.
Coucou !
Merci beaucoup à tous pour les précédentes reviews, ça m'a fait super plaisir et j'ai donc choisi de continuer la fanfiction!
Ce chapitre est donc totalement de moi et j'espère que ça vous plaira toujours autant... Et pour vous remercier... Il est complet ! Oui vous ne rêvez pas :p
Réponses Reviews :
Pim's : Merci beaucoup, en effet à part ce chapitre c'était une traduction, mais j'ai décidé de continuer dans la même ambiance et le même esprit que l'auteur qui en a eut l'idée... Les chapitres seront donc toujours aussi long ! Mais c'est normal puisqu'il faut bien qu'il lise tout le livre ! :) À bientôt.
.
.
Chapitre 7 : Les lettres de nulle part.
.
.
Hugo commença fièrement sa lecture.
La fuite du boa brésilien valut à Harry la plus longue punition qu'il eut jamais reçue.
« Alors il est vraiment resté quatre mois dans le placard ? » s'enquit Lily.
« Ah non ! Tu ne commences pas déjà à m'interrompre ! » S'énerva Hugo.
« Hé, tu vois ce que ça fait alors de se faire couper sans arrêt, » répliqua-t-elle.
Hugo balaya sa parole d'une main et reprit.
Lorsqu'il fut enfin autorisé à ressortir de son placard, les vacances d'été́ avaient déjà̀ commencé
« Quoi ? Il n'a même pas pu profiter complétement des vacances, » grogna James, à voix basse.
et Dudley avait eu le temps de casser son nouveau caméscope,
« Pourquoi ça ne m'étonne pas ? » Pouffa Al.
d'écraser au sol son avion radio- commandé
« C'est vraiment une brute ! » Ajouta Rose.
et d'étrenner son vélo de course en renversant Mrs Figg qui traversait Privet Drive avec ses béquilles.
« Oh ! Quel monstre ! Pauvre Mrs Figg… » Dit tristement Lily.
Harry était content que l'école ait pris fin,
« C'est parce qu'il n'avait pas encore la chance d'aller à Poudlard, » commenta James.
mais il n'arrivait pas à échapper à la bande de Dudley qui venait chaque jour à la maison.
« Le pauvre… » Chuchota Lily.
Piers, Dennis, Malcolm et Gordon étaient tous grands et stupides, mais comme Dudley était encore plus grand et plus bête qu'eux, c'était lui qui était le chef.
« Stupides, bêtes, on ne peut pas mieux les analyser, » applaudit presque Al.
Et les autres étaient ravis de pratiquer le sport préféré́ de Dudley: la chasse au Harry.
Ils se regardèrent horrifiés et prêt à protester, mais Hugo leur lança un regard noir pour les empêcher d'interrompre sa lecture à nouveau.
C'est pourquoi Harry passait le plus de temps possible hors de la maison, à se promener dans les environs en pensant à la fin des vacances qui représentait pour lui une minuscule lueur d'espoir. Car en septembre, il entrerait au collège et, pour la première fois de sa vie, il ne serait plus dans la même école que Dudley. Dudley irait à Smelting, un collège privé où l'oncle Vernon avait fait ses études. Piers Polkiss y était inscrit, lui aussi. Harry, pour sa part, devrait se contenter du collège du quartier. Dudley en était ravi.
« Et je suis persuadé que M Potter était ravi aussi. Il sera enfin débarrassé de cet bébé baleine, » déclara Scorpius.
-Là où tu vas, on met la tête des nouveaux dans le trou des toilettes, dit-il à Harry. Si tu veux t'entraîner, monte avec moi dans la salle de bains.
« NOON ! » Cria Lily, faisant sursauter toute la pièce.
« LILY ! » Râlèrent-ils alors en cœur. Elle rougit de gêne et rentra sa tête, sous l'œil méfiant de Hugo qui était connu pour son impatience.
-Non, merci, répondit Harry, ces pauvres toilettes n'ont jamais vu quelque chose d'aussi atroce que ta tête, ça les rendrait malades.
« Bien dit ! J'adore ta répartie Papa ! » S'exclama James avec enthousiasme.
Et il prit aussitôt la fuite avant que Dudley ait compris ce qu'il avait dit.
« Étant donné qu'il est très bête, il mettra du temps, » constata Al, tandis que son ami Scorpius hochait la tête d'approbation.
Un jour de juillet, la tante Pétunia emmena Dudley à Londres pour lui acheter l'uniforme de sa nouvelle école. Elle déposa Harry chez Mrs Figg qui fut moins pénible qu'à l'ordinaire car elle s'était cassée la jambe en trébuchant sur un de ses chats, ce qui avait quelque peu refroidi la passion qu'elle leur portait habituellement.
« Tu m'étonnes ! » Ricana James, avant de se taire rapidement sous le regard mauvais de son cousin aux cheveux roux.
Harry fut même autorisé à regarder la télévision
« Cette fois je sais ce que c'est ! » Dit fièrement Scorpius, provoquant alors les rires de Al et James qui avaient discrètement entreprit de compter le nombre de fois où le blond allait demander la signification d'un mot.
en mangeant un gâteau au chocolat qui avait dû séjourner quelques années au fond d'un placard.
« Berk, » dit Rose en prenant une expression dégoutée.
Le soir, Dudley parada dans le salon pour montrer à toute la famille ses habits flambant neufs: un frac marron à queue-de-pie, un pantalon de golf orange et un canotier.
« Mais ce sont des habits de clown, ça non ? » Demanda candidement James, pour amuser la galerie.
Et ça fonctionna. Si Scorpius fronça un peu les sourcils avant de se souvenir ce que c'était, les autres éclatèrent de rire.
« Peut-être que c'est dans une école de cirque qu'il va ? » Renchérit Al
Teddy leva les yeux au ciel et ajouta pour rentrer dans leur jeu :
« Sérieusement, les garçons, vous pensez vraiment qu'il a besoin d'aller dans cette école pour apprendre à faire le clown ? Il suffit qu'il porte ces vêtements et il aura l'air ridicule. »
Les élèves de Smelting avaient également une canne dont ils se servaient pour se taper dessus quand les professeurs ne les voyaient pas.
« Tiens, tiens, ça me rappelle presque tes bêtises ça ! Je suis sûr que tu aimerais aussi avoir ce genre de canne à Poudlard » Rigola Teddy, en s'adressant à James.
« N'importe quoi ! Se vexa James, ne me compare pas à ce manchot ! Et puis je n'ai pas besoin de canne et en plus je ne tape personne ! » Continua-t-il de protester.
« D'accord, d'accord, sourit Teddy, je plaisantais juste. »
Al, Hugo et Scorpius se regardaient et essayaient de ne pas pouffer de rire. Ils pensaient tous à cette fois où ils étaient en train de se promener dans les champs, tous les quatre avec Teddy. Ils étaient passés devant un enclos remplie de volailles et James avait ensorcelé un bâton pour qu'il tape les fesses des poules par lui-même. Teddy avait mis du temps a annuler le sort en espérant qu'aucun moldu et surtout pas le fermier ne passe dans les environs.
C'était, parait-il, une façon de se forger le caractère.
« Mouai, il va avoir le droit de s'entrainer sur Papa on parie… » S'attrista Lily.
En contemplant son fils ainsi accoutré, l'oncle Vernon déclara que c'était le plus beau jour de sa vie et la tante Pétunia éclata en sanglots en disant qu'elle n'arrivait pas à croire que ce garçon si grand, si élégant était son petit Dudlinouchet adoré.
« Quoi ? C'est ça le plus beau jour de leur vie ? C'est vraiment nul ! » Grogna James, encore un peu froissé.
« Moi aussi j'aurais pleuré, » déclara Rose.
