Merci à tous de continuer à suivre l'histoire et pour vos reviews. Elles sont essentielles dans ma motivation.
A nouveau je vous fais toutes mes excuses pour ce long temps d'attente. Certains s'en sont inquiétés et je les rassure : je n'ai pas l'intention d'abandonner cette histoire, même si la saison 5 aux US m'a déçue. Les intrigues policières étaient juste grotesques et le traitement de la relation entre Beckett et Castle a rapidement perdu tout son intérêt. Franchement à part trois ou quatre épisodes, c'était vraiment en dessous.
Juste un dernier petit mot pour la personne qui me demande de faire des chapitres plus longs : j'ai décidé de conserver le format de 3 000 mots environ par chapitre en essayant de le découper en sous-parties à la manière d'une série.
Constance Isles était apparemment quelqu'un de réputé dans le milieu de l'art contemporain. Il n'y avait qu'à laisser traîner les oreilles au milieu des invités pour s'en rendre compte. Au-delà des m'as-tu-vu présents pour se faire remarquer, les discussions soulignaient la qualité de l'artiste, sa conception de l'art visuel. Kate n'y comprenait pas grand-chose si ce n'est que cette femme avait une grande notoriété et qu'elle était méritée. Pour être exposée au MOMA il fallait au moins ça !
De son côté Alexis avait l'air fasciné. Chaque œuvre exposée captivait son attention et l'emmenait dans un voyage où l'imagination exprimait sa propre puissance et guidait son périple vers une pure émotion artistique. Il lui était impossible de détacher son regard d'une production sans en avoir établi sa propre vision, son propre récit. Kate n'aurait jamais cru une telle chose possible. Elle semblait comme dans une bulle et ne pensait visiblement ni à sa grand-mère ni à Gates. Au final, Kate s'aperçut qu'elle non plus n'y pensait plus vraiment et qu'elle était heureuse d'être là à partager ce moment avec Alexis. Elle s'assit sur un confortable fauteuil rouge et regarda Alexis observer une sorte d'immense pile de bouteilles compactées assemblée en une énorme sphère suspendue. L'ensemble tournait sur lui-même et dispensait un faible éclairage à travers quelques points lumineux qui venaient de l'intérieur. Pour couronner le tout, les lumières de cette pièce variaient en fonction de l'apparition des lumières dans la sphère. L'ensemble était … beau. Elle le reconnaissait. Cependant elle avait du mal à donner une explication globale de cette œuvre. Un serveur passa près d'elle et elle prit deux coupes de champagne sur son plateau. Elle s'approchait d'Alexis pour lui en donner une lorsqu'une femme engagea la conversation avec elle. Châtain, distinguée, vêtue avec beaucoup de distinction, elle devait avoir entre 30 et 40 ans. Kate s'effaça et observa la scène.
_ Je pense que celle-ci est ma performance préférée. Lui dit Alexis.
_ C'est apparemment l'avis de la majorité des personnes jusqu'ici.
_ Il y a une grande force artistique dans ces œuvres, et un véritable fil conducteur.
_ Vous connaissiez l'artiste avant de venir ici ?
_ Un peu. Elle a une notoriété mondiale. Et elle a quand même enseigné à Harvard.
_ Impressionnant. Vous êtes artiste, ou étudiante en art ?
_ Non ! Je suis étudiante en droit. Je m'appelle Alexis Castle.
_ Enchantée Alexis. Je m'appelle Maura Isles.
_ Isles ? Vous êtes jeune… pour être l'artiste.
_ Je suis sa fille. Et je ne suis pas du tout artiste ! Je suis médecin légiste.
_ Impressionnant également. Vous travaillez à New-York ?
_ Non, je suis de Boston. Je suis venue spécialement pour l'évènement. Pourquoi est-ce impressionnant d'être légiste pour vous ?
_ Une de mes amies est légiste ici, à New-York. J'ai fait un stage auprès d'elle. Contrairement à tous les préjugés qu'on peut avoir, j'ai trouvé ce travail fascinant, et très respectueux des victimes.
