Chapitre 7 – Une rencontre, une marraine et un anniversaire

La pendule accrochée au mur menaçait de rendre Belle complètement folle. Quatre heures... Quatre heures que Rumple étaient parti avec Emma et Neal pour aller chercher le bébé. Les choses ne pouvaient pas bien se passer s'ils étaient partis depuis si longtemps. Depuis qu'ils étaient partis elle oscillait entre périodes de grande agitation nerveuse où l'angoisse de l'attente et le terrible sentiment d'impuissance qui l'habitait lui donnait envie de hurler et de tout casser et moment de profonde détresse émotionnelle où, le visage enfoui dans l'oreiller qu'elle serrait contre son ventre trop plat, elle pleurait jusqu'à l'épuisement en se disant que son enfant était à peine né qu'elle avait déjà failli à le protéger.

C'est dans cet état de quasi-catatonie qu'elle se trouvait quand elle entendit des pas dans le couloir et que la porte s'ouvrit. Elle se redressa en sursaut, son coeur battant à tout rompre dans sa poitrine.

« Hey, lui sourit Rumplestiltskin en entrant dans la chambre, l'air épuisé mais un large sourire sur le visage, s'appuyant sur sa canne d'une main, l'autre tenant le bébé sur son bras. »

La petite était désormais enveloppée dans une des couvertures blanches dont le service de néonat de l'hôpital disposait à profusion. D'où elle se tenait, assise sur le lit, c'était pratiquement tout ce que Belle pouvait voir de son bébé. Une petite main dépassait de la couverture et elle apercevait le sommet d'un petit bonnet blanc comme la couverture. Elle était tellement bouleversée qu'elle était incapable de prononcer le moindre mot. Il lui semblait que l'air s'était figé dans sa poitrine et que tous ses muscles s'étaient changés en plomb. Elle voulait demander si leur enfant allait bien mais craignait trop que sa réponse ne soit pas celle qu'elle espérait. Rumplestiltskin s'avança dans la pièce et dit :

« Il y a une jeune fille qui a hâte de rencontrer sa maman. »

Elle tendit les bras et il lui confia leur fille. Il s'assit sur le rebord du lit près de Belle et la regarda qui embrassait la petite en lui murmurant des mots rassurants, émue aux larmes et écrasée de soulagement.

« Est-ce qu'elle va bien ? Demanda-t-elle quand ses nerfs lui permirent à nouveau de penser clairement.

_ Elle va bien, assura Rumple en embrassant sa compagne sur le front. Elle a déjà vu le pédiatre qui m'a assuré qu'elle était en parfaite santé. »

Il passa un bras autour de ses épaules et la tint un moment serrée contre lui.

« Qu'est-ce qui s'est passé, là-bas ? Demanda-t-elle ensuite en se tournant vers lui tandis que son corps assimilait doucement que sa petite fille était saine et sauve et lui permettait enfin de se détendre.

_ C'est une assez longue histoire, répondit Rumple. »

Il défit ses lacets et retira ses chaussures du bout du pied avant d'emprunter un des oreillers de Belle et se s'allonger.

« Pour faire court, poursuivit-il tandis qu'elle le regardait s'installer, leur fille toujours blottie contre son sein, Emma a commencé des négociations par téléphone, puis j'ai pris la relève, nous sommes entrés, Griffith m'a laissé emmener Molly et c'est ensuite que ça a sérieusement dégénéré. Je n'ai pas eu l'occasion de demander à Emma ce qui s'est passé précisément mais des coups de feu ont été tirés, Emma a pris une balle dans la jambe – ça valait le coup de mettre un gilet, commenta-t-il ironiquement – je l'ai soignée, ensuite je ne sais pas ce qui se serait passé entre Baelfire et Emma si Mary-Margaret et moi ne nous étions pas trouvés dans la pièce, et enfin nous sommes tous repartis pour l'hôpital. Je voulais venir te rassurer tout de suite mais je ne voulais pas laisser la petite seule avec les médecins. »

Belle resta silencieuse un moment à carresser doucement la petite main de leur fille entre ses doigts puis elle se rallongea également, la petite blottie entre eux et l'embrassa.

