EPILOGUE
Le campus n'avait pas changé, toujours aussi verdoyant et chargé d'histoire. Bien malgré elle Kate fut emportée par un tourbillon de souvenirs à mesure qu'elle avançait vers le bâtiment où logeait Alexis. Une vague de chaleur se répandit en elle lorsqu'elle se remémora certaines soirées et nuits étudiantes. La perspective d'en passer quelques unes avec Alexis la fit rougir… Elle n'avait jamais été aussi près de réaliser ce qui la hantait depuis trois mois. Même les difficultés qui semblaient se dresser sur leur route ne lui paraissaient pas en mesure de les arrêter cette fois, au contraire. La fureur de Castle l'avait même aidée à prendre une décision qui planait dans sa tête depuis quelques temps déjà. Elle avançait.
La porte s'ouvrit en grinçant. Kate retint son souffle. Devant elle apparut une tête blonde. La déception pointa le bout de son nez avec elle.
_ Bonjour.
_ Bonjour, je suis Stacy. Vous êtes encore plus jolie que ce que je croyais. Dit-elle à Kate en la détaillant du regard. Sur ce je vous souhaite une bonne année et je vous laisse tranquille. A la prochaine Detective Beckett, je sens qu'on se reverra !
Alexis lui succéda. Elle se tenait là, appuyée sur la porte. Sur le coup elle voulut parler mais les mots restèrent étranglés dans sa gorge et furent remplacés par de chaudes larmes. Kate la prit simplement dans ses bras. C'était tellement naturel, tellement doux…
Les mots défilèrent et peuplèrent la première heure qu'elles passèrent ensemble, assises sur le lit d'Alexis. Alexis avait arrêté de pleurer. Dans leur échange il n'était pas question de serments ni de futur. Elles n'éprouvaient nul besoin de se faire des promesses. L'essentiel avait déjà été dit et il leur apparaissait à toutes les deux primordial de se concentrer sur ce qui les avait amenées là. Elles restèrent enlacées pendant un temps qui leur sembla à la fois infini et mérité. Lorsque les premières syllabes sortirent, rien ne purent les arrêter. Alexis évoqua la violente dispute qu'elle eut avec son père, et les mots qui la heurtèrent le plus. Dans les bras de Kate elle se sentait à l'abri. L'attitude de Castle s'était mue de protectrice à menaçante. Stupéfaite, Kate entendit Alexis raconter comment son père lui posa un ultimatum : choisir entre Kate et ses études universitaires. Il ne s'était pas non plus gêné pour lui dire qu'il avait déjà payé plus de 120 000 $ pour ces mêmes études.
_ Comment je vais faire pour m'en sortir ? J'ai travaillé dur pour mériter l'Université. Je ne peux pas renoncer à mon futur.
_ Ton père te connaît. Il sait que tu es quelqu'un de raisonnable qui ne sacrifiera jamais ses études. Il savait que tu allais raisonner comme ça et pense te plier à sa volonté.
_ Il n'a fait qu'énoncer une vérité Kate. Je ne vais pas pouvoir continuer. Si je veux aller jusqu'au bout il me reste deux ans si je ne fais pas de spécialisation. Soit approximativement 80 000.00 $. Je n'ai pas cet argent, et …
Kate mit son index sur la bouche de la jeune rousse. Elle était en train de réaliser que s'il elles ne s'étaient pas fait de promesses, cette discussion était une sorte d'examen de passage pour leur couple.
_ On trouvera des solutions. Pour l'instant, dis-toi que ton année est payée jusqu'à la fin. Le plus important est de tenir tête à ton père pour lui montrer que notre histoire n'est pas une passade.
_ Et après ? On ne vivra pas d'amour et d'eau fraîche. Et puis tu es à New-York.
_ Ton père t'aime. Il ne te laissera pas tomber.
_ Tu n'en sais rien !
_ Non, c'est vrai. Mais après, j'ai quelques économies. Je pourrai faire des heures en plus, vendre mon appartement, prendre quelque chose de plus petit et demander une mutation par ici, ou…
_ ou bien je pourrais faire mes études dans une autre université, moins prestigieuse. Je prendrai un boulot et j'essaierai de faire un emprunt Ne gâche pas ta carrière pour moi.
