5_ Quelque chose de chaud

Le soleil se couchait, baignant les bâtiments froids d'une lumière dorée. Pyro était assis tout en haut, sur un des toits. Ses genoux entourés de ses bras serré contre lui, la base du masque posé dessus. Il paraissait si petit au milieu de ce flot de blocs de béton, de taule et de bois.
L'ingénieur parvint à le rejoindre en escaladant quelques caisses, mais son coéquipier ne bougea même pas lorsqu'il s'assit à côté de lui. L'homme au casque laissa pendre ses jambes, les mains jointes au niveau de ses cuisses.

-T'sais…

Les mains gantées s'agitèrent furieusement, ne laissant même pas le temps à Engie de traduire. Celui-ci pausa alors ses grosses mains sur l'épaule et le bras du pyromane pour le faire cesser.

-J'sais, j' sais, j'ai entendu tout c'qu'ils ont dit, surtout Solly mais…

« On ne se serait pas fait massacré si je n'étais pas partit à la poursuite du Spy pour toi. »

-Et tu s'rais pas tombé dans c't'embuscade où Solly et Demo ont essayé d't'aidé… et vous seriez pas r'partit au Respawn en perdant un temps précieux. Ces deux couillons auraient pu t'laisser pour protéger l'objectif…

« Où veux-tu en venir ? »

L'ingénieur enleva ses lunettes et lui sourit gentiment :

-Que si on a perdu aujourd'hui, c'pas forcement de ta faute ! Ça les emmerdes qu'tu sois pas au front comme tout l'monde mais j't'assure qu't'es très utile en défense 'vec moi, petit…

Le masque à gaz se détourna, comme s'il avait peur que les yeux bienveillants ne le voient. Il sentit un bras robuste glisser autour de ses épaules pour le tirer contre la salopette sombre.

-Allez, gamin, sourit un peu !

« Comment peux-tu savoir si je souris ou non ? »

-Héh ! Ça se sent, mon garçon, ça se sent ces choses-là.

Un sifflement saccadé dans le filtreur indiqua un rire. Pyro se laissa couler contre l'ingénieur, se retrouvant la tête sur ses jambes.

« Racontes moi quelque chose sur toi. »

-Que'que chose sur moi ? Répéta l'ingénieur surpris. Et bien… J'suis né au Texas, mon père était ingénieur. C'est sûrement d'lui que j'tiens ma curiosité pour les sciences et la mécanique et c'est c'qui m'a amené aussi à faire de longues études universitaires.

« Et ensuite ? »

-Héhéhéhéhé ! T'veux tout savoir d'moi ? J'tai dis plus qu'un p'tit que'que chose sur moi là !

Pyro pencha la tête sur le côté, haussa les épaule et joignit les mains en signe de supplication. Il sentit alors le ventre de son compagnon remué sous un éclat de rire.

-T'es un malin toi hein ?...

Le jeune homme fit oui de la tête et il eut droit à une caresse et un sourire amical et rassurant.

-Pour toutes les tourelles qu'tu m'as sauvé, t'as bien droit à la suite ! Alors après mes études je suis parti à l'Ouest de c'bon vieux Texas pour bosser dans les champs de pétrole… Yep, pendant dix ans… Ah j'étais un mauvais garçon à l'époque ! Un p'tit dur à cuir, j'frappais le moindre couillon qui osait me contredire… et puis…

« Et puis ? »

-Une fille à fait fondre mon cœur héhéhé.

Engie sentit son partenaire se raidir mais il continua, sortant de ses souvenirs.

-Elle était belle, elle s'app'lait Carina et était secrétaire. J'te dis pas les blagues des copains, y'en a qui s'sont mangé mon poing plus d'une fois hahaha !... On est resté ensemble pendant quatre ans et demi, on s'était marié, elle m'aidait à m'organiser dans mes r'cherches, tout ça… Ouais… Mais elle disait que j'aimai plus mes machines qu'elle… C'était p't'tre vrai…

Le pyromane posa une main sur son bras pour lui signifier son soutien.