« Merci, dit-elle quand leurs lèvres se séparèrent.

_ Je t'en prie, chérie, lui répondit-il. »

Un silence paisible s'écoula puis Rumple reprit :

« Au fait, une infirmière va passer pour mettre un bracelet à la petite avec son prénom. On est toujours d'accord pour Molly ?

_ Molly Rose, comme on avait dit, confirma Belle en reportant son regard sur le bébé. »

Il acquiesça d'un signe de tête et sourit en se rappelant de la conversation qui les avait poussés à choisir le deuxième prénom de leur fille qui leur rappelerait à jamais un certain présent qu'il avait fait à Belle, un jour dans un château où elle était sa prisonnière.

Il passa tendrement une main sur la joue de sa compagne puis déposa un baiser sur le front de Molly avant de fermer les yeux. Il ne tarda pas à tomber endormi et Belle calcula rapidement qu'il n'avait pas du réellement fermer l'oeil depuis plus de quarante-huit heures. Elle resta un long moment éveillée, trop émerveillée par le bébé qu'elle avait tant attendu de connaître pour accepter si vite de fermer les yeux. Mais elle eut beau lutter, la fatigue tant physique que psychologique de ces deux derniers jours finirent par avoir raison de sa détermination et, la petite Molly toujours blottie dans le creux de son bras, elle finit par s'endormir aussi, la tête sur l'épaule de Rumple.

ooooo - OUAT-OUAT-OUAT - ooooo

« Vous pouvez la voir, dit l'infirmière à Neal qui attendait dans le couloir. »

Il ne se le fit pas dire deux fois et entra dans la chambre d'Emma. Elle lui adressa un sourire fatigué mais sincère en le voyant entrer. Il la rejoignit et s'assit près d'elle sur le bord du lit.

« Comment est-ce que tu te sens ?

_ Je ne veux plus qu'une seule chose, c'est dormir, dit-elle en riant et en se renfonçant dans ses oreillers.

_ Ouais, moi aussi, approuva Neal en repoussant une mèche de cheveux qui barrait le front d'Emma. C'est pour quoi, ça ? Demanda-t-il en montrant la perfusion reliée à son bras.

_ Du sérum phy pour aider mon sang à se régénérer plus vite, le rassura-t-elle. »

Ils restèrent un moment silencieux, chacun perdus dans leurs pensées puis Emma reprit :

« Alors ? Content d'avoir une petite soeur ? »

Neal rit et répondit :

« Oui, ça va. J'ai passé l'âge de taper une crise parce que j'aurais préféré un petit frère. Mais plus sérieusement, tu te rends compte que Henry va être assez grand pour aller chercher sa tante à l'école ?

_ Quelle famille ! Marmonna Emma en réalisant qu'il avait raison. »

Le silence s'installa à nouveau puis Emma reprit, pas vraiment consciente du fait que sa main était venue se poser sur le genou de Neal :

« Tu sais, j'ai repensé à ce que tu as dis la nuit dernière.

_ A quel propos ? Demanda-t-il comme il ne voyait pas de quoi elle parlait.

_ Quand tu as dis que ce qu'on avait traversé nous avait rendus plus forts.

_ Et ? L'encouragea Neal.

_ Et je crois que tu as raison, déclara-t-elle. Parce que malgré tout ce qui aurait pu nous séparer – le pays imaginaire, la santé de Henry, Killian, les disputes – tu as été là pour moi aujourd'hui... »

Elle laissa sa phrase en suspend, prit une profonde inspiration et prononça les mots qu'elle n'aurait pas du être trop fière pour dire plus tôt :

« Je t'aime, Neal. »

Il se pencha vers elle et l'embrassa pour lui dire qu'il l'aimait aussi. Neal fut le premier à rompre leur baiser et Emma le sentit qui souriait contre ses lèvres.

