Bonsoir, bonsoir !

Je sais que je me concentre beaucoup sur l'amitié Brema (comme dirait ma meilleure amie), Emma/Ambre, mais... je pense que ce qu'elles ont ne peut tenir en seulement quelques phrases. Et dans leur relation, il y a beaucoup de facettes. Je vous montre les principales dans ces premiers chapitres, le reste viendra au fil des suites. :)

Mais avant tout, merci pour toutes ces reviews (plus nombreuses ! :D) et donc merci à :

Flume : Wow ! Eh bien merci pour ces mots vraiment touchants, ça fait du bien ! (je suis nulle pour remercier correctement...). Heureusement que leur amitié semble authentique car elle existe ! Merci beaucoup, vraiment ! En espérant de retrouver pour ce chapitre-ci.

Manooon : Contente que Lob t'ait plu et que cette suite aussi ! Voilà la suite, merci beaucoup !

HeliosDeNoierie : C'est bizarre... ton pseudo me fait penser à quelqu'un sur un certain forum :p Merci beaucoup pour cette superbe review ! Je suis contente que la relation Castle/Beckett te plaise parce que tout le long de ma fic, je vais retranscrire ce que j'aimerai voir dans la série (Dieu Marlowe, m'entends-tu ?). C'est vrai que beaucoup d'années se sont passées mais je les trouvais nécessaire pour qu'Emma (et Ambre) ait cette maturité. Merci encore ! :D

Lacritique : Emma va s'en remettre. Difficilement mais elle y arrivera. Je ne garantis rien mais j'espère que mes idées te plairont ! Merci beaucoup.

Shoukapik : J'aimais beaucoup James aussi, ça m'a fait de la peine de le supprimer ainsi... Merci pour ta review !

Holidays : Ca, c'est un véritable honneur pour moi que tu puisses t'identifier à un de mes personnages ! Surtout Emma ! Merci beaucoup :D

Soniacaskettshipper : J'ai fait vite, là, non ? Surtout que cette suite est assez longue (11 pages Word). J'adore Emma aussi, elle est un véritable exutoire ! Merci beaucoup pour ta review.

HeartinCages : Merci à toi, vraiment ! J'espère que cette suite te plaira aussi :)

Quetcsche : Contente que ça te plaise ! Le poème date un peu mais... il rentrait bien dans l'histoire alors je l'ai mis, ravi d'avoir un commentaire dessus. Il y en a un autre dans ce chapitre ! Merci pour tes deux reviews :)

Et pour finir, Chouckett : Tu sais ce que j'en pense (et ce sera toujours le cas xD) et relire ton commentaire m'a encore fait rire ! Merci encore et ne t'inquiète pas, tes commentaires sont superbes ! :D


Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulés sans fin vers notre passé.

F. Scott FITZGERALD


Chapitre 2 : Be still.

- Lanie ? fit Beckett en décrochant. Tu as quelque chose pour moi ?

- Peut-être, répondit celle-ci à travers le combiné. J'ai comparé les dossiers de l'ancienne affaire impliquant Emma.

- Attends, la coupa Kate, je te mets sur haut-parleur.

Son portable quitta son oreille pour se retrouver poser sur la table, fixé de tous.

- Donc, je disais, j'ai comparé les dossiers et... le mode opératoire est le même.

- Comment ça ? demanda Esposito en fronçant les sourcils.

- Trois balles dans la poitrine, la victime se vide de son sang et souffre le martyr, expliqua Lanie.

Beckett s'humidifia les lèvres, le cœur pincé. James avait vécu ces horreurs.

- Tu veux dire que celui qui a tenté d'enlever Emma et tué l'homme qui la battait... commença-t-elle.

- Avait la même technique d'assassinat, termina Castle.

- Et s'est servi de la même arme, le calibre correspond, rajouta Lanie.

Il eut un silence durant lequel Kate pinçait sa lèvre inférieure entre son index et son pouce, perplexe ; Castle était appuyé contre la table et fixait sa partenaire, un peu soucieux ; Ryan était assis, un bras sur l'accoudoir et se tenait la tête ; Esposito, debout, croisait les bras.

- On a donc affaire aux même hommes, déduisit Beckett.

- Ceux du boss ? demanda l'écrivain en fronçant les sourcils.

- Pas forcément, Rode avait beaucoup d'ennemis et essayait d'en protéger Emma.