Les autres la regardèrent avec consternation avant qu'elle n'ajoute avec un air malicieux :
« Soit de rire en voyant son accoutrement, soit de peur totale ! »
Ils éclatèrent de rire et approuvèrent.
Harry préféra ne rien dire. Il avait l'impression de s'être déjà̀ fêlé́ deux côtes à force de réprimer son fou rire.
« Haha, voilà, Papa aussi avait tout compris ! » S'exclama James.
« Comment on peut rire au point de se fêler les côtes ? » Questionna Lily.
« C'est une expression Lil, » souffla Teddy en levant les yeux au ciel.
Le lendemain matin, au petit déjeuner, une odeur pestilentielle
« Berk ! » s'exclamèrent-ils à l'unisson.
« Quoi qu'il y ait à manger, j'y toucherai pas ! » Clama Scorpius.
Les autres approuvèrent et Hugo reprit sa lecture.
se dégageait d'une grande bassine posée dans l'évier de la cuisine, Harry s'approcha et vit de vieux vêtements qui flottaient dans une eau grisâtre.
« Ouf, c'est pas la nourriture, » s'adoucit Al.
« Qu'est-ce que c'est alors ? » Demanda Lily.
-Qu'est ce que c'est ? demanda-t-il à la tante Pétunia.
Al rigola, « Papa et toi vous êtes synchro ! »
Elle pinça les lèvres, choquée qu'il ait l'audace de poser la question.
« Hé mais on ne peut pas deviner ! S'énerva Lily, comme si la tante Pétunia s'adressait à elle.
« Arrête de m'interrompre Lily ! Sinon on ne pourra jamais savoir de quoi il s'agit ! » Protesta Hugo, en jetant un regard noir à sa cousine.
-C'est ton nouvel uniforme, dit-elle.
-Ah bon ? S'étonna Harry en regardant à nouveau la bassine. Je ne savais pas qu'il fallait le faire tremper dans l'eau.
« Surtout dans une eau qui sans mauvais ! Approuva Scorpius, je ne pourrais pas le porter après ça ! »
« Peut-être que c'est l'uniforme qui sentait mauvais, » dit Rose.
« Et bien alors je ne le porterai pas non plus ! » Ajouta le blond en prenant une expression dégoutée.
-Ne fais pas l'idiot, répondit sèchement la tante Pétunia J'ai teint en gris des vieilles affaires de Dudley.
« Tout s'explique ! S'exclama James, fier de lui, ce sont les habits qui sentent mauvais, ils appartenaient à la baleine donc c'est normal… »
Al, Lily, Scorpius et Hugo éclatèrent de rire tandis que Rose et Teddy essayaient de se retenir pour prendre un visage sévère.
« C'est pas très gentil quand même, » dit Rose.
Al fit les gros yeux. « Attend ne me dis pas que tu compaties avec Dud ? »
« Dud ? » Répéta Scorpius, avant d'éclater de rire.
Les autres en firent de même, jusqu'à ce que Hugo montre quelques signes d'agacement. Alors ils réprimèrent leur fou rire pour permettre au rouquin de continuer.
Ça te suffira bien comme uniforme, il ne sera guère différent des autres.
Harry en doutait, mais il était inutile de discuter. Il se demanda à quoi il ressemblerait, là- dedans, le jour de la rentrée. On aurait dit des morceaux de peau arrachés à un vieil éléphant.
« Alors il ressemblera à un vieil éléphant reconstitué, » dit James avec un grand sérieux, avant de finalement sourire, très content de sa blague.
Teddy lui envoya un coussin dans la figure pour le faire taire.
Dudley et l'oncle Vernon entrèrent dans la cuisine en fronçant le nez à cause de l'odeur que répandait la bassine. L'oncle Vernon ouvrit son journal comme à l'ordinaire et Dudley donna sur la table un coup de sa canne dont il ne se séparait plus.
« Je suis sûre qu'il va finir par taper Papa, » se plaignit Lily.
Rose hocha la tête tandis que James les rassura de suite. « Mais non ! Papa c'est un héros, il ne se laisserait pas faire ! »
Ils entendirent alors le facteur glisser le courrier dans la boite aux lettres de la porte d'entrée.
« Le fracteur ? » Demanda Scorpius, avec ahurissement.
« Facteur, corrigea Rose, c'est celui qui apporte le courrier chez les moldus. »
« Ils n'ont même pas de chouette, c'est vraiment bizarre ! Ils doivent perdre beaucoup de temps ! » Observa-t-il.
-Va chercher le courrier, Dudley, dit l'oncle Vernon sans lever le nez de son journal.
-Harry n'a qu'à y aller, dit Dudley.
« Quoi ? Et pourquoi ? S'exclama Rose, il est vraiment insolent ! »
-Va chercher le courrier, Harry.
« Oh ! S'outra Al, mécontent, et en plus il écoute son bébé baleine. »
Lily rigola en entendant le surnom mais était tout de même inquiète pour son Papa.
-Dudley n'a qu'à y aller, dit Harry.
« Ouah, Papa est courageux dis donc, il va finir par se prendre un coup de canne, » rigola James.
-Donne-lui un coup de canne, Dudley.
« Je crois que tu es devin Jamesie, » sourit Scorpius.
« J'aurais préféré qu'il ne le soit pas, » protesta Rose en regardant James avec colère, comme s'il était responsable de ce qui était écrit dans le livre.
Harry évita la canne
« Esquive ! » Commenta James, en évitant le pied grognon que Hugo s'apprêtait à lui envoyer.
et alla chercher le courrier. Il y avait trois lettres: une carte postale de Marge, la sœur de l'oncle Vernon, qui était en vacances à l'île de Wight, une enveloppe de papier kraft qui devait être une facture et... une lettre pour Harry !
« Qui c'est qui peut lui écrire ? » Demanda Lily, avec excitation.
« Lily ! S'exaspéra Hugo, on va le savoir, si tu veux bien me laisser lire. »
Harry la contempla bouche bée. Son cœur faisait de grands bonds dans sa poitrine, comme une balle en caoutchouc.
« Ça va, c'est pas exceptionnel, c'est qu'une lettre, » maugréa James.
De toute sa vie, personne, jamais, ne lui avait écrit.
« Apparemment c'est exceptionnel, » dit Rose en regardant son cousin avec supériorité.
« C'est triste quand même, » dit Al.
D'ailleurs, qui aurait pu le faire ? Il n'avait pas d'amis, pas de parents autres que son oncle et sa tante, il n'était même pas inscrit à la bibliothèque, ce qui lui évitait de recevoir des mots désagréables exigeant le retour de livres empruntés.
« Oh la la… Pauvre Mr Potter, dit Scorpius avec tristesse. Si tout le monde avait semblait surpris, Teddy quant à lui était au courant de la solitude enfance qu'avait connu Harry.
« C'est James qui a l'habitude de ne pas rendre les livres, et de recevoir des mots, » ricana Al.
« Ah bon ? Il lit ? » Se moqua Rose.
James lui tira la langue et dit avec colère « Évidemment que je lis ! »
« Et en plus tu perds les livres que tu ne lis pas, » ajouta Rose, comme si elle ne l'avait pas entendu.
« C'est normal, l'histoire des meilleures figures de Quidditch doit être étudié avec précision, et je ne veux pas que d'autres apprennent les figures alors je le garde, » expliqua-t-il, comme si c'était la chose la plus évidente.
« Égoïste, » commenta Rose, qui voulait avoir le dernier mot.
James se leva pour protester mais Teddy l'arrêta de la main et Hugo s'exclama :
« Bon ! Vous ne voulez vraiment pas savoir qui lui a écrit ? »
Et pourtant, il avait entre les mains une lettre dont l'adresse ne pouvait prêter à confusion:
Mr H. Potter
Dans le placard sous l'escalier
4, Privet Drive
Little Whinging
Surrey
« Ils savent même où il dort ! C'est forcément une lettre des sorciers ! » Dit Rose avec enthousiasme.
