Bonjour, bonjour !
Voici le chapitre 5 (plus long), je m'excuse d'ailleurs pour le temps d'attente entre les chapitres mais je suis cette année en Terminale et ça va être assez chaud de tenir un quelconque rythme... :/
J'espère que vous comprenez et comprendrez par la suite :)
Avant tout, un immense merci à :
HeliosDeNoierie : Déjà... wow, merci ! Je suis contente que la petitesse du chapitre ne t'ait pas plus dérangé ! Je trouvais ça assez... décevant (peut-être) pour vous d'avoir attendu aussi longtemps pour pas grand chose x) Vraiment contente que la scène Caskett t'ait plu :D Il y en a une autre petite dans ce chapitre ! Merci beaucoup !
SeriesAddict76 : Si c'est ton petit doigt qui te l'a dit, écoute-le plus souvent, il n'a pas complètement tord ;) Merci !
Manooon : Et la voici ! :D
Dans de cruelles circonstances,
Je n'ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé.
William Henley.
Chapitre 5: Faille dans l'armure.
- Killian ! retentit une voix, brisant le silence dans lequel il s'était muré. Il fait froid maintenant, rentre à la maison.
- Mais Ma'... gémit-t-il.
- Et sans discuter !
Il revint sur ses pas en traînant des pieds et en grommelant, ce qui la fit doucement sourire. Une fois à l'intérieur, elle lui retira son bonnet et son écharpe tandis qu'il se débarrassait de son énorme manteau. Il fouilla dans une poche et en sortit une grande plume, un peu abîmée, qu'il fit tourner entre ses petits doigts. Elle le regarda faire, le cœur pincé.
- J'ai cru la voir toute à l'heure, s'exclama-t-il soudainement.
- Et ?
- Et ce n'était pas elle, en fait.
Tessa ne sut dire si elle avait envie de rire ou de pleurer, son cœur n'y était pas pour l'un et ses yeux l'avaient déjà trop fait pour l'autre.
- Tu penses qu'elle va revenir ?
Il braqua sur elle un regard emplit d'espoir.
- Bien sûr, tu as dit que tu l'épouseras un jour, elle y tient trop.
Ce n'était pas vraiment un mensonge mais ce n'était pas non plus la vérité. La vérité était qu'elle n'en savait rien mais qu'elle l'espérait. Alors, comme pour s'excuser, elle lui ébouriffa les cheveux.
- Et elle ne tient pas à toi ? demanda-t-il dans un froncement de sourcils, étonné que sa « sœur de moitié » ne tienne qu'à lui.
Le souffle lui manqua si soudainement qu'elle ne put répondre. Emma l'appréciait, tenait à elle... mais suffisamment pour revenir ? A nouveau, elle l'ignorait. Réfléchissant à un prochain « mensonge », il la prit de court.
- Je sais qu'elle t'aime beaucoup beaucoup beaucoup, au moins jusqu'à la piscine qu'on a pas !
Elle rit, sans retenu, en l'entendant répéter l'image d'Emma.
- Et je sais qu'avec les deux amours qu'elle a pour nous, elle est obligée de revenir, continua-t-il. Moi tout seul, non, et toi toute seule, non plus.
Elle dut admettre que du haut de ses sept ans, il avait terriblement raison.
- Mais nous deux ensemble... BOUM ! s'écria-t-il en mimant une explosion, les joues gonflées.
Il lui offrit un sourire rayonnant qui se fit communicatif. Elle pensa que jamais un enfant ne devrait se questionner de la sorte et sur ce genre de sujet mais il lui paraissait que ceux adoptés étaient fabriqués ainsi. Mes parents ne m'aimaient-t-ils donc pas pour m'avoir abandonné ? Pourquoi moi et pas un autre enfant ?
Mais Killian n'en faisait pas parti... Mes parents m'ont abandonné ? Très bien, j'espère qu'ils auront un enfant qui leur conviendra. Pourquoi moi et pas un autre enfant ? Je préfère que ça arrive à moi plutôt qu'à un copain.
Et même si leur sang ne correspondait pas, leur esprit, lui, semblait jumelé. Dès lors de son arrivée, Emma était tombée amoureuse de cette bouille d'ange et l'avait immédiatement prise sous son aile. Tessa lui reprochait parfois de le surprotéger et elle lui répondait qu'à la place de Killian, elle aurait aimé que quelqu'un lui promette une présence éternelle.
Killian se trompait d'ailleurs sur une seule chose : lui seul suffisait pour qu'Emma revienne.
