6_ Une vengeance

Les deux batailles suivantes furent marquées par la victoire chez les Reds. Ce qui valut un tour dans le bar de la dernière fois. Le soldat narrait quelques évènements où il était seul contre quatre Blus ou bien quand il avait tranché la tête de l'ennemi Demoman. Le gros Russe lui, preférait vendre les mérites de son docteur bien aimé et manqua de s'énerver quand le Scout fit remarquer que le Medic n'en avait que pour son « cul gras ». Comme à son habitude, le mécano calma ses coéquipiers par sa voix douce et ses histoires. Pyro avait la tête appuyé sur ses mains, buvant les paroles du Texan. Comme il aurait voulu se glisser entre ses bras.

-Heavy et Medic sont un duo de choc, mais vous aussi, Engie et Pyro, vous avez bien travaillé ensemble ! fit remarquer le Sniper.

-Le Pyro devrait être au front ! Avec nous ! Et ne devrais pas se prendre pour une poule mouillée comme tu es ! reprocha le soldat.

L'Australien roula des yeux les mains en l'air, préférant se taire, car quoiqu'il dise il aurait toujours tort. L'ingénieur hocha la tête en guise de remerciement pour le compliment et tapota l'épaule de son partenaire au masque.

Engie rentra plus tôt pour travailler, laissant les autres s'amuser devant la boisson. Le médecin lui avait fourni une partie de ses recherches et il les étudia jusqu'à ce que le reste de son équipe rentre à la base pour se coucher. Car à ce moment, la porte de son atelier s'ouvrit et Pyro entra. Il n'avait pas d'arme à la main et ne prit pas la peine de s'arrêter et de signaler sa présence. Il se laissa tomber par terre devant le Texan et posa sa tête sur ses jambes, ses mains sur les protège-genoux jaune.

-Qu'est c'qui t'arrive ? s'inquiéta l'autre un peu surpris.

Le masque à gaz marmonna. Il était dur de comprendre ce qu'il disait mais le mécano était habitué à présent à force de travailler en duo avec lui.

-Ils t'ont d'mandé d'aller au front ?! Mais j'ai besoin de toi !

-Mhhppff hhmhmhmfff prrrggfff mhhpf…

-Au moins, l'Doc est plus compréhensif… Qu'en a dit Soldier ?

-Mhhf…

-C'est d'jà ça, il accepte que tu fasses une partie avec moi et au front…

-Mmm… Mfff huuddda hhm …

-Le Scout ?! s'écria l'ingénieur choqué. Mais… Pourquoi demande-t-il à c'qu'on soit séparé ?

Pyro ne répondit que par un soupir, serrant ses mains sur les jambes de son collègue. Engie lui caresse la tête doucement d'une main, et de l'autre il retira son casque et abaissa ses lunettes. Le jeune homme releva un peu la tête pour le regarder. Le mécano se pencha en avant et prit le pyromane par-dessous les bras pour le tirer sur ses jambes. Il poussa avec douceur la tête masqué contre son épaule et son bras vient entourer le corps en combinaison ignifuge. Il le sera contre lui avec tendresse comme il aurait pu le faire avec un enfant.

-Ne soit pas triste, moi j'veux pas être séparé de toi, et ça, Scout pourra rien y faire.

Il prononça ces mots d'une voix grave et douce, presque enivrante pour le jeune pyromane qui se blottit un peu plus contre le torse à salopette. Ce geste incita l'ingénieur à le serrer plus fort et à lui faire don de son plus beau sourire.
Le cœur du démarreur de feu battait si fort qu'il en avait presque mal.

Le lendemain, Pyro dut jongler entre un rôle d'attaquant et de défenseur. Il devait sans cesse faire des allers-retours épuisant, tantôt pour exterminer les Blus, tantôt protéger les tourelles et poursuivre le Spy ennemi.
Il s'arrêtait de temps à autre pour reprendre son souffle derrière un mur, à l'abri des tirs ennemis.
À un moment, l'ingénieur le rejoignit :

-Ça va comme tu veux, part'naire ?

L'autre répondit par un hochement de tête.

