- Strawberry Bad Boy -

De Mistress Penelopye.

Note de la traductrice : Je vous remercie tous et toutes pour vos reviews ! Je n'ai certainement pas répondu à tout le monde, et j'en suis navrée mais le cœur y est !

Pour les liens ci-dessous, il vous faut ajouter le www . fanfiction et le . net devant les url données ^^ (le site n'autorise pas les liens sur les fics )

Le profil de l'auteur : /u/1811478/Mistress-Penelopye

La fanfic en anglais : /s/5422408/1/Strawberry-Bad-Boy

Warnings : Lemon ! Et le langage fleuri de notre Grimmjow adoré :) (attendez-vous à voir ce warning à TOUS les chapitres ! Ahah j'adore cette fic XD)


Dès qu'il eut franchi la porte de son appartement, il arracha ses vêtements et fila une nouvelle fois sous la douche. Le savon de ce luxueux hôtel avait un parfum floral entêtant, et faisait tourner sa tête. Tout en frottant la moindre parcelle de sa peau pour la deuxième fois de la soirée, son esprit fatigué s'égara, lui rappelant chaque moment embarrassant de ces dernières heures.

Chaque gémissement, chaque grognement et perte de contrôle au moment où son désir était attisé. C'était dégoûtant de constater à quelle vitesse ses barrières étaient tombées, à quelle vitesse il était passé de jeune homme en colère à ce petit monstre sexuellement dévergondé. Il frémit en se remémorant les caresses de ces doigts, ce sexe épais glissant en lui, et il fallait qu'il se force avec une volonté extrême afin de se convaincre qu'il n'avait pas aimé ça. Il échoua misérablement, fermant ses yeux et posant son front contre la porte de la cabine de douche, lorsqu'il se rendit compte qu'il était en érection rien qu'en y repensant. Il porta sa main plus bas et enroula ses doigts autour, se stimulant légèrement alors que l'eau chaude tombait en cascade sur sa peau. Quelques visions spontanées du chef de la mafia aux cheveux bleus s'insinuèrent dans son esprit avant qu'il ne ferme ses yeux et qu'il ne jouisse ardemment, tremblant et haletant.

« Putain. » Souffla-t-il, lavant ses mains avant de fermer le robinet et de tendre la main pour attraper une serviette.

Il n'avait que partiellement séché son corps quand il se laissa tomber sur son lit, le sommeil l'ayant gagné avant même qu'il n'ait touché le matelas.


« Yo, devine qui vient t'embêter pendant ta pause déjeuner ? »

Ichigo leva un œil du livre qu'il était en train de lire sur l'otorhinolaryngologie, et cligna des yeux en observant la grande perche blonde qui s'approchait.

« Je ne t'ai pas déjà dit de ne pas me chercher des noises à l'école ? T'essayes tout le temps de me faire sécher et tu sais que je ne peux pas me le permettre. »

Shinji leva les yeux au ciel et s'assit dans l'herbe à côté de son ami :

« Et alors ? Demanda-t-il en se penchant au-dessus du livre du roux déposé sur ses cuisses, un froncement de sourcils à l'appui. T'es capable de prononcer ça au moins ?

_Évidemment que je peux, baka. O-to-rhi-no-la-ryn-go-lo-gie. Otorhinolaryngologie. C'est super facile en fait…

_Peu importe, désolé d'avoir demandé. Bref, tu devineras jamais ce qui est arrivé après que tu sois parti hier. »

Dans un soupir, Ichigo referma son bouquin et leva les yeux vers son ami, attendant qu'il ne lui livre l'histoire totalement sans intérêt qu'il avait envie de lui raconter. Le sourire de Shinji se fit plus large, coupant pratiquement son visage en deux parties distinctes avant de commencer son histoire. Ichigo s'en fichait pas mal des évènements qui avaient pu avoir lieu après son départ du club, non pas qu'il n'aimait pas son travail, au contraire il s'y amusait plutôt beaucoup. C'était juste que, à moins que ça ne le concerne directement, il n'avait pas le temps de s'occuper des affaires des autres. Et encore moins avec ce qui lui était arrivé la nuit d'avant. Alors qu'il écoutait à moitié ce que Shinji déblatérait, il acquiesçait de la tête par endroit et grognait un « mm » aux moments qu'il espérait adaptés à cette réaction. Shinji le fusilla du regard, sachant pertinemment ce qu'il était en train de faire, ces deux-là se connaissaient depuis l'enfance et c'était plutôt facile pour lui de dire quand Ichigo n'était pas intéressé par quelque chose, alors il décida d'en profiter un petit peu.

