Sorry pour le délai. J'espère que vous apprécierez. ^^
Alexis redescendit à la fête le cœur léger. Ce moment passé avec Kate lui avait donné l'impression d'être une personne intéressante. C'était dû à l'attention et à l'écoute que lui avait accordée Kate.
En bas la foule s'était densifiée et les lieux étaient plongés dans une chaleur à la limite du supportable, à se demander si la climatisation n'était pas en panne. La jeune femme peina à se frayer un passage à certains endroits, mais elle y parvint. N'ayant en plus aucune idée de l'endroit où son père se trouvait, elle déambula en balayant du regard les environs. Elle croisa pêle-mêle Esposito qui lui parla quelques instants, le Chef Gates qui était en grande conversation avec le Maire. Celle-ci semblait déborder d'enthousiasme. Apparemment, la machination qu'elle avait montée avec Martha avait fait mouche auprès du Maire qui pourrait se flatter dans les journaux des clichés qui avaient été pris. Qu'aurait-il dit s'il avait su quelques jours plus tôt que son père allait abandonner le personnage de Nikki Hard, vitrine publicitaire pour tout le NYPD, et par extension de sa campagne politique ? Alexis préféra chasser cette pensée pour se concentrer sur la recherche de son père. Elle y passa plusieurs minutes sans succès jusqu'à ce que quelqu'un l'attrape par le bras.
« _ Et alors jeune Castle, on snobe les vieilles connaissances ?
_ Lanie ! Comment vas-tu ?
_ Bien, bien. Et mon élégant cavalier aussi.
_ Bonsoir Alexis.
_ Bonsoir Inspecteur Ryan. Comment ça va ?
_ Parfaitement bien. Alexis, tu es… resplendissante.
_ Merci. Répondit-elle en rougissant.
_ Et moi, je ne resplendis pas peut-être ? demanda Lanie faussement énervée. Ces hommes, on ne les changera jamais. Tu ne t'ennuies pas trop ?
_ Ben à vrai dire, ça me permet de revoir de vieux amis… termina-t-elle avec un clin d'œil. Mais je cherche mon père aussi à vrai dire.
_ Il a été assailli par les VIP, les journalistes… enfin, bref, tout le gratin. Je vous laisse mesdames. Je vais essayer de passer quelques instants avec Espo. Au revoir Alexis.
_ Je n'ai pas vu Kate depuis sa séance photo. Est-ce que tu l'as vue ?
_ Oui, elle est sur le toit.
_ Quoi ?
_ Nous avons pris l'air ensemble. »
Sue ces mots elle l'abandonna pour chercher son père. Presque immédiatement, la légiste chercha à rejoindre son amie. Elle l'inquiétait toujours. Malgré leur séance shopping et l'effort qu'elle avait fait pour se montrer enjouée, Kate n'avait pas réussi à convaincre son amie de l'amélioration de son état. Et la savoir seule là-haut ne la rassurait pas. Arrivée non loin de l'ascenseur, elle s'arrêta net. Kate venait d'en sortir et avait le regard rivé sur son portable. Elle avait aussi un immense sourire accroché aux lèvres. Lanie s'écarta légèrement et observa la scène, intriguée. Kate tapota nerveusement son appareil. Apparemment elle attendait une réponse à un message, et celle-ci ne tarda pas. Elle fut suivie d'un autre message de la flic, et d'une autre réponse. Kate tapotait sur son téléphone à une vitesse phénoménale. A la fin de l'échange, elle stationnait toujours devant l'ascenseur, et continuait à sourire. C'était tout bonnement incroyable pour Lanie.
« _ Kate ?
_ Oh… Euh, salut Lanie. Je ne t'avais pas vue.
_ Tu m'étonnes… Que t'arrive-t-il ? Je ne t'avais pas vue dans un tel état d'excitation depuis longtemps !
_ D'excitation ?
_ Ben, tu ne te vois pas. Je viens de t'observer ma grande. Tu viens de sourire grâce à ton téléphone. Qu'est-ce qui se passe Kate ? Que s'est-il passé depuis qu'on s'est vues tout à l'heure ?
_ Rien en fait.
_ Kate !