Le froid, glacial, lorsqu'ils se mêlèrent de nouveau à la foule extérieure s'empara de leur âme toute entière. Ils frissonnèrent, sentant la chair de poule s'élever de part et d'autre de leur corps.
Il paraît qu'il est impossible de prévoir les drames, pas même l'instinct crie au danger. Les tragédies font des frappes chirurgicales, précises et... dévastatrices.
- Taxi ! hurla une femme tout près d'eux.
Emma sursauta et Ambre lui sourit doucement en posant une main sur son bras. Bientôt, une détonation sembla arrêter le temps et submergea le brouhaha de New York. Cette même femme, encore inconnue, s'écroula sous leurs yeux innocents et purs, foudroyée par le projectile mortel. Kate prit conscience de la situation et, rapide comme l'éclaire, sortie son arme en hurlant des ordres à son partenaire.
- Castle ! tenta-t-elle de se faire entendre par-dessus les cris terrifiés et affolés de la foule. Emmène les filles loin d'ici !
- Et toi ? s'inquiéta-t-il tout en cachant les deux oiseaux sous son long manteau.
- Le tireur ne peut pas s'être enfuit, le coup de feu vient de ce bâtiment là-haut, je m'en charge !
Sur un dernier regard, elle piqua un sprint jusqu'à l'endroit indiqué plus tôt. Arme au poing, elle franchit les portes et gravit quatre à quatre ces marches qui grinçaient sous son poids. L'adrénaline à son paroxysme, Kate ignorait les battements effrénés de son cœur dans ses tempes, elle ralentit pourtant le pas lorsque son regard tomba sur une porte entrouverte. Elle approcha à pas de loup, ajustant son outil mortel devant ses yeux et entra brusquement dans la pièce. Rien. Mais avant qu'elle ne sente la frustration l'envahir, un bruit sourd attira son attention : des bruits de course. Elle se pencha à la fenêtre pour découvrir, sur le toit, une silhouette noire se faire tranquillement la malle.
- Hey, police ! hurla-t-elle en enjambant la fenêtre.
L'ombre se retourna lorsqu'elle posa pieds à terre et tira dans sa direction, elle se mit à couvert et lui retourna quelques balles. Beckett le pourchassa jusqu'à ce qu'il recommence son manège pour la ralentir et alors qu'elle sortait à nouveau de sa cachette, elle le vit sauter... dans le vide. Un battement de cœur raté, elle se précipita en jurant. Agile, il était un peu plus bas et installait déjà une corde de rappel.
- Police, arrêtez-vous ! cria-t-elle de nouveau.
Il releva la tête... et lui sourit. Et tandis qu'elle prenait le même chemin, il se laissa tomber dans le vide, son fusil de sniper sur l'épaule, et fit quelques bonds avec ses pieds contre la façade du bâtiment. Il atterrit enfin, sain et sauf, et se mit à courir.
Folle de rage, Kate se pencha, ignorant cette peur nouvelle du vide, visa et tenta d'avoir cet homme qui lui glissait entre les doigts. Quatre coups de feu retentirent mais elle manqua sa cible. Beaucoup de bruit pour rien.
- Les filles, vous ne bougez surtout pas ! ordonna-t-il fermement.
Sous le choc, elles se serraient l'une contre l'autre, incapable de formuler le moindre mot. Castle se précipita auprès de leur inconnue qui ne s'était pas relevée... qui ne bougeait plus. Le cœur déjà serré, il s'accroupit et posa ses doigts sur sa gorge. Silence, aucune pulsation contre sa peau glacée. Il soupira en sortant son téléphone de sa poche.
- Hey Espo, on a un problème en ville... déclara-t-il simplement en observant les alentours à la recherche de Kate.
Des bruits de pas s'arrêtèrent devant lui. Relevant les yeux, il croisa ceux terrifiée de sa protégée tout en rangeant son cellulaire.
- Elle est morte ? demanda-t-elle d'une voix maîtrisée.
- Emma, je t'avais demandé de ne pas bouger, le sniper peut encore te guetter, gronda-t-il en l'entraînant ailleurs.
- Ca m'étonnerait qu'il soit toujours à sa fenêtre, Kate l'aurait déjà fait passer par-dessus, s'expliqua-t-elle.
Alors qu'il ne bronchait pas, elle se dégagea de son emprise, le corps tendu et le regard qui envoyait des éclairs.
- Et pour elle ? On ne va tout de même pas la laisser sur le trottoir !
- C'est une scène de crime maintenant, Emma...