« Donc ouais, j'ai eu ces supers strings par ma mère, c'est pas les siens hein, mais elle les a fait pour mes numéros de scène, et comme je les aime pas tous je me demandais si tu voulais pas v'nir à la maison et en essayer quelques-uns. T'sais, pour voir s'ils t'vont.

_Mmm. » Acquiesça Ichigo tout en consultant sa montre.

Il ne lui restait plus que dix-sept minutes avant son prochain cours.

« Ok, alors j'passe te chercher après les cours. »

Sans attendre un accord quelconque, Shinji sauta sur ses pieds et s'en alla en trottinant, laissant un Ichigo renfrogné derrière lui, se demandant s'il ne venait pas de creuser sa propre tombe.


Devant les grilles de l'université, Shinji s'appuya contre le mur d'enceinte et attendit Ichigo. A ce moment-là, ce dernier contournait le coin de la rue et marqua un court arrêt en voyant le jeune homme. Ça avait été insoutenable toute la journée, de savoir qu'il avait donné son accord à il-ne-savait-quoi, et il s'inquiéta d'autant plus en le voyant. Shinji lui sourit et s'approcha de lui.

« J'te signale que tu fais vraiment gay, annonça-t-il joyeusement, amenant plusieurs têtes à se tourner dans leur direction.

_Putain de… T'es le seul pédé ici. » Répliqua sèchement le roux.

Un gloussement provenant d'un étudiant à quelques mètres d'eux le fit froncer ses sourcils gravement, et il balança son sac sur son épaule négligemment.

« Un putain de jean super étroit, violet en plus, avec une ceinture cloutée qui à priori n'a pas vocation à retenir ton pantalon mais sert de décoration, un pull col v bleu pastel à manches longues, pas de tricot de peau cela dit, et une simple chaine en or. C'est qui le pédé ici ?

_La ferme, j'ai un look génial et tu le sais.

_Ouais, mais j'suis gay, fit-il remarquer alors qu'ils commençaient à marcher.

_Et toi alors ? Ton pantalon est aussi serré que le mien, si ce n'est plus. Et c'est quoi cette foutue cravate ? On n'est plus au lycée au cas où t'aurais pas remarqué ! »

Shinji s'arrêta et adopta une attitude fière tout en lui jetant un regard dédaigneux :

« Eh bien, tu voudras bien accepter mes putains d'excuses pour tenter d'avoir l'air un peu classe.

_Peu importe, soupira Ichigo. Dis-moi plutôt ce à quoi j'ai donné mon accord plus tôt. » Demanda-t-il enfin quand ils reprirent leur marche.

Le blond lui sourit et secoua sa tête en guise de réponse :

« Hinhin. J'le dirai pas avant qu'on soit arrivé chez moi… »

Ichigo adopta une attitude défensive :

« Je ne crois pas que je vais venir dans ce cas.

_Boude pas, t'es trop mignon quand tu boudes. »

Le reste du chemin jusqu'à l'appartement de Shinji se déroula dans le silence, Ichigo broyant du noir tant et plus à propos de ce qui pouvait bien l'attendre et Shinji sautant presque de jubilation à l'idée de voir l'orangé enfiler ces tous petits bouts de tissu. Et il savait exactement lequel il allait l'obliger à porter, un string doré avec de petites fraises imprimées partout dessus. Il gloussa légèrement et Ichigo lui lança un regard assassin. Ce genre de gloussement de la part du blond ne laissait jamais rien présager de bon. Au moins, pas pour lui. Alors qu'ils montaient les marches jusqu'à l'appartement, le voisin de Shinji sortait du sien. Il était grand avec de longs cheveux rouges et son corps était recouvert de tatouages tribaux noirs. Il lança un regard aux deux jeunes hommes et les salua d'un geste de la tête avant de s'échapper en silence. Quand il fut tout en bas des marches et assez loin pour ne pas entendre leur conversation, Shinji se pencha vers Ichigo et chuchota :

« Putain, si c'est pas un régal pour les yeux ce type !

_La ferme, il pourrait t'entendre. » Répliqua-t-il, lui lançant un regard réprobateur.

