Chapitre 6 – Un nom, des négociations et un coup de feu

Quatre dossiers à la main, Emma parcourait d'un bond pas les couloirs de l'hôpital, Neal sur ses talons. De retour au commissariat, ils avaient réussi à réduire le nombre de suspectes à quatre femmes dont les profils correspondaient à ce que lui avait dit Belle, à savoir des femmes âgées de quarante-cinq à cinquante-cinq ans, ayant une formation médicale, un domicile éloigné du centre-ville, des revenus modestes et une voiture grise. Emma montra son badge de police au médecin qui essaya de lui barrer le passage et poursuivit sans même ralentir le pas. Elle ne s'arrêta qu'en arrivant devant la porte de la chambre de Belle. Elle frappa doucement et entra en essayant de ne pas faire de bruit dans l'éventualité où Belle serait endormie mais découvrit que Belle et Rumplestiltskin étaient tous les deux réveillés. Emma s'avança dans la pièce et tendit les dossiers qu'elle avait à la main à Belle.

« Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Belle en se redressant. »

Emma vit qu'une des couvertures que les médecins avaient empilées sur elle était à présent roulée en boule au pied du lit et en conclut qu'elle devait avoir moins froid à présent.

« J'aurais quelques photos à te montrer, expliqua Emma, les dossiers toujours dans la main. »

Belle les lui prit et entreprit de les ouvrir et de regarder les portraits agraffés aux premières pages. Elle rendit rapidement les deux premiers à Emma puis prit le troisième, l'ouvrit et le lâcha aussitôt pour plaquer ses mains sur sa bouche et étouffer un cri d'effroi.

« C'est elle, s'écria Belle. C'est elle, j'en suis sûre. »

Emma récupéra le dossier et y jeta un coup d'oeil :

« Melanda Griffith, lut-elle. Quarante-huit ans, auxiliaire de puériculture. Elle travaille ici, constata Emma. Ca explique comment elle s'est procuré le matériel médical qu'elle avait chez elle... »

Emma contempla le dossier quelques instants encore avant de le tendre à monsieur Gold.

« Navrée de vous demander ça sans délicatesse aucune, Gold, mais est-ce que par le passé vous avez pris un enfant à cette femme ?

_ Je ne vole jamais d'enfant, assura Gold en prenant le dossier avec un froncement de sourcils, je conclus des marchés avec leurs parents qui me les confient volontairement.

_ Loin de moi l'idée d'insinuer le contraire, assura Emma comme il n'était certainement pas temps d'en débattre. Alors ? Le pressa-t-elle. »

Au début, il ne sembla pas reconnaître le portrait mais après quelques secondes, une expression de doute apparut sur son visage.

« Non, dit-il enfin. Elle ne m'a pas confié d'enfant mais je me souviens d'elle, expliqua-t-il, une expression de surprise sur le visage. C'était dix, peut-être quinze ans avant que nous soyons tous maudits, raconta-t-il. Elle m'a appelé. Elle voulait que je soigne son enfant. Je lui ai dit que c'était impossible, le bébé était mort, il n'y avait rien que je puisse faire pour lui.

_ Et ensuite ? Insista Emma.

_ Eh bien elle a eu l'air de ne pas me croire. J'ai eu beau lui expliquer que la magie ne pouvait pas faire revenir les morts, elle n'a rien voulu entendre. Je lui ai dit que si elle voulait et moyennant un échange, je pouvais essayer de lui trouver un autre enfant qu'elle pourrait adopter. Elle a refusé et je suis parti.

_ De quoi était mort son enfant ? Demanda Emma.

_ Je n'en ai aucune idée, répondit Rumplestiltskin. Pour autant que je sache, c'était probablement la mort subite du nourrisson. »

Belle sembla soudain complètement paniquée et se redressa brusquement dans son lit, le regard fiévreux :

« Mais si l'enfant de cette femme est morte, tu ne crois pas que... qu'elle va vouloir se venger et...

_ Non, assura Emma. Non, pas du tout. »

Posant ses mains sur les épaules de Belle, elle la força à se remettre au lit et à se calmer.

« Je ne crois pas du tout qu'elle ait l'intention de faire du mal à votre bébé. Au contraire, je crois qu'elle a projeté son désir de maternité sur lui. Rumplestiltskin n'a pas pu lui ramener le sien alors elle s'est dit que son bébé lui revenait de plein droit. Elle a du prendre soin du bébé comme si ç'avait été le sien, expliqua Emma. »

Emma n'avait aucune preuve de ce qu'elle avançait mais elle était certaine qu'elle ne se trompait pas. Il lui semblait que les pièces d'un puzzle venaient soudain de se mettre en place.

Rumplestiltskin se tourna vers la fenêtre de la chambre et vit que le ciel avait déjà viré au gris clair qui précède l'aube.