Kate desserra légèrement son étreinte et plongea son regard dans celui d'Alexis qui se mit à lui sourire.
_ Il faut qu'on montre à ton père que nous deux c'est vrai, et que ça va durer.
_ Parce que ça va durer nous deux, Detective Beckett ?
Un doigt se glissa sous son menton et l'attira contre sa bouche, le premier baiser échangé depuis qu'elles s'étaient retrouvées. Le contact fut lent et sensuel. Leurs lèvres dansèrent l'une contre l'autre, s'écartaient, se refermaient, invitant l'autre à prendre la prochaine initiative. Les baisers se firent plus profonds et langoureux. Alexis se détendit et s'enhardit. Elle laissa aller ses mains sous les vêtements de Kate où elle rencontra une peau douce, beaucoup plus douce que ce qu'elle s'était imaginé, et découvrit un corps qui faisait miroir au sien. Kate s'allongea à côté d'elle et se laissa faire. Les yeux fermés elle se contentait de ressentir les différentes émotions que lui procuraient ces caresses. Mais elles s'évanouirent rapidement.
_ Kate ? Je…
_ Je me doute Alexis. Et rien ne nous oblige à faire quoi que ce soit maintenant.
_ Tu es sûre ?
Alexis s'allongea aux côtés de Kate, la tête posée sur son épaule et un bras autour de sa taille. Une belle couleur pourpre s'était emparée de ses joues, faisant écho à la confusion qui régnait dans son esprit. Elle se serra contre Kate et tenta d'enfouir son visage au creux de son épaule. Kate se tourna lui fit face. Leurs fronts se posèrent l'un contre l'autre. Leurs regards se pénétrèrent. Kate serra Alexis contre elle. Elle avait la sensation que ce corps qui épousait si bien le sien, elle l'avait attendu toute sa vie. Le silence les enveloppait de manière bienveillante, comme si la Californie avait décidé d'apaiser les tensions que New-York avait exacerbées. Leurs respirations soulevaient leurs poitrines à des rythmes différents, provoquant à chaque fois le corps de l'autre à force d'effleurements. Au milieu de ces caresses involontaires et du bruit que faisaient leurs vêtements, Kate ressentit une étrange sensation, comme si des ondes se propageaient dans son corps à intervalle régulier. L'épicentre de ces secousses était situé au-dessus de son sein droit. Elle ne savait pas ce que cela signifiait jusqu'à ce son propre cœur ne se mette à propager les mêmes sortes de vagues à un rythme dissonant. Ces deux êtres blottis l'un contre l'autre écoutaient cette musique, aucune ne voulant interrompre ce moment unique. Les secondes défilaient, aucune des deux jeunes femmes n'aurait pu dire depuis combien de temps elles étaient ainsi. Elles écoutaient. A mesure que le temps passait, les battements de leurs cœurs commencèrent à se réguler pour atteindre un équilibre parfait, la même fréquence de résonance.
Kate embrassa Alexis de manière très chaste et répondit enfin à sa question :
_ Nous avons toute la vie pour ça.
AN : Je tiens à remercier toutes personnes qui m'ont fait le plaisir de lire « Résonance » et en particulier celles qui ont pris la peine de me laisser leurs impressions. Cela m'a fait chaud au cœur étant donné que c'était ma première fic.
Merci donc dans le désordre à : Solealuna, Sara, 41319fan, Sully1, Lisa418, Shoukapik, Ems, Galago, Caro86, Vivaelperu, ciliega, Emmmma2107, Crousty, CastleSPN456, Sandrine, Nath1834, …
Cet épilogue a mis du temps à venir car en parallèle j'ai commencé deux fics qui ont vocation à se répondre et à en donner une troisième commune. Je voulais vous laisser l'opportunité de prolonger « Résonance » après sa fin, d'autnt plus que l'une d'entre elles va reprendre un morceau de « Résonance ». Elles s'appellent : « Après la tempête » et « La mort en vacances » concernent Grey's Anatomy et Rizzoli and Isles. Si vous êtes intéressés, je pense que vous pouvez trouver les liens en cliquant sur mon profil.
Bref merci à vous et à bientôt j'espère !
