8_ Alcoolisme

Le sniper avait réussi à convaincre l'Américain de laisser leur pyromane en défense. Lui et l'ingénieur était donc posté dans la salle de l'intelligence. Le casque jaune avait construit une belle sentinelle avec missile dans un coin de la salle, à l'angle mort du champ de vision ennemi. Le démarreur de feu attendait près des portes, faisant des allers retours entre l'une ou l'autre suivant les bruits de pas. Il se collait au mur et attendait que les Blus rentrent pour les enflammer sur le côté ou dans le dos.
Cette technique était plutôt vicieuse mais assurait la survie des deux défenseurs ainsi que l'immobilité de la mallette rouge posée sur la table.
Le Russe et son médecin arrivèrent dans la salle.

-Qu'est c'vous foutez là ? demanda l'ingénieur soupçonneux.

-On a vu un espion ! geignait le Medic.

Le gros homme fit discrètement un pas vers la tourelle mais Pyro pointa son arme sur lui en marmonnant un avertissement. l'éclaireur Blu arriva par l'autre entrée, s'emparant du butin. Le pyromane eut le temps d'appuyer sur sa gâchette pour le faire flamber puis de se retourner vers le Heavy qui commençait à s'enfuir, poussant le Medic sur l'ingénieur. Un nuage de fumée bleu l'entoura pour dévoiler sa véritable apparence. Cependant, l'arme du jeune Red portait bien son nom : le Brûleur arrière. Il n'eut qu'à faire quelques pas rapides et le Spy pris feu dans le couloir.
L'ennemi hurla et le pyromane souleva son lance-flamme en l'air, poussant un cri de victoire étouffé par le masque.
Il revint l'air heureux vers l'ingénieur qui lui tendait la main pour qu'il tape dedans.

-Gut ! Bon travail !

-Merci Doc, mais faut aller chercher votre Heavy !

-Jawohl !

Et le médecin décampa.
La défense était bien assurée, l'ingénieur avait même fini par s'asseoir sur son distributeur et à battre le rythme avec sa clef à molette. Pyro aimait le son des machines construites par son coéquipier, il s'amusait parfois à saluer la tourelle de la main et celle-ci lui répondait par un « bip-bip» rapide. Cela faisait rire l'ingénieur.
Bientôt, la voix de l'administrateur annonça leur victoire et le duo fut félicité avec le Scout et le Spy qui avaient ramené tous deux les mallettes adverses.
Un tour au bar était alors primordial et ils descendirent en ville après avoir ranger leurs armes.

Ils mangèrent à leur faim et burent à leur soif. L'ambiance était agréable malgré quelque chuchotement à propos du pyromane. Et à la plus grande surprise de tous, l'espion se leva pour inviter l'homme en combinaison ignifuge à danser au rythme de la Lambada.

-AHAHA ! Il va danser avec un mec ! Han ! s'écria le Scout moqueur.

-Quand on apprend à danser, on danse avec tout le monde, l'amusement n'est pas réservé qu'au duo mixte ! rétorqua l'être sournois.

Et il emporta par le bras son invité au milieu de la salle.

-Tu es le plus petit, mon ami, il va falloir me suivre.

Ils se tinrent par une main puis le Spy passa son bras droit autour de la taille de son partenaire pendant que celui-ci posait son autre main sur l'épaule du grand homme. Ils se mirent alors à avancer et reculer, un jambe entre celles du partenaire de façon à être presque serré l'un contre l'autre, balançant leurs hanches sur le côté à chaque pas qu'il faisait. Puis le gentleman fit tourner le démarreur de feu qui riait, le retenant par une main puis le faisant tourner une deuxième fois pour le ramener contre lui. Les autres clients du bar, surtout des jeunes gens applaudissaient les deux danseurs. L'espion fit courber son partenaire en arrière, le ramena et recommença trois fois pour le faire tourner de nouveau.
A la table des mercenaires, la plupart riait et acclamait leur coéquipier, l'alcool les ayant rendu joyeux et leur aillant fait oublier leur opinion à propos du plus petit des deux danseurs.
L'ingénieur, lui, était affalé sur la table, une bouteille de bière à la main et trois verres de caipirinha près de son coude. Il regardait son Pyro se trémousser contre le Spy avec un air quelque peu irrité.
Leur danse continua sur une mambo. De temps en temps ils se rapprochaient très près l'un de l'autre. Tous deux était assez agiles pour bouger leurs épaules et leurs bas du corps. Engie serra les poings.
Enfin les deux coéquipiers revinrent s'asseoir sous les applaudissements, épuisés de leur performance. Ils burent encore un coup jusqu'à ce qu'une des clientes s'approche et demande quelque chose à l'espion mais il ne put comprendre. C'est par des gestes que Pyro lui indiqua qu'elle voulait danser avec lui. Il repartit alors pour un tour sous le regard amusé et invisible de l'homme au masque à gaz.
À la fin, ce fut le Demoman qui vint balancer son postérieur sur la piste de danse, entouré de magnifiques créatures. On dut le tirer pour l'obliger à rentrer au camp.
Durant tout le trajet Engie ignora le pyromane qui ne comprenait pas et s'en retrouvait attristé.