_ C'était hier plutôt…
_ Kate, dis-moi tout ! » répliqua sèchement Lanie qui sentait venir de mauvaises choses. L'état de fragilité dans lequel était Kate la poussait à redouter un abus quelconque. Elle avait si peur pour elle qu'elle avait un comportement maternel oppressant et qu'elle ne s'en rendait pas compte. Elle voulait protéger son amie. Mais celle-ci ne la comprenait pas. Elle se savait faible et pourtant elle ne demandait qu'à être par elle-même, quitte à se brûler les ailes ou à prendre une décision fatale. C'est pourquoi le ton employé par son amie la mit dans l'embarras. L'irruption de cet inconnu dans sa vie avait ouvert une intimité qu'elle tenait à protéger. Elle ne tenait pas à mentir à Lanie au vu de ce qui c'était passé ces derniers temps, mais simplement à garder la maîtrise de ses décisions pour éviter un nouveau désastre comme avec Castle. Le jeu avec l'inconnu lui permettait cette liberté. Elle se sentait libre d'arrêter quand elle voulait, libre de mener la conversation ou de la retourner en interrogatoire.
« _ Lanie, je ne sais pas trop quoi te dire à part que j'échange des textos.
_ Avec qui ? Tu as rencontré quelqu'un ?
_ Lanie…
_ Kate. Est-ce que je le connais ?
_ Lanie… »
Kate prit les quelques secondes pendant lesquelles elles se défièrent du regard pour réfléchir à ce qu'elle pouvait lui donner comme information sans pour autant trop lui en dire. Elle ne pouvait décemment pas lui parler d'un inconnu…
« _ Je te donne son numéro et tu me fiches la paix, ok ?
_ Son numéro ? Tu te fiches de moi ?
_ Non. Et selon ce qui se passe, je t'explique tout dans quelques jours.
_ Qu'est-ce que je vais faire d'un numéro Kate ?
_ T'assurer le droit de lui botter les fesses si j'en arrive à être déçue… Et avant que tu ne le demandes, tu ne tireras rien d'autre de moi. Et surtout, promets-moi de ne pas essayer de savoir de qui il s'agit. »
Lanie haussa les sourcils, surprise de cette demande particulière.
« _ Je suppose que je n'ai pas le choix.
_ Non, effectivement. Et avant que tu ne le demandes : non ce n'est pas une histoire d'amour ou de cul, c'est plus de l'ordre du divertissement.
_ Je ne dirai rien Kate, mais je n'en pense pas moins.
_ Je sais. »
Les deux amies se séparèrent après que Kate eut donné à Lanie le fameux numéro. Lanie rejoignit Kevin Ryan en traînant le pas. Elle venait d'entrer le numéro du correspondant de Kate et se trouva face à une sacrée surprise. Elle n'avait entré que trois numéro que son smartphone lui proposa une entrée déjà existante sur son répertoire : Alexis Castle. Inconsciemment Lanie se retourna pour essayer d'apercevoir Kate. Son visage surpris poussa Kevin à lui demander ce qui se passait. Mais elle fut incapable d'articuler la moindre réponse. Il se tramait quelque chose entre les deux femmes. Pourtant, Kate ne semblait pas savoir qui était son interlocuteur… Elle en aurait le cœur net.
« Merci cher ange. »
[text]
« Ce fut un plaisir. »
[text]
« Comment puis-je retourner la faveur ? »
[text]
« Il n'y a rien à retourner. »
[text]
« Laissez-moi vous offrir un verre. Je sais que vous êtes ici.]
[text]
« Profitez de votre soirée Kate... »
[text]
« Êtes-vous timide mon cher inconnu ? »
[text]
Alexis retrouva son père au bout de quelques minutes. Terrifiée à l'idée que Kate puisse la démasquer sur le champ, elle l'entraîna avec elle vers la sortie.
« _ Alexis ! Mais qu'est-ce qui te prend ?
_ Papa, j'ai envie de partir.
_ Je ne peux pas chérie. Je ne peux pas faire ça au Maire. Je suis là pour me montrer ce soir.
_ Mais tu sais que je n'aime pas trop ce genre de mondanités.
