Merci tout le monde pour les follows, favorites et les reviews ! Ici, une nouvelle fois, on est du point de vue de Madi. Bonne lecture : )
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Je suis assise sur mon lit, celui que je partage avec Clarke. Je tourne le dos à la porte. Dans mes mains, un poignard que Octavia m'a confiée. Je l'observe en chantonnant en Trigedasleng. Je m'arrête de chanter en entendant des bruits de pas dans le couloir. Quelqu'un, qui essaye de ne pas se faire entendre, vient de passer sa tête par l'ouverture de ma porte.
-Tu dois être la personne la moins discrète que j'ai rencontrée, murmurai-je sans me retourner. J'arrive même à t'entendre respirer.
-C'est que, jusqu'à maintenant, je n'ai jamais eu besoin d'être discret...
Je tourne la tête pour voir le garçon qui m'a répondu. Il doit avoir trois ou quatre ans en plus que moi. Il est grand, fin et je, sincèrement, trouve qu'il a une drôle de tête.
-Papa, maman et moi, on n'était pas de grands fans du silence absolu. Or, c'est ce qu'il y a quand on vit seuls dans un si grand vaisseau.
-Tu es Jordan, le fils de Monty et Harper.
-Toi tu es Madi, la fille de Clarke.
-Viens t'asseoir.
Même si je suis plus jeune, je sens que Jordan est intimidé. C'est amusant. Il me rejoint et s'assied sur le lit, à ma gauche. Ses yeux sont fixés sur le poignard que je fais tourner entre mes doigts.
-C'est comme ça qu'on fait les présentations ? En disant ce qu'on sait de l'autre ?
-Ta question est stupide. Comment veux-tu que ça fonctionne quand tu ne connais pas l'autre ?
Jordan ne répond pas tout de suite.
-Tu n'es pas obligée de me parler comme ça. J'ai appris il y a seulement quelques jours la mort de mes parents, tu es censé avoir de la peine pour moi et me ménager. Tu ne sais pas ce que c'est, toi.
-Quoi ça ?
-Perdre ses parents.
Je dépose mon couteau et me tourne vers l'adolescent.
-Tu sais que Clarke n'est pas ma mère biologique, n'est-ce pas?demandai-je, à moitié amusée. Tu sais qu'avant de la trouver j'ai vu mourir mes parents lors de Praimfaya ?
Soudain je ne suis plus seule dans mon esprit. Nikodio kom Sangedakru, le septième Heda, est là.
Madi kom Edenkru, ne communique pas ton histoire personnelle avec tes hommes. Tu partages tes faiblesses avec lui sans connaître les siennes.
Je jette un coup d'œil à Jordan. Il ne sait pas qu'un des commandants vient d'apparaître dans ma tête, il a encore l'air hébété par ce que je lui ai dit.
-Oh, excuse-moi. C'est vrai, je suis bête…
C'est malin. Maintenant il pourrait retourner ça contre nous.
-Je doute qu'il soit du genre.
Jordan ouvre grand les yeux.
Tu ne peux pas prendre le risque.
-Il le regrettera si cette info sort, ne vous inquiétez pas, Nikodio.
Le commandant en question se retire. Panetu kom Podakru, un commandant qui se montre souvent doux et sympathique envers moi, prend sa place.
Attention, jeune Heda : les hommes l'entendent quand tu t'adresses à nous.
-Oh…
Panetu disparaît et je suis à nouveau seule avec Jordan. Celui-ci, perturbé, se gratte la nuque.
-Je parlais aux commandants, me justifiai-je.
-Qui ?
-Les esprits des commandants.
-Papa m'avait dit que tu aurais des gens dans ta tête mais que tu n'es pas folle pour autant... Les leaders des terriens, c'est ça ? C'est eux que tu appelles les commandants.
-Ton père t'a raconté beaucoup de choses à mon sujet ?
-Quelques trucs. Maman, elle, était perturbée par autre chose…
-Dis-moi.
-Tu as la copine de Clarke dans ta tête ?
Je trouve ça fort réducteur, fait remarquer Lexa, qui vient d'apparaître dans mon esprit, l'air très, mais alors trrrrrès peu content. Bonjour, Madi. Contente de te revoir.