L'enveloppe, lourde et épaisse, était faite d'un parchemin jauni et l'adresse était écrite à l'encre vert émeraude. Il n'y avait pas de timbre.
« Timbre ? » Répéta Scorpius en regardant Rose.
« C'est une sorte d'autocollant que les moldus mettent sur les lettres pour les faire arriver à destination, » dit elle rapidement.
En retournant l'enveloppe, les mains tremblantes, Harry vit un sceau de cire frappé d'un écusson qui représentait un aigle, un lion, un blaireau et un serpent entourant la lettre « P ».
« POUDLARD ! » S'exclamèrent-ils en cœur et avec fierté.
« C'est Dumbledore qui lui écrit alors ! Ajouta Al, il va le faire sortir de cette maison de fou ! »
-Dépêche-toi, mon garçon, cria l'oncle Vernon dans la cuisine. Qu'est-ce que tu fais ? Tu regardes s'il n'y a pas de lettre piégée ?
« George m'en avait déjà envoyé une, » rigola James, en se souvenant de l'invention des lettres explosives et de toute la gamme du même genre qu'avait créé son oncle. Il était toujours le premier a aller tester les nouveaux objets du magasin.
Sa plaisanterie le fit éclater de rire.
Harry reprit le chemin de la cuisine sans quitter l'enveloppe des yeux. Il donna à l'oncle Vernon la carte postale et la facture puis il s'assit et entreprit de décacheter l'enveloppe jaune.
L'oncle Vernon poussa un grognement dégouté en ouvrant l'enveloppe de la facture et lui ce qui était écrit au dos de la carte postale.
-Marge est malade, dit-il à la tante Pétunia. Elle a mangé un drôle de coquillage.
« Berk, » grommela Rose, qui détestait tous les fruits de mer.
« Bien fait pour elle, » chuchota Teddy pour lui même. Il n'aimait pas du tout cette Marge dont Harry avait quelques fois parlé.
-Papa ! S'écria soudain Dudley. Papa, regarde ! Harry a reçu quelque chose !
Harry était sur le point de déplier sa lettre, écrite sur un parchemin semblable à celui de l'enveloppe, lorsque l'oncle Vernon la lui arracha des mains.
« Hé ! Protesta Lily, ça ne se fait pas ! »
-C'est à moi ! Protesta Harry en essayant de la reprendre.
« Il a raison ! Approuva Al. Non mais pour qui il se prend ! »
-Qui donc t'écrirait ? dit l'oncle Vernon d'un ton plein de mépris.
Ils eurent tous une expression surprise devant la méchanceté de l'oncle Vernon.
D'une main, il secoua la lettre pour la déplier, puis il y jeta un coup d'œil. Son teint passa alors du rouge au vert plus vite qu'un feu de signalisation.
Rose éclata de rire en entendant la métaphore. « Ça devait vraiment être marrant à voir ! » Mais les autres ne se joignirent pas à ses rires, bien trop énervé contre l'oncle d'Harry.
Et il n'en resta pas là. En quelques secondes, il était devenu d'un gris pâle de vieux porridge.
« Ah, ce n'est pas sa tête habituelle ? » Grommela James, l'œil mauvais.
-P ... P...Pétunia ! Balbutia l'oncle Vernon.
« En plus, il ne sait même pas s'exprimer convenablement, » commenta Scorpius. Il imaginait comment son père le réprimanderait s'il se mettait à bégayer comme ça et rigola encore davantage.
Dudley essaya de s'emparer de la lettre, mais l'oncle Vernon la tenait hors de portée. Il la donna à la tante Pétunia qui en lut la première ligne d'un air intrigué. Pendant un instant, elle sembla sur le point de s'évanouir et porta la main à sa gorge d'où s'échappa un borborygme étouffé́.
James éclata de rire. « On dirait qu'elle vient de découvrir la magie ! »
« Non, elle était déjà au courant de la magie, » dit Teddy.
-Vernon ! Oh, mon Dieu, Vernon !
Ils se regardèrent comme s'ils avaient oublié que Harry et Dudley étaient avec eux dans la cuisine. Dudley n'avait pas l'habitude qu'on lui manifeste une telle indifférence et il donna un coup sec de sa canne sur la tête de son père.
« Mais quel mal poli égocentrique ! » S'indigna Rose.
-Je veux lire cette lettre, dit-il d'une voix forte.
« Mais c'est même pas la sienne ! » S'étonna Scorpius.
-C'est moi qui veux la lire ! Intervint Harry. Elle est à moi !
« Vas y ! Fais toi entendre un peu ! » L'encouragea James.
-Sortez d'ici, tous les deux, dit l'oncle Vernon d'une voix grinçante en remettant la lettre dans l'enveloppe.
« Non ! Papa a le droit de la lire ! » Se scandalisa Lily.
Harry ne bougea pas.
« Bien joué Papa ! Clama James, moi non plus je n'aurais pas écouté. »
« Tiens, comme c'est étonnant, » ironisa Rose.
-JE VEUX MA LETTRE ! Hurla-t-il.
Ils se bouchèrent presque les oreilles tellement Hugo avait crié.
« Hé tu n'es pas obligé de hurler, parce que c'est ce que Harry fait ! » Commenta Teddy.
« Mais c'est pour vous mettre dans l'ambiance ! » S'expliqua Hugo avec un sourire malicieux.
-Laissez-moi voir, exigea Dudley.
-DEHORS ! Rugit l'oncle Vernon.
« Ah non ! D'abord il récupère sa lettre ! » Râla Al.
Il prit Harry et Dudley par la peau du cou
Lily eut un regard d'effroi.
et les poussa dans le couloir en claquant la porte de la cuisine sur eux. Harry et Dudley engagèrent aussitôt un combat féroce mais silencieux pour savoir qui écouterait au trou de la serrure ce qui allait se dire dans la cuisine.
« Allez Harry ! » Acclama Al.
« S'ils avaient des oreilles à rallonges de serait plus simple, » commenta James.
Ce fut Dudley qui l'emporta.
« Oh non ! » Se désolèrent Al et son ami Scopius.
« C'est normal, avec son poids, il l'a écrasé ! » Expliqua Hugo.
Harry, les lunettes en bataille, s'allongea alors à plat ventre pour écouter par l'interstice entre le bas de la porte et le sol.
« Il a souvent les lunettes en bataille de toute façon, » remarqua Lily.
Teddy sourit et hocha la tête d'approbation.
-Vernon, dit la tante Pétunia d'une voix tremblante, regarde l'adresse. Comment ont-ils pu savoir où il couche ? Tu crois qu'ils surveillent la maison ?
« Comme s'ils en avaient besoin ! C'est des sorciers ! »
-Ils nous surveillent, ils nous espionnent, peut-être même qu'ils nous suivent, marmonna furieusement l'oncle Vernon.
« Il est vraiment paranoïaque, grommela Rose, il pense vraiment que leur vie est super intéressante et vaut la peine d'être espionnée ? »
-Qu'allons nous faire, Vernon ? Est-ce qu'il faut leur répondre ? Leur dire que nous ne voulons pas...
« Tu crois que c'est la lettre d'acceptation à Poudlard ? » demanda Lily ?
« Je pense, acquiesça Teddy, mais si c'est le cas, ils auront du mal à répondre qu'ils ne veulent pas, » ironisa-t-il. Cela les fit tous sourire, après tout comment pouvait-on refuser d'aller à Poudlard ? C'était impossible de ne pas vouloir y aller !
Harry apercevait les chaussures noires bien cirées de l'oncle Vernon qui faisait les cent pas dans la cuisine.
-Non, dit-il enfin. On ne va pas y faire attention. S'ils ne reçoivent pas de réponse... Oui, c'est ce qu'il y a de mieux... Nous n'allons rien faire du tout...