Ça l'embarrassait parfois que son ami soit si ouvert à propos de sa sexualité. Il n'avait pas vraiment de problème avec ça, mais il savait que c'en était un pour les autres et il n'était pas d'humeur à l'aider à remettre à leur place quelques homophobes cette après-midi. Lorsqu'ils furent à l'intérieur de l'appartement, Ichigo laissa tomber son sac dans un coin et s'avachit sur le canapé tandis que Shinji se dirigeait vers le mini-frigo. L'appartement était petit, pas plus grand qu'un studio, avec une petite cuisine et une salle de bain. Shinji attrapa deux bières et en lança une à son ami qui la rattrapa et l'observa gravement

« T'as vraiment b'soin de l'observer d'cette façon, comme si tu voulais lui faire peur avant de la boire ? Demanda-t-il en allant chercher le sac de strings.

_Ta gueule, souffla Ichigo en ouvrant sa canette, buvant une longue gorgée avant de la poser sur la petite table basse. Alors… pourquoi j'suis là ?

_Ok, ok. Attends. Tu connais ma mère, hein ? »

Sans attendre plus longtemps, il déposa le sac sur le sol devant lui.

La mère de Shinji était la personne la plus compréhensive qu'Ichigo n'avait jamais rencontrée. Non seulement elle aimait son fils pour supporter son choix de vie, mais en plus elle l'encourageait dans sa carrière professionnelle, allant même encore plus loin en créant personnellement les costumes de scène qu'il portait. Ichigo plongea une main dans le sac avant de réaliser de quoi il s'agissait et de la retirer rapidement. Shinji échappa un rire et commença à chercher dans le sac entre quelques dizaines de strings, celui qu'il voulait désespérément voir son ami porter. Lorsqu'il le trouva, il le tendit fièrement à son voisin un sourire triomphant à l'appui. Ichigo recula devant le petit bout de tissu.

« C'est un string. » Constata-t-il très justement.

Shinji leva les yeux au ciel.

« Euh… évidemment, baka ! Ma mère les fabrique pour mes numéros mais je les aime pas tous. Je pensais que…

_Tu veux que je porte ça ? On dirait un truc qu'une fille porterait plutôt…

_C'est pas comme si je te demandais d'en porter tous les jours. C'est juste pour la scène, dit-il en faisant remuer le sous-vêtement dans sa main. Pense à tout le fric qu'on t'enverra si tu portes ça, Ichigo, ajouta-t-il avec un sourire digne d'un fou et le jetant à la figure du roux.

_Mph ! T'es pas sérieux ! »

Il soupira mais il savait que Shinji avait raison, les clients du club deviendraient complétement gaga s'il portait celui-là. Il but le reste de sa bière et secoua la canette vide en l'air pour montrer à son ami qu'il en voulait une autre. Il allait avoir besoin de plus d'une bière s'il finissait par faire ce que le blond voulait.

Deux heures et un nombre incalculable de bières plus tard, il s'immobilisa devant le miroir et balança une hanche sur le côté, plissant ses yeux face au reflet.

« Bon Dieu j'ai l'air tellement gay là-dedans.

_C'est pas l'but ? » Demanda Shinji depuis le canapé.

Il n'avait jamais été capable de supporter l'alcool et ils se devaient d'aller travailler dans quelques heures.

« File-moi les bananes, j'ai b'soin de dessoûler.

_Et depuis quand les bananes permettent-elles de dessoûler ? Demanda Ichigo, qui lui était tout juste amoché par ses quelques bières.

_J'sais pô, donne les moi c'tout »

Il envoya valser le fruit en direction du blond et attrapa un autre string. Celui-ci, remarqua-t-il, n'était pas un string mais plutôt une sorte de slip en coton très échancré, tombant bas sur les hanches mais montant haut sur les fesses. Il jeta un œil par-dessus son épaule pour s'assurer que Shinji ne le regardait pas et retira le sous-vêtement vert qu'il portait afin d'essayer le slip blanc qu'il venait de découvrir.

« Maaa ! Oh bordel, faut vraiment qu'tu portes ça c'soir. T'vas avoir le double de la nuit dernière !

_Quoi, tu crois ? »

Il tourna sur lui-même pour tenter de vérifier l'effet que cela donnait sur ses fesses et rougit quelque peu. Même en étant éméché, il était tellement facile de l'embarrasser.

Shinji abandonna le canapé et s'avança jusqu'à Ichigo qui s'admirait timidement, glissant un bras autour de ses épaules il gloussa lorsque le roux se mit à rougir et le repoussa pour ensuite le rattraper de justesse avant qu'il ne s'effondre au sol.