« Allons-y, décida-t-il en se levant. »

Emma approuva d'un signe de tête et ils s'apprêtaient tous à quitter la pièce quand Belle attrapa Rumplestiltskin par la main.

« Rumple, le retint-elle. »

Neal, Emma et Rumplestiltskin se figèrent puis Emma s'adressa au magicien :

« On vous attend dehors, lui dit-elle avant de pousser Neal dans le couloir. »

Il attendit qu'ils soient sortis et prit le visage de Belle entre ses mains.

« Je vais te ramener notre bébé, promit-il. »

Elle ferma les yeux et acquiesça d'un hochement de tête.

« Fait attention à toi, lui demanda-t-elle dans un murmure. Cette folle n'a peut-être pas l'intention de faire du mal à notre bébé mais si elle te tient pour responsable de son malheur...

_ Je serais prudent, assura-t-il. Je t'aime. »

Elle l'embrassa et quelques secondes plus tard, il était parti et elle était seule avec pour seule compagnie le silence de l'hôpital et l'angoisse de l'attente.

ooooo - OUAT-OUAT-OUAT - ooooo

« C'est pas vrai ! S'exclama Emma. Gold, revenez là tout de suite ! »

Elle s'élança derrière lui et le rattrapa alors qu'il traversait le jardin de Melanda Griffith.

Une fois qu'une employée de l'hôpital leur avait confirmé que Melanda Griffith ne s'était en effet pas présentée à son travail depuis deux jours, Emma, Neal et Gold s'étaient immédiatement mis en route. Emma était entrée dans la rue feux éteints et s'était discrètement garée devant la maison. Elle avait appelé Blanche et Charmant en renfort et avait quitté Gold des yeux une demi-minute. Neal était au téléphone avec Regina et lui expliquait la situation et quand Emma avait voulu se tourner vers Rumplestiltskin, ç'avait été pour découvrir qu'il avait profité du fait qu'ils étaient tous les deux occupés pour leur fausser compagnie et qu'il traversait à présent l'allée du jardin en direction de la maison de Melanda Griffith, une expression de détermination terrible sur le visage. Emma s'était aussitôt lancée à sa poursuite pour l'arrêter.

« Où est-ce que vous croyez aller comme ça ?! Fit-elle en le retenant par le bras et en prenant garde de ne pas trop élever la voix pour ne pas trahir leur présence.

_ Chercher mon enfant, rétorqua-t-il en essayant d'écarter Emma de son chemin.

_ Vous ne pouvez pas déchainer votre magie pour entrer, protesta Emma. Melanda Griffith est une femme psychologiquement très perturbée. On ne sait pas si elle est armée ou non et on ne sait pas où se trouve le bébé précisément. Imaginez qu'elle le tienne dans ses bras au moment où vous entrez et qu'elle le lâche sous l'effet de la surprise !

_ Papa, intervint Neal qui les avait rejoints, Emma a raison. Mieux vaut ne pas agir en solo et sans avoir réfléchi. David et Mary-Margaret seront là d'une minute à l'autre. »

Emma et Neal parvinrent à le convaincre de retourner à la voiture et quelques minutes plus tard le pick-up de David et Mary-Margaret les rejoignit. Ils se regroupèrent un peu à l'écart de la maison et débattirent tous les cinq de la meilleure approche à avoir. Quoi qu'il en soit, songeait Emma, leur décision avait intérêt à être rapide avant que la tension extrème qui se reflettait dans chacun des gestes et chacun des mots de Gold ne l'emporte sur la raison et qu'il ne coupe court à la conversation en intervenant tout seul. Lui et Charmant étaient partisans d'une intervention musclée et rapide tandis que Emma et Blanche voulaient privilégier le dialogue.

« Eh, intervint Neal en attirant l'attention générale. »

Il pointa le doigt en direction d'une des fenêtres de la maison. Charmant, Blanche, Emma et Rumplestiltskin n'eurent que le temps de voir un rideau retomber en place mais il était indéniable qu'ils étaient repérés.

« Ca règle la question, dit Emma sur un ton sec et contrarié. L'intervention musclée reposait sur l'effet de surprise et on n'en a plus. »

Il sembla pendant une seconde que Rumplestiltskin cherchait quelque chose sur quoi abattre sa canne mais il réussit à se ressaisir et à rester calme. Emma récupéra le dossier de Melanda Griffith sur la banquette arrière de sa voiture et se reporta à la rubrique des coordonnées. Elle tira son téléphone de sa poche, composa le numéro et le posa contre son oreille : les négociations commençaient.

Au bout de trois tonalités, les rideaux s'écartèrent à nouveau et Melanda Griffith apparut derrière la fenêtre. Emma fit un pas en avant, afin de confirmer à Melanda que c'était bien elle qui cherchait à la joindre et l'invitant à répondre. Au bout d'une minute de tonalités, Emma fut redirigée vers la boîte vocale et raccrocha.