« Je me répète, mais ils sont vraiment très malpolis ! » S'emporta Rose.
-Mais...
-Je ne veux pas de ça dans la maison, Pétunia ! Souviens-toi, quand nous l'avons pris avec nous, nous nous sommes juré de refuser toutes ces idioties. C'est beaucoup trop dangereux.
« Dangereux ? S'exclama Scorpius, c'est eux qui ont l'air dangereux, oui ! »
« En plus, c'est pas des idioties, » approuva Lily.
Le soir, en revenant du travail, l'oncle Vernon fit quelque chose qu'il n'avait encore jamais fait : il alla voir Harry dans son placard.
« Ils sont vraiment allé à deux dans le placard ? Rigola James, impossible avec la corpulence de l'oncle Vernon ! »
-Où est ma lettre ? demanda Harry au moment même où l'oncle Vernon se faufilait dans le placard. Qui est-ce qui m'a écrit ?
« Pff, il ne va jamais le lui dire, je parie, » ronchonna Rose.
« Il va lui mentir, c'est sûr ! » Renchérit James. Pour une fois, les deux étaient d'accord.
-Personne. La lettre t'a été́ adressée par erreur, répondit l'oncle Vernon. Je l'ai brulée.
« Qu'est ce que je disais ! Un menteur ! »
« Tu es décidemment devin, sourit Teddy, mais c'était un peu à prévoir. »
-Ce n'était pas une erreur, protesta Harry avec colère. Il y avait l'adresse de mon placard sur l'enveloppe.
« Hé il est malin comme un serpentard, tu vois ! » Dit Scorpius, fièrement.
« Pff, pas besoin d'être à serpentard pour savoir lire ce qui a écrit sur une enveloppe, » se moqua Al.
-SILENCE ! Cria l'oncle Vernon.
« Et ça compte aussi pour vous, si vous voulez que je continue à lire, » ajouta Hugo.
Deux araignées tombèrent du plafond.
Rose frissonna d'horreur. Elle avait hérité de la légendaire arachnophobie de son Papa.
Il respira profondément à plusieurs reprises puis il se força à sourire, d'un sourire qui avait l'air singulièrement douloureux.
« Le pauvre, » gémit Lily, alors que Teddy la serrait dans ses bras.
-Justement, Harry... au sujet de ce placard. Ta tante et moi, nous avons réfléchi... Tu commences à devenir un peu trop grand pour rester ici...
« Non ? Sans blague ? Ironisa James, il n'aurait même jamais avoir du vivre dans un placard ! »
Nous avons pensé qu'il serait peut-être préférable que tu déménages dans la deuxième chambre de Dudley.
« Parce qu'en plus il a deux chambres l'autre ? » Rose fit des yeux ronds.
-Pourquoi ? demanda Harry.
-Ne pose pas de questions ! Répliqua sèchement son oncle. Prends tes affaires et monte là- haut.
« Il est méchant ! » S'énerva Lily.
« Bon, au moins, maintenant grâce à la lettre, il aura une chambre, » dit Al.
Il y avait quatre chambres dans la maison des Dursley : une pour l'oncle Vernon et la tante Pétunia, une chambre d'amis (qui servait généralement à Marge, la sœur de Vernon), une où Dudley dormait et une autre où Dudley mettait ses jouets et tout ce qui n'entrait pas dans la première.
« Bravo, commenta James, ça c'est vraiment un pourri-gâte profond ! » Les autres éclatèrent de rire, il n'y avait pas de meilleur mot pour décrire le cousin d'Harry Potter.
Un seul voyage suffit à Harry pour transporter toutes ses affaires dans la chambre.
« Il a tellement peu de chose ? » S'étonna Scorpius.
« En même temps il vivait dans un placard, alors tu t'attendais à quoi ? » Rétorqua Al, tout en étant triste pour son Papa.
Il s'assit sur le lit et regarda autour de lui. Presque tous les objets qu'il voyait étaient cassés.
« Quelle brute ! » Commenta Teddy.
« Mais non voyons, il l'y peut rien ! C'est juste que la baleine les a tous écrasé avec son poids ! » Ricana James. Rose lui donna un coup sur la tête pour qu'il arrête ses bêtises et Hugo reprit sa lecture.
Le caméscope était posé sur un char d'assaut à pédales avec lequel Dudley avait écrasé́ le chien du voisin ;
Une image de chien aplati au sol germa dans l'esprit de Lily et elle poussa un petit cri strident, faisant sursauter tout le monde.
« Oh, Lily ! » S'exclamèrent Hugo et Al a la fois.
« Tu as vraiment une voix aigue, » renchérit Teddy, qui se frottait les oreilles.
dans un coin, il y avait la première télévision de Dudley qu'il avait éventrée d'un coup de pied un jour où son émission préférée avait été́ annulée ;
« Susceptible et mauvais joueur, qui plus est ! » Railla Rose.
« Dis donc ! Tu de te déchaines Rose, c'est étonnant de ta part ! S'étonna James, mais rassure moi, tu ne vas pas nous faire la liste de tous ses défauts, hein ? Parce que ça va être long et on arrivera jamais à finir le livre… »
« James, le coupa Hugo, déjà chut, parce que sinon c'est ce chapitre qu'on arrivera même pas à finir ! »
il y avait aussi une grande cage dans laquelle avait vécu autrefois un perroquet que Dudley avait échangé́ contre une carabine à air comprimé.
« Moi j'aimerais bien avoir un perroquet plutôt qu'un chouette, » dit Lily avec envie.
Les garçons pouffèrent tous ensemble à l'idée d'un perroquet transportant des lettres, pour eux c'était ridicule.
« Qu'est ce que c'est qu'une carabine ? » Demanda Scorpius, interrompant leur rire.
« C'est une arme à feu, expliqua Rose avec un air tragique, c'est très dangereux, tu peux tuer quelqu'un avec ou le blesser gravement. »
La carabine, posée sur une étagère, était complètement tordue depuis le jour où Dudley s'était assis dessus.
James ricana, mais se retint de justesse d'encore critiquer le poids de Dudley.
Les autres étagères étaient remplies de livres. C'étaient les seules choses auxquelles il semblait n'avoir jamais touché.
« Il ne sait pas lire vous croyez ? » Demanda Scorpius.
« Ou alors il n'aime vraiment pas ça ! » Ajouta Al, tout en regardant James du coin de l'œil. Ce dernier s'en rendit compte et lui donna un coup dans les côtes.
Du rez-de-chaussée montaient les hurlements de Dudley qui s'adressait à sa mère :
-Je ne veux pas de lui là-dedans, criait-il. J'ai besoin de cette chambre... Fais-le sortir...
« Je vais l'étrangler, je vais l'étrangler ! » S'énerva James. En même temps, Rose grommela le mot égoïste à trois reprises.
« Moi je ne veux pas qu'il retourne dans le placard, » se plaignit Lily.
Harry soupira et s'étendit sur le lit. La veille, il aurait donné n'importe quoi pour avoir cette chambre. Aujourd'hui, il aurait mieux aimé rester dans son placard avec sa lettre, plutôt que d'être ici sans avoir le droit de la lire.
« C'est pas faux, râla James, surtout si c'est une lettre de Poudlard. »
« Et c'est toi qui dit ça ? Se moqua Al, je te rappelle que toi, il ne vaut mieux pas que tu reçoives des lettres de Poudlard, parce qu'on sait tous ce que ça signifie… »
« Hé ! Protesta James, je ne reçois pas que des avertissements ! Je recevrai bientôt l'insigne de capitaine de l'équipe de Quidditch, » ajouta-t-il avec assurance.
« Enfin, pour l'instant, tu n'en sais rien ! » Sourit Al, qui rêvait lui aussi d'avoir un jour l'insigne. Scorpius qui souhaiter intégrer l'équipe de serpentard l'année prochaine, approuva également.