_ Alexis… »
Castle fut interrompu par une nouvelle poignée de mains. Un autre notable de la ville. Avec un sourire étudié il prononça quelques paroles habituelles, puis présenta sa fille. Celle-ci se composa un visage accueillant et poliment intéressé par la conversation qu'elle supporta jusqu'à l'arrivée auprès de Kate auprès d'eux. Son arrivée la rendit nerveuse et elle eut le plus grand mal à le dissimuler. Comme son père le lui disait toujours : « Tu ne sais pas mentir, encore moins cacher quelque chose. » Lorsque l'inconnu les quitta pour aller serrer d'autres mains, Alexis avait encore les yeux rivés au sol.
« _ Kate est-ce que tu vas rester longtemps ?
_ Je ne pense pas Castle. Ce genre de soirée n'est pas trop mon truc, vous le savez.
_ C'est pour ça que je t'en parle. Alexis voudrait s'échapper…
_ Merci de me faire passer pour une petite fille papa…
_ Je te ramène quand tu veux Alexis.
_ Mais, je ne veux pas vous déranger, et puis…
_ ça ne me dérange pas. Et puis… »
Elle s'écarta de Castle qui venait juste de se faire assaillir par trois personnes pour poursuivre la conversation avec Alexis.
« _ Et puis… apparemment il n'y a pas que moi qui préfère les soirées sympas dans un bar à siroter une bière.
_ Apparemment…
_ Est-ce que ça te dit d'aller boire une bière avant de rentrer ?
_ Dans cette tenue ? Selon l'endroit où on va c'est un appel au viol. conclut-elle en souriant.
_ Coup de chance pour toi, je suis officier de police. Mais qu'est-ce que tu crois donc que je fréquente comme endroit ? »
Alexis ne sut que répondre. La perspective de sortir de cet endroit semblait ravir la flic, beaucoup plus que son ange attitré qui se sentait prise au piège. En même temps, c'était une des dernières fois qu'elle pouvait sortir avant de rejoindre la Californie, et qu'elle pouvait faire sortir Kate. Mais si elle se rendait compte de son stratagème. Incapable de faire un choix, elle se laissa entraîner sous l'œil bienveillant de son père. Pendant que Kate leur frayait un passage vers la sortie, Alexis pianota maladroitement un message qu'elle enregistra juste avant de s'engouffrer dans le taxi que Kate avait hélé. Kate annonça la destination et lâcha ses cheveux. De longues boucles brunes dévalèrent en cascade sur ses épaules. Alexis retenait presque son souffle. Son regard se perdait dans les rues qui défilaient. Elle ne savait toujours pas pourquoi elle n'avait pas dit non, tout simplement. Mais que faisait-elle là ? Et de quoi pourrait-elle bien lui parler ? Tassée au fond de la banquette, Alexis ne cessait de se dévaloriser.
Un quart d'heure plus tard, Alexis était assise à une petite table ronde pendant que Kate commandait au bar. L'endroit était classe, l'ambiance feutrée par un éclairage savamment étudié et une musique jazz en fond sonore, de quoi se sentir immédiatement à l'aise pour cette jeune femme issue des quartiers chics. Et contrairement à ce qu'avait laissé entendre Alexis, sans leur tenue select, elles n'auraient pas été à leur place. Mais la jeune femme n'en était pas encore à apprécier les lieux. Elle continua à taper avec frénésie sur son écran tactile avant que le Lieutenant revienne, enregistra brouillon sur brouillon, et finit par mettre l'appareil sur brouillon. Après, elle ne lâcha pas Kate des yeux. Et elle n'était pas la seule à le faire. Kate aimantait littéralement tous les regards. Hommes, femmes, elle ne laissait personne indifférent. C'était assez impressionnant, limite vexant pour la rouquine qui était loin d'être repoussante.
Lorsque le Lieutenant revint avec deux pintes dans les mains, elle fut accompagnée d'un véritable cortège de regards qui convergèrent in fine vers Alexis. Elle lut différentes choses dans ces regards. Principalement il s'agissait de deux courants antinomiques : l'admiration et la jalousie. La plupart des personnes attirées par le Lieutenant Beckett enviaient sa position privilégiée. D'autres semblaient admiratives, mais Alexis ne semblait pas trop saisir pourquoi. Bien sûr sa seule présence pouvait gêner les ambitions d'un cœur solitaire en quête d'aventure... Kate perçut la gêne d'Alexis.