« Et maintenant ? Interrogea Rumplestiltskin qu'il était de plus en plus difficile de retenir.

_ Maintenant, répondit Emma, on attend cinq minutes et on rappelle. »

Rumplestiltskin n'était pas connu pour sa patience et ils savaient tous que devoir rester ainsi à ne rien faire alors que son enfant en danger n'était qu'à quelques mètres de lui était une torture et requierait toute sa force morale. C'était la quatrième fois que Emma téléphonait quand Melanda Griffith décrocha enfin.

« Allô ? Fit une voix tremblante à l'autre bout du fil.

_ Melanda Griffith, commença Emma, c'est le sherif Swann au téléphone. »

Un silence s'écoula puis Melanda demanda :

« Qu'est-ce que vous voulez ?

_ Je veux juste parler avec vous, assura Emma. D'abord je voudrais savoir si tout va bien pour vous et si vous avez besoin de quelque chose.

_ Tout va bien, assura-t-elle d'une voix égale.

_ Est-ce que le bébé va bien aussi ? Demanda Emma.

_ Elle dormait, répondit Melanda. Vous l'avez réveillée en téléphonant.

_ Je regrette, s'excusa Emma. Mais je ne l'entends pas pleurer, releva-t-elle, alors vous devez bien vous occuper d'elle. »

Emma se tourna brièvement vers Rumplestiltskin qui, les yeux agrandis de surprise, semblait souffrir de ne pas entendre la conversation. Blanche posa une main appaisante sur son bras pour le retenir d'interrompre Emma. Comme Melanda ne répondait pas, Emma saisit sa chance :

« Melanda, reprit-elle, je ne vais pas pouvoir partir d'ici tant que vous ne m'aurez pas confié le bébé. »

Sous les regards médusés des autres, Emma se détourna et remit son téléphone dans sa poche.

« Elle a raccroché, expliqua-t-elle. »

Une demi-heure et cinq appels ignorés s'étaient écoulés quand Melanda accepta de nouveau de parler à Emma.

« Melanda, dit-elle, je vous ai dit que je ne partirais pas sans la petite et je m'y tiendrais. Vous êtes prête à discuter avec moi ? »

Melanda ne répondit rien mais resta en ligne et Emma considéra que son silence était un assentiment.

« Bien, poursuivit-elle donc. »

Elle se demanda un moment sur quel sujet se lancer avant de poursuivre :

« J'ai de bonnes nouvelles pour vous, Melanda. Nous avons retrouvé Belle à temps. Elle est toujours hospitalisée mais elle va s'en sortir. »

Une fois encore, Melanda resta silencieuse.

« Melanda ? Appela-t-elle. Vous êtes toujours là ?

_ Je... reprit la voix avec hésitation. Je vais avoir des ennuis, n'est-ce pas ?

_ Avec un bon avocat, vous vous en tirerez peut-être avec un simple délit de non assistance à personne en danger, mentit Emma comme elle savait que les chefs d'accusations retenus seraient nombreux.

_ Ca ne devait pas se passer comme ça, plaida Melanda. Quand je suis revenue dans la chambre après m'être occupée du bébé, elle ne bougeait plus et je... J'ai paniqué. J'ai cru qu'elle était morte. Je ne savais pas quoi faire d'autre, se justifia-t-elle.

_ Et si vous me laissiez entrer pour qu'on puisse en discuter face à face ? Essaya Emma.

_ Non, refusa-t-elle tout net.

_ Très bien, laissa aussitôt tomber Emma, soucieuse de ne pas la contrarier davantage, je comprends. Mais puisqu'on ne peut pas se parler face à face, j'aurais un service à vous demander, Melanda. Monsieur Gold est à côté de moi, expliqua Emma, et il aimerait beaucoup vous parler, assura-t-elle. Vous seriez d'accord pour qu'il vous rappelle dans deux minutes ? »

Emma raccrocha et revint à grand pas vers David, Mary-Margaret, Neal et Rumplestiltskin.

« Venez par là, Gold, dit-elle en lui faisant signe de la suivre à quelques pas des autres. J'ai deux minutes pour vous coacher avant qu'on rappelle. »

ooooo - OUAT-OUAT-OUAT - ooooo

Emma, Neal, Charmant et Blanche attendaient nerveusement à l'écart pendant que Rumplestiltskin était au téléphone avec Melanda Griffith. Emma lui avait bien expliqué que dans l'esprit de Melanda, elle avait le droit d'avoir ce bébé en paiement pour celui qu'il n'avait pas pu lui ramener et qu'il lui fallait être patient et compréhensif.

« Au contraire, disait Rumplestiltskin, je me souviens très bien de vous. Je me souviens de la fois où vous m'avez demandé d'aider votre fils. J'ai un fils moi aussi, je comprends très bien la douleur que ça a du être de le perdre. J'aurais aimé pouvoir faire quelque chose pour lui et pour vous. »

Il s'interrompit pour écouter la réponse de Melanda et Emma se tourna vers Neal.