« Si t'étais pas mon meilleur ami, j'te violerai tout de suite là. Et avec joie ! »

Il repoussa plus volontairement le blond, cette fois-ci, accompagnant son geste d'un « la ferme » peu enthousiaste cependant.

Tandis qu'ils riaient, Shinji gloussant comme un fou sur le sol alors qu'Ichigo levait ses yeux au ciel et se moquait de son imbécile d'ami, son téléphone sonna. Il trébucha jusqu'à son sac, attrapa l'appareil et décrocha sans même regarder de qui il s'agissait, pensant tout simplement qu'il s'agissait d'une de ses sœurs ou de son père. Mais la voix qu'il entendit fit disparaitre instantanément son sourire.

« Salut, Strawberry. »

L'entre-jambe d'Ichigo trembla au son de sa voix et il déglutit difficilement.

« Qu'est-ce que vous voulez ? Demanda-t-il, soudainement sur la défensive.

_Ah sois pas comme ça. J'vérifie juste comment va mon jouet.

_Je vais bien. »

Grimmjow ricana et l'orangé put pratiquement entendre son sourire mauvais lorsqu'il reprit :

« Bien. Tu vas venir ce soir à nouveau, alors sois prêt.

_Euh, je dois travailler ce soir, je peux pas.

_Conneries ! T'as pas à bosser avec l'argent que j'te file. »

Avant qu'Ichigo n'ait pu rétorquer, Shinji s'écria depuis l'autre côté de la pièce, bien que ce ne fut pas la peine tant l'endroit était petit :

« Yo, Ichigo ! Où est passé le rose ? J'veux le porter ce soir. »

Il lui ordonna de se taire d'un geste de la main.

« C'était qui ça ? Demanda sèchement Grimmjow.

_Personne, juste un pote.

_Il a plutôt intérêt à être juste un pote. J'aime pas partager, rappelle-toi en. Un de mes hommes viendra te chercher à huit heures…

_Je vous ai dit, je travaille ce soir. Je sus pas libre avant dix heures passés. »

Il y eut une longue pause, pendant laquelle le silence devint très lourd. Shinji observait Ichigo avec attention et fronça les sourcils. Peu importait à qui il parlait, mais il n'aimait pas vraiment ce type.

« T'vas porter le blanc ? » Demanda-t-il doucement en arrivant derrière lui.

Ichigo plissa les yeux et acquiesça avant de parler à nouveau dans le téléphone :

« Écoutez, je dois y aller. Mais comme je l'ai dit, j'aurais pas terminé avant dix heures. »

Et sans attendre que Grimmjow ne lui réponde, il raccrocha et reprit une profonde inspiration.

« Alors c'était qui ? Demanda Shinji, son état éméché s'évaporant plutôt rapidement maintenant que la tension dans la pièce s'était accentuée.

_Rien. »

Le blond fronça les sourcils et éclata de rire, tentant de détendre l'atmosphère :

« Ta réponse n'a aucun sens, au fait. On y va ? On est de ménage avant que le club ouvre, tu t'rappelles ? »

Ichigo acquiesça d'un signe de tête et se changea pour enfiler son boxer avant de remettre ses vêtements. Il avait le pressentiment qu'il allait devoir payer pour avoir été défiant mais il ne pouvait s'en empêcher. Ce n'était pas parce qu'il recevait beaucoup de rentrée d'argent désormais qu'il devait abandonner la vie qu'il avait. Si quelque chose se passait mal, ou même quand Grimmjow en aurait assez de lui, il aurait besoin de son ancienne vie, aussi étrange que cela puisse paraître. Il n'avait également aucune envie de dire à qui que ce soit qu'il était le jouet d'un homme. Il trembla en attrapant son sac et en enfilant sa veste.

Il ne dirait jamais à quiconque qu'il se prostituait pour le bien de sa famille.