Elles continuèrent à bavarder ainsi pendant quelques minutes, échangeant sourires, banalités, et anecdotes diverses, le tout sous le regard méfiant de Kate. Le visage de cette inconnue s'était transformé sous l'effet de la conversation qu'elle avait avec Alexis. Elle avait l'air heureux, concentré, enjoué. Kate n'aimait pas du tout ce changement brutal d'attitude, cette illumination soudaine. Sans en voir l'air elle tendit l'oreille et se rapprocha d'elles pour essayer de saisir quelques bribes de paroles.
_ C'est rare un tel discours, surtout de la part d'une si jeune personne. Je serai ravie de vous présenter ma mère si l'occasion se présente ce soir et si vous le souhaitez.
_ Avec plaisir Maura. Enchantée d'avoir fait votre connaissance.
_ Moi de même Alexis.
Après le départ de cette femme, Kate s'autorisa enfin à aller voir Alexis et à lui donner sa coupe. Elle en but une gorgée et sourit à Kate.
Elle semblait heureuse et se sentait Kate était blessée.
Jamais elle ne pourrait soutenir ce genre de conversation avec Alexis, ce qui éveilla une pointe de jalousie dans son estomac, et un brin de remords. Elle n'aurait jamais ce genre de problème avec Nathalie… Nathalie pour laquelle elle n'avait eu aucune pensée jusqu'à présent…Nathalie qui n'avait jamais su provoquer ce qu'Alexis avait éveillé en toute inconscience chez Kate. C'était si évident. Depuis fort longtemps Kate n'avait plus connu le goût amer des pensées funèbres qui avaient agité son esprit. Elle ne voyait plus sa mère allongée dans son cercueil. Elle se voyait plus non plus à sa place. La peine accumulée ainsi que certains doutes ne s'étaient pas effacés. Elle avait juste réussi à les refouler. Les sorties avaient repris, tout comme son éveil à la vie. C'était grâce à Alexis. Cette jeune femme rousse gracile qui s'émerveillait devant des bouteilles en plastique compressées…
La voir discuter avec cette femme inconnue était difficile. Mais l'imaginer dans les bras d'une femme sans visage à l'autre bout du pays était presque insupportable, car ce détail, Lanie n'avait pas omis de le lui dire l'autre soir, quand ce complot était en train de se tramer. La façon dont elle était sortie de sa vie à cause d'une ridicule histoire de textos était stupide, Alexis voyait une fille. Une fille de l'Université apparemment. La voir là, totalement détachée d'elle, heureuse d'avoir échangé avec cette inconnue… Ce n'était pas possible. L'observer avait suffit à éveiller une vague de chaleur dans son ventre, ainsi qu'une immense colère. Cette femme n'avait rien fait pour mériter ça… Ses entrailles se serrèrent de plus en plus quand Alexis vint vers elle.
_ Je suis ravie d'être ici.
_ Tant mieux. Qui était cette femme ?
_ La fille de l'artiste. Maura Isles. Elle est médecin légiste à Boston. Tu en as entendu parler ?
_ Pas vraiment. Tu sais, c'est rare quand nous avons des relations d'un Etat à l'autre. C'est comme ça dans la police.
La visite continua, toujours en l'absence de Martha et Gates. Mais elles étaient loin des préoccupations à présent. Il fut implicitement admis que cette soirée n'était qu'un coup monté par trois conspiratrices. Le but aussi fut tacitement admis. Mais il ne tenait qu'à elles d'y tendre, et pour l'instant, elles en étaient loin. De flûtes en petits fours, elles traversèrent les pièces, toujours au rythme d'Alexis. Cela suffisait à repousser une véritable discussion les concernant. Ce n'est qu'à la fin de leur déambulation qu'un évènement imprévu se produisit.
_ Detective Beckett ! Je ne savais pas que vous étiez parmi nous ! Venez donc nous rejoindre. Lança le Maire à Kate. Miss Castle ! Vous aussi vous êtes ici ? Allez, venez.
Autour de lui se tenait une femme bruneà l'allure très classe. Un port de tête altier, de longs cheveux noirs ondulés, et une certaine rigidité l'animaient. A ses côtés se tenait la fameuse Maura, à qui Alexis avait parlé tout à l'heure. Cette femme devait donc être sa mère. Ce qui était curieux, car physiquement, à part leur allure car elles n'avaient rien en commun.