« Il faut toujours que l'un de nous se prenne une balle pour qu'on admette qu'on s'aime, observa-t-il. J'espère que ça ne va pas devenir une habitude. »

Elle retint son rire et l'attira à elle pour un nouveau baiser qui ne dura toutefois guère plus longtemps que le premier puisque la porte de la chambre ne tarda pas à s'ouvrir brusquement et Henry se précipita dans la pièce pour se jeter au cou d'Emma.

« Maman ! S'écria-t-il. Est-ce que ça va ? Mamy et Papy nous ont dit qu'on t'avait tiré dessus ! Fit-il sans lui laisser le temps de répondre.

_ Et est-ce qu'ils t'ont dit que ton grand-père avait tout arrangé en un clin d'oeil ? Répondit-elle d'un ton léger en passant une main dans les cheveux de son fils.

_ Oui. »

Neal laissa sa place sur le bord du lit à Henry qui s'installa près d'Emma et entreprit de lui poser un millier de questions sur les évènements de la matinée, lui laissant à peine le temps de répondre avant d'enchaîner. Neal et Emma échangèrent un regard par-dessus la tête de Henry et Emma détourna le regard pour ne pas rire. Regina, qui était entrée derrière Henry, se tenait près de la porte et souriait devant son impatience fougueuse et sa curiosité insatiable.

« Et qu'est-ce qui s'est passé après que Grand-père soit sorti de la maison avec Molly ? Demandait Henry. Elle t'as tiré dessus comme ça ?

_ Non, répondit Emma. J'ai essayé de discuter avec elle et de la convaincre de me donner son arme mais... »

Elle s'interrompit pour prendre le temps de choisir des mots adaptés à l'âge de Henry – même si elle se doutait bien qu'il était bien plus capable de comprendre qu'elle ne le pensait – et reprit :

« Tu sais, c'est une femme très perturbée et très malheureuse. Elle n'avait pas les idées claires. Il y a très longtemps, elle a perdu un bébé et là, nous venions de lui en reprendre un deuxième.

_ Ce n'était pas une raison pour te tirer dessus, estima toutefois Henry.

_ Non, tu ne comprends pas, dit-elle. Elle n'a pas fait exprès de me tirer dessus. C'est sur elle qu'elle a voulu tirer. Elle a levé son arme vers sa tête et j'ai essayé de l'en empêcher en lui attrapant le poignet. On s'est battues et deux coups sont partis tout seuls, le premier dans le plancher et le second dans ma jambe.

_ Ah, fit Henry. Est-ce qu'elle va aller en prison maintenant ?

_ J'ai bien peur que oui. Pour un bon moment.

_ Tu penses qu'elle va prendre combien de temps pour kidnapping ? Intervint curieusement Neal. »

Alors qu'il s'adressait à Emma, ce fut Regina qui prit la parole :

« Pas uniquement pour kidnapping, dit-elle. Elle va être inculpée deux fois pour enlèvement et séquestration, une fois pour Belle et une fois pour le bébé ; non assistance à personne en danger pour avoir abandonner Belle dans la forêt au lieu de la conduire à l'hôpital ; mise en danger de la vie d'autrui avec circonstance agravante puisque Molly est un mineur de moins de quinze ans. »

La longue liste de chefs d'accusation laissa place à un silence que Regina rompit en commentant :

« Si j'étais l'avocate chargée du dossier, j'essayerais de plaider la folie pour changer la peine de prison en un internement en institut psychiatrique. Qui sait, dans le cas de cette femme, c'est peut-être ce qu'il lui faut plutôt que de la prison. »

Emma approuva d'un hochement de tête puis Henry voulut savoir quand elle rentrerait à la maison. Elle lui dit qu'elle ne pourrait pas quitter l'hôpital avant le lendemain matin et Henry se tourna vers son père pour lui demander s'il pouvait dormir chez lui ce soir-là.