Shinji avait eu raison, le slip en coton blanc fut un succès immense. Tandis qu'il sautait sur la perche au milieu de la scène, enroulant une jambe autour et écrasant sa hanche contre elle, il rejeta sa tête en arrière envoyant des dizaines de gouttelettes d'eau autour de lui. Z, le patron du club, avait exigé qu'il fasse cela dès qu'il avait vu sa tenue dans les vestiaires. En fait, ses mots exacts furent :

« Si tu mouilles pas ce joli p'tit slip blanc, alors mouille au moins tes ch'veux. »

Il avait accompagné ses mots d'un sourire qui avait donné à son visage déjà grave, un air encore plus inquiétant en ajoutant :

« Ou j'te vire. »

Lorsqu'il se redressa il s'appuya complètement contre la perche, et glissa le long lentement avant d'enrouler cette fois un bras autour d'elle, juste au-dessus de lui et retourner à une position assise. Sur un coup de tête, il sortit sa langue et la lécha délicatement la perche. La foule hurla son contentement et la musique s'acheva. Il attrapa les billets sur la scène, s'assurant qu'il les avait tous ramassés, et s'empressa de descendre. Shinji vint alors vers lui et l'attira dans une étreinte, l'embrassant furtivement sur les lèvres avant de s'écarter.

« C'était une idée d'génie, Ichi ! »

Le jeune homme rougit et essuya sa bouche tout en retirant son masque, qui était blanc cette fois.

« Si tu refais ça, je te tue.

_Ouais, ouais. Tu m'aimes tellement, tu pourrais pas.

_Hé Goldie, c'est ton tour ! »

Shinji le salua de la main et lui tourna le dos :

« On se voit demain. »

Ichigo ne voulait rien de plus que rentrer chez lui à présent, prendre une douche, avant de se laisser tomber dans son lit. Alors, lorsqu'il emprunta l'allée derrière le club il ressentit à la fois de la surprise et de la déception en voyant l'homme aux larges épaules qu'il avait rencontré la veille attendre après lui. Il ouvrit sa bouche mais Ichigo le devança :

« Laissez-moi deviner. Le patron veut me voir ? »

L'homme ricana :

« T'es un peu prétentieux, t'crois pas ?

_Peu importe. Allons-y, qu'on en finisse. »

Cette fois-ci ils ne prirent pas le chemin de l'hôtel de la dernière fois, mais à la place se dirigèrent vers un très grand immeuble contenant de très luxueux appartements en copropriété. Ichigo observa le bâtiment lorsqu'ils s'engouffrèrent dans le parking sous-terrain. Il devait faire au moins soixante-dix étages ! Lorsqu'ils sortirent de l'ascenseur il fut attrapé par l'épaule et poussé dans le couloir.

« Je peux marcher vous savez, grogna-t-il.

_Le patron est pas content, alors j'te laisserai pas m'filer entre les doigts. »

Ichigo fronça les sourcils mais se retint de faire le moindre commentaire. A propos de quoi pouvait-il bien être mécontent ? Il n'avait rien fait de mal. Il était là, comme on le lui avait demandé et il n'avait même pas cherché à se débattre. Il savait qu'il aurait sûrement à le satisfaire cette nuit encore et il ferait un bon travail afin de gagner le tas d'argent qu'ils avaient négocié à chaque fois que Grimmjow l'appellerait. Puis, il se rappela le coup de fil et soupira.

Lorsque la porte s'ouvrit pour le laisser entrer, Grimmjow faisait les cent pas de l'autre côté de la pièce, décoré dans un style « Art déco ». Un grand canapé blanc se trouvait au milieu de la pièce et un immense écran de télévision ornait le côté ouest. La moquette était bleue claire et il y avait des plantes partout. Ichigo se demanda si cet endroit était l'habitation principale de Grimmow, mais il se retint de poser la question. Ce n'était pas vraiment ses affaires.

« Je m'en rabats les couilles de c'qu'il a à dire, s'il veut pas nous payer d'ici demain midi dis-lui qu'il ira dormir dans les bas-fonds de la baie de Tokyo ! Ne m'appelle plus pour me raconter des putains de conneries pareilles ou tu l'rejoindras ! »

Grimmjow referma son téléphone d'un coup de main et se tourna vers Ichigo, son visage contracté par la colère. Le jeune homme recula inconsciemment de quelques pas lorsqu'il s'approcha de lui.

« Merci Shawlong. Tu peux y aller maintenant. »

Shawlong s'inclina respectueusement et sortit, la porte se refermant dans un léger clic. Lorsqu'il fut parti, Grimmjow s'approcha du jeune homme le plus près possible, sans le toucher.