- Ce n'est pas une raison, grogna-t-elle en rebroussant le chemin.
Il tenta de la retenir mais elle lui échappa, comme bien souvent. Il l'observa pourtant s'assoir, en tailleur, près de cette femme dont ils ne savaient rien. Et il fut à la fois surpris et peiné lorsqu'elle amorça une discussion bien monotone.
- Ce n'était pas vous qu'il visait, mais moi... chuchota-t-elle tout bas comme s'il s'agissait d'un secret. Je suis désolée, tellement désolée que vous en ayez payé le prix.
Elle éleva sa main au-dessus de ce visage blême, caressant ses cheveux sans jamais les toucher. Un sourire indéfinissable fit trembloter les coins de sa bouche lorsqu'elle remarqua une alliance à son annulaire gauche.
- Emma, éloigne-toi, lui intima une voix.
En relevant la tête, la jeune fille tomba sur le visage fermé de Kate.
- Mais...
Cette dernière l'empoigna par le bras et la souleva sans ménagement, la traînant presque sur le sol.
- Ce fils de pute m'a échappé alors tu me feras le plaisir de ne pas faire ton yoga en pleine rue.
Emma se dégagea violemment, touchée en plein cœur par le ton de Beckett.
- Cette femme, hurla-t-elle en la désignant de son index, est morte à cause de moi ! J'ai conscience du danger, crois-moi !
- Non, Emma, c'est faux ! s'exclama à son tour Kate en haussant le ton. Je ne sais pas ce qu'il te faut pour que tu comprennes que c'est ta VIE qui est en jeu ! Pas ton bulletin scolaire ou une amitié, ta vie ! Et contrairement à tout ce que tu peux penser, je t'assure que tu y tiens, à ta vie. Il n'y aura pas toujours quelqu'un qui recevra cette balle à ta place, pas toujours quelqu'un qui te fera réagir à temps pour t'éviter une balle en plein cœur !
Le souffle court par cette tirade, Beckett se rendit compte qu'Emma l'observait désormais dans un calme olympien. Castle avait reçu une décharge dans tout le corps et dévisageait, lui aussi, sa compagne. Faisait-elle bien référence à ce qu'il pensait ?
- Il faut que j'appelle les Gars, souffla-t-elle pour changer de sujet.
- Déjà fait, glissa doucement Castle.
Elle le fixa longuement, les mains brusquement tremblantes. Remarquant son air paniqué, il l'entraîna un peu plus loin et posa ses mains sur ses épaules.
- Hey, l'appela-t-il, j'assure tes arrières, tu te souviens ?
- Mais tu n'es pas flic, Castle, ce n'est pas ton boulot ! s'emporta-t-elle à nouveau. Tu es...
- Juste un écrivain qui rêve parfois d'être quelqu'un héroïque, je sais, la coupa-t-il en lui souriant. Ma fille me le rappelle assez souvent.
Elle ne put s'empêcher de sourire à son tour, un peu triste et désolée. Elle fixa alors leur protégée qui réconfortait son amie en lui frottant le dos, cette dernière en état de choc.
- Emma va culpabiliser et le faire savoir à tout le monde en déversant sa colère, et on la laissera faire.
Il haussa les sourcils, interrogateur.
- Voir que les autres ne s'écroulent pas face à tout ce qui nous nous détruit permet de ne pas sombrer dans la folie, ça permet de voir une porte de sortie, un peu de lumière... expliqua-t-elle.
Parfois, il oubliait que Kate Beckett, la femme forte et inébranlable, avait peur du noir.
- Tu vas l'emmener se défouler sur des sacs au commissariat, elle devrait retrouver un peu de sérénité, proposa-t-il.
- Ca fonctionnait pour moi... murmura-t-elle en réfléchissant.
- Je sais.
Cette fois, son sourire fut moins grand mais beaucoup plus sincère, plus vrai... plein d'espoir. Alors qu'il se détournait, elle le retint par le bras.
- Tu m'as sauvé la vie un nombre incalculable de fois...
- Onze fois, en fait, rectifia-t-il.
- Tu es déjà quelqu'un d'héroïque.
Elle se mit sur la pointe des pieds, posa une mains sur sa joue et embrassa longuement l'autre, laissant son nez frotter contre sa barbe naissante.
Elle les jeta les gants sur le sol et les montra d'un signe de main.
- Allez, mets-les.
- Pourquoi ? demanda Emma, le visage fermé.
- Pour danser la Macarena, ironisa Kate. Je veux que tu te défoules, que tu te vides la tête.