« Evidemment que tu peux dormir chez moi, répondit Neal en lui ébourriffant les cheveux. »

Neal et Regina s'arrangèrent des détails en terme d'horaires et de dîner puis ils discutèrent encore cinq minutes avant que Regina ne suggère en s'adressant à Henry :

« Nous devrions y aller et laisser maman se reposer, non ? »

Henry eut une moue déçue mais se leva du lit sans protester. C'était parfois assez compliqué pour les gens extérieurs à leur groupe d'amis de s'y retrouver dans ce schéma familial à deux mamans et un papa mais, depuis l'épisode du pays imaginaire qui les avait forcés à collaborer et à s'entraider, les divergences d'opinion avaient été mises de côté et les relations s'étaient assainies et Henry semblait très bien s'en accomoder.

« Je te vois demain, lui promit Emma en l'embrassant.

_ Ok, dit-il en rejoignant Regina.

_ A tout à l'heure, fiston, lui dit Neal en lui ébourriffant les cheveux encore une fois.

_ Je viens d'avoir une idée, fit soudain Regina en s'adressant à Henry, désireuse de lui faire retrouver son enthousiasme. Et si on allait faire les boutiques pour trouver un cadeau de naissance pour ta tante ?

_ Ca serait cool ! S'enthousiasma Henry. »

Regina sourit et ouvrit la porte de la chambre. Henry adressa un geste de la main à ses parents avant de sortir puis Regina souhaita un bon rétablissement à Emma avant de le suivre.

« Amusez-vous bien, leur lança Neal. »

Il se leva pour aller refermer la porte derrière Regina et demanda en se retournant vers Emma :

« Tu veux que je te laisse te reposer ?

_ Je peux me reposer même si tu es là, rétorqua-t-elle en se poussant pour lui faire de la place sur le lit. »

Il comprit que c'était sa façon à elle de lui demander de rester. Il quitta ses baskets et les poussa dans un coin avant de la rejoindre. Elle se blottit contre lui et ils purent enfin échanger un vrai long baiser qui avait le goût doux-amer des années ratées et des occasions manquées qui les avaient conduits à cet instant d'absolu. Emma laissa sa tête reposer sur le torse de Neal tandis qu'il refermait ses bras sur elle, une main caressant doucement son dos, et ils s'endormirent en pensant qu'ils avaient du sommeil et du temps à rattraper.

ooooo - OUAT-OUAT-OUAT - ooooo

« Emma ! Entendit-elle derrière elle. »

Elle s'arrêta alors qu'elle s'apprêtait à quitter l'hôpital en compagnie de ses parents qui étaient venus la chercher et vit Rumplestiltskin qui se hâtait vers elle.

« Gold, le salua-t-elle, comment ça va ?

_ Mieux qu'hier, répondit-il avec un sourire narquois. »

Il salua David et Mary-Margaret puis reprit à l'intention de Emma :

« Belle et Molly doivent rester en observation encore vingt-quatre heures, j'allais leur chercher des affaires à la maison mais puisque vous êtes là, j'aurais une question à vous poser, dit-il ensuite. »

Emma lui adressa un regard interrogateur, sa curiosité piquée à vif devant son air hésitant mais aussi quelque peu inquiète. Quand il s'agissait de Gold, il fallait s'attendre à tout...

« Je vous écoute, dit Emma en échangeant un coup d'oeil surpris avec sa mère.

_ Eh bien, se lança-t-il, Belle et moi en avons discuté et nous nous sommes dit que nous aimerions beaucoup que vous soyez la marraine de Molly. »

Emma, qui s'attendait à tout sauf à ça, en resta bouche bée.

« Vous êtes sérieux ? Ne put-elle s'empêcher de demander. Je veux dire, je croyais que la tradition, c'était de demander à une bonne fée d'être la marraine. »

Gold étouffa un éclat de rire avant de répondre :

« C'est vrai, mais ce n'est pas une fée qui a risqué sa vie et reçu une balle dans la jambe pour ma fille. Ce n'est pas non plus une fée qui s'est privé de sommeil deux jours durant, à organisé des recherches et des battus pour retourver ma compagne. Il y a peu de gens qui auraient fait pour moi ce que vous avez fait, Emma. »

Elle lui adressa un sourire ému puis répondit :

« Je suis très touchée, c'est d'accord. Qui va être le parrain ? s'enquit-elle, curieuse de savoir avec qui elle allait devoir faire équipe.