« Il s'en sort plutôt bien, apprécia-t-elle. »

Neal lui retourna un sourire désabusé avant de répondre :

« A quoi est-ce que tu t'attendais ? Il passe son temps à manipuler les gens depuis des siècles, c'est sa spécialité. »

Ils reportèrent leur attention sur Rumplestiltskin qui poursuivait :

« Il n'y a rien que je ne ferais pas pour mes enfants, assurait-il. »

Emma vit Neal se renfrogner et se demanda si Rumplestiltskin serait un jour capable de regagner entièrement la confiance de son fils.

« Vous m'impressionez, madame Griffith, disait-il. Vous semblez extrèmement convaincue de votre capacité à élever ma fille. Quand Belle m'a dit qu'elle était enceinte, je dois admettre que j'étais terrifié et je le suis encore. Je n'ai aucune idée de comment on s'y prend pour aider une petite fille à devenir une femme. »

Emma sentit son coeur rater un battement :

« Mais à quoi il joue ? Souffla-t-elle. Il est dingue ! Je lui ai dit de ne pas la contrarier, pas de se dévaloriser ! »

Elle fit un pas en avant en direction de Gold mais Neal la retint par le bras.

« Laisse-le, dit-il à voix basse. Il sait ce qu'il fait.

_ Tu en es sûr ? »

Neal dévisagea son père un moment, l'air d'essayer de lire ses intentions sur son visage avant d'assurer en voyant son air serein et calculateur :

« Oui, j'en suis sûr. »

Emma et Blanche échangèrent un regard incertain tandis que Gold continuait :

« Vous voulez qu'on vous rende l'enfant que vous avez perdu, c'est bien normal, disait-il. Mais l'enfant que vous nous avez pris à moi et à ma compagne est une fille. Comment pourrait-elle remplacer le fils que vous avez perdu ? »

Emma ferma les yeux et inspira profondément. A chaque fois que Gold prenait la parole elle craignait qu'il n'aille trop loin et ne dépasse les bornes. Seul Neal semblait confiant. Il savait que son père était dans son élément avec cette conversation entre confiance et défiance et s'il avait paru au bord de la crise de nerfs quelques minutes plus tôt, il était à présent entièrement concentré sur la conversation et plus rien ne semblait pouvoir le perturber.

« Vous savez, poursuivit-il, sa chambre est prête à la maison. Mon fils aîné, Neal, nous a aidé à peindre les murs de la chambre en blanc et bleu très clair et Belle a utilisé de la peinture violette et des pochoirs pour finir la décoration. C'est elle aussi qui a eu l'idée d'accrocher au plafond au dessus du berceau des étoiles phosphorescentes. Je me demande si la chambre que vous avez préparé pour elle est aussi jolie que celle qui l'attend à la maison.

»Je suis très inquiet pour ma fille, je n'ai que votre parole pour croire qu'elle va bien, poursuivit-il après un moment de silence. Moi je crois que vous souffriez tellement de la perte de votre bébé que vous ne me laisserez pas avoir le mien. Je crois que vous avez fait du mal à ma fille. »

David, Mary-Margaret et Emma ouvrirent des yeux immenses. Il fait exactement le contraire de ce que je lui ai dit de faire, pensait Emma, convaincue que la catastrophe était proche. Neal, lui, n'avait pas l'air aussi paniqué. Il avait confiance dans la capacité de son père à décripter les pensées des gens et à les manipuler. Quelques secondes plus tard, Rumplestiltskin raccrocha et revint vers eux avec un sourire carnacier sur le visage.

« Qu'est-ce qui ne va pas, chez vous ? Attaqua aussitôt Emma. Qu'est-ce qui vous prend de la provoquer comme ça ? C'est précisément ce que je vous ai dit de ne pas faire !

_ Elle est d'accord pour me laisser entrer, déclara simplement Gold.

_ Quoi ? S'étonna Emma d'une voix soudain toute petite tant la surprise était grande. »

Rumplestiltskin eut un sourire en coin que Emma n'espérait jamais revoir tant il était annonciateur de machiavélisme destructeur et il expliqua avec une condescendance appuyée :

« Je vous remercie de vos précieux conseils, sherif, mais ma stratégie était pourtant simple : je me suis dévalorisé pour qu'elle se sente supérieure puis j'ai questionné sa valeur et son honnêteté et maintenant, elle veut me prouver que j'ai tort. Au lieu de le lui demander, je lui fais croire que c'est son idée de me laisser entrer alors qu'en réalité, c'est la mienne. »

Un court silence déconcerté suivit sa déclaration puis Emma se ressaisit et ouvrit le coffre de sa voiture :

« Venez par là, et enlevez votre manteau, commanda-t-elle. »

Elle tira deux gilets pare-balles du coffre et enleva son propre manteau pour passer la protection ; puis elle aida Gold a passer le gilet et à l'attacher correctement.