Sans son air hostile et impassible qui m'impressionne tant, je pense que j'aurais sauté de joie en remarquant son arrivée. En attendant, je dois défendre mon ancêtre.
-Leksa kom Trikru, héritière de Bekka Pramheda, douzième Heda. Elle était la commandante des treize clans, a instauré la paix entre les douze clans avant d'en intégrer un nouveau. Sous son règne, il y a eu plus de paix que sous tous les commandants la précédant. Elle était visionnaire. Elle fait partie des commandants les plus emblématiques : elle est bien plus que la copine de Clarke.
-Avoue que « copine », c'est plus court que « Leksa kom Trikru, héritière de Bekka Pramheda et commandante des treize clans ».
Par pitié… Lexa grince des dents. j'ai instauré la paix sur Terre, mis fin à Jus drain jus daun, remis Azgeda à sa place et tout ce à quoi j'ai droit, c'est ça. Où est la justice ?
Je grimace. Honnêtement, je comprends la frustration de Lexa.
-Tu pourrais au moins dire « âme sœur de la grande Wanheda ». Ça, au moins, ça en jette.
Jordan me scrute un moment, comme s'il cherchait à savoir si je plaisante ou non, puis il rigole.
-Si ça peut te faire plaisir !
-Écoute, je suis désolée que le fait que Lexa soit parfois dans ma tête ait perturbé ta mère. Si ça peut te rassurer, elle filtre ce qu'elle m'envoie et je filtre à mon tour ce que je reçois. On est toutes les deux en train d'apprendre, en tout cas…
-Ah, ouf. Tu t'imagines, aussi non ? Avoir des images de Clarke nue qui te jaillissent en tête ? En plein ébats ?
Je grimace. Quel imbécile, ma parole ! Je lutte contre mon cerveau, pour bloquer les images que Jordan a provoquées. Lexa se tape le front d'une main, elle murmure « au moins, ça ne vient pas de moi » puis elle se retire sans un mot de plus.
-Abruti !
Je lui tape une claque à l'arrière de la tête. Jordan se replie sous le coup, il rigole. L'horreur que j'ai eu à l'idée de m'imaginer cette vue me reste en tête et je frappe à nouveau l'ado. Il rigole de plus belle. Puis, il se redresse et avoue, un sourire aux lèvres.
-Moi aussi, j'ai envie de vomir quand on me parle de mes parents en train de… enfin, tu vois. T'es pas la seule.
Il me fait un clin d'œil. Il se masse alors l'épaule, où je lui avais donné un deuxième coup. Face à son aveu, et aussi parce qu'il m'a l'air franchement fragile, je rigole à mon tour. Il m'observe rire, un sourire en coin. Ça me rend mal à l'aise.
-Regarde ailleurs !
-C'est vrai que je ne peux pas voir la grande Heda en position de faiblesse!me taquine-t-il. Papa m'avait dit que tu ferais peut-être ce genre de remarques.
J'essuie une larme de rire au coin de ma joue. Je secoue la tête, n'en revenant pas qu'il ose me parler ainsi. Pourtant ça ne provoque rien d'autre que de l'amusement et de la bonne humeur chez moi. Je me calme doucement. Jordan me demande du regard à voir mon poignard de plus près, je le lui tends. Il le manipule précautionneusement et l'observe sous tous ses angles.
-Tu as déjà tué, alors ?
-Que fais-tu là, Jordan ?
-Je suis venu me faire une amie, sourit le garçon en me rendant mon arme.
Je la dépose sur la table de chevet dans son étui.
-C'est d'accord. On est amis. Mais seulement si on ne parle que de choses de notre âge.
-C'est-à-dire ?
-Pas de mort, pas de torture, pas de fin du monde... La liste est non-exhaustive.
Jordan sourit alors.
-Deal.
Il me tend la main, je prends son avant-bras pour favoriser un salut Trikru. Jordan sourit puis il se redresse.
-Je vais y aller. À bientôt, Madi!
-Oui, à plus.
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Je viens de découvrir qu'une autre fanfiction s'appelle déjà "l'héritage"... c'est tout à fait involontaire de ma part. Donc je me demande si je dois changer le nom de ma fic ? Si oui, n'hésitez pas à faire des propositions pour un nouveau titre.
À la prochaine, pour un OS où Madi se moquera (à ses dépents) de sa fleimkepa Gaïa !
