de l'urne qui la célèbre. Comme ils faisaient avant.

Balthazar rit amèrement avant de retourner à sa fenêtre.

- Adieu.

Théo s'éloigna.

Le ciel se couvrit de feux d'artifices alors que la nuit tombait. Des gerbes immaculées, des églantiers pervenches, des dômes céruléens. Des vaisseaux passaient au travers des nuages, le ciel crépusculaire était changeant.