« _ Que t'arrive-t-il ?
_ Vous êtes un véritable aimant, c'est impressionnant. Vous attirez tous les regards.
_ Oh. Ce n'est pas pour autant que j'ai trouvé l'âme sœur. Ce n'est pas pour autant que je la cherche non plus.
_ Vous êtes pessimiste. C'est une réaction d'enfant gâté. Qu'est-ce qui vous autorise à être ainsi ? » L'attaque était provocatrice et frontale. Alexis s'était lancée sur le sujet sans la moindre préméditation, ce qui risquait de lui jouer un vilain tour car Kate avait de la répartie, elle le savait. La seule qu'elle pouvait faire était de prier pour qu'elle puisse s'en sortir sans trop de dommages.
« _ Je te demande pardon ?
_ Kate. Mais enfin Kate ! Vous êtes belle, intelligente, sensible, excellente dans votre travail, reconnue comme telle, et appréciée de tous. Qu'est-ce que qui vous pousse à cet excès de noirceur ? Si je ne vous connaissais pas un peu, je pourrais prendre ça pour de l'arrogance. Je sais que vous n'êtes pas arrogante Kate.
_ Alexis… »
Echec. En tournant sa phrase sous le sens du compliment, elle ne pouvait pas balayer Alexis comme elle l'aurait fait avec Lanie. Alexis avait dans les yeux une naïveté désarmante. Si elle avait pu, elle lui aurait balancé sa jeunesse au visage, son inexpérience de la vie, son origine aisée. Mais elle ne le pouvait pas.
« _ … la vie complique parfois les choses.
_ C'est vrai que vous avez vécu des horreurs et traversé beaucoup d'épreuves. Mais vous êtes jeune !
_ Je te remercie de ne pas avoir dit « encore ». Dit-elle avec un léger sourire faisant rougir Alexis qui avait effectivement failli utiliser ce mot. Mais ça ne fait pas tout. La vie est un tout. Et tu ne sais pas tout.
_ Et vous me direz ce que vous voudrez. En attendant, il faut parfois savoir provoquer sa chance. Depuis que nous sommes entrées, il y a au moins cinq personnes 'potables' à qui vous avez tapé dans l'œil. Quatre hommes et même une femme je pense. N'y a-t-il pas parmi eux un homme qui vous plaît ?
_ Pourquoi se limiter aux hommes Alexis? répondit Kate du tac au tac.
_ Hum, je suppose que ça fait partie des choses que je ne savais pas de vous. Anyway, si elle est à votre goût… » marquant un certain dédain pour la femme en question.
Une fois de plus Kate fut prise de cours. Au lieu d'être embarrassée, la jeune femme semblait n'accorder pas plus d'importance que ça à cette révélation. Mais le plus surprenant dans cet échange était la facilité avec laquelle elle avait livré cette information, comme s'il n'y avait pas de conséquence envisageable, ou plutôt, comme si elle se moquait des conséquences. Elle pensa à Lanie et à son discours à ce propos. En prononçant ces paroles son cœur s'était accéléré. On a raison de dire qu'on ne fait pas un coming out mais des coming out. Chaque confidence avait son poids, sa valeur. Mais celle-ci était légère, presque anodine.
« _ Alexis, c'est avec toi que je suis ce soir. Je ne suis pas venue ici pour chercher une aventure d'un soir. J'ai déjà donné il y a quelques temps.
_ C'est gentil à vous.
_ Est-ce que tu vas me vouvoyer encore longtemps ?
_ Mmm… non. Ce sera même plus confortable pour moi ! déclara-t-elle en riant. »
La nuit avançait et la discussion allait bon train. Les verres descendaient également à une vive cadence. Dans l'atmosphère intime du bar, les deux jeunes femmes passaient un agréable moment, à parler de tout et de rien, et à se dévoiler chaque fois un peu plus au détour d'anecdotes diverses. La conversation était facile et elles semblaient seules au monde. Kate avait su repousser d'une parole ou d'un regard les hommes incongrus qui avaient essayé de briser cet instant qui leur semblait suspendu. Alexis était surprenante. Elle possédait l'art de la conversation, maniant avec grâce l'aphorisme, la précision du verbe, l'humour, et la grâce de sa candeur. Cette jeune créature qu'elle avait connue tout juste adolescente était devenue une femme. C'était la première fois qu'elle la considérait en tant que telle, et cette considération changea radicalement le regard qu'elle posa sur elle. Alexis ne le remarqua pas.