-Aaah c'était il y a quelques année, t'en fais pas ! Et puis j'suis entré chez les Reds, j'ai commencé à m'sentir mal par rapport à la perte de mes part'naires et dans la rue j'paniquais pour un rien… HAH ! Je m'méfiais des types en costard bleu ! T'imagines ?! Et puis aussi, je r'ssentait le besoin de sauver tout le monde… sauf les type habillés en bleu

Sur cette dernière phrase il haussa les épaules comme une évidence. Alors son attention fut attirée par la question signée :

« Tu as sauvez des gens dans la rue ? »

L'homme plus vieux fut d'abord interloqué par cette question puis son visage se transforma son regard n'avait jamais été aussi doux. Le démarreur de feu en frémit, sentant son cœur battre plus fort et plus vite.

-Oui Pyro, j'ai sauvé quelques personnes, cinq pour êt' plus précis. L'premier, c'était un gosse qui courait sur la route pour attraper son ballon. Le deuxième était un camionneur coincé dans la carcasse d'son véhicule. Le troisième… ah oui ! Elle se f'sait racketter par un petit dealeur. 'vec les monstres qu'on a comme Blus, t'penses bien qu'un gamin un peu drogué m'fait pas peur. Le quatrième allait s'faire écrasé par un conducteur ivre et l'dernier c'était un p'tit suicidaire qui à tenter de s'immoler par l'feu. Yep j'ai pu foutre ma veste en l'air après ça… Carina au début trouvait ça bien et p'is, elle trouvait que j'lui portais encore moins d'attention.

« Alors tu es toujours marié ? »

-Non p'us maintenant, on a divorcé et elle a trouvé un autre nigaud…, l'ingénieur eut un sourire en coin, tu m'demandes ça par rapport à c'qui s'est passé hier ? Ton… moyen de paiement.

Il entendit le son de la salive qui se coince dans une gorge trop serré et sentit le corps à la combinaison ignifuge se raidir de nouveau.

-Naaaah, t'en fais pas, t'pas obliger de répondre, mon garçon, détend toi.

Il rit gentiment puis remarqua le ciel qui s'assombrissait déjà au-dessus de leur tête. Il redressa son collègue et rentrèrent ensemble, évitant les autres membres de l'équipe et leurs représailles.

Deux jours plus tard, la bataille faisait rage. Le combat était bien plus violent que d'habitude mais les Reds finirent pas reprendre le dessus grâce au pyromane qui avait libéré le passage dans les couloirs à l'éclaireur, les autres n'étant pas disponibles. Mais alors que Scout filait vers leur base avec la mallette sur le dos, Pyro se retrouva poursuivit par deux soldats ennemis et un Demoman. Il parvint à s'enfuir, se faufilant par des petits passages qui serpentaient au-dessus d'un ravin. Mais il eut une surprise en arrivant au bout : L'espion Blu apparut. Il ne l'avait pas vu, concentré par sa fuite, et ne vit pas le bras qui le gifla au visage. La claque ne fit pas grand mal, mais le choque fit vaciller le démarreur de feu et il tomba dans le vide. Il hurla pendant la descente voyant le Spy disparaitre de nouveau, puis il sentit son dos se briser.

C'est le Sniper qui trouva le corps du pyromane dans le vestiaire. Pris de panique, il s'agenouilla auprès de lui et s'approcha du masque pour entendre une respiration difficile et sifflante, comme si le jeune homme étouffait. L'australien commence à soulever le masque et un liquide grumeleux et brunâtre dégoulina sur ses doigts et le cou très rouge du corps à terre. D'un coup la poitrine de Pyro se souleva, il inspira très fort, faisant gargouiller le filtreur puis toussa. Il cracha, s'étouffant à moitié. La bouillie passait dans le filtreur, empêchant l'homme de respirer. Il se retourna avec l'aide du Sniper pour se mettre à quatre pattes et recrachait le vomi qu'il avait gardé, à l'abri du regard derrière les lunettes d'aviateur.

-Bouge pas, mon pote, j'vais chercher le Doc ! l'averti l'autre.

Le Sniper s'en alla au pas de course. Quelques minutes plus tard, Medic était là avec le Russe pour transporter le malade à l'infirmerie. L'homme au chapeau resta un moment dans le vestiaire puis il alla trouver l'ingénieur. Il frappa à la porte de l'atelier et entra. L'homme trapu tourna sa chaise vers le nouveau venu qui s'approchait de lui et lui expliqua ce qu'il venait de se passer.

-Damned… Le Respawn… grommela l'ingénieur.

-Le Respawn ?

-Le gamin supporte pas le Respawn, il guérit mais subit toujours la douleur.

-Merde… ça n'a pas l'air marrant ça.

-Non, d'ailleurs j'vais m'y remettre, j'bosse sur l'problème.