« Vous croyez vraiment que ce sera nécessaire ? Demanda-t-il.

_ Vous pouvez m'assurer que ça ne le sera pas ? Rétorqua Emma. »

Elle attrapa un talkie-walkie et le passa à sa ceinture avant d'en donner un deuxième à Neal. Puis elle se tourna vers ses parents :

« Attendez qu'on soit entrés pour téléphoner à l'hôpital et demander une ambulance : je veux que le bébé soit examiné dès qu'on l'aura sorti de là. Dites-leur bien de ne pas mettre la sirène et de faire une entrée discrète. Dans l'idéal, n'intervenez en renfort qu'une fois qu'on l'aura convaincue de laisser l'un de nous emmener le bébé. »

Ils approuvèrent d'un signe de tête et Emma se défit du revolver qu'elle portait à sa ceinture et le confia à Neal.

« Qu'est-ce que tu fais ? S'étonna-t-il.

_ Tu crois sérieusement qu'elle me laissera entrer avec une arme à ma ceinture ? Allons-y, décida-t-elle ensuite à l'intention de Gold.

_ Emma, intervint Charmant en la retenant par le bras. Sois prudente, chérie, dit-il.

_ Ca va aller, répondit-elle, j'ai toi et maman pour me couvrir. »

Elle lui adressa un sourire rassurant et croisa le regard de Neal dont les yeux exprimaient la même inquiétude. Ils échangèrent un lon regard et elle lui adressa un signe de tête confiant avant de se détourner.

ooooo - OUAT-OUAT-OUAT - ooooo

D'où ils se tenaient, Blanche, Charmant et Neal regardèrent Emma et Rumplestiltskin remonter l'allée du jardin, gravir les quelques marches du perron et cogner à la porte. Ils attendirent, l'estomac noué, tandis que Melanda Griffith entrouvrait prudemment la porte et exigeait d'Emma et de Rumplestiltskin qu'ils écartent les pans de leurs manteaux afin d'être sûre qu'ils ne portaient pas d'armes. Puis elle les laissa entrer et referma la porte.

Emma et Rumplestiltskin pénétrèrent dans une petite entrée qui s'ouvrait devant eux sur un couloir, à leur droite sur une cuisine d'une dimension modeste et à leur gauche sur un séjour. C'est là qu'ils suivirent Melanda. Posé avec soin sur le sofa se trouvait un couffin mais d'où ils se tenaient, Gold et Emma n'y apercevaient qu'une épaisse couverture vert foncé. Rumplestiltskin aurait aimé s'approcher ne serait-ce que d'un pas pour essayer d'apercevoir sa fille mais Melanda se trouvait entre lui et le canapé et elle tenait à la main un argument de choc : une arme calibre 38.

« Nous voulons seulement discuter, commença Emma en prenant soin de laisser ses mains bien en évidence, pourquoi ne pas poser votre arme ?

_ Je ne veux pas que vous me preniez mon bébé, disait-elle fiévreusement. »

Emma constata à regret qu'elle était extrèmement agitée, marchant de long en large à travers la pièce et agitant son arme dans tous les sens, les cheveux défaits, les traits tendus et les yeux mouillés de larmes.

« Mais ce n'est pas votre bébé, intervint Rumplestiltskin avec autant de douceur qu'il en était capable et alors qu'il mourrait d'envie de se jeter sur cette femme pour l'étrangler. Je sais que vous êtes convaincue que vous saurez l'élever et vous occuper d'elle et c'est sans doute vrai mais là n'est pas la question. C'est mon enfant et celui de Belle. Elle a déjà une maman. Vous ne pouvez pas choisir comme ça qu'elle est à vous juste parce que vous voulez un bébé.

_ Taisez-vous ! Ordonna Melanda en pointant soudain son arme sur Gold. »

Gold recula de plusieurs pas, la main qui ne tenait pas sa canne bien en évidence.

« Melanda, intervint Emma comme il était urgent de détourner son attention de Gold, qu'allez-vous lui dire quand elle va grandir et qu'elle voudra connaître l'histoire de sa naissance ? Lui mentir ? Un jour elle découvrira la vérité et qu'est-ce qui se passera à ce moment-là ? Vous savez que c'est terminé, dit-elle.

_ Non, protesta-t-elle. »

Elle s'assit sur le canapé, tout près du couffin et contempla le bébé qui dormait paisiblement. Emma jeta nerveusement un coup d'oeil à Rumplestiltskin. Il lui fallait toute son énergie pour tolérer l'image de cette femme à quelques centimètres de son bébé.