- Mais, Kate, le même mode opératoire, la même arme... ça fait un peu gros comme coïncidence, non ?

- Je croyais que tu aimais les coïncidences, Castle, fit Esposito en souriant.

Le concerné lui lança un regard amusé puis le reporta sur sa compagne.

- Peut-être un imitateur... tenta Kate, refusant de croire que d'autres hommes du boss leur avaient glissé entre les doigts.

- Les théories farfelues, c'est ma marque de fabrique ! ironisa-t-il.

Elle lui tira la langue, oubliant son fidele regard noir.

- Ca aussi ! s'exclama-t-il en la pointant du doigt.

- Quand vous aurez fini de vous amuser... fit Lanie au bout du fil.

- Désolé, firent les coupables d'une même voix.

Castle baissa le regard et se concentra.

- Pourquoi Roderick voulait-il protéger Emma ?

- Elle était son point faible, expliqua Kate avec ses mains. Mais maintenant que James est mort... Ils la craignent car ils savent qu'elle va vouloir lui rendre justice.

- Ou se venger, nuança l'écrivain.

- Non, pas Emma.

- Kate... James était comme un père pour elle, c'est normal qu'elle veuille se venger.

Elle eut un sourire un peu coupable à travers ses doigts qui couvraient toujours sa bouche.

- Je sais... j'étais pareille.

Un nouveau silence pris place et des sourires doux furent échangés avant que Lanie n'intervienne.

- Juste une chose... qui ça « ils » ?

- Les hommes du boss, expliqua rapidement Castle en devançant sa partenaire qui lui jeta, cette fois, un regard noir.

- Castle... soupira Kate.

- Kate... fit-il sur le même ton. Il est possible que certaines personnes nous aient échappé.

- Ils ne pouvaient pas tous être au même endroit, rajouta Ryan avec un regard bienveillant pour sa patronne.

- Non, c'est impossible, refusa-t-elle en secouant doucement la tête.

- Pourquoi ? demanda son compagnon.

Elle lui lança un regard qui voulait tout dire, ses yeux transpiraient la douleur que lui avait causé cette enquête... elle ne voulait pas retomber dans ce tourbillon infernal sans pouvoir, à aucun moment, reprendre son souffle. Parce qu'aujourd'hui, elle était enfin guérie.

- Bon les Gars, je vous laisse, fit Lanie, j'ai des macchabées à disséquer.

- Lanie... gronda Beckett en roulant des yeux.

- Désolée, je trouvais que ça faisait moins « folle-dingue » que « je vais tenir la conversation à me patients décédés ».

- Pas sûr, rigola Castle.

- T'as raison Writer Man ! s'exclama-t-elle et Beckett pouvait deviner son sourire carnassier.

Et la légiste raccrocha tandis que son amie grognait quelque chose d'inaudible. Castle sourit, amusé, et lui tendit son cellulaire. Leurs doigts se touchèrent, les yeux s'accrochèrent et...

- Eyesex, chuchota Ryan dans leur dos.

Esposito hocha la tête avec conviction et les deux complices abordèrent un énorme sourire.

- Les Gars... désespéra la brunette. Vous avez quel âge ?

- L'âge de savoir que... (puis devant le regard de sa patronne, Ryan se reprit) qu'il faut que j'aille me faire un café.

Il s'échappa en entraînant son partenaire qui émit un petit « eh ! » de désapprobation sous les gloussements de l'écrivain et les yeux rieurs de la muse. Elle secoua la tête, dépitée mais amusée, en souriant. Dans sa main vibra son portable et l'image qui s'afficha lui glaça le sang.

- Allô, Emma ?


- Tu as... tu as failli mourir devant moi, lâcha Ambre après un silence qui semblait avoir duré des heures.

- Ambre, la rappela son amie pour qu'elle remette les pieds sur Terre. Calme-toi, c'est terminé maintenant.

Mensonge. Ce n'était que le début, et un début qui commençait bien trop fort et semblait bien trop lourd pour ses épaules fatiguées.

- Tu as failli te faire exploser la tête, Emma ! cria-t-elle. Comment veux-tu que je me calme ?

Ses yeux envoyaient des éclairs, ce n'était pas de la colère, pas tout-à-fait. L'inquiétude était si grande, si présente qu'elle s'exprimait avec violence. Emma se tut tandis que sa jeune amie bouillait de l'intérieur.