-D'accord, p'tit génie, mais fini pas tard, sinon t'vas mettre ton propre cul au lieu d'mettre ta tourelle !

L'autre lui répondit par un rire et il s'en alla.
Un quart d'heure plus tard, la porte se rouvrit de nouveau. Engie se tourna, prêt à renvoyer l'intrus mais la silhouette du petit Pyro lui fit refermer la bouche. Il fit signe de s'approcher. Le jeune homme tenait dans ses bras son lance-flamme en sale état. La tête était détacher, les tuyaux ouvert… bref il était inutilisable. Il s'arrêta et tendit avec insistance son arme brisée. Son coéquipier se précipita hors de sa chaise et vint prendre sa commande.

-Eh bien, eh bien, Sniper m'a raconté qu'il t'avait r'trouvé à moitié étouffé dans ton dégueuli, qu'est c'qui t'es arrivé ?

« Le Spy m'a fait tomber dans le ravin »

L'ingénieur fut comme paralysé à la traduction de ses mots.

« Je vais bien, c'est passé. Medic m'a soigné, j'ai pris une bonne douche, tout va bien »

-T'as p'us mal au moins là ?

Il lui répondit négativement, et l'homme au casque soupira de soulagement.

« Peux-tu réparer mon arme ? Elle a fait la chute avec moi et le Respawn ne l'a pas réparé non plus, sûrement à cause de moi »

-Oui, oui, bien sûr, et t'en fais pas, j'y travaille à ce Respawn ! Bientôt tu pourras re'vnir normalement.

Pyro inclina respectueusement la tête et fit un pas en arrière. L'ingénieur se rassit dans son siège, se tournant vers sa table où il avait posé le lance-flamme. Il l'examina un moment, sortit un rouleau de papier bleu ou il y avait le model du lance flamme et l'étudia. Il allait prendre une craie blanche quand il entendit le souffle masqué près de son oreille. Il tourna la tête et s'aperçu que le pyromane était penché au-dessus de son épaule. Il ouvrit la bouche pour demander ce qu'il voulait mais il fut arrêté par les mains gantées qui avait plongé par les côté de sa salopette pour se nouer sur son ventre. Le masque à gaz se posa sur son épaule droite pour serrer tendrement le corps trapu. En s'écartant un peu, le démarreur pu voir que les joues de l'ingénieur avaient pris une délicieuse couleur rose. Il aurait tellement voulu sentir leur chaleur, mais il ne pouvait se découvrir.
Il remonta ses mains sur le large torse, jusqu'au cou, pour ensuite détacher les lanières de la salopette.
Engie retint son souffle, voyant le gant noir et jaune courir de nouveau sur son ventre, son bas ventre, son entre-jambe. Puis les doigts tirèrent le membre du sous-vêtement pour mieux l'empoigner. Les caresses commençaient avec tendresse, comme la dernière fois, pressant de temps à autre juste comme il fallait jusqu'à ce que l'ingénieur se détende.

-Dieu que c'est bon… dit-il avec un sourire béat.

Son sexe durcissait au touché soigneux du pyromane. Ses hanches tressaillait de temps en temps, lorsque les doigts de son coéquipier s'aventurer sur le gland ou plus bas.

-Oh Pyro, quel comble que ce soit si froid héhé… plaisanta Engie la tête en arrière.

Soudain la main si habile disparu. L'ingénieur rouvrit les yeux et vit le pyromane faire le tour pour s'agenouiller devant lui.

-Qu'est c'tu fais ? l'interrogea-t-il, étonné.

« Plus chaud.»