_ Monsieur le Maire. Madame Isles. Félicitations. J'ai beaucoup aimé cette rétrospective.
_ Merci mademoiselle.
La discussion s'éternisa aux yeux de Kate, tandis qu'Alexis semblait comme un poisson dans l'eau. Et cette Maura semblait continuer à captiver son attention. Elle était bizarre, peinant à communiquer avec sa mère comme si elle vivait dans son ombre. Et puis, elle avait l'air totalement perchée, lunaire. Kate se retrouvait exclue du groupe même si le Maire ne semblait s'intéresser qu'à elle au milieu de ces femmes. Elles ne s'échappèrent finalement qu'une demi-heure après, lorsqu'Alexis échangea son numéro avec ce docteur Isles et que Kate fit de son mieux pour masquer sa désapprobation. C'est alors que Kate réussit à mettre un mot sur ce qu'elle ressentait depuis tout à l'heure vis-à-vis de Maura Isles : la jalousie. Une jalousie de base, vulgaire, qui déformait sa personnalité et ses manières.
Elles se retrouvèrent seules devant le musée, et avant qu'elles ne puissent se dire quoi que ce soit, leurs téléphones se mirent à vibrer en même temps pour afficher devant leurs yeux le même message…
[text] Inconnu[/text]
Votre voiture va venir vous chercher. Inutile de demander au chauffeur où elle vous emmènera. Vous verrez par vous-même. Bonne fin de soirée.
[text]
Et au moment précis où elles échangèrent un regard, une limousine noire vint les cueillir.
_ Je déteste ce genre de piège. pesta Kate.
_ Je te rappelle que nous sommes deux à être piégées.
_ C'est vrai, excuse-moi.
_ Tu crois qu'elles sont vraiment impliquées toutes les trois ?
_ Ça me semble évident. Nous avons affaire avec trois reines du machiavélisme ! s'exclama Kate pour détendre l'atmosphère.
C'était la première fois de la soirée que la chose était admise à haute voix.
Une tonne de sous-entendus emplit pourtant la caisse de la voiture, et tout autant de questions laissées en suspend. Aucune des deux passagères n'osa aborder le sujet bien que chacune connaissait indubitablement le lieu où le chauffeur les emmenait. C'était si prévisible de leur part à toutes les trois. La seule question qui les taraudait vraiment était le rôle que jouait Gates dans cette comédie. Elles réfléchissaient en silence. Un silence de convenance. Un silence de résonnance. Kate détacha ses cheveux. Malgré sa nervosité, Alexis ne la lâcha pas du regard. Elle ne put s'empêcher de remarquer que Kate avait fait la même chose la première fois. Elle se souvenait de tout, de la façon dont ses cheveux étaient tombés, de leur forme ondulée, et même du parfum de son shampooing qui était venu chatouiller ses narines.
La voiture les arrêta sans surprise devant le lieu qu'elles attendaient. Les néons produisaient un éclairage feutré, annonçant l'ambiance. Elles étaient libres. Quoi que pouvaient en penser les instigatrices de la soirée, elles avaient leur mot à dire. Il suffisait de descendre, d'appeler un taxi, et tout serait terminé. Cette farce. Cette mascarade. Elles le savaient toutes les deux. Mais dans le fond, l'excuse était parfaite car elles n'avaient aucune envie de se séparer pour le moment. Alors l'existence même des taxis, leur disponibilité à toute heure de la nuit à New-York, tout cela fut passé sous silence.
Elles entrèrent dans le bar. Immédiatement une ambiance jazzy les accueillit. Elles avancèrent à la recherche d'une table. La progression était lente et difficile. Contrairement à la dernière fois il faisait chaud et le bar était bondé. Alexis avait du mal à suivre Kate qui semblait ici très à l'aise. Elle circulait avait grâce, se frayait un chemin sans aucun problème malgré le nombre de clients présents. A chaque table passée les regards se concentraient sur elle, exactement comme la première fois qu'elles étaient venues. Rien n'avait changé. C'était comme si le destin (aidé de quelques personnes) s'était mêlé de lui donner une nouvelle chance. Mais pour cela, il faudrait qu'elles parlent. Pour l'instant, leur soirée avait été agréable, mais elles n'avaient pas vraiment passé de temps ensemble. L'expo avait été au centre de tout. Elles avaient été ensemble sans véritablement l'être. Elle s'en rendait compte à présent.