Emma jaugea les gants de boxe du regard et croisa les bras.
- Frapper un sac de sable n'est pas défoulant, grogna-t-elle.
- Très bien, s'exclama Kate en poussant les protections d'un coup de pied. Alors tu m'affronteras.
Elle attrapa des bandes sur le banc et les enroula autour de ses mains, laissant Emma l'observer sans un mot.
- Pas question, déclara cette dernière en tournant les talons.
- Quoi ? dit Kate en s'obligeant à prendre une intonation arrogante. Tu as peur de finir par terre, faible et démunie ? Mais n'est-ce pas ce que tu es déjà ?
Ella para habilement le premier coup de poing que lui envoya sa jeune protégée.
- Je suis pas faible, cracha Emma.
- Prouve-le.
Un second coup, Kate le dévia, plongeant alors dans ces yeux verts débordant de rage.
- J'ai l'impression de me battre contre une gamine de dix ans, celle que j'ai connu, celle qui n'était pas encore armée pour faire face, s'acharna-t-elle. James aurait honte de toi.
Emma hurla en balançant son poing contre la mâchoire du lieutenant qui tituba quelques pas en arrière, la lèvre inférieure éclatée. Elle essuya le sang d'un revers de main, fixant son élève se consumer par la colère et le désespoir.
- Montre-moi ce que tu ressens, frappe Emma, frappe ! hurla-t-elle.
Elles firent plusieurs enchaînements de coups que chacune bloqua, encore et encore, le bruit du poing serré contre la paume s'élevait et se répercutait contre les murs. Kate balaya les jambes d'Emma qui s'écroula sur le tapis, le souffle coupé.
- Relève-toi, ordonna-t-elle.
La jeune fille obéit sans broncher, les muscles bandés et tremblants.
- Qu'est-ce qui t'énerve ? demanda Beckett. D'où vient toute cette rage ?
- De ne pas savoir ! grogna Emma en bloquant un coup de pied circulaire.
- Savoir quoi ? insista Kate.
- De ne pas savoir comment vivre sans lui ! hurla-t-elle.
Comme si elle avait mis toute sa force dans ces mots, Emma se plia en deux, les mains sur les genoux, cherchant son souffle. La jeune femme la releva en lui attrapant les épaules, l'obligeant à plonger son regard dans le sien.
- Il n'y a pas que ça, murmura Kate en posant une main contre le cou brûlant d'Emma. Et je veux que tu me le dises.
Elle se recula et reprit sa position défensive.
- J'ai mal, Kate, pleura Emma en recommençant le combat. J'ai tellement mal.
Les larmes dévalaient ses joues et brouillaient sa vue mais elle continua, peut-être moins attentive.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il est mort, parce que... j-je ne sais même pas pourquoi !
Beckett esquiva et l'adolescente manqua de tomber en avant, tête la première. Elle s'essuya les joues avec ses avant-bras puis recommença, trempée de sueur.
- Je suis pas une gosse normale, et je ne l'aurai jamais été.
Kate savait qu'à chaque coup, chaque mot, la carapace d'Emma s'envolait un peu plus.
- J'en ai assez de vivre pour les autres, d'être incomprise... il me semble parfois que même Ambre n'est pas suffisante, que personne ne l'est et ne le sera jamais.
Enfin, les sanglots s'en mêlèrent et sa concentration en fut d'autant plus amoindrie.
- J'ai peur à tous les temps, Kate, et je sais pas comment on vit avec.
A bout de force, Emma envoya un coup droit qui fut, bien évidemment, arrêté par la paume de Beckett. Cette dernière replia ses doigts contre la main de sa protégée, enveloppant ce poing serré et tremblant. Elle le serra à son tour et Emma s'écroula par terre, en larmes.
Les épaules secouées de sanglots, l'adolescente camoufla son visage ravagé avec ses cheveux, quelques mèches vinrent se coller sur son front et ses joues. Kate se mit à sa hauteur, tenant toujours sa main, et posa l'autre sur son genou plié.
- Pour le travail, il faut que je sois Beckett mais trop souvent cette part de moi prend le pas sur Kate, celle qui est fragile, presque sans protection.
Elle passa sa main derrière la tête d'Emma et lui embrassa longuement le front.
- Toi, tu es à la fois Emma Mayer, la fillette effrayée, et Emma Lawson, l'adolescente qui en sait déjà trop sur le monde.
Lorsque la jeune fille releva les yeux vers elle, Beckett crut revoir cette petite fille d'une dizaine d'années.