« _ Deux aussi jolies femmes seules… C'est un crime. Permettez-moi de me joindre à vous, peut-être aussi permettrez-vous à mon ami assis là-bas de venir. »
La discussion cessa instantanément, tout comme sa magie. L'homme était arrivé à pas de loups, déjouant la vigilance de Beckett qui était absorbée par une étonnante théorie d'Alexis sur Victor Hugo, un sujet qu'elle n'aurait jamais cru possible d'aborder après ses années de cours de français à la Stuyvesant High School. Kate évoqua ces années avec un plaisir assumé. Alexis découvrit tout un pan de la vie de Kate qu'elle n'aurait jamais soupçonné : une femme cultivée, curieuse de la vie, bref, une adolescente qu'elle aurait aimé rencontrer au même âge. En même temps, elle découvrait que cette incarnation de la justice n'était pas si parfaite que ça au vu des anecdotes qu'elle racontait. Elle assumait tout avec élégance. Enfin, presque tout.
Elle sortit de sa bulle et de sa réserve dès que l'importun brisa leur intimité.
« _ Nous ne sommes pas seules puisque nous sommes deux. Et, avant que vous le demandiez, nous sommes deux comme dans un couple.
_ Je ne vous crois pas. Vous n'avez rien de deux…
_ Gouines ? termina Alexis. Ah ben il va pourtant falloir vous y faire. Arrêtez un peu de reluquer ma copine !
_ Vous l'avez entendue ? Laissez-nous.
_ Ok, ok, ça va. Mais c'est du gâchis. Et si…
_ Et jamais nous ne pourrons envisager une chose pareille. Sincèrement, vous croyez que je pourrais laisser une beauté pareille pour un pauvre type comme vous ? » le provoqua Beckett. « Mais vous pouvez rester, il est tard de toute façon. Nous partons. Tu viens Alexis ? »
L'imprudent resta planté devant elle, déconfit, pendant que Kate se leva. Elle aida Alexis et l'entraîna dehors par la main sans la lâcher. Elles marchaient d'un pas rapide, et Kate n'avait toujours pas lâché la main d'Alexis. Sur le trottoir elles attendirent patiemment de voir débarquer un taxi, suffisamment éloignées du bar. Mais à cette heure-ci, elles pouvaient toujours attendre. Seul l'alcool les empêchait de voir l'absurdité de la situation, jusqu'à ce que Kate retrouve ses esprits et appelle une société pour qu'on leur envoie quelqu'un.
« _ Je ne croyais pas que la soirée se terminerait de cette manière. Annonça Kate. Je nous fais partir mais je ne t'ai même pas demandé ton avis.
_ Ne t'en fais pas. J'étais d'accord. Et puis… je crois que j'ai assez bu.
_ Moi aussi, répondit Kate en s'asseyant sur un banc. Alexis se rapprocha d'elle pour recréer l'intimité de la discussion qu'elles avaient à l'intérieur.
_ Kate, que se serait-il passé si ce mec avait insisté ? »
L'innocence ? La question planait entre elles. Depuis le début elle se faisait prendre à contre-pied, mais cette fois, elle avait presque anticipé la question et la lui retourna assez facilement.
_ A toi de me le dire. Tu es quand même allée loin dans la provoc. Et je ne te savais pas si possessive non plus. En fait, j'ai été bluffée.
_ Je suis pleine de surprises Lieutenant Beckett. Répondit-elle en esquivant adroitement.
_ Tu ne m'as pas répondu.
_ Je préfère te laisser imaginer. »
Décidément la jeune Castle était vraiment pleine de surprises. Cette marque outrageuse de flirt choqua la flic. Le chemin du retour fut silencieux. Dans le taxi résonnait seule la musique de la radio. Alexis fit semblant d'observer la ville à travers la vitre. Sa propre audace l'avait surprise. Ça faisait longtemps qu'elle ne s'était pas surprise. Elle garda ce sentiment jusqu'au loft, jusqu'à son lit, jusqu'à l'insomnie.
