Bonjour, bonsoir tout le monde, ici Kermadec !
Voici ma participation au Défi de décembre, avec les contraintes suivantes :

- Thème : Nostalgie

- Univers d'origine (avec le Repos du Guerrier, quand même :p)

- Poésie (pour des raisons de lisibilité, j'ai séparé mes strophes par des lignes)

- Mots imposés (en gras dans le texte) : Rocambolesque, Lunaire, Garnement, Murmure, Abracadabrantesque, Égarer, Erratique, Fantasmagorique, Antédiluvien, Pitre

- Figures de style (en italique dans le texte) : Hyperbole, Épanadiplose narrative, Épanadiplose et Antépiphore, Synecdoque et Métonymie

Il manque la contrainte du nombre de mots. Malgré tous mes efforts, je n'ai pas réussi à la respecter :/ Ce Défi est donc raté, mais vu que je suis fière de ce texte, j'ai quand même envie de le partager avec vous. Bonne lecture :)


Pensées d'hiver et variées

Que serait la vie sans de forts souvenirs?

Réminiscences intenses d'un passé dépassé

Où ils se contentaient de se battre ou de fuir

Face à des ennemis à la rage aiguisée.

Leur vie était ainsi, de combats en batailles,

Une joute infinie sous les bruits de ferraille.

Ces longs jours erratiques ont formé des années

Avec de sombres luttes comme unique avenir

Aventuriers meurtris, trop souvent égarés

Ils ont, plein de courage, décidé d'en finir.


C'est ainsi que naquit le Repos du Guerrier,

L'auberge chaleureuse où ils espèrent vieillir.

Loin de tout, ils y goûtent la vraie sérénité.

De ce bonheur nouveau, ils aiment s'ébaubir.

Ils retrouvent en ces murs leurs sourires d'antan

Ils y jouent, ils y boivent, plaisirs de garnements.

La douceur de la vie pourrait les étourdir

Mais ils jouissent ici d'une paix méritée.

Désormais les seules choses qu'il leur faut conquérir

Sont les cœurs des clients en ce lieu attirés.


Lointaines sont les heures de leurs courses austères

Contre le temps, la faim et le froid douloureux.

Quand ils montaient leur camp sous la clarté lunaire

Ils se sentaient guettés par des monstres curieux.

Leurs vies, ils le savaient, ne tenaient qu'à un fil

Car chaque aube annonçait d'indicibles périls.

En subissant ainsi le destin miséreux

D'Aventuriers maudits aux idéaux sincères,

Tous les cinq eurent recours, tant ils étaient anxieux

Au réconfort bancal d'une vaine prière.


Au Repos du Guerrier, ils sont bien plus heureux.

Devant la cheminée, belle source de lumière

Ils profitent tous enfin d'un endroit bien à eux

Où aucun jour ne passe sans qu'ils fassent bonne chère.

Dans cette nouvelle vie, ils font parfois les pitres,

Profitant chaque instant de ce nouveau chapitre.

Auprès de l'âtre, symbole de leur commerce prospère

Ils partagent tous ensemble des repas savoureux

Et boivent une deuxième chope sans finir la première.

Au Repos du Guerrier, ils sont bien plus heureux.


Autrefois leur courage ne devait pas faiblir

La moindre erreur était sévèrement sanctionnée

Un murmure peu discret suffisait pour mourir

Victime d'un sort puissant ou la tête tranchée.

Tout se jouait parfois sur un bête coup de chance

Mais le dé du destin brille par son inconstance.

Aussi, les cinq héros se disent miraculés

D'être les survivants de ce temps de martyr,

Temps antédiluvien qu'ils voudraient oublier

Où la Mort était là, prête à les estourbir.


Leur auberge, aujourd'hui, est comme un lieu sacré

Où ne trouvent leur place ni les coups ni les tirs.

C'est un lieu lumineux, où règne l'amitié

Et où résonne le soir un mélange de rires.

La salle commune est pleine de gens rocambolesques

Qui partagent des joies abracadabrantesques.

Les clients, chaque jour, viennent s'y divertir

Et ressortent grandis de cette étrange virée.

En effet, les héros savent très bien accueillir.

Aucune visite ici ne peut être oubliée.


En songeant par moments aux enjeux de naguère

Les tenanciers voient poindre une larme dans leurs yeux.

Le sauvetage du monde ou la fin d'une guerre

Reposait sur une flèche ou une boule de feu.

Ils n'obtinrent, pour leurs actes, ni fortune ni gloire,

Et furent parfois haïs, à leur grand désespoir.

Toujours seuls face au Mal, danger vertigineux,

Ils s'obstinaient, conscients de poursuivre des chimères.

Le destin du Cratère, entre les mains des dieux,

Ne pouvait pas échoir à ces cinq pauvres hères.


Leurs ennemis, à présent, sont bien plus insidieux

Des visions de cauchemar, beaucoup plus terre-à-terre.

Dans l'auberge si sûre, ces adversaires crasseux

Capitulent et se rendent face à leurs serpillières.

Dans l'ombre des cuisines trône la pile de vaisselle

Fantasmagorique ombre d'une corvée éternelle.

Pour les preux aubergistes, c'est l'unique galère,

Celle qui les fait trembler mais les rassure un peu.

Ce monstre informe et gras, tout en plats et cuillères

Ne saurait pas blesser même le plus malchanceux.


Héros et aubergistes se confondent en pensée

Et les cinq compagnons, comme pour se rajeunir

S'installent parfois dehors et vont se ressourcer

Devant un feu de camp qui sait les attendrir.

Là, ils échangent, débattent et explorent leurs mémoires

A la recherche d'intenses instants de leur histoire.

Dans ces moments, souvent, une question peut surgir

Dure interrogation, qu'aucun n'ose formuler

Et s'ils avaient envie, un jour, de repartir?

Nul doute qu'ils laisseraient leur destin les guider.


Le Repos du Guerrier est pour l'heure leur empire.

Ils aiment leur quotidien tout en tranquillité,

Et les longs jours heureux sans crainte de périr.

Quant à leur nostalgie, ils en font leur alliée.

Grâce à elle, l'auberge les soude et leur ressemble.

Les héros n'imaginent leur future vie qu'ensemble.

Ces cinq amis unis par leurs œuvres passées

Ont encore devant eux bien des choses à construire

Et de nombreuses histoires à se remémorer.

Que serait la vie sans de forts souvenirs?