Pendant le petit déjeuner du lendemain, tout le monde était silencieux. Dudley était en état de choc. Il s'était égosillé́, avait frappé son père avec sa canne, s'était fait vomir exprès, avait donné des coups de pied à sa mère et jeté́ sa tortue à travers le toit de la serre, sans parvenir à récupérer sa chambre.
Ils éclatèrent tous de rire, excepté Lily qui avait fait la grimace à la mention de la tortue martyrisée.
« Bien fait pour lui ! » Grogna Hugo.
Harry repensait à ce qui s'était passé la veille à la même heure et il regrettait amèrement de n'avoir pas ouvert sa lettre pendant qu'il était encore dans le hall d'entrée.
« Oui, il aurait dû faire ça, ça lui aurait évité bien des ennuis, » approuva Teddy.
L'oncle Vernon et la tante Pétunia échangeaient de sombres regards.
« Ça n'annonce rien de bon, » marmonna Scorpius.
Lorsque le courrier arriva, l'oncle Vernon, qui s'était efforcé de se montrer aimable avec Harry, envoya Dudley le chercher.
« L'avantage, c'est qu'oncle Harry est un peu plus tranquille, » essaya de positiver Rose, sous les regards froids de ses amis et cousins.
Ils l'entendirent donner des coups de canne un peu partout sur son chemin, puis il se mit à hurler:
-Il y en a une autre ! Mr H. Potter, dans la plus petite chambre du 4, Privet Drive...
« Youpi ! S'exclama James, il va bien finir par pouvoir la lire ! »
Les autres étaient tout aussi ravis, et avaient hâte de voir ce qu'elle contenait.
L'oncle Vernon poussa un cri étranglé́ et se précipita dans le hall d'entrée, Harry sur ses talons. L'oncle Vernon dut se battre avec Dudley et le faire tomber par terre
« Pour une fois que c'est pas Papa qui est battu, » dit Lily, avec espoir.
pour essayer de lui arracher la lettre, ce qui était d'autant plus difficile que Harry avait attrapé l'oncle Vernon par-derrière en lui serrant le cou.
« Ah… Ça devient violent dis donc ! » S'étrangla presque Scorpius en imaginant le petit Mr Potter en train d'attraper le cou de son oncle, ça ne semblait pas vraiment possible.
Après quelques instants d'un furieux combat au cours duquel chacun prit de nombreux coups de canne,
« Aïe aïe, » commenta Al
l'oncle Vernon se releva, le souffle court, la main crispée sur la lettre destinée à Harry.
« Oh non ! Papa n'a pas réussit à l'avoir, » Grogna James.
-Va dans ton placard...
« Ah non ! » Commença à protester Rose, voilà qu'il recommence ! »
Je veux dire, dans ta chambre, dit-il à Harry d'une voix rauque. Et toi, Dudley, va-t'en, file !
« Hé, lui aussi il se fait virer, » rit James.
Inlassablement, Harry faisait les cent pas autour de sa chambre. Quelqu'un savait qu'il avait déménagé́ de son placard et semblait également savoir qu'il n'avait pas reçu la première lettre. Cela signifiait sûrement qu'il essaierait encore. Et cette fois, il s'arrangerait pour que la lettre lui parvienne. Il avait un plan.
« Ça c'est le digne fils d'un maraudeur ! » Annonça James fièrement. Alors que Teddy riait tout en pensant à son propre père.
Le lendemain matin, le vieux réveil rafistolé sonna à six heures.
« C'est trop tôt ! » Commenta James, à nouveau.
Harry arrêta aussitôt la sonnerie et s'habilla en silence pour ne pas réveiller les Dursley. Puis il descendit l'escalier sans faire le moindre bruit et sans allumer les lumières.
« Qu'est ce qu'il va faire ? » Demanda Al.
« Chut ! » Répondirent Rose et Scorpius en même temps.
Il allait attendre que le facteur arrive au coin de Privet Drive et lui demander de lui donner les lettres du numéro 4 en premier.
« Très bon plan ! » Approuva James.
Le cœur battant, il traversa le hall d'entrée en direction de la porte...
-AAAAAARRRGH !
Hugo avait aussi crié, suivit de toute la pièce qui avait été plus qu'effrayée.
Harry fit un bond. Il venait de marcher sur une grosse chose molle étalée devant la porte, une chose vivante !
« Berk ! C'est quoi ? » Demanda Lily.
« Un strangulot écrabouillé ? » Suggéra Al.
« Ou un veracrasse pourri ? » Renchérit James, sous l'œil amusé de leurs cousins.
Des lumières s'allumèrent au premier étage et il se rendit compte avec horreur que la grosse chose molle était en réalité́ la tête de son oncle.
Ils éclatèrent de rire. « Je ne m'attendais pas à ça, » avoua même Teddy.
L'oncle Vernon avait passé la nuit devant la porte, dans un sac de couchage, pour empêcher Harry de réussir ce qu'il avait tenté de faire.
« Quel vicieux ! Comment a-t-il pu prévoir ça ? » S'exclama Rose.
Après l'avoir traité de tous les noms pendant près d'une demi-heure,
« Sympa, » grimaça Lily.
l'oncle Vernon ordonna à Harry d'aller lui préparer une tasse de thé.
« Hé ! Mais ce n'est pas votre esclave ! » S'écria Scorpius.
Découragé́, Harry s'en alla dans la cuisine en trainant des pieds, et lorsqu'il revint, le courrier était déjà̀ entre les mains de son oncle. Il aperçut trois lettres à l'encre verte qui lui étaient adressées.
« Arrache lui des mains ! » L'encouragea James.
-Je veux mes... commença-t-il.
Mais l'oncle Vernon était déjà̀ en train de déchirer les lettres sous ses yeux.
« Non ! » S'exclama Al. Ils affichaient tous une expression d'horreur.
Ce jour-là, l'oncle Vernon n'alla pas travailler. Il resta maison et cloua une planche devant la boîte aux lettres.
« Il exagère ! » S'exclama Scorpius.
« Il est complètement fou ! » Ajouta Al.
-S'ils n'arrivent pas à nous les faire parvenir, ils finiront par laisser tomber, dit-il à la tante Pétunia, la bouche pleine de clous.
« Elle peut toujours rêver ! » Se moqua James.
-Je ne sais pas si ça servira à grand-chose, Vernon.
« J'approuve, avec le système sorcier, ça ne servira à rien… » Dit Teddy.
-Pétunia, ces gens-là sont très différents de nous, ils ne raisonnent pas comme toi et moi, répliqua-t-il
« Heureusement ! Soupira Rose, imagine un peu… Et je ne dis pas ça parce qu'ils sont moldus, » précisa-t-elle.
en essayant de planter un clou avec le morceau de cake que la tante Pétunia venait de lui apporter.
Ils pouffèrent tous en cœur en imaginant le pauvre cake s'écraser sur le clou et tomber inévitablement en miette.
Le vendredi, douze lettres pour Harry arrivèrent. Comme la boite aux lettres était inutilisable, elles avaient été́ glissées tout autour de la porte et l'une d'elles avait même été́ introduite à travers un vasistas dans les toilettes du rez-de-chaussée.
« N'est pas sorcier qui veut ! » Commenta Hugo.
« Tu t'interromps toi-même maintenant ? » Plaisanta Teddy.
« Ha ! Bien dit, Teddy ! » Rigola James.
Ce jour-là également, l'oncle Vernon resta à la maison. Après avoir brûlé toutes les lettres,
Lily et Al grincèrent des dents.
il reprit son marteau et ses clous
« Même pas son cake ? » Demanda James, avec un petit sourire malin, faisant rire toute la galerie.
et boucha à l'aide de planches tous les interstices autour des portes de devant et de derrière, si bien que personne ne pouvait plus entrer ni sortir.