-T'as l'air crevé, mon garçon, pause tes fesses là-dedans un moment, ça t'f'ras pas d'mal !

Le pyromane marmonna joyeusement et s'assit dans l'espèce de local où résidaient de vieux ordinateurs avec radios sur une table accompagnée d'une chaise. Sûrement une loge de maintenance qui contrôlait une petite partie du terrain. Et quand le lance-flamme fut posé à terre, le masque à gaz fut violement cogné contre le mur. Pyro tomba à terre. Cependant, le coup ne fut pas assez brutal pour l'assommer entièrement. Il tenta de se relever un baragouinant des mots incompréhensibles et aperçu un beau pantalon bleu tombant sur des chaussures italiennes noires. Il sursauta et voulu se précipiter vers son arme mais un coup de pied au visage le fit rouler de nouveau par terre.

-Comme on se retrouve, mon ami…

Le canon froid se posa sur la tempe du démarreur de feu.

-J'ai entendu des rumeurs intéressantes à ton sujet, continua le Spy.

Il lui donna un nouveau coup de ses belles chaussures dans la tête, puis la lame du couteau papillon se planta dans l'épaule du jeune pyromane qui hurla. L'espion se glissa tel un courant d'air derrière sa victime dont il attacha les poignets avec une sangle qu'il avait préparé. Puis la lame plongea dans la cuisse du prisonnier.

-Tu bougeras moins comme ça, ricana l'ennemi.

Puis il l'empoigna par le col pour le soulever et le plaquer contre le mur, arrachant un cri de douleur au pyromane.

-Enfin je vais prendre ma revanche sur toute ses fois et tu m'as brûlé vif, et je vais y prendre… plaisir.

Il laissa tomber sa proie et eut un rire qui ne présageait rien de bon. Il redressa Pyro, l'obligeant à se maintenir à genoux, le faisant forcer sur sa jambe blessée. Puis la main gantée du Spy empoigna le bout du masque à gaz et le releva juste assez pour laisser la bouche à l'air libre.

-Ne t'en fais pas petit monstre, je ne tiens pas à voir ton immonde visage.

Il lui souffla la fumée de sa cigarette et fit cliqueter son pistolet contre le crâne du jeune homme. Pyro pu entendre, à sa plus grande inquiétude, le son d'une ceinture qu'on détache, puis le « zip » d'une braguette que l'on ouvre. Il se mit à trembler et fut terrifier lorsque l'espion lui ordonna :

-Ouvre la bouche !

Bien sûr il détourna la tête mais un coup de genou le cognant au mur derrière lui, l'obligea à s'exécuter. Les jambes au pantalon serré le coinçaient contre la paroi dure.

-C'est pathétique, mon ami, dit le Spy en entend sa proie gémir, tu ne fais pas ces manières avec d'autre personne pourtant. Allez !

Et il enfonça son sexe dans la bouche du pyromane, étouffant son cri de détresse.

-Tu mords, une balle te traverse le crâne, c'est bien compris ?

Le prisonnier hocha doucement la tête et fut forcer de sucer ce qu'il avait dans la bouche. Il lui trouvait un goût horrible, il n'aimait pas faire ça, il n'aimait pas le Spy. Il bavait de dégout mais cela n'avait que pour effet de réchauffer le membre de l'ennemi, pour son plus grand plaisir à lui. L'homme élancé balançait un peu plus profondément ses hanches avec un sourire de bien-être et de victoire. Il ne se souciait pas s'il étouffait ou non sa victime, son plaisir passait avant tout.
Les joues du pyromane s'humidifièrent il pleurait. Il pleurait de peur, de honte et de dégout. Il tremblait sous la douleur de sa jambe et de son cœur. Il avait envie de vomir mais il devait se retenir sinon, c'était une balle dans la cervelle et des antidouleurs pour toute la soirée.
L'espion prit tout son temps pour nuire au démarreur de feu, s'excitant même chaque fois qu'il lui blessait les lèvres. Enfin il ne put tenir plus longtemps. Mais il obligea le jeune homme à avaler une partie de son sperme, l'autre ayant dégouliné sur son menton et son costume. Le Spy se retira et recula d'un pas pour refermer son pantalon pendant que sa victime vacillante toussait et salivait.