« Donne-moi une seule bonne raison pour laquelle j'devrais pas te foutre une raclée pour m'avoir parlé comme ça. »

Ichigo ouvrit sa bouche mais aucun mot n'en sortit. Il s'éclaircit la gorge et tenta à nouveau :

« Je… je peux pas quitter mon travail. Les gens se poseront des questions et je n'ai vraiment pas envie d'y répondre. »

Grimmjow eut un rictus malsain et fit un pas en arrière :

« Alors… tu comptes vraiment continuer à montrer c'qui m'appartient ?

_Je ne suis pas à vous ! Ce n'est pas parce que je fais ça que je vous appartiens. »

Pour la première fois depuis qu'il était entré, Grimmjow ricana puis éclata d'un rire cinglant.

« C'est exactement c'que ça veut dire ! Je te paye une putain de belle somme pour ce cul que t'as dandiné sans pudeur c'soir, et pas qu'un peu. Crois pas que tout t'est dû, ou tu le regretteras.

_Je vous ai rien demandé ! »

Grimmjow secoua sa tête, et sans même un signal envoya son poing dans le visage d'Ichigo. Heureusement, le jeune homme parvint à l'esquiver et en fit de même lorsqu'un second coup se profila, en revenant sur ses pas jusqu'à la porte.

« Putain de merde ! Pas le visage, connard, je dois bosser. »

Grimmjow grogna et l'attrapa par les épaules, enfonçant son genou dans son estomac. Le roux toussa et sentit qu'il allait vomir sur le coup tandis que tout l'air contenu dans ses poumons s'échappa d'un seul coup.

« J'en ai marre d'ton impertinence, p'tit con. J'te laisserai garder ton job, mais encore un coup foireux comme celui-là et j'te fais enfermer. »

Il retira sa prise sur l'orangé et recula d'un pas, réajustant sa cravate tout en se dirigeant vers le bar. Et pendant que sa victime tentait de retrouver son souffle, ses genoux tremblants et ses jambes ne supportant presque plus son poids, il lui jeta un regarda assassin tandis qu'il se versait tranquillement un petit verre d'une liqueur sombre. Lorsqu'il sentit qu'il était capable de se redresser sans vomir, il s'appuya contre le mur et s'en servit de soutient. Grimmjow émit un nouveau grognement et déposa son verre, revenant en direction d'Ichigo. Il l'attrapa par les cheveux, le rouquin ne prenant pas la peine de se débattre, sa tête lui tournait encore affreusement.

« T'as d'la chance d'être mignon. Ça serait tellement facile de dire à la fac que t'as un boulot. Qu'est-ce que tu ferais hein ? C'est contre les termes de ta scolarité d'avoir un job, non ?

_Vous… vous feriez pas ça ? » Rétorqua Ichigo, bouillonnant de colère.

Grimmjow haussa un sourcil :

« Et pourquoi pas ? J't'ai dit : j'aime pas partager. Ça serait oh tellement simple de faire de toi un animal de compagnie plutôt qu'te laisser te balader en toute liberté. »

Il dirigea sa main vers la braguette du pantalon du jeune homme et la baissa lentement :

« T'aime ça, hein ? Faire c'que tu veux toute la journée. Aller en cours, voir ton p'tit copain blond, aller et v'nir chez lui…

_Vous m'avez suivi ?

_Tch. Pas moi, j'ai pas le temps pour ces conneries. Shawlong t'as suivi, Jaggerjack se pencha et attrapa l'arrière de sa tête. T'es resté là-bas un p'tit moment.

_Shinji est mon meilleur ami. On trainait juste ensemble. »

Bordel, la dernière chose dont il avait besoin c'était d'impliquer son ami là-dedans.

« Des meilleurs amis qui se roulent des pelles ? »

Il manqua s'étouffer à sa réplique et leva les yeux pour plonger dans les orbes bleus. Il n'était plus en sécurité nulle part, c'était bien ça ? Shawlong avait dû être au club pour l'avoir vu lorsque Shinji lui avait volé ce baiser.

« C'était juste une fois. Il me félicitait pour ma prestation, dit-il dans un ton monotone.

_Mmm, Grimmjow le déshabillait lentement et marqua une pause pour lui retirer son tee-shirt, immobilisant ses bras au-dessus de sa tête. Ça n'arrivera plus. »

Ichigo secoua sa tête et sursauta lorsque les doigts brûlants du bleuté glissèrent le long de son torse jusqu'à son bas-ventre. Il aurait de la chance s'il ne lui laissait aucune marque. Puis, lorsque ses mains attrapèrent sa braguette il ferma ses yeux et sentit son jean tomber à ses pieds. Un index entreprenant s'engouffra à l'intérieur de l'élastique de son sous-vêtement blanc qu'il portait encore et tira dessus. Puis soudainement, il fut retourné et son visage fut appuyé contre le mur. La brutalité de ce geste l'étourdit tellement que son estomac menaça de rendre ce qu'il contenait, et il fut incapable de se défendre lorsque son slip fut arraché et qu'un genou s'invita entre ses jambes les écartant de force. Il dégagea une jambe de son pantalon à terre et s'exécuta, frissonnant sous le souffle chaud s'abattant sur sa nuque.

