╰⊰ Keera ⊱╮
Mes yeux sont clos depuis un bon moment. Je me sentais rebondir un peu. Je sentais quelque chose me soutenir, je ne touchais pas parterre. J'ouvris les yeux pour voir Zero. Il me tenait dans ses bras et me conduisait quelque part. Il fixait devant lui en marchant d'un pas régulier. Je détaillais ses traits neutres, c'est alors qu'il posa les yeux sur moi. Il devait s'avoir rendu compte que je venais de m'éveiller. Un air coupable et torturer s'est affiché sur son visage. Il se sentait coupable d'avoir accepté ce que je lui offrais. Et j'avoue avoir un peu apprécié l'expérience… Oui je suis masochiste. Il y a ce sentiment d'autodestruction au fond de mes entrailles qui ne demande qu'à être exaucé.
- Qu'est-ce que, commençais-je faiblement, avant qu'il arrête de marcher brusquement.
Je regardais devant nous et je voyais un tas d'uniformes blancs. Je me débattais pour me dégager de son étreinte et il a fini par comprendre qu'il devait me poser parterre.
Une fois parterre, je me suis mise à chercher mon équilibre en titubant. J'avais la tête qui tournait, serait-il possible que Zero ai un peu abusé de ma générosité? Un jeune homme m'a attrapée avant que je m'affale de tout mon long sur le sol. Je levais la tête pour savoir qui c'était. Un beau jeune homme, grand, très grand, tellement que de le regarder me donnais un chatouillement irritant dans le cou. Curieusement, c'est la première fois que je le remarquais. Comment ne pas le remarquer, il était tellement beau, grand, il est dur de ne pas le remarquer. Je pouvais lire sur son visage de la gentillesse et de l'autorité. Il avait l'air très gentil et à la fois sévère. Je ne pouvais que m'incliner devant lui. Mais de la solitude émanait de lui, je la sentais m'envahir. Cette solitude, tout comme cette rage que je ressens venant de Zero, elle m'envahi, je me sens seule, vraiment seule. Comment quelqu'un peut se sentir aussi seule?
- Ça va, rien de cassé? me demanda-t-il.
- Oui, je vais très bien, dis-je en forçant un sourire.
Il me regardait dans les yeux ce qui me surprit, car la plupart des gens cherche à fuir mon regard. Je fermais les yeux et détourna mon regard vers le sol. Qui voudrait partager un regard avec moi, moi qui ai une couleur d'yeux si étrange, j'en avais même honte. De petits yeux grenat qui n'avait rien de joyeux, aucune étincelle de vie. Des prunelles fades, n'ayant rien de féminin, rien de pétillant. Mes yeux sont déprimants.
- Pourquoi me regardes-tu ainsi? Demandais-je en sachant très bien la réponse, enfin je crois.
- Désolé, je n'ai pas voulu te rendre mal à l'aise.
- Keera, tu devrais aller rejoindre Yuki, Fit Zero. Elle te conduira à l'infirmerie.
Je regardais mes poings abîmés et la morsure de Zero, j'avais complètement oublié que j'étais blessée. Comment oublier une chose pareille? Je ne pouvais plus arrêter de faire cet air piteux devant Zero, une haine que je sentais s'accroître venant de lui, je la sentais. Une haine comparable à la mienne. J'étais à fleur de peau devant les émotions des autres et je détestais partager tout cela. De plus, je savais qu'il s'en voulait par ma faute, pourquoi je lui ai fait faire cela alors qu'il ne voulait pas. La culpabilité m'envahi… Je ne suis qu'une égoïste.
- Je suis désolée Zero, murmurais-je avant de partir à la recherche de Yuki.
Non, je ne suis pas désolée, pourquoi ai-je dit ça? Je ne suis en aucun cas désolée qu'il m'ait mordue. Je ne suis qu'une égoïste qui veut bien paraitre! Il y a un étrange sentiment de satisfaction qui s'éveil au fond de moi. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai aucun regret. Le seul regret que j'ai, c'est d'avoir fait souffrir ma mère et de ne pas être auprès d'elle pour la protéger. Je l'ai protégée de mon père, mais j'ai l'impression qu'elle m'en veut.
Je regardais Yuki qui se tenait juste devant moi, puis je détournais mon regarde vers le sol. Je lui tendis mes mains ensanglantées, elle les scruta un instant, pris mes deux bras et releva les manches, je libérai mes bras à toute vitesse. Elle me regardait avec inquiétude.
- Viens avec moi, murmura-t-elle.
- J'aimerais parler au directeur, dis-je toujours en regardant les plaies que je me suis infligée en frappant un arbre de toute mes forces.