« Je sais que vous souffrez terriblement de la perte de votre enfant, poursuivit Emma. Ca a du être terrible de l'avoir oublié pendant vingt-huit ans et de vous en être souvenu soudainement. Mais en ce moment, à l'hôpital, il y a une autre maman qui souffre parce qu'on lui a pris son bébé et vous pouvez faire en sorte qu'elle ne connaisse pas cette douleur pour toujours : vous pouvez lui rendre son bébé. Vous ne voulez pas qu'elle vive un jour ce que vous vivez aujourd'hui, n'est-ce pas ? »

Melanda se leva brusquement du canapé et recommença à marcher de long en large puis soudain elle s'arrêta contre le mur au fond de la pièce et se laissa glisser au sol, le visage dans les mains, et pleura.

« La petite n'est pas née à terme, reprit Emma. Elle doit voir un médecin. Il faut qu'on soit sûr qu'elle va bien. Et il lui faut sa maman, sa vraie maman. C'est elle qui est le plus à même de prendre soin d'elle, vous le savez bien. Ca va aller, assura Emma en s'approchant. »

Elle fit un signe de tête encourageant à Rumplestiltskin tandis qu'elle poursuivait :

« Nous allons rester là toute les deux en attendant que vous soyez prête, d'accord ? »

Pendant ce temps, Rumplestiltskin avait traversé la distance qui le séparait du canapé en quelques enjambées. Il se pencha sur le couffin et prit sa fille dans ses bras en prenant bien soin de l'envelopper dans la couverture verte. Contrariée d'être ainsi dérangée dans son sommeil, la toute petite fille ouvrit de grands yeux bleus et se mit à pleurer. Il la blottit dans le creux de son bras et gagna la sortie en lui murmurant :

« Tout va bien, mon ange, tout va bien. »

Il quitta la maison sans se retourner et se hâta en direction de l'ambulance qui attendait, désireux de mettre autant de distance que possible entre Melanda Griffith et sa fille.

« Papa, est-ce que tout va bien ? Lança Baelfire qui accourait vers lui, suivi de Mary-Margaret et David.

_ Où est Emma ? Demanda aussitôt ce dernier.

_ Toujours à l'intérieur, répondit Gold. Mais je pense qu'elle a la situation sous contrôle. »

Blanche et Charmant échangèrent un regard puis partirent en courant en direction de l'arrière de la maison, comme le leur avait indiqué Emma tandis que Neal accompagnait son père et sa soeur vers l'ambulance. Suivant les conseils du médecin, Rumplestiltskin allongea la petite sur le brancard que les urgentistes lui désignèrent.

« Elle est née à combien de mois ? Se renseigna une jeune femme tout en passant un stétoscope dans ses oreilles et en le glissant entre les plis de la couverture pour écouter le coeur du bébé.

« Huit mois et quelques jours, répondit Rumplestiltskin. »

La jeune femme eut une expression satisfaite avant d'annoncer :

« Pouls 150, réactive, les doigts sont bien roses, constata-t-elle en examinant la toute petite main du bébé. »

Elle lui pinça doucement la cuisse et la petite replia la jambe :

« Bons réflexes de flexion. Les poumons sont clairs. »

Elle ôta son stétoscope, le passa autour de son cou et adressa un sourire rassurant à Rumplestiltskin :

« Nous ferons d'autres examens complémentaires à l'hôpital, dit-elle, mais ses signes vitaux sont excellents. Elle a l'air d'être en pleine forme.

_ Qu'est-ce qu'ils fabriquent, là-dedans ? Intervint soudain la voix nerveuse de Neal avant que Gold ait eu le temps de répondre quoi que ce soit. »

Rumplestiltskin, une main toujours posée sur sa fille allongée sur le brancard cent fois trop grand pour elle, se tourna vers son fils qui posait un regard inquiet sur la maison dont ni Emma, ni ses parents, ni Melanda Griffith n'étaient encore sorti.

Il s'apprêtait à rassurer Neal en lui disant qu'ils n'allaient sans doute pas tarder quand deux coups de feu déchirèrent soudain le calme de la rue.

« Emma, souffla Neal. »

Puis il s'élança en direction de la maison.

« Emma !

_ Bae ! Le rappela Rumplestiltskin. »

Il récupéra sa fille sur le brancard et la mit dans les bras de la jeune femme.

« Emmenez-la dans l'ambulance, commanda-t-il comme il était hors de question qu'elle reste à découvert au milieu de la rue.

_ Vous ne devriez pas y aller tout seul, protesta la jeune femme en prenant la petite.

_ Je n'ai pas sorti ma fille de cette maison pour laisser mon fils y retourner, rétorqua-t-il. »

Il attendit que la jeune femme et sa fille soient en sécurité dans l'ambulance pour traverser à nouveau le jardin, gravir encore les marches du perron et entrer prudemment dans la maison.

« Emma, lui parvint la voix de Mary-Margaret depuis le salon, reste avec moi, chérie. »

Gold s'apprêtait à entrer dans le salon quand Charmant en surgit, poussant sans ménagement Melanda Griffith devant lui. Elle avait l'air encore plus misérable que quand il était sorti avec le bébé, les mains menottées dans le dos, elle sanglotait en répétant « C'était un accident ! ».