Kate leur trouva un petit coin tranquille proche du piano. Mal éclairé, loin du bar, l'endroit semblait être volontairement déserté et snobé. Alexis prit place et commanda une boisson que Kate s'empressa d'aller chercher. Lorsqu'elle revint, Alexis posa sur elle un regard différent.
_ Qu'est-ce qui se passe ? J'ai quelque chose de travers ?
_ Non, non. Bien sûr que non. lui sourit-elle. Merci pour le verre.
_ Alors, qu'est-ce qui se passe ?
_ Tu n'as pas l'impression de revenir en arrière ?
_ Qu'entends-tu par là ?
_ Kate…
_ Tu as raison.
_ Kate. J'ai l'impression d'être au mois d'octobre…
_ Alexis. Je réalise que je ne t'ai jamais vraiment remerciée pour ce que tu as fait.
_ Pardon ?
_ Tu es entrée dans ma vie de manière inattendue. Avant on se connaissait mais sans vraiment avoir un lien propre. Quand tu es venue vers moi j'étais vraiment très mal. Il ne fallait pas être un génie pour le deviner…
Alexis avalait péniblement chaque mot, incapable de savoir ce qui se passerait lorsque le dernier se serait échappé.
_ J'étais odieuse avec tout le monde, vidée de tout sentiment. Certaines personnes ont essayé de venir vers moi. Je les ai toutes repoussées, Lanie y compris. Tu es la seule a avoir su ouvrir le verrou de ma peine.
Timidement, la jeune femme osa prendre la parole.
_ Est-ce que tu as pensé au suicide pendant cette période ?
Kate se sentit prise au dépourvu. C'était un point encore sensible qu'elle n'aurait pas souhaité aborder, du moins pas encore. Néanmoins elle ne se sentait pas le droit de lui refuser une réponse. C'était caractéristique de ce qu'Alexis avait réussi à produire en quelques jours au mois d'Octobre.
_ Oui.
_ Je suis désolée.
_ Pourquoi ?
_ Je ne sais pas. C'est troublant de voir que tu étais dans une si grande détresse, qu'il l'ait senti mais qu'il n'ait pas compris.
_ Alexis, de quoi parles-tu ?
_ De mon père. Avant que je ne me mette à écrire ces textos, nous étions allées aux Hamptons avec Martha pour lui faire part des appels du Maire concernant le gala et pour savoir si son livre avançait. Après votre rupture il s'était réfugié là-bas et avait repris une bonne cadence d'écriture. Quand nous sommes arrivées il avait fini la dernière mouture de son texte. C'est là qu'il nous a annoncé qu'il s'agissait de la dernière aventure de Nikki Heat puisqu'il avait décidé de la faire mourir.
_ Ah bon ? demanda Kate surprise.
_ Oui. Mais Gina ne l'a pas laissé faire. Il est encore en contrat pour de nouveaux livres et la série marche trop bien pour qu'on lui laisse décider du sort de Nikki.
_ Mais pourquoi voulait-il la tuer ?
_ Il a repris toute l'évolution du personnage : son parcours professionnel et privé, le fait que son histoire avec son coéquipier journaliste n'ait pas marché, le fait qu'elle ait accompli le grand œuvre de sa vie en prenant sa revanche sur son histoire familiale, et qu'elle avait fait le tour. Il a précisément dit que c'était la solution la plus logique, et qu'il aurait dû comprendre ça beaucoup plus tôt puisqu'il décrivait lui-même une « ombre de tristesse qui hantait son regard ».
_ Et alors le rapport avec moi ?
_ Kate… Mon père a construit le personnage de Nikki…
_ En fonction de moi et de mon histoire. Donc il a perçu le fait que j'allais mal…
_ Et je me suis dit qu'il était le mieux placé pour le savoir… D'autant qu'après t'avoir vue au precinct… Je me doutais bien que ça n'allait pas. Quand il m'a dit ça, je lui en ai secrètement voulu de ne pas essayer de venir vers toi. Mais il ne se rendait pas compte qu'il avait visé juste pour ta propre vie. Alors c'est moi qui ai fait la démarche. Dans nos échanges j'ai aimé ta spontanéité, ta franchise, autant que j'en avais peur.