- Et puis c'est qui ce type ? rajouta-t-elle en montrant leur inconnu, toujours inconscient, avec son bras tendu.

- Sais pas, répondit tout bas Emma.

- Tu te fiches de moi ? grogna-t-elle. Et cette prise de karatéka, j'ignorai que tu avais pris des cours.

Emma se traita de tous les noms pour ne rien lui avoir avoué jusqu'à maintenant puis ferma les yeux dans une fatalité soudaine. Et elle sut que l'on pouvait se damner même les yeux fermés. La brunette se pinça les lèvres et ses billes vertes, désormais ouvertes, tombèrent dans le noir profond de celles d'Ambre.

- Je voulais seulement te protéger...

- De quoi ? De la douleur ? s'énerva-t-elle. Sache que c'est raté.

Son cœur rata un battement devant la souffrance évidente qui transpirait du corps de son amie et sous les mots si durs, si difficiles qu'elle venait de lui cracher. Qu'avait-elle fait...

- Tu n'as jamais rien voulu me dire sur ton passé, rajouta la jeune Swan.

- Je sais...

- Tu connais le mien par cœur.

- Je sais.

- Je ne t'ai jamais rien reproché mais... je te confie mes doutes, mes peurs et mes souffrances et en retour, tu n'as que très peu à m'offrir.

- Je sais, Ambre ! fit Emma en élevant la voix. Mais crois-moi, ce ne serait pas un cadeau pour toi que de connaître mes doutes, mes peurs et mes souffrances, la cita-t-elle. Et je pense que tes problèmes pèsent déjà bien lourds sur tes épaules pour que j'y ajoute mon sac de voyage en mauvais état.

Elle vit Ambre croiser les bras, dans une posture défensive, et ce fut avec peine qu'elle la vit refuser ses justifications, ses raisons. Sa mâchoire était crispée et ses yeux la transperçaient de part en part. Emma se sentit brusquement si petite, si fragile et si pitoyable que lorsqu'une voix si reconnaissable pour elle se répercuta sur les murs grisés du parking, elle eut envie d'avoir à nouveau dix ans.

- C'est Richard Castle, là-bas ? s'exclama Ambre avec incrédulité. Et il vient vers nous en plus !

Emma lui sourit, toujours triste, et l'adressa ensuite au fameux écrivain qui irradiait l'endroit de ses yeux pétillants. Kate, près de lui, avait un sourire un peu pincé mais son regard, le fidele reflet de ses véritables sentiments, exprimait un soulagement évident et une joie immense qui lui fit chaud au cœur. Emma sentit ses lèvres trembler et sa vision devenir trouble. Elle n'avait qu'une envie, courir et, comme elle l'avait fait, se jeter dans les jambes de son ange gardien, en larmes.

Et jusqu'à ce qu'elles se retrouvent face-à-face, leurs promesses lui griffèrent la gorge, leurs paroles pleines de sens, ses dessins maladroits et qui voulaient tant dire, leurs yeux qui transpiraient, hurlaient la même souffrance... la froideur commune de leurs mains. Et comme Emma, Kate crut qu'elle allait lâcher prise devant deux enfants de 14 ans mais les doigts de son partenaire qui frôlèrent les siens lui permis de rester sur Terre et rationnelle.

- Non d'un chien, lâcha Ambre avant de se tourner vers sa meilleure amie. Tu connais Richard Castle !

Et la concernée crut que de nouvelles foudres viendraient l'achever.

- Mais pourquoi tu ne me l'as pas dit ! s'égosilla-t-elle, des étoiles dans les yeux.

Emma, interloquée par ce soudain changement de comportement, expliqua d'un ton froid :

- Pour les mêmes raisons que le reste.

Et le regard d'Ambre se ternit. Ah oui, ce reste-là. Il y avait donc un rapport entre son passé et la présence de l'écrivain, pensa-t-elle.

- Et moi qui pensait être ta meilleure amie, souffla Swan avant de tendre la main à Castle dans un sourire.

Emma reçut cette remarque cinglante en plein cœur, sachant pourtant pertinemment qu'Ambre n'en pensait pas un mot. Parce qu'elle avait droit à ce titre, cette étiquette (malgré le fait qu'elle ne supportait pas les étiquettes sur le front) plus que quiconque. Emma était arrivée dans sa vie alors qu'elle était au plus bas, elles avaient forgé leur amitié dans la douleur... un base instable, fragile mais pourtant inébranlable.