« La ferme ! Lui cria Charmant.

Il s'arrêta en trouvant Rumplestiltskin dans le couloir et demanda :

« Votre fille est saine et sauve ?

_ Oui, elle va bien, répondit-il.

_ Alors allez aider la mienne, maintenant, exigea-t-il. »

Il raffermit sa poigne autour du bras de Melanda Griffith et recommença à la guider sans ménagement vers la porte. Rumplestiltskin entra dans le salon et fut frappé du chaos qui semblait s'être abattu sur la pièce depuis qu'il en était sorti avec la petite. Le canapé était de travers au milieu du passage, le couffin dans lequel avait été couché sa fille gisait retourné sur le parquet, un cadre s'était décroché du mur et s'était fracassé par terre, projetant des éclats de verre un peu partout et un guéridon et son vase avaient été renversés. Un peu plus loin, une balle perdue avait laissé un éclat dans le bois du parquet tandis qu'une autre avait touché Emma à la cuisse. Une flaque de sang s'était formée sous elle pendant que Blanche passait autour de sa cuisse la ceinture de Neal.

« Laissez-moi voir, fit Rumplestiltskin en s'approchant.

_ Tu peux la soigner ? Demanda Neal en se tournant vers son père avec espoir.

_ J'espère, dit-il en s'agenouillant près de Emma qui, le teint pâle et les lèvres bleues, avait les mains crispées près de sa blessure. La balle est ressortie ? Demanda-t-il. »

Blanche et Neal échangèrent un regard, s'interrogeant mutuellement puis Blanche répondit :

« Aucune idée.

_ Très bien, dit Gold en prenant les choses en main. Mary-Margaret, changez de place avec Bae et laissez Emma poser sa tête sur vos genoux. Bae, poursuivit-il à l'intention de son fils, vient vers moi, tu vas m'aider à la mettre sur le coté. »

Ils se mirent en place puis Rumplestiltskin força Emma a enlever ses mains de sa jambe.

« A trois, décida-t-il. »

Il compta puis avec l'aide de Neal, ils tournèrent Emma sur le coté.

« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda aussitôt Neal en voyant la grimace de contrariété qui passa sur le visage de son père.

_ La balle n'est pas ressortie, expliqua Gold. »

Ils rallongèrent Emma sur le dos et la manipulation lui tira un gémissement de douleur.

« Ca va aller, chérie, lui assurait Blanche en lui caressant les cheveux. »

Gold se passa une main sur le visage et réfléchit à toute vitesse.

« Qu'est-ce qu'on fait ? Le pressa Neal. Elle perd beaucoup de sang. »

Gold réfléchit encore quelques secondes avant de prendre sa décision.

« Emma, dit-il, vous serez guérie dans deux minutes, assura-t-il. En attendant, prenez la main de Mary-Margaret, conseilla-t-il. Bae, poursuivit-il à voix plus basse en se penchant vers son fils, je veux que tu places tes mains de chaque côté de la blessure d'Emma et que tu l'empêches de bouger sa jambe.

_ Qu'est-ce que tu vas faire ? Fit-il, inquiet.

_ Extraire la balle.

_ Quoi ?! S'exclama-t-il. Mais...

_ Fais-moi confiance, Bae, insista-t-il. »

Neal posa ses mains sur la jambe d'Emma afin de la maintenir au sol tandis que son père plaçait sa main au-dessus de la plaie et qu'une lueur ocre apparaissait au bout de ses doigts, créant un champ magnétique qui allait lui permettre de récupérer la balle. Emma serra les dents et ferma les yeux très fort mais ne put empêcher un nouveau gémissement de douleur de franchir ses lèvres.

« C'est presque fini, mon coeur, lui murmurait Blanche. »

Les secondes s'écoulaient, interminables pour Emma. La douleur entraînait ses réflexes à bouger sa jambe, forçant Neal à employer toujours plus de force pour la maintenir immobile. L'expression de douleur qui déformait les traits d'Emma lui retournait l'estomac. Un sursaut de douleur plus vif que les précédents tira à la jeune femme un véritable cri de douleur et soudain, la balle qui s'était logée dans sa jambe se retrouva dans la main de Rumplestiltskin. Il laissa tomber le morceau de métal sur le parquet et replaça aussitôt sa main au-dessus de la blessure qui s'était mise à saigner de plus belle. Le sang s'écoulait de la jambe d'Emma aussi vite que l'eau d'un robinet ouvert tandis que la main de Rumplestiltskin prenait l'aura de magie violette caractéristique de sa magie médicale. Petit à petit, muscles, tissus et veines se reconstituèrent d'eux-mêmes jusqu'à ce qu'il ne reste plus de la blessure qu'une vague marque rouge légèrement enflée sur la cuisse d'Emma.