- Il faut savoir être les deux facettes, et non privilégier l'une au détriment de l'autre.
De nouvelles larmes roulèrent puis tombèrent sur ses cuisses, silencieuse.
- Ambre est la représentation physique d'Emma Lawson mais tu ne peux être complète sans Emma Mayer, sans...
- Toi, murmura Emma d'une voix cassée.
Kate lui sourit doucement, profondément touchée.
- Je pensais que James était cette facette mais... c'est toi, parce que tu as réellement connu la Emma de dix ans, tu m'as appris tout ce qui a forgé Emma Lawson.
De son pouce, elle caressa cette douce main entre la sienne. Enfin, elles se relevèrent après un léger sourire commun, Kate passant un bras autour de la taille de sa protégée pour la soutenir.
- Tu n'es pas faible, Emma Lawson ou Mayer, tu ne sais simplement pas de quel côté tenir l'épée pour te battre.
Après un silence et quelques pas maladroits, Kate entendit sa jeune amie grogner :
- Tu crois qu'ils nous accepteront dans un hôpital psychiatrique pour schizophrénie ?
Dans un éclat de rire, elles rentrèrent toutes deux dans l'ascenseur.
Craquer était permit, se relever était ordonné. L'un ne pouvait exister sans l'autre.
- Alors Ryan, qu'on donné tes doigts de fée ? demanda Beckett, suivie de près par une Emma silencieuse qui tenait debout toute seule.
- Doigts de fée, répéta Esposito en ricanant.
Ryan lui lança un regard noir avant de le reporter sur l'écran. Ambre interrogea son amie du regard, mimant un « ça va ? » avec ses lèvres. La réponse fut, bien évidemment, positive. Ses yeux encore brillants hurlaient le contraire mais la jeune fille respecta sa volonté. Elle fut rassurée lorsque Castle se posta à ses côtés, l'entourant d'un bras protecteur, s'attirant un discret sourire de la part de Gates, tapit dans son bureau.
- C'est le jackpot, s'enthousiasma Kevin en faisant danser ses doigts devant l'écran géant. Il y avait une caméra de surveillance juste sur votre gauche, on voit toute la scène dans les moindres détails.
Il lança la vidéo et s'appuya contre la table, tapotant sa lèvre inférieure avec son index. On distinguait la victime, passant près d'Emma puis d'Ambre, et s'écrouler sous leurs yeux. Les deux jeunes filles détournèrent d'ailleurs le regard. Il eut ensuite une demi-seconde de flottement avant que la foule ne panique. Il mit pause.
- Pourquoi ici, à la vue de tous ? demanda Beckett.
- C'est ça qui ne colle pas, les hommes du Boss sont pourtant supposés être discrets... répondit Esposito.
- Et Lanie a dit que le tir venait bien de la gauche, comme les caméras, continua-t-elle en se passant une main dans les cheveux. Je ne comprends pas.
Elle soupira longuement, la fatigue l'attaquant sournoisement.
- Le sniper n'avait pas de pointeur laser ? s'étonna Castle. Je ne le vois pas sur Emma.
Tous s'approchèrent un peu plus de l'écran. Ryan fit un retour en arrière et s'arrêta une poignée de secondes avant le drame.
- Il n'y est pas, déclara-t-il.
- C'est impossible, il ne peut pas être aussi bon tireur, murmura Kate. Relance, Ryan.
- Attends, l'arrêta Castle. Là, notre Jane Doe se fait tirer dessus mais quelque chose cloche.
Il plissa les yeux pour mieux identifier ce qu'il cherchait.
- Elle n'est plus à la même hauteur qu'Emma quand elle s'effondre, ça se joue à deux secondes.
Ils rejouèrent la scène et Kate admît qu'il avait raison.
- C'est pour ça que le pointeur n'est pas sur Emma, conclut-elle.
- D'accord, mais il est où ? demanda Esposito. C'est bien Emma la cible, pourtant.
Ils virent Ryan pianoter rapidement et l'image s'agrandit sur leur inconnue. Il avait une idée derrière la tête.
- Jane Doe passe juste devant Ambre et c'est après qu'elle tombe, s'expliqua-t-il.
L'image pixélisée s'agrandit un peu plus encore et Kevin indiqua la jeune fille de son index. Sur sa poitrine apparaissait une tâche plus sombre.
- Le pointeur... déclara-t-il.
- Ce n'était pas Emma qui était visée mais Ambre, souffla Castle en jetant un regard perdu et soucieux à sa compagne.
A la prochaine ! Hâte de vous lire :D