« Quel psychopathe… » Se désola Scorpius.
Le samedi, la situation devint incontrôlable. Vingt-quatre lettres destinées à Harry furent introduites à l'intérieur de la maison : elles avaient été́ roulées et dissimulées à l'intérieur des deux douzaines d'œufs que le livreur, passablement déconcerté́, leur avait passées par la fenêtre du salon.
« Haha, explosa Lily, ils ont dû avoir une sacré surprise ! »
« Ils sont trop fous à Poudlard, j'adore ! » S'extasia James.
Pendant que l'oncle Vernon donnait des coups de téléphone furieux au bureau de poste et au crémier pour essayer de trouver un responsable auprès de qui protester,
« Comme s'ils s'y étaient pour quelque chose, ils n'ont pas dû trop comprendre, » rigola Teddy.
la tante Pétunia réduisit les lettres en bouillie dans son mixer.
« Elle va complètement le casser, » marmonna Rose.
« Tant pis pour elle ! S'exclama son frère en rigolant, il faut juste espérer qu'après elle le donnera à manger à son Dudlynouchet ! »
-Mais qui peut bien avoir envie de t'écrire à ce point ? demanda Dudley abasourdi.
« S'il savait à quel point une tonne de personne aurait voulu lui écrire ! Aujourd'hui il est complètement harcelé de courrier, » remarqua Al.
Le dimanche matin, l'oncle Vernon avait l'air fatigué et malade lorsqu'il s'assit à la table du petit déjeuner, mais il paraissait heureux malgré́ tout.
« Pouquoi ? » Chuchota Lily. Hugo ne tarda pas à lui donner la réponse.
-La poste ne fonctionne pas le dimanche, dit-il d'un ton joyeux en étalant consciencieusement de la marmelade sur son journal.
« C'est malin ça, » commenta Scorpius en riant.
Aujourd'hui, pas de lettres.
« Oh, tout s'explique… Mais chez les sorciers, il n'y a pas de jour où on ne reçoit pas de lettre, » rappela Al.
Au même moment, quelque chose tomba dans le conduit de la cheminée avec un sifflement sonore et il sentit un coup derrière la tête. Un paquet venait d'exploser dans le foyer de la cheminée en projetant une quarantaine de lettres qui volaient dans la cuisine comme des boulets de canon.
« Yeah ! » Cria James, tout content. Les autres étaient tout sourire également.
« Personne ne viendra à bout du courrier de Poudlard ! » S'exclama Al, d'un ton théâtral.
Les Dursley se baissèrent pour éviter les projectiles tandis que Harry essayait d'en attraper un au vol.
« Vas y ! Vas y Papa ! » L'encouragea Lily.
-Dehors ! DEHORS !
L'oncle Vernon saisit Harry par la taille et le projeta dans le hall d'entrée,
« Ah non ! » S'écrièrent Lily et Rose.
« Il n'arrivera jamais à lire sa lettre ! » S'énerva Scorpius.
puis, dès que Dudley et la tante Pétunia eurent pris la fuite en se protégeant le visage de leurs bras, il claqua la porte de la cuisine. Derrière le panneau, on entendait les lettres qui continuaient de voler en rebondissant contre les murs et le carrelage.
« Heureusement qu'ils étaient au courant pour la magie, sinon ils auraient déjà fait une crise cardiaque, » observa Hugo.
-Cette fois-ci, ça suffit, déclara l'oncle Vernon qui s'efforçait de parler d'une voix calme tout en arrachant des touffes de poils de sa moustache.
Hugo s'interrompit pour éclater de rire bruyamment tandis que les autres le regardaient avec surprise.
« Ça ne vous rappelle personne ? » S'exclama-t-il.
Un grand silence d'incompréhension lui répondit.
« Oncle Percy bien sûr ! À chaque fois qu'il est énervé ou stressé, il s'arrache les cheveux de la tête, » rigola Hugo.
« C'est vrai ! » Acquiesça Rose, en souriant.
Je veux tout le monde prêt à partir dans cinq minutes. On s'en va. Emportez simplement quelques vêtements, et pas de discussion !
« Quoi ? Mais ils vont où ? » Questionna Al.
Il paraissait tellement menaçant, avec sa moustache dégarnie, que personne n'osa plus faire un geste.
« Dorénavant, on sait comment devenir effrayant, annonça James, il suffit de se dégarnir la moustache ! »
Teddy éclata de rire, « commence déjà par en avoir une ! »
James se renfrogna, « oh ça va, de toute façon, à part Teddy, j'en aurais une avant vous tous ! »
« Haha, ça reste à voir, » le provoqua Al. James le fit tomber en arrière sur le lit et ils se bagarrèrent un peu jusqu'à ce que Teddy ne tire la sonnette d'alarme.
Dix minutes plus tard, après avoir arraché les planches qui condamnaient la porte, ils montèrent dans la voiture qui fonça vers l'autoroute. Dudley pleurnichait à l'arrière,
« Mauviette, » siffla James.
à cause du coup que son père lui avait donné sur la tête pour les avoir retardés en voulant à tout prix emporter sa télévision, son magnétoscope et son ordinateur dans son sac de sport.
« À moins de faire un sortilège d'extension indétectable, ça ne serait jamais entré, » expliqua Rose, en prenant un air savant.
Ils roulèrent, roulèrent, roulèrent. La tante Pétunia elle-même n'osait pas demander à son mari où il comptait les emmener.
« Je me demande aussi où ils vont, » commenta Lily.
« On se le demande tous, » ajouta Scorpius.
De temps à autre, l'oncle Vernon faisait demi-tour et repartait dans la direction opposée.
« Ils vont se perdre, » grommela Rose.
-On va les semer, on va les semer, marmonnait-il.
« Qui veut-il semer ? Les hiboux ? Rigola Al, mais c'est impossible de les semer, un hibou trouve toujours son chemin jusqu'au destinataire ! »
Teddy approuva.
Ils roulèrent ainsi toute la journée sans prendre le temps de s'arrêter pour boire ou manger quelque chose.
« Scorpius serait déjà mort de faim, » commenta Al, qui connaissait l'impatience de son ami.
Ce dernier protesta mais Hugo l'arrêta d'un geste et dit :
« Moi aussi j'ai faim, mais je veux d'abord réussir à finir ce chapitre avant qu'on passe à table ! »
A la tombée du jour, Dudley poussa de longs hurlements. Il avait faim,
Aucun d'eux ne pu s'empêcher d'éclater de rire.
il avait raté cinq émissions de télévision qu'il tenait absolument à voir
« Oh ! Mais quel malheur ! Ironisa James, je pense qu'il ne va pas survivre… Envoyez le à St-Mangouste, vite ! »
et il n'avait jamais passé autant de temps sans pulvériser un extraterrestre sur son ordinateur.
« Ne vous inquiétez pas, je vais contacter un médicomage de suite, » ajouta Scorpius, en entrant dans le jeu de James.
« Bonne idée ! » Dit Al en lui tapant dans les mains.
Les filles éclatèrent de rire devant leur numéro.
L'oncle Vernon arrêta enfin la voiture devant un hôtel sinistre,
« Ça ne donne pas envie déjà, » murmura Lily.
dans la banlieue d'une grande ville. Dudley et Harry partagèrent une chambre avec des lits jumeaux et des draps humides qui sentaient le moisi.
« Berk, » grimaça Rose. Hugo avait aussi affiché une mine dégoutée en prononçant la phrase.
« Pauvre Mr Potter… » Renchérit Scorpius.
Dudley passa la nuit à ronfler,
« Comme Teddy, plaisanta Lily. Je compatie avec Papa, c'est invivable.
Teddy l'attrapa par la taille et la renversa pour lui chatouiller le ventre.