-Maintenant je me demande si je te laisse vivant petit monstre.

Il l'avait attrapé fermement par la nuque et faisait glisser son couteau sur la gorge rose de cicatrice, laissant derrière son tracé un mince filament rouge. Une toux fut la seule réponse qu'il obtenue.

-Oh et puis, tu n'es pas mauvais comme « suceuse », autant que tes collègues le sachent ! Si tu meurs ils ne le verront pas, admit-il avec un rire malsain. Mais avant de te laisser, j'ai envie de t'entendre crier !

Il s'empara du col du pyromane et le tira aussi fort qu'il pouvait, craquant la fermeture éclair.

-Non, non, non ! criait Pyro de son horrible voix.

Il fut littéralement balancé dans la chaise qui tomba à terre avec le corps, et il cracha tout ce qu'il avait dans la bouche quand le couteau ennemi s'enfonça dans son ventre. Il avait terriblement mal.

-Ne l'enlève pas tout de suite, c'est un conseil.

Et l'abominable Spy disparu dans un nuage de fumée bleue, laissant le petit démarreur de feu sangloter tout seul sur le sol froid et poussiéreux, couché dans le sang, le sperme, la salive et ses larmes.

La victoire fut pour les Blus, l'absence du pyromane faisant échouer les plans qu'avait établit le soldat Red. Lorsqu'ils se retrouvèrent tous dans le vestiaire l'américain au casque de ferraille tonna :

-OU EST-CE PETIT FILS DE PUTE DE PYRO !?

Il tourna la tête vers l'ingénieur mais celui-ci haussa les épaules, l'air perdu car il ne savait pas où était son partenaire. Pyro manquait à l'appelle.
Sniper, Engie, Soldier et Medic partirent à la recherche de l'équipier manquant. Ils explorèrent les moindres recoins du terrain. Mais il était introuvable. L'Australien et le Texan s'arrêtèrent contre un mur.

-Mais où il est bon sang ?! s'exclama le premier.

-Y s'est pas envolé ! La dernière fois que j'l'ai vu il partait par ici…

-Ouais bah…

-Attends, tais-toi !

Ils tendirent tous les deux l'oreille. Un sifflement inhabituel avait attiré l'attention de l'ingénieur :

-C'est bizarre ce bruit, je l'ai jamais entendu avant… sauf…

-Sauf ?

-Par le masque de Pyro !

-Merde mais…

Ils se tournèrent vers le mur sur lequel ils s'étaient adossés et virent qu'une plaque de bois avait été trainée contre celui-ci. Ils la poussèrent et virent une porte qu'ils s'empressèrent d'ouvrir.

-Appelle le Medic, dit calmement l'ingénieur.

Au fond de lui, il était horrifié. Son collègue ne demanda pas à répéter, il se dépêcha de partir chercher de l'aide. Engie s'approcha doucement du corps immobile et s'agenouilla. La respiration saccadée qui sortait des lèvres meurtries annonçait la douleur mais surtout la vie.

-Pyro… Petit ? Tu m'entends ? essaya l'homme trapu, les lèvres tremblantes.

Un gargouillement sortit de la gorge du pyromane. Il le regarda encore sans savoir quoi faire, le cœur serré. Puis il eut l'idée de détacher les mains prisonnières de son coéquipier et de recouvrir les épaules aux multiples cicatrise par la combinaison rouge qui pendait.

-Mais qu'est'c'qu'on t'a fait… murmura l'ingénieur totalement affligé.

-Mein Gott !

Le médecin était arrivé.

-Ingénieur ! Aidez-moi à ramener le blesser !

Ils s'empressèrent avec l'aide du Sniper de l'amener à l'infirmerie où le médecin s'enferma et demanda à n'être déranger sous aucun prétexte.
Le pyromane ne pourrait pas sortir avant demain soir avait dit Medic à l'ingénieur inquiet qui campait devant le poste de secours. Heureusement pour eux que les prochaines 24H étaient libres.
Heavy raccompagna le mécano jusqu'à sa chambre pour qu'il puisse se reposer mais il ne dormi pas de la nuit.