Après avoir pris sa douche après tout le monde, Pyro vint frapper à la porte de l'atelier mais il n'entendit pas de réponse. Il frappa encore une fois et une main l'attrapa par la nuque, l'autre ouvrit la porte et l'entraina à l'intérieur. La porte se referma et l'ingénieur poussa le pyromane contre le mur, ses bras robuste tendu de chaque côté du jeune homme qui s'était resserré sur lui-même, pris de peur. Les lunettes de l'ingénieur pendaient à son cou, il avait l'air fatigué et… un peu ivre. Il respirait fort, paraissait énervé, il sentait fort l'alcool. Un petit marmonnement aigu sortit du masque à gaz, ne supportant plus ce silence et ce regard. Mais l'autre ne bougeait pas, il paraissait réfléchir au ralentit, alors le pyromane tenta de le pousser pour fuir mais l'homme trapu se resserra contre lui et lui chuchota :

-J'veux pas qu'tu danse avec un autre… T'es à moi, oui ?

Puis la grosse main au gant jaune glissa dans le dos à la combinaison ignifuge pour le serrer plus contre lui pendant que l'autre main détachait les bretelles et ouvrait la fermeture éclair. Pyro essaya de se détacher de l'étreinte mais en vain. Il tremblait il avait peur, l'ingénieur n'était pas comme d'habitude. Il était assez coller à lui pour sentir la bosse dure dans le pantalon voisin.
Engie commençait à lui dénuder l'épaule pour l'embrasser jusqu'au cou ou il avait soulevé un peu le masque. Il ignorait les cris d'alerte sortant du filtreur, glissant ses mains rugueuse dans la combinaison pour soulever le débardeur blanc que le pyromane portait sous sa combinaison. Mais celui-ci tenta de le retenir en se débattant un peu. L'ingénieur le lâcha et Pyro tomba par terre en se cognant la tête. Il eut pour reflexe de se mettre en boule en gémissant puis ce fut l'ingénieur qui se laissa tombé sur les fesses. Il couvrit honteusement son visage de ses mains en implorant pardon :

-Pardon, Pyro, pardon ! j'suis désolé,gamin, j'te d'mande pardon, j'sais pu c'que j'fais ! Damned ! Mais qu'est-c'qui m'a pris !

Le démarreur de feu recula contre le mur, encore tremblant, se méfiant à présent de l'ingénieur. Il lui marmonna un reproche pour lui faire lever la tête afin qu'il voit ce qu'il signait :

« Si tu voulais que je te masturbe il fallait juste le demander et ne pas m'agresser ! »

Engie eut un petit rire doux et secoua la tête :

-Nan, c'pas ça, mon garçon…

« Alors quoi ?! »

-J'dois avouer que… J'étais jaloux…

Pyro resta bouche bée, mais ça, l'ingénieur ne le vit pas. Il sursauta quand celui-ci se releva pour avancer vers lui, mais il ne fit que remonter la fermeture de sa combinaison. Il rattacha même les bretelles et donna une petite caresse sur le masque avant de se retourner pour repartir vers le bureau et les documents qui l'attendaient.
Toutefois, il fut retenu. Le jeune démarreur de feu le retint par le bras et le fis retourner :

« Comment ça jaloux ? »

-Pyro, j'ten pris…

Le pyromane porta ses mains à son visage comme surpris et heureux de cette révélation. Puis il sautilla, battant des mains, et entoura l'ingénieur de ses bras.
D'abord confus, l'autre n'osa pas bouger puis il déposa délicatement la main sur le dos de son coéquipier avec un rire. Il fit glisser sa main sur l'arrière du masque et lui embrassa le front.

-J'ai grand besoin de repos, mon garçon, tu devrais toi aussi allé te coucher.

Le jeune homme acquiesça mais avant de partir il signa :

« Ne boit plus autant, s'il te plais. »