Elle eut un soupir de soulagement quand la douleur disparut enfin de sa jambe. Neal se glissa à hauteur de son visage et lui prit la main. Il la porta à ses lèvres et l'embrassa.

« Tu as été géniale, lui souffla-t-il. »

Emma leva son autre main vers lui pour la poser contre sa joue. Rumplestiltskin et Blanche échangèrent un regard entendu et légèrement moqueur tandis que le soulagement de savoir tout le monde enfin sain et sauf donnait à la jeune femme une envie de rire qu'elle avait du mal à garder sous contrôle. Rumplestiltskin s'éclaicit la gorge avant de reprendre :

« Il vaudrait mieux que Emma voit un médecin sans trop attendre. Sa blessure est guérie mais elle a tout de même perdu beaucoup de sang.

_ Euh... Ouais, t'as raison, marmonna Neal en sortant de son apparté avec Emma qui leur avait fait oublier qu'ils n'étaient pas seuls. »

Emma croisa le regard de sa mère et sentit ses joues s'empourprer. Elle l'aida à s'asseoir puis Neal passa un bras autour de sa taille et l'autre derrière ses genoux et la souleva avec précaution. Ils quittèrent la maison et retraversèrent le jardin jusqu'à l'ambulance puis Neal allongea délicatement Emma sur le brancard. Les deux médecins les attendaient et la jeune urgentiste redonna la petite à Rumplestiltskin avant d'aller aider son collègue à s'occuper d'Emma. Le médecin étendit une couverture sur elle et lui passa un tensiomètre autour du bras.

Charmant, qui avait été obligé de garder un oeil sur Melanda Griffith qu'il avait faite asseoir à l'arrière de la voiture de police, laissa la suspecte à la surveillance de Blanche et accourut vers le brancard.

« Hey, fit-il en souriant doucement à Emma et en posant une main sur sa joue. Comment est-ce que tu te sens, ma grande ?

_ Ca va, assura-t-elle. Gold a tout arrangé. »

Elle cligna plusieurs fois des yeux comme elle se sentait écrasée de fatigue et que le soleil cru de ce matin d'hiver l'aveuglait un peu.

« Il faudrait demander à Archie de parler avec Melanda, dit-elle d'une voix qu'elle peinait à maintenir forte. Tu peux t'en occuper ? »

Charmant eut un moment d'hésitation comme les médecins s'apprêtaient à mettre le brancard d'Emma dans l'ambulance et qu'il ne voulait pas la laisser seule.

« Ok, accepta-t-il finalement. Tu vas avec elle ? Demanda-t-il en se tournant vers Neal. »

Il acquiesça d'un signe de tête, et le regard de Charmant passa de Neal à la main d'Emma qu'il tenait dans la sienne avant de revenir sur lui. Il lui adressa un regard qui signifiait qu'il l'avait à l'oeil avant de retourner vers la voiture de police.

« Vous avez un instant ? Demanda Neal au médecin qui installait Emma dans l'ambulance. »

Le médecin approuva d'un signe de tête et Neal s'excusa, non sans avoir laissé sa main glisser délicatement sur la joue d'Emma auparavant. Il s'éloigna et retrouva Rumplestiltskin qui, un peu à l'écart de l'agitation, berçait doucement le bébé, tout à son soulagement de savoir toute sa famille enfin en sécurité.

« Je vais à l'hôpital avec Emma, informa-t-il son père.

_ Bien sûr, lui sourit Rumple en levant le visage vers lui. Charmant va conduire Griffith au commissariat et Mary-Margaret va nous ramener à l'hôpital, ta soeur et moi. »

Il sourit en s'entendant prononcer ces mots et Neal s'apprêtait à s'éloigner pour ne pas faire attendre l'ambulance plus longtemps quand il ne put s'empêcher de se retourner pour une dernière question :

« Papa, appela-t-il alors qu'il s'était déjà éloigné de quelques pas, vous allez l'appeler comment ? »

Gold sourit à nouveau en se rappelant que quelques jours plus tôt, c'était Henry qui lui avait posé cette exacte même question.

« Je dois d'abord demander à Belle si elle n'a pas changé d'avis sur le prénom qu'on avait choisi, dit-il.

_ Oh, allez, insista Neal. »

Gold baissa les yeux sur le bébé qui, confortablement installé dans ses bras, observait ce qui l'entourait de ses grands yeux curieux. La petite bâilla et serra ses petits poings avant de fermer les yeux.

« Molly, annonça-t-il finalement. Elle s'appelle Molly. »

Neal adressa un grand sourire à son père avant de s'empresser de rejoindre Emma dans l'ambulance.

Gold le regarda s'éloigner avant de baisser à nouveau les yeux sur sa fille et de lui murmurer :

« Qu'est-ce que tu en penses, Molly ? Prête à aller rejoindre maman à l'hôpital ? »