Cette nuit-là, elles avaient la maison pour elles seules. Pizzas, bons films, bonne musique si jamais, bonne ambiance. Mais rien ne se déroula ainsi.

Une fois douchée, Emma laissa sa place à une Ambre silencieuse au visage fermé et l'attendit, assise sur son grand lit, en tailleur. Elle fit finalement le tour de la chambre, laissant glisser ses doigts sur les multitudes de photos prises ensemble, souriante. Grimaces ou immenses sourires. Le cliché qu'Emma préférait était celui de leur regard, côte-à-côte, qui défiait l'objectif. Mais on pouvait deviner sans difficulté leur sourire caché grâce aux plissements de leurs yeux aux couleurs opposées.

45min. Cela faisait maintenant 45 minutes qu'Ambre était sous la douche. 45 minutes que l'eau n'avait cessé de couler.

Fronçant les sourcils, Emma se dirigea vers la porte, toqua puis y colla son oreille.

- Ambre ? appela-t-elle. Tu vas prendre toute l'eau chaude !

Aucune réponse.

- Si tu ne réponds pas, j'entre, prévint-elle.

Malgré le bruit du liquide brûlant s'abattant sur le dos courbé de l'adolescente, Emma put l'entendre chanter un bout de poème qu'elle avait elle-même écrit et auquel Ambre avait ajouté la mélodie, puis son cœur fit une embardée entre ses deux poumons.

Ce soir,

Le ciel pleure.

Ce soir,

Les étoiles ont peur.

Emma tourna la poignée et discerna à travers le rideau flou la silhouette de son amie qui paraissait si petite recroquevillée ainsi. Elle prit peur et, malgré la chaleur presque étouffante de la pièce, ouvrit la barrière plastique avec empressement.

Son âme se volatilisa, son cœur explosa devant la vision, scène qui se déroulait devant ses yeux terrifiés. Et Ambre reprit, d'une voix volée par la fatigue :

Son regard terrifié

Tandis que sur se peau,

Cette arme des maux

Joue du violon, abîmé.

Ambre, complètement nue, tenant dans sa main une paire de ciseaux et de son poignet s'écoulait un filet rougeâtre dès plus inquiétant. Après un instant sans le moindre mouvement, Emma reprit ses esprits et se glissa sous le jet, ignorant l'eau qui vint immédiatement l'attaquer. Elle pris dans une douceur extrême le visage de son amie entre ses mains, dégageant les mèches noires et mouillés qui collaient à son visage trempé et livide. Ambre papillonna des yeux, faible et abattue.

- Ambre, qu'est-ce que tu as fait...

- N'appelle pas les pompiers, supplia cette dernière en chuchotant.

Emma ne lui répondit pas, lui retirant cette arme qui l'avait mutilé comme pour combattre à sa place. Tendant le bras, elle arrêta l'eau et un soudain silence se fit, pesant, plein de souffrances et étrangement glacé.

- Je n'en peux plus, Em', déclara Ambre en éclatant en sanglots.

Elle abandonnait, elle baissait bras et armes. Elle n'avait pas le droit. Le roc, son appui, sa bouée de sauvetage ne pouvait pas se laisser aller. C'était impossible. Alors, le corps secoué par les pleurs de son amie dans les bras, Emma fit sortir délicatement son amie, l'oiseau le plus majestueux de sa cage en céramique blanche et l'entoura avec une serviette. Le sang ne cessait de couler, gouttant au bout de ses doigts, et elle, elle ne cessait de chanter.

La musique s'arrête,

La douleur souffre.

Elle est cet être

Au fond du gouffre.

Le chemin jusqu'à sa chambre fut long, portant Ambre à moitié, Emma ne sut qui de son corps ou de son cœur souffrit le plus durant cette épreuve. Elle la déposa sur son lit, la glissa sous les couvertures puis lui retira la serviette humide et tachée de rouge. Elle se dépêcha, le cœur en miettes, de trouver de quoi la soigner. Une fois fait, elle posa un grand pansement sur le poignet abîmé de sa meilleure amie dans le même état. Cette dernière somnolait, épuisée par les conséquences de sa bêtise mais néanmoins rassurée par les doigts glacés d'Emma sur sa peau brûlante. Ces mêmes doigts qui vinrent se déposer sur sa joue et la caresser dans une douceur infinie qu'elle lui découvrait, à peine consciente et toujours chantante.