- D'accord Keera, mais avant nous allons à l'infirmerie pour désinfecter tout ça.
╰⊰ Zero ⊱╮
- Vous devriez retourner en classe, dis-je en m'éloignant.
- Il est écrit dans les règlement que les actes de vampirisme sont formellement interdit, ce n'est pas parce que tu es chargé de discipline que tu as tous les droits, lança Kuran. Je ne crois pas que le directeur sera content d'apprendre ce qui s'est passé.
- Ah, la ferme, murmurais-je.
- Quoi? S'écria Hanabusa Aido. Répète!
- Je n'ai rien dit, dis-je en lui lançant un regard noir. Bon, retournez en classe maintenant.
Je les escortais jusqu'à la salle de classe puis parti pour l'infirmerie. J'allais entrer dans la pièce quand la porte s'ouvrit. Yuki sortie de la pièce. Elle me regardait, surprise par ma présence et elle me laissa passer. Keera eu la même réaction : elle me fixait, stupéfaite. Yuki partie en vitesse.
- C'est moi qui suis désolé, dis-je un peu abattu. Je n'aurais pas dû.
- Et puis quoi encore? Ce qui est fait est fait! S'exclama-t-elle. On ne peut pas revenir en arrière et en plus tu en avais besoin, j'ai fait ça pour toi, pour t'aider. Tu peux me tuer, je m'en fous, je le mérite. Je ne fais que blesser les gens, leur faire du mal. Et ça, sans la vouloir. Je mérite la morte, je mérite de souffrir pour tout le mal que j'ai fait aux autres.
Je ne comprenais rien, rien de rien. Qu'est-ce qu'elle a bien pu faire? Pourquoi veut-elle mourir à ce point? Pourquoi veut-elle m'aider?
- Arrête de te poser des questions à mon sujet, dit-elle. Zero, il vaut mieux que tu ne cherches pas à me connaître.
- Qu'est-ce qui te dit que je me pose des questions?
- Ton regard, je vois des questions qui se bousculent dans ta tête.
J'étais troublé, elle est vraiment étrange cette fille. Elle n'est pas normale. J'aurais tant voulu partir là, tout de suite, la laisser en plan.
Elle me regardait de ses grandes prunelles rouges, qui se mirent à pâlir graduellement. J'avais l'impression de plonger mon regard dans celui d'un cadavre. Deux grands yeux rosâtres me fixaient. Keera tomba lourdement et je pu la rattraper avant qu'elle heurte le sol.
╰⊰ Keera ⊱╮
- Keera, Keera, ça va? fit une voix familière.
- Crise, je suis en crise, murmurais-je. Médicament… Dans ma chambre.
- Bon, je t'y conduis.
Je ne voyais rien sauf des lignes rouges s'embranchant en palpitant au rythme de mon cœur et de grandes taches qui définissaient le couloir, dans ce cas. Je me sentais étourdie, c'était pire cette fois que toutes les autres fois. Je fixais Zero, des embranchements rouges cachait ses trais. Tout se mouvait autour de moi, les murs se rapprochaient et s'éloignaient en alternance.
Je ne sentais plus rien, mon corps ne me répondait plus. Le contact de mes vêtements contre ma peau, le sol sous mes pieds, mes cheveux me chatouillant le coup, le front et le bas du dos, rien, je ne sentais rien, aucune chaleur, aune fraicheur.
Un grand rectangle sombre se dessinait devant moi quand Zero me déposa parterre, Une porte? Je n'en étais pas sûr. Cette "porte" s'ouvrit, si c'était le cas. Zero m'aida à m'asseoir après quelques pas. Sur mon lit, je crois.
- Est ce que je suis assise sur mon lit? Demandai-je en murmurant.
- Oui, dit-il.
- merci, tu peux t'en aller.
Je me levai faiblement, m'accroupi devant ce que je croyais ma table de chevet. J'ouvris le tiroir cherchant la trousse. Je mis la main dessus, l'ouvrit, sorti la seringue et le contenant renferment mon médicament. Je fis introduire le produit, d'une couleur mauve claire, dans la seringue. Je pris l'élastique en caoutchouc et l'attacha bien serer autour de mon bras gauche à l'aide de ma main libre et de mes dents, je cherchais une veine. Quand j'introduis l'aiguille dans mon bras je me sentais rien, mais quand j'ai éjecté le produit de la seringue, je me tortillais de douleur parterre. J'essayais de ne pas crier. Une sensation de brûlure atroce. Mon bras était tout rouge en toutes les viennes qui passaient près de l'injection étaient enflée. J'étais de plus en plus étourdie et puis le néant total.