_ Henry, répondit Gold. S'il est d'accord, évidemment.

_ Oh, il le sera, assura Emma avec un sourire en imaginant déjà la joie que ça lui ferait. »

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« Entrez, entrez, fit chaleureusement Regina en s'effaçant pour laisser Belle, Rumplestiltskin et la petite Molly - que Belle portait dans un couffin - se mettre à l'abris du froid.

_ Salut Grand-père, s'exclama Henry en accourant.

_ Joyeux anniversaire, mon grand, lui répondit-il. »

Belle lui souhaita également un bon anniversaire puis Regina leur prit leurs manteaux et ils rejoignirent au salon les autres invités de la fête d'anniversaire de Henry. Ils saluèrent Charmant, Blanche, Neal et Emma puis l'attention générale se concentra rapidement sur le couffin. Belle prit la petite dans ses bras et lui enleva son manteau. En plus de son manteau, elle avait été enveloppée dans une couverture en laine blanche brodée à son prénom, cadeau de Mary-Margaret. Henry fut le premier à avoir le privilège de tenir la petite Molly dans ses bras.

« Regarde-le, se moqua gentiment Charmant, il est tout tendu. Ca va, Henry ?

_ Ca va, ça va, assura-t-il sans bouger d'un millimètre tant il avait peur de ne pas tenir le bébé comme il fallait. »

Puis ils discutèrent entre eux un moment, Henry se joignant tantôt aux conversations, tantôt demandant à Charmant de lui apprendre à manier l'épée ou à son père de venir jouer au foot avec lui tandis que la petite Molly passait de bras en bras. Neal finit par céder et quand ils revinrent du jardin après leur partie de foot, Belle venait de confier le bébé à sa marraine.

« Ca va aller ? Demanda-t-elle à Emma qui n'avait pas l'air très à l'aise. »

Elle lui assura que oui et passée une première minute d'apréhention se trouva plus détendue. Le bébé posait sur elle un regard à la fois curieux et serein, à peine perturbée de voir soudain tant de nouveaux visages et de se trouver entourée de tant de bruits et de voix. Elle sourit au bébé et sentit Neal se glisser derrière elle pour la prendre dans ses bras.

« Qui a gagné la partie de foot ? Demanda-t-elle en se laissant aller en arrière contre son torse.

_ C'était plus un interrogatoire qu'une partie de foot, répondit Neal.

Elle le sentit qui souriait dans son cou tandis qu'il continuait :

« Il m'a posé plein de questions sur nous deux.

_ Qu'est-ce que tu lui as dit ?

_ Je lui ai dit qu'on recollait doucement les morceaux, que tout allait bien se passer et qu'il pouvait toujours nous dire quand il faisait des cauchemars. »

Un silence serein s'installa entre eux et Emma s'apprêtait à répondre quelque chose quand elle fut interrompue par le bébé qui se mit à pleurer. Belle vérifia sa montre et vit qu'il était temps d'aller préparer un biberon pour Molly. Elle s'excusa et Regina la suivit pour l'aider à trouver tout ce dont elle avait besoin dans la cuisine. Pendant ce temps, Emma s'était dégagée de l'étreinte de Neal et essayait maladroitement de calmer le bébé. Gold vint à son secours et lui prit la petite des bras.

« Ne vous en faite pas, Emma, dit-il. Le tout quand un bébé pleure, c'est de ne pas paniquer. Sinon, elle ressent votre peur et ça ne fait qu'empirer la situation.

_ Ca t'es arrivé de paniquer avec moi, quand j'étais petit ? Voulut savoir Neal.

_ Plus d'une fois, lui assura Rumple.

_ Ah bon ?