_ C'était une bouée de sauvetage qu'on me tendait. Se confier à un inconnu est plus rassurant que de s'ouvrir à ses proches.
Autour d'elles le volume de la musique avait monté d'un cran, la fréquence rythmique ralentissait pour laisser place à quelques balades. Quelques couples prirent place pour danser dans un endroit restreint, dénué de table ou de chaises. Kate se leva et tendit sa main vers Alexis, l'invitant à la suivre. Danser serait sans doute la meilleure façon de couper court à cette conversation qui devenait inconfortable pour elle. Alexis prit la main de Kate et se laissa faire. Les deux femmes se mirent à bouger au milieu des autres personnes dans ce coin ridiculement petit pour une piste de danse. Les corps se touchaient au gré des mesures. Les sourires se multipliaient sans gêne, tout comme les regards. Autour d'elles rien ne comptait plus. Les regards se partageaient avec complicité. Les spectateurs les plus avisés y voyaient une invitation au flirt, elles se voyaient dans une bulle écrasant l'assistance de sa pureté.
Malgré la déstabilisation causée par leur conversation, Kate se sentait à présent beaucoup plus à son aise. Elle avait pris la mesure des lieux et de leur environnement. Par quelques discrets coups d'œil elle avait remarqué les regards que subissait leur duo. L'envie qu'elle pouvait lire les concernant commença à la déranger. Elle se sentait un devoir de protection envers Alexis. Leur discussion à ce moment là lui revint en mémoire.
Alexis dansait comme elle était dans la vie : avec classe, avec grâce, juste ce qu'il fallait pour susciter cette envie. Dans ses mouvements il n'y avait pas de provocation ou de vulgarité. Elle avait la grâce. C'était une évidence. Soudainement Kate ressentit la nécessité de l'embrasser. Elle y avait déjà pensé. Elle en avait même rêvé à plusieurs reprises. Là, c'était une nécessité. Elle en avait besoin. Les mots d'Alexis dansaient aussi. Sur ses lèvres. Dans sa tête. Dans ses veines. Il n'y avait qu'Alexis. « Vous êtes un véritable aimant. C'est impressionnant. Vous attirez tous les regards. » De son ventre monta une chaleur rayonnante emportant tout sur son passage et qui établit la certitude que ce soir elle devrait aller au bout des choses. La sensation était trop forte. C'était comme si l'ultime barrière était tombée. Elle ne se réfrénait plus et se décida enfin à glisser quelques mots à l'oreille de sa partenaire
_ Tu es un véritable aimant.
_ Quoi ?
_ Tu es un véritable aimant.
Alexis se sentit fondre. Elle savait pourquoi Kate avait choisi ces mots. En plus elle restait à quelques millimètres de son oreille. Elle pouvait sentir son souffle… C'était déstabilisant… et tellement contradictoire avec ce qu'elle avait ressenti tout à l'heure dans la limousine... Ce qu'elle voulait depuis tout ce temps allait peut-être arriver et elle se sentait mal. Heureusement que Kate ne voyait pas son visage. A l'instant présent il reflétait le même feu que sa chevelure.
_ Dans ce cas nous sommes deux. Je n'aime pas trop les regards qu'on nous lance.
_ Pourquoi ?
_ J'ai l'impression d'être un vulgaire morceau de viande.
_ Alexis tu es tout sauf vulgaire. Tu es juste magnifique.
Les lèvres de Kate descendirent sous son oreille, son souffle caressa la peau laiteuse d'Alexis sur quelques centimètres avant de déposer un baiser dans son cou. La jeune fille ne respirait plus. Incapable d'articuler quelques pensées, elle semblait pétrifiée tandis que Kate continuait à danser et la prit dans ses bras. Se retrouver coller à elle, à effectuer les mêmes mouvements comme ça… c'était grisant… et malsain. Elle avait autant envie de se serrer contre elle que de crier.
_ Peut-on retourner à notre table ?