Ce fut sa seul réponse. Il baissa la tête et souleva son masque. L'homme plus vieux ne vit rien du visage de celui qui se faufilait entre ses jambes. Il n'entrevit que la langue rose et longue qui glissa lentement sur la tête de son pénis. Il frissonna de plaisir, c'était agréablement chaud. La langue descendit un peu plus le long de la verge puis remonta lentement. L'ingénieur ouvrait et fermait ses doigts sous cette sensation qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps. La langue s'enroulait parfois autour du membre droit.
Les gants noirs et jaunes montèrent sur les cuisses de l'homme au casque pour se maintenir à la bonne hauteur. Le jeune homme ouvrit alors la bouche et fit disparaitre le bout du pénis à l'intérieur avec un petit murmure. L'autre poussa un soupire au contact de cette chaleur qui le brûlait presque. Et pourtant, il sentit quelque chose d'étrange. Il avait déjà eu droit à des fellations mais jamais des comme celle-ci. Pyro avait la tête légèrement tourné vers la gauche. Il sentait ses dents glisser doucement sur son sexe durcit mais elle ne le blessait pas. Son coéquipier faisait très attention, bougeait sa tête avec précaution, pressant sa langue contre lui avec délicatesse pour ne pas enfoncer ses dents dedans.
Engie posa sa main sur la tête masquée pour la pousser un peu en avant et laissa échapper un grognement de jouissance. Les mains sur ses cuisses le caressèrent des pouces comme pour lui dire que ça allait. Le jeune homme continua de sucer habilement son coéquipier, jusqu'à être habitué pour pouvoir aller un peu plus vite avec sa langue. L'autre rejeta la tête en arrière, bouche entrouverte, imaginant cette longue langue glisser sur son sexe, diffusant toute sa chaleur. Un « OOooowww, bon sang » sortit de sa bouche, puis il pinça les lèvres.
Pyro décida de monter ses mains sous la chemise et le débardeur de son partenaire mais il les redescendit assez rapidement, conscient qu'il ne pouvait pas avoir la sensation de sa peau. La pression des doigts sur sa tête l'encourageait à aller un peu plus loin encore, usant de sa langue du mieux qu'il pouvait. Il aimait sentir les hanches de l'ingénieur se surélever de temps en temps.
Mais la main sur sa tête l'empêcha de continuer, elle le fit reculer la tête d'un coup, manquant d'enlever le masque à gaz.
L'ingénieur éjaculait.
Lorsqu'il baissa les yeux vers le démarreur de feu, celui-ci était en train de lécher les giclures blanchâtre qui entouraient sa bouche. Sa langue était grande, mais elle n'atteindrait pas les éclaboussures sur son masque et son costume.
Les mains ouvertes ramené près de son torse, l'ingénieur s'excusa, penaud et la langue disparue derrière les lèvres du pyromane. Alors il vit.
Il ne voyait que le bas du visage mais tout le côté gauche était parcouru d'une grande cicatrice dû à une brûlure et les lèvres du jeune homme à cet endroit étaient scellées par des lambeaux de chair comme si elles s'étaient collées après avoir fondues. Le reste du visage était d'un blanc ivoire et les lèvres rose tendre.
L'ingénieur n'en revenait pas, il était vissé sur son siège, la tête penché vers Pyro.

-Tu viens de te faire sucer par un monstre, mon vieux, fit l'étrange voix du brûlé.

-Pardon ? Euh…je… non ! Tu n'es pas…

Le démarreur de feu remit son masque et se releva. L'autre remonta sa salopette en vitesse et le retint pour qu'il ne parte pas. Il voulut parler mais aucun son ne sortit de sa bouche.
Il baissa la tête, dépité contre lui-même, puis releva les yeux caché derrière ses lunettes de soudure vers le masque.

-Sors pas comme ça, t'en as partout.

Il sourit bêtement, les joues encore rouges, et il fit asseoir son coéquipier dans le siège ou il était quelques secondes plus tôt. Il rattacha sa salopette et attrapa un chiffon. Il passa un doigt sous le menton invisible du pyromane pour lui lever gentiment la tête et essuyer le sperme sur le masque comme on essuie le visage d'un gosse couvert de glace à la vanille. Puis il enleva ce qu'il restait sur le col de la combinaison ignifuge.

« Ça ne te dérange pas ? »

-Ta tête ? Nop.

« Et que je sois un homme ? »

-Hah ! Y a des trucs que j't'ai pas racontés sur ma vie à 20 ans, mon garçon, tu s'rais étonné !

Le présage de l'ingénieur se révéla vrai, le mouvement de tête de Pyro montra son étonnement, car évidemment, il parlait de relation avec d'autres hommes. Puis Engie déposa un baiser sur la tête de son partenaire qui s'enfuit avec un petit rire. Le mécano le regarda partir, poing sur les hanches, secouant lentement la tête de droite à gauche avec un grand sourire.
Il porta ensuite une main à son menton. « Je devrais peut-être lui rendre la monnaie d'sa pièce » se dit-il.

Ce n'est que dans la nuit, où il se remémorait Pyro lui faisant une fellation, que l'ingénieur compris pourquoi le jeune pyromane avait la tête inclinée à ce moment-là : les lèvres collées du côté gauche.