« Tu me cherches toi ? » Grogna-t-il tout en pouffant.
tandis que Harry, assis sur le rebord de la fenêtre, regardait les phares des voitures qui passaient dans la rue. Il se posait des questions...
« Il doit se demander ce que c'est que ce harcèlement postal ! » Rigola Rose.
Au matin, on leur servit des corn flakes rassis
« De mieux en mieux, » s'étouffa presque Scorpius, qui était sur le point de régurgiter son petit déjeuner.
et des toasts froids recouverts de vieilles tomates en boîte.
« Miam miam, » commenta Al, en se frottant le ventre.
« Tu n'es quand même pas sérieux ? » Demanda Lily en faisant les gros yeux.
« Mais non, la tranquillisa-t-il, tu sais bien que je plaisante, au petit déjeuner, point de vieilles tomates en boîte pour moi… Je préfère largement le chou fleur moisi agrémenté d'une sauce mi chocolat mi jaune d'œuf périmé, voyons ! »
Teddy leva les yeux au ciel, Lily lui tapa la jambe pour le faire taire et James, Hugo et Scorpius se tapèrent dans les mains joyeusement tout en riant.
La patronne de l'hôtel s'approcha alors de leur table.
-'Mande pardon, est-ce qu'il y aurait un Mr Potter parmi vous ? Parce que j'en ai une centaine comme ça à la réception.
James éclata de rire.
« Je vous avez dit que les hiboux le retrouveraient, » dit Rose.
Elle tenait à la main une enveloppe sur laquelle on pouvait lire cette adresse écrite à l'encre verte:
Mr H. Potter
Chambre 17
Hôtel du Rail
Carbone les mines
Harry essaya de s'emparer de la lettre, mais l'oncle Vernon l'en empêcha d'un geste de la main. La patronne les regardait d'un air ahuri.
« Elle a dû être surprise de recevoir autant de courrier ! » S'exclama Scopius.
« C'est quand même dingue que Poudlard ait autorisé ça… Réfléchit Rose, le département du Ministère de la Magie qui régule toutes les apparitions magiques aux yeux des moldus a dû avoir beaucoup de travail après ça… Parce que là, c'est clair que ce n'est pas normal, même pour un moldu… »
« On a compris Rose, » la coupa Hugo, avant de reprendre.
-Je m'en occupe, dit l'oncle Vernon en se levant et en suivant l'hôtelière hors de la salle à manger.
-Et si nous rentrions à la maison ? Suggéra timidement la tante Pétunia, quelques heures plus tard.
« Bonne idée… Ça sera toujours mieux que les draps moisis et humides et la nourriture dégoutante, » dit Lily en faisant la moue.
Mais l'oncle Vernon ne semblait pas l'avoir entendue. Personne ne comprenait ce qu'il cherchait. Il les conduisit au milieu d'une forêt,
« Bouh ! S'écria James pour effrayer ça petite sœur. Les loups garous vont te dévorer ! »
« Pff, à moins que ce soit la forêt interdite, je n'ai absolument pas peur ! Dit elle d'une voix qu'elle voulait assurée. Et puis il y a Teddy pour me protéger des loups, » plaisanta-t-elle.
sortit de la voiture, inspecta les alentours, hocha la tête, puis remonta dans la voiture et ils repartirent. Il recommença ensuite le même manège au beau milieu d'un champ, entre un pont suspendu et un parking à étages.
« Il croit qu'il est suivit ou quoi ? » S'étonna James.
« Je pense, oui, » répondit Rose.
Vers la fin de l'après-midi, l'oncle Vernon s'arrêta dans un village du bord de mer, enferma tout le monde dans la voiture et s'en alla.
« Mais il est complètement fou ! » S'exclama Al.
-Papa est devenu fou ? demanda Dudley, effaré, à la tante Pétunia.
« Ha ! C'est à toi de penser comme Dudley, maintenant ! » Rigola James en jetant un coup d'œil à son frère.
La pluie commença à tomber. De grosses gouttes martelaient le toit de la voiture. Dudley pleurnichait bruyamment.
« Ne me dites pas qu'il a peur de la pluie quand même ? » Se mortifia Scorpius, avant d'éclater de rire.
-C'est lundi, dit-il à sa mère. Le jour de mon émission préférée, Je veux qu'on aille quelque part où il y aura une télévision.
« Je pense qu'il est vraiment accro à sa télé-je-ne-sais-pas-quoi, » grommela Scorpius, pour lui-même.
« Télévision, » corrigea Rose.
Lundi ! On pouvait faire confiance à Dudley, il ne se trompait jamais dans les dates, à cause des programmes de télévision. Harry se souvint tout à coup que le mardi suivant, c'est-à-dire le lendemain, serait le jour de son onzième anniversaire !
« Génial ! » S'exclama Lily.
« Je ne sais pas si ça sera génial pour lui par contre, » commenta James.
Oh, bien sûr, ses anniversaires n'avaient rien de bien réjouissant,
« On s'en doutait, avec cette famille, » grimaça Rose.
L'année précédente, les Dursley lui avaient offert un cintre
« NON ? Un cintre ? » S'éberlua Scorpius. Les autres avaient la même expression scandalisée peinte sur le visage.
et une paire de vieilles chaussettes qui avaient appartenu à l'oncle Vernon,
« Oh ! C'est encore pire ! » Dit Al, totalement estomaqué.
« Ils n'ont vraiment pas de cœur ! » Protesta Rose.
mais quand même : on n'avait pas onze ans tous les jours !
« Ça c'est sûr ! » Dirent Al et Scorpius en cœur, ils avaient passé leur onzième anniversaire, récemment.
L'oncle Vernon revint en portant sous le bras un paquet long et fin. Il souriait, mais refusa de répondre à la tante Pétunia lorsqu'elle lui demanda ce qu'il avait acheté́.
-J'ai trouvé l'endroit idéal, dit-il. Allez, venez ! Tout le monde dehors !
« Ça va encore être une grande surprise, je le sens ! » Dit Teddy.
Dehors, il faisait très froid. L'oncle Vernon montra du doigt un gros rocher qui émergeait à bonne distance de la côte. Au sommet du rocher, on distinguait une cabane misérable, à moitié en ruine.
« Ils ne vont quand même pas vivre là-dedans ? Si ? » Demanda Scorpius, sans trop y croire.
« Il semblerait que si… » Répondit Teddy.
Une chose était certaine: il ne pouvait pas y avoir de télévision là-dedans !
« C'est à croire que Dudley ne vit vraiment que pour ça… » Ricana James.
-On prévoit une tempête pour cette nuit, dit l'oncle Vernon d'un ton joyeux.
« Comment peut-il être joyeux d'une tempête ? Demanda Al, avec ahurissement. Il avait un peu peur des orages et ça avait souvent été sujet des moqueries de James. Mais là, exceptionnellement, ce dernier ne fit aucun commentaire, il était bien trop absorbé par le livre.
Et Monsieur a été́ assez aimable pour nous prêter son bateau !
« Et en plus, faire une balade en mer, par ce temps ! » Ajouta encore Al.
Un vieil homme édenté́ s'approcha d'eux d'un pas raide.
Avec un sourire à faire froid dans le dos, il montra d'un geste de la main une vieille barque qui se balançait à la surface de la mer d'un gris métallique.
« C'est lugubre, » marmonna Rose.
J'ai déjà̀ acheté́ des provisions, dit l'oncle Vernon. Il ne reste plus qu'à embarquer.
Il faisait un froid polaire à bord de la barque.
Lily grelota comme si elle se trouvait sur la barque elle aussi.
La pluie et les embruns s'insinuaient dans leur cou et un vent glacé leur fouettait le visage.
Chacun d'entre eux étaient maintenant en train de frissonner. Ils rentraient leur cou entre leurs épaules tout en écoutant le récit.