Au-dessus de sa tête,

Le ciel est d'encre.

Les tâches lumineuses s'émiettent,

Elle remonte l'ancre.

Ambre se surprit à sourire doucement, paupières closes, l'esprit vide et brumeux.

- Merci, souffla-t-elle.

Et ce fut en lui embrassant le front, les yeux fermés elle-aussi, qu'Emma lui répondit dans un chuchotement :

- Toujours.

Plus tard, alors qu'elle effaçait les gouttelettes de sang comme elle tentait d'effacer ce qu'elle venait de vivre, de voir, Emma laissa enfin les pleurs envahir ses yeux terrifiés et souiller ses joues pâles. Fixant son oiseau chantant avec ce goût âpre dans la bouche, Emma se promit de la sauver. Alors, d'une voix tremblante et pleine de sanglots, elle termina :

Entre quatre murs,

Elle joue du violon.

Son âme s'aventure

Et plus jamais nous la reverrons.


Castle déposa un baiser sur la joue de sa compagne et, à l'arrière, Emma poussa un cri en tapant dans ses mains :

- Je le savais !

Ils rirent, Ambre ne comprenait pas bien mais sourit.

- Depuis quand ? s'enthousiasma-t-elle avec bonheur.

- Euh... fit l'écrivain.

- Eh bien... rajouta la muse.

Les yeux écarquillés, en attente, Emma les regardait tour-à-tour.

- Quelques mois, lâchèrent-ils d'une même voix.

- Seulement ? s'écria-t-elle avec déception. Et moi qui pensait vous avoir aidé avec mon superbe dessin.

Kate se tourna, une main tenant son siège, et lui sourit.

- Mais il nous a aidé, Emma, la rassura-t-elle. Enormément même, seulement il y a eu des... évènements qui ont un peu tout chamboulé.

- La mort de Montgomery, comprit Emma en hochant la tête.

- En quelque sorte, acquiesça Castle.

Il ne comprit pas le regard noir que lui lança sa partenaire mais il se fit malgré tout, tout petit.

- Prête à rencontrer Iron Gates ? s'amusa-t-elle alors.

Pour toute réponse, l'adolescente tordit sa bouche telle l'enfant qu'ils avaient connu et ils sourirent. Ambre, silencieuse, les observa interagir avec une certaine admiration et une estime immense pour ces deux personnes naquit dans son cœur. Ils sortirent finalement de Crow Victoria de Beckett et Castle rapprocha la muse de lui.

- Tu n'as rien dit à Emma pour ta fusillade ? la questionna-t-il.

- Je ne voulais pas l'inquiéter...

- Je comprends, je n'aurai rien dit à Alexis.

Kate fronça les sourcils devant ce sous-entendus plus qu'évident que son partenaire de travail et de vie faisait. Et devant son air plein de malice, elle se sentit sourire en levant les yeux au ciel.

Derrière eux, Ambre et Emma se touchaient presque mais ne parlaient point.

- J'attendrai, lâcha la jeune Swan.

Emma ralentit le pas, regardant toujours droit devant elle.

- J'attendrai que tu ai assez confiance en moi pour tout m'avouer.

La jeune fille tiqua.

- J'ai confiance, Ambre, la rassura-t-elle. Je n'ai seulement pas assez de cran.

Un sourire timide naquit sur les lèvres de son amie et malgré la blessure que cette découverte avait engendré, Emma sut qu'elle commençait à lui pardonner et elle sentit le poids sur son cœur se dissiper.

Ils s'engouffrèrent tous dans la cage d'ascenseur, Ambre appuya sur le numéro indiqué par Emma et bras tendu, dévoila à ses yeux clairs, cette légère ligne rosée sur son poignet.


- Tu dois être la fameuse Emma dont j'entends tant parler, fit une voix dans son dos.

Cette dernière se retourna, intriguée par ce timbre qu'elle ne connaissait pas encore.

- Je suis Victoria Gates, se présenta-t-elle.

- Le nouveau capitaine, déduisit la jeune fille en tendant sa main. Enchantée.

- De-même, sourit Gates.

Castle écarquilla les yeux.

- Elle peut sourire ! chuchota-t-il à Kate qui lui donna un coup de coude pour le faire taire.