_ Et comment ! Parfois, tu pleurais sans raison apparente et on ne comprenait pas ce que tu avais, ça rendait ta mère complètement dingue, raconta-t-il. En général, elle finissait par aller faire un tour le temps que j'arrive à te calmer. Et puis vers deux ans tu as commencé à avoir la manie de tout mettre à ta bouche : des pièces de monnaie, des cailloux, tout ce qui passait à ta portée. Je ne compte pas le nombre de fois où on a paniqué en te criant de recracher ce que tu venais de mettre dans ta bouche... Ensuite il y a eu ta période escalade, poursuivit-il sans laisser à Neal le temps d'intervenir. Là aussi, j'ai paniqué souvent, se rappela-t-il. Surtout qu'avec ma mauvaise jambe, ce n'était pas toujours évident de te courir après ou de monter te chercher.

_ Je grimpais où ? Demanda Neal, cherchant à se souvenir.

_ Au début, sur la table basse et les chaises, comme tous les enfants qui commencent à marcher mais ensuite, ç'a été escalader la clôture du jardin, puis grimper dans le pommier, essayer de sortir de la maison en passant par la fenêtre de la cuisine – tu ne te souviens pas d'être tombé dans les rosiers, une fois ? »

Neal fit non de la tête et son père poursuivit :

« En grandissant, tu es devenu plus doué et agile et on se faisait moins de souci mais au début...

_ Tu ne m'avais pas mis une claque pour être monté sur un muret en pierre, une fois ? Se rappela-t-il soudain. »

Rumplestiltskin, berçant toujours la petite qui pleurait en attendant son biberon, réfléchit un instant pour se souvenir.

« Non, répondit-il enfin, c'était ta mère. Il faut dire que tu lui avais fait très peur ce jour-là.

_ Je m'en souviens vaguement.

_ Tu te souviens des parcours que tu faisais avec les meubles et les chaises ? Lui demanda Rumplestiltskin. »

Il laissa Neal réfléchir quelques instants avant d'aider sa mémoire :

« Tu prenais les chaises de la cuisine, les coussins du canapé, les oreillers des lits et tu installais un parcours de la table de la cuisine jusqu'à la table basse. Tu sautais de chaise en chaise.

_ Oui ! S'exclama soudain Neal en retrouvant le souvenir. Tu restais à côté de moi et tu me tenais la main. Tu avais toujours peur que je tombe.

_ Et si je n'avais pas été là, prêt à te rattraper, tu serais tombé plus d'une fois, assura-t-il. Tu ne devais pas avoir cinq ans à l'époque ! »

Belle revint dans la pièce avec le biberon de lait chaud et Rumplestiltskin lui confia le bébé. Elle s'installa sur le canapé pour nourrir la petite et Rumple s'assit près d'elles. Tout en partageant avec Regina des souvenirs de bêtises de leurs enfants, il avait un bras autour des épaules de Belle et jouait avec une mêche de ses cheveux, se détournant de temps à autres pour contempler la petite ou Belle. Deux semaines s'étaient écoulées depuis les évènements tragiques qui avaient entourés la naissance de Molly et, s'il était certain qu'il faudrait longtemps à Belle pour oublier ce traumatisme, leur merveilleuse petite fille, ses sourires plein d'innocence et son regard pur l'avaient aidée à se remettre plus vite que n'importe quel traitement.

Henry souffla les bougies de son gâteau et ouvrit ses cadeaux et tous pensaient, alors que la soirée avançait, que Regina avait mis de la musique et qu'ils regardaient Neal et Emma, Blanche et Charmant et Regina et Henry danser, qu'il y aurait encore beaucoup d'anniversaires à venir et à célébrer ensemble, que ce soit dans le salon d'une petite maison de storybrooke ou dans la salle de bal d'un château dans la forêt enchantée s'ils parvenaient un jour à rentrer ; et Rumplestiltskin, tout en berçant Molly qui s'endormait doucement dans ses bras, vit Neal embrasser Emma et se dit que leurs destins à tous n'avaient pas finis d'être mêlés.

ooooo - OUAT-OUAT-OUAT - ooooo

Fin