Il sembla s'écouler des heures avant qu'ils atteignent enfin le rocher. Glissant à chaque pas sur la pierre humide, l'oncle Vernon les conduisit à la masure.
L'endroit était épouvantable : il régnait une terrible odeur d'algues,
« Ils font exprès de n'aller que dans des endroits dégoutants ou quoi ? » S'exclama James.
le vent sifflait à travers les fissures des murs en planches et la cheminée humide ne comportait pas la moindre bûche. Il n'y avait que deux pièces.
« Du moment qu'il n'y a pas de placard, » plaisanta Al, pour détendre un peu l'atmosphère. Mais Rose lui jeta un regard noir et il se rembrunit.
Les provisions de l'oncle Vernon étaient plutôt maigres : un paquet de chips pour chacun et quatre bananes.
« Leur ventre va crier famine toute la nuit… Et quand je pense que c'est l'anniversaire d'Harry le lendemain… » Commenta tristement Teddy. Pourtant, il avait déjà très bien entendu cette partie du récit et il savait ce qui allait se passer dans cette vieille cabane.
Il essaya de faire un feu, mais les emballages de chips vides se consumèrent en ne parvenant à produire qu'un peu de fumée.
« Et en plus, ils vont avoir froid, » dit Scorpius.
-C'est maintenant qu'on aimerait bien avoir quelques-unes de ces lettres pour faire un bon feu ! dit joyeusement l'oncle Vernon.
« Il se met à l'humour, commenta James, mais là c'est vraiment pas gentil pour Papa. »
Lily approuva tristement en pensant à toutes ces lettres gâchées que son Papa n'avait pas pu lire.
Il était de très bonne humeur. De toute évidence, il était convaincu que personne ne parviendrait à braver la tempête pour leur apporter du courrier dans cet endroit.
« Naïf ! » S'exclama James, alors que Teddy souriait largement.
Harry songea qu'il avait raison, mais cette pensée ne le réjouissait guère.
« Pas étonnant, » grommela Rose, en songeant à quel point elle avait été heureuse de recevoir sa première lettre de Poudlard.
Lorsque la nuit tomba, la tempête annoncée se mit à souffler autour d'eux. L'écume des vagues qui se fracassaient contre le rocher inondait les murs de la cabane et un vent féroce faisait trembler les fenêtres crasseuses.
Un frisson parcourut l'assemblée, comme si la bourrasque s'était introduite dans la chambre.
La tante Pétunia dénicha quelques couvertures moisies dans l'autre pièce et fit un lit à Dudley sur le canapé́ rongé aux mites.
Rose trembla d'horreur et Lily poussa un petit cri. Même les garçons n'étaient pas très joyeux. Si James se moqua un peu des filles, il savait que pour rien au monde il n'aurait voulu dormir dans un tel endroit.
Elle s'installa avec l'oncle Vernon dans un lit défoncé́ de la pièce voisine et Harry dut s'efforcer de trouver un endroit où le sol n'était pas trop dur. Il s'enroula alors dans la dernière couverture qui restait, la moins épaisse, la plus déchirée.
« Pauvre Papa… Gémit Lily, il va avoir tellement froid.
La tempête devenait de plus en plus violente à mesure que la nuit avançait.
Et Al devait prendre sur lui pour ne pas se mettre à trembloter et risquer que les autres ne le remarquent.
Harry, couché par terre, ne parvenait pas à s'endormir. Il frissonnait en se tournant et se retournant pour essayer de trouver une position qui ne soit pas trop inconfortable.
« Impossible, confortable n'est pas à mot adéquate pour désigner ne serait-ce qu'une parcelle de cet endroit, » réfléchit Rose, avec un air accablé.
Son ventre vide criait famine.
« C'était à prévoir, clama James, une banane et des chips ? Ça représente un cinquième de repas pour moi ! »
Scorpius et Al ricanèrent, ils savaient à quel point il était gourmand et ils ne comptaient plus les fois où James leur avait raconté ses escapades dans les cuisines de Poudlard.
Les coups de tonnerre qui avaient commencé à retentir autour de minuit étouffaient les ronflements de Dudley qui donnait dans le canapé́.
À ce moment, Al n'était plus très sûr de ce qui était le pire entre l'orage ou les ronflements, les deux l'auraient empêché de dormir !
Son bras pendait par-dessus l'accoudoir et Harry apercevait le cadran phosphorescent de sa montre sur son poignet gras. Dans dix minutes exactement, Harry allait avoir onze ans.
James applaudit bruyamment avec impatience, « dix minutes, dix minutes ! »
Rose lui ébouriffa les cheveux tout en disant « tu es bête James, ton Papa ne va pas avoir onze ans dans dix minutes, c'et un livre, je te rappelle ! »
Il repoussa sa main et lui ébouriffa à son tour les cheveux en guise de protestation.
Il garda les yeux fixes sur le cadran en se demandant si les Dursley allaient se souvenir de son anniversaire.
« Ils ont intérêt ! » S'énerva Lily. Tous hochèrent la tête d'acquiescement.
Il se demandait également où se trouvait l'auteur des lettres en cet instant.
« Je parierai sur Poudlard, » dit James, très sûr de lui.
« Ce n'est pas comme si c'était très difficile à deviner, » se moqua Hugo, en faisant rire les autres.
Plus que cinq minutes.
James allait applaudir à nouveau mais jeta un coup d'œil à Rose et se retint en voyant qu'elle le fixait, la main prête à attaquer sa chevelure rebelle.
Harry entendit quelque chose grincer au-dehors.
Lily sursauta. Elle ne s'était jamais autant sentit dans le livre.
Il espérait que le toit n'allait pas s'effondrer.
Lily regarda Teddy avec horreur, « ça ne va pas arriver, hein ? »
« Non, » la rassura-t-il, en lui serrant les épaules.
Plus que quatre minutes.
James jeta un nouveau coup d'œil à Rose et éclata de rire en constatant qu'elle le surveillait toujours.
A leur retour, il y aurait peut-être tellement de lettres dans la maison de Priver Drive qu'il arriverait à en attraper une ? Trois minutes.
Cette fois, ce fut Rose qui ne put s'empêcher de pouffer en croisant le regard de James.
Etait-ce la mer qui cognait ainsi contre le rocher ? Plus que deux minutes.
« J'ai le droit d'applaudir maintenant ? » Demanda James, candidement.
« Non, » riposta Rose, en se retenant de rire.
Et ce craquement, qu'est-ce que c'était ? Le rocher menaçait-il de s'effondrer ?
Al avait une tonne d'image d'éclair qui défilait dans sa tête et Lily imaginait la cabane se faire engloutir dans la mer…
Plus qu'une minute et il aurait onze ans. Trente secondes... vingt... dix... neuf ... Et s'il réveillait Dudley, rien que pour l'énerver ?
« Excellente idée Papa ! » S'extasia James.
Trois ... deux... un...
James ne put s'empêcher d'applaudir, sous le regard amusé de Rose.
« Gamin, » chuchota-t-elle.
BOUM ! BOUM !
Hugo avait de nouveau crié et fait sursauter tout le monde.
La cabane se mit à trembler. Harry se redressa brusquement, le regard fixé sur la porte. Dehors, quelqu'un frappait contre le panneau.
« Qui c'est ? » Demanda Lily d'une voix forte.
Tout le monde regardait Hugo, attendant la suite. Mais rien ne venait…
« Alors ? » Demanda Scorpius.
« J'ai fini le chapitre, dit Hugo, tout content, Rose, c'est à toi ! » Il tendit le livre à sa sœur qui s'en empara avec excitation.
« Vite, vite ! La suite ! » S'exclama Al. Mais Teddy l'arrêta dans son élan de joie.
« Je vous rappelle qu'on va passer à table… On continuera après, » dit-il.
.
.
.
À suivre... !
.