Il se massa les côtes, les yeux rieurs, puis la brunette se mordit l'intérieur des joues pour ne pas éclater de rire et s'attirer les foudres de sa supérieure.

Emma plongea ses yeux dans ceux noirs du capitaine. Cette dernière eut cette sensation étrange que l'adolescente lisait en elle comme dans un livre ouvert et que son âme lui chuchotait tous ses secrets. Elle se tourna finalement vers les autres policiers et fit signe à Ambre de venir à ses côtés.

- Je vous présente Ambre Sarah Ga...

La concernée toussa, mal-à-l'aise, et Emma aborda un énorme sourire.

- Ambre Swan, ma meilleure amie.

Elles se sourirent et les autres sourirent pour elles.

- Le type qui en avait après Emma, où est-il ? demanda Gates après cette parenthèse joyeuse.

- A l'hôpital, répondit Kate avec nonchalance.

- Vous l'avez blessé en le maîtrisant ? s'étonna-t-elle.

- Non, pas moi, expliqua le lieutenant. Emma.

Cette dernière eut envie que la terre s'ouvre sous ses pieds et l'avale toute entière.

- Toi ? s'exclama Esposito, yeux écarquillés.

- Elle lui a cassé le nez, précisa Castle dans un sourire.

- Fracturé, nuança-t-elle en levant son index.

Devant les bouches ouvertes de Ryan et Esposito et l'air peu fier de son partenaire, Beckett roula des yeux et s'adressa à son capitaine.

- Il est au bloc, on ne pourra l'interroger que demain matin.

Gates acquiesça d'un hochement de tête, adressa un dernier sourire aux deux jeunes filles, et partit s'enfermer dans son bureau.

- Elle est plutôt sympa ! constata Emma.

- Tu dis ça parce qu'elle t'apprécie, grogna l'écrivain ce qui la fit rire.

- L'homme qui t'a agressé, reprit Kate. Tu sais pour qui il travaillait ?

Emma hocha la tête.

- Pour le boss, malgré sa mort. Il suffit de quelques hommes pour faire renaître cette « secte ».

- Ahah ! s'exclama Castle en levant la main pour recevoir un high-five.

Personne ne lui donna ce plaisir alors il se le fit lui-même, la mine boudeuse.


- Emma... commença Kate, debout et raide.

La concernée fronça les sourcils devant la posture du lieutenant, assise sur l'accoudoir du fauteuil, elle serrait entre ses mains la tasse de chocolat chaud. Ambre était partie aux toilettes et Emma eut la sensation qu'elle aurait besoin de sa présence. Dans les yeux lagons de l'écrivain, les paillettes avaient disparu, ils ne riaient plus, ils ne la rassuraient plus. Elle les regarda, tour-à-tour, et sentant un point de non-retour arriver à grands pas, elle eut envie de s'enfuir loin de la nouvelle qu'on allait lui annoncer.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? arriva-t-elle à articuler.

Les deux partenaires se regardèrent, déjà inquiets avant toutes paroles, et Emma eut envie de hurler tant l'attente était insupportable.

- C'est James...

Et sa tasse explosa au sol, ses mains recouvrirent sa bouche, ses lèvres tremblantes, et bientôt, elle lâcha prise puis les larmes envahirent ses yeux. Ambre vit la chute vertigineuse que subissait sa meilleure amie à travers les vitres, prise de panique elle déboula dans la pièce tandis que Castle fermait les stores.

Jamais encore Ambre ne l'avait vu ainsi et, cette fois, ce fut elle qui pris les armes pour l'aider à combattre, touchée en plein cœur.


Ecouter "Be Still" de The Fray.

Elles étaient couchées dans leur chambre et il n'y avait que la montre d'Emma qui dénonçait la fuite du temps et ses sanglots qu'elle tentait de contrôler. Elle étouffait ses plaintes, ses pleurs dans son oreiller. Ses yeux, fermés au possible, brûlaient affreusement et sa bouche contre le tissu hurlait ces mots qu'elle n'avait su lui dire. Un traversin les séparait. Il était toujours entre elles car Ambre adorait dormir avec, sa tête posée dessus et son bras qui le franchissait pour toucher, dans son sommeil, celui d'Emma.