« Je vais te punir maintenant. » Murmura Grimmjow dans le creux de son oreille.

Ichigo entendit qu'il retirait son pantalon et qu'il le laissait tomber sur le sol derrière lui, puis il tressaillit lorsqu'il dirigea sa main en direction de ses fesses. L'appréhension liée à la prise de conscience qu'il allait être pris sans préparation l'envahit tout entier, et son corps tenta en vain de se dégager, mais ses gestes étaient bien trop faibles pour avoir un quelconque effet. Lorsqu'il sentit son sexe mouillé à son entrée il se contracta et ses yeux se plissèrent douloureusement. Au moins il l'avait quelque peu lubrifié avant, pensa-t-il avec amertume.

« Faire ça rendra la chose encore pire. » Lui fit-il remarquer en poussant plus loin en lui.

Dans un quasi-audible "pop", le gland s'introduisit en lui, passant l'anneau de chair serré, et Ichigo échappa un cri de douleur. Sans s'arrêter pour autant, Grimmjow continua jusqu'à ce qu'il soit aussi loin qu'il le pouvait. Il attrapa la jambe du roux dans un grognement, agrippant son genou et le soulevant, il s'en servit d'appui lorsqu'il commença à bouger son rythme rapide et brutal. En équilibre sur une jambe, Ichigo n'eut pas d'autre choix que celui de tenter de ne pas tomber et d'espérer qu'il puisse marcher après ça. En dépit de la douleur atroce qui déchirait son arrière-train il savait que son sexe était aussi dur que la pierre. Ce n'était pas juste que même en étant terrassé par la douleur il puisse en être excité. Grimmjow ne prit même pas la peine de s'assurer qu'il prenait du plaisir et continua à aller et venir en lui, à en perdre la raison. Puis, quand Ichigo échappa un gémissement rauque alors que sa prostate venait d'être touchée, il se sentit partir et faillit stopper tout mouvement avant d'étirer un large sourire et de revenir à la charge. Enfin, après ce qui sembla être une éternité, il échappa un cri guttural et jouit ardemment.

Il se retira, accompagnant son geste d'un sourire satisfait et le laissa tomber au sol tel un mouchoir usagé, essoufflé et toujours douloureusement dur, un petit peu de sang s'échappant de son arrière-train. Grimmjow tendit la main vers sa veste de costume et en extirpa une liasse de billets qu'il lança en direction de l'orangé avec un petit rire.

« Si tu peux marcher va prendre une douche. Sinon j'appelle Shawlong qu'il te porte jusqu'à la voiture et te ramène chez toi. »

Il se pencha en avant et serra le sexe d'Ichigo dans sa main, avec une certaine force, le faisant grimacer :

« Rappelle-toi de ça la prochaine fois que tu décideras de me parler sur ce ton. »

Ichigo gémit et acquiesça, ses fesses et son estomac étaient tellement douloureux qu'ils allaient le rendre malade à nouveau. Le sang continuant d'affluer jusqu'à son aine il frémit, ses yeux roulant dans leurs orbites il perdit connaissance. Grimmjow étira un sourire à cette vision et se promit d'en rêver plus tard cette nuit. Il attrapa son téléphone et composa un numéro rapidement.

« Oui patron ? Demanda une voix grave.

_Ouais, il s'est évanoui. Ramène-le chez lui et assure-toi qu'il soit bien seul.

_Oui, patron. »

Il eut au moins la courtoisie de replacer son pantalon avant que Shawlong n'arrive et ne l'emporte avec lui. Il traversa la pièce jusqu'aux grandes baies vitrées et entrouvrit l'une d'elle, attrapant une cigarette afin de l'allumer. Oui, il allait très certainement rêver de ce visage rebelle et de ce cul si serré ce soir.


Note de l'auteur : Pauvre petite fraise et son derrière irrité *glousse*. Grimmkitty est vraiment un sale type.