Mais cette nuit-là, l'oreiller allongé ne supportait aucun poids sur lui, il était froid, comme ses mains. Cette séparation était présente sur plusieurs points. Accordant une confiance qu'elle ne donnait pourtant jamais à sa fragilité, Emma ouvrit ses lèvres tremblantes et abîmées par ces secrets pourtant scellés.

- J'étais très jeune quand ma mère est morte d'une overdose, mon frère s'est enlever et je ne l'ai plus vu avant plusieurs années.

Ambre, près d'elle, ne montrait aucun signe d'attention. Il lui semblait alors qu'elle était la seule à respirer, convenablement ou non.

- Mon père s'est fait tuer en mettant son nez où il ne fallait pas. James l'a tué, précisa-t-elle en inspirant, les sourcils froncés. Et j'étais là, dans la voiture.

Silencieusement, telle un cygne se déplaçant sur l'eau, la jeune Swan se retourna et, comme Emma, contempla le plafond, ses mains croisées sur son ventre.

- J'étais trop jeune pour comprendre le geste impardonnable qu'il avait commis, et c'est pourquoi, lorsqu'il m'a pris dans ses bras et m'a dit « tu es en sécurité », je l'ai cru.

Emma, les yeux désormais secs et fixes, ne pouvait arrêter les mots qui brûlaient ses lèvres, son cœur implosait, ses secrets virevoltaient et allèrent chuchoter à l'oreille d'une Ambre silencieuse et pleine de culpabilité.

- Et je l'ai toujours fait, termina-t-elle d'un souffle. Même lors de son départ et bien après encore, même lorsque je me faisais battre par ceux qui étaient censés me protéger, même en connaissant toute l'histoire.

Cette fois, la jeune Lawson entendit distinctement la respiration de son amie se suspendre et elle se mit à sourire tristement. Une larme lui échappa et traça un sillon brillant sur sa tempe.

- Kate et Rick m'ont sauvé la vie de deux manières différentes : physiquement et mentalement. Kate et le contrôle qu'elle a sur ses émotions est stupéfiant, sa tendresse et ce combat acharné qu'elle a mené valent toute l'admiration et le respect du monde. Et il y avait Rick qui me faisait rire. J'étais - je suis - fragile et instable émotionnellement, s'ils n'avaient pas été là comme tu l'es désormais, je ne sais pas ce que je serai devenue...

Son cœur s'emballa, ses joues et sa gorge la brûlèrent, et ses yeux papillonnèrent pour chasser la peine qui s'y installait.

- Si je ne t'ai jamais rien dit... c'était pour te protéger et pour ne jamais voir ton regard, ta manière d'être avec moi, changer.

Ses mains étaient glacées et humides, elle les déposa sur le lit, paume ouvertes vers le plafond, doigts tendus comme en attente de quelque chose qui ne venait pas.

- Et aujourd'hui... James est mort, souffla-t-elle d'une voix brisée. Je suis dans cette ville où tant d'horreurs ce sont déroulées, on souhaite à nouveau ma mort... je ne suis plus en sécurité.

Les lèvres tremblantes, les yeux clos jusqu'à ce que ses cils disparaissent sous la souffrance, les doigts fermement accrochés au drap, elle laissa échapper dans un souffle :

- Et j'ai perdu ma meilleure amie.

Elle éclata en sanglots, se couvrant le visage avec ses mains en espérant cacher son larmes.

- Mon dieu, Emma... fit Ambre en brisant leur barrière, au sens propre comme au figuré. Tu ne m'as pas perdu, tu ne me perdras jamais.

Et elle la prit dans ses bras, la serrant jusqu'à ce que son oiseau blessé en oublie le monde, tandis que de lourds pleurs secouaient Emma de part en part. Les joues inondées et le cœur en poussière, la jeune fille cacha son visage souillé par les larmes dans le cou de son amie.

- Je suis... désolée, tellement désolée, lâcha-t-elle entre deux hoquets.

- Ce n'est rien, je comprends maintenant, la rassura Ambre en passant une main dans ses longs cheveux bouclés et en les caressant. Je te pardonne.

Nouveau soubresaut. Ambre resserra son étreinte autour du corps frêle et si fragile de son amie, elle était tellement mal de la voir ainsi. Nouveau hoquet.

- Je te pardonne, répéta-t-elle en posant son menton sur le sommet de sa tête, les yeux clos.


Les reviews m'aident à continuer et sonnent comme des encouragements. ;)