Bonjour à toutes et à tous.
Ola, j'ai failli être en retard hein. Veuillez m'excuser, je vous avoue avoir eu une semaine passablement... désagréable dira-t-on. Enfin passons. Sachez que je suis flattée et comblée par vos reviews, qui m'ont fait extrêmement plaisir. Je suis heureuse que cette série de drabbles vous plaise, je prends un grand plaisir à les écrire, d'autant plus que pour une fois, les mots viennent tous seuls. Ce fandom me rend productive, alors que j'avais beaucoup de mal à finir ce que je commençais autrefois. Donc merci, vraiment.
Alors... Ce n'était pas le couple prévu initialement. Pas du tout même. Mais l'inspiration m'est venue brutalement, et j'ai préféré écrire sur ces deux-là du coup. Dans mes couples favoris, il y a relativement peu de couples hétéros (vu le nombre de femmes présentes dans SS en même temps hein...), donc, je commence gentiment. J'espère que c'est pas trop dégoulinant de guimauve. J'avoue que je gère beaucoup moins bien quand ce ne sont pas des couples Yaoi. Faudrait que je cherche pourquoi.
Disclaimer : Les personnes présents et cités appartiennent à Masami Kurumada.
Couple : Aiolia/ Marine. Menton de Milo/ Camus, Dohko/Shion (en arrière-plan).
Je vous souhaite une bonne lecture, et vous remercie, une fois encore, pour tout. Du fond du coeur!
« Je devine, à travers un murmure,
Le contour subtil des voix anciennes,
Et dans les lueurs musiciennes,
Amour pâle, une aurore future. »
Verlaine, Ariettes oubliées.
Il marche. Lentement, d'un pas peu assuré. Il descend les marches qui le mèneront en ville, vêtu de son élégante chemise bleue, et de son pantalon aux nuances marron fait de soie. Il réfléchit, et se répète la scène, inlassablement. Il sait ce qu'il doit dire, il sait ce qu'il doit faire. Mais il a peur d'oublier. Peur de tout faire rater. Il avale sa salive, déglutit, ferme les yeux. Sa main se resserre sur le bouquet de roses qu'il tient à la main, et leur parfum lui rappelle tous les efforts que ses amis ont fait pour lui. Shion, tout d'abord, qui lui a gracieusement accordé cette soirée malgré tout le travail qui reste encore à abattre pour remettre le sanctuaire sur pied.
Aphrodite ensuite, qui a lui-même composé le bouquet qu'il va offrir à celle qu'il aime : les fleurs sont superbes, éclatantes, envoûtantes. Il lui a réservé les plus belles de son jardin lui a-t-il dit. Et en les voyant rougeoyer ainsi sous le soleil couchant, Aiolia n'en doute pas un seul instant.
Puis, il était allé voir Camus, qui lui a dispensé un cours très instructif sur le choix du vin, quelques soient les circonstances, et les plats qu'ils choisiraient au cours de la soirée. Parce que le Lion voulait faire les choses bien, parce qu'il voulait être à la hauteur. Et le magicien de l'eau et de la glace avait une culture extrêmement large, quel que soit le sujet.
Auprès de Shura, il avait cherché des notions d'extrême courtoisie, et de galanterie : l'Espagnol était un gentleman. Il suffisait de demander aux jeunes filles du sanctuaire pour le savoir. Il était d'une politesse et d'une droiture absolue, et c'est pour cela que le cinquième gardien était allé quérir des conseils. Pas qu'il soit mal éduqué, absolument pas non. Mais ce soir en particulier, il se devait de jouer un cran au-dessus de d'habitude. Son frère l'avait ensuite aidé à s'habiller, lui prêtant gracieusement cette superbe chemise, de la couleur préférée de Marine. Une petite attention, pas grand-chose. Mais une belle soirée se compose justement de petites attentions de ce genre.
« Allez mon vieux. Courage. Tu peux le faire. » se dit-il pour se donner du courage.
Milo... lui avait choisi son parfum pour ce dîner : une fragrance virile, mais pas agressive pour autant. Quelque chose de suave, de séduisant. Et venant de l'homme qui avait réussi à faire tourner la tête du Chevalier des Glaces, l'argument était de poids.
Dohko, c'est lui qui l'avait conseillé pour le choix du restaurant : il voulait quelque chose d'un peu élégant, mais pas trop classique non plus. Un endroit où l'on se sente à l'aise, tout en ayant un minimum d'intimité. La Balance l'avait aidé à éplucher différentes adresses, avant de dégoter la perle rare. Oui, il pouvait jurer que le lieu était parfait, ayant lui-même emmené Shion quelques jours plus tôt pour vérifier. Et le Lion avait toute confiance dans le jugement des deux hommes. Avec Shaka, il avait passé plusieurs jours à méditer, calmement, pour se préparer à ce grand soir : il était dans un tel état de nervosité qu'il finissait par taper sur le système de la belle, ce qui n'était pas vraiment le but. La Vierge lui avait donc proposé ces séances de relaxation pour l'aider à faire le vide et à se concentrer, l'amenant ainsi à se détendre. Et tandis qu'il descend les marches, il ressent clairement les effets bénéfiques de ces séances. Nul doute que sinon, il serait encore au fond de son lit, le ventre tordu d'angoisse. Ce qui, à 24 ans, n'avait selon lui rien de reluisant. Passons.
Deathmask... Ou plutôt Angelo comme il préfère qu'on l'appelle depuis la paix, lui avait donné quelques conseils en matière de séduction du Sud : l'Italien était très fier de ses origines, et même si Marine et lui étaient ensemble depuis un certain temps, quelques agréables gestes de séduction ne seraient jamais de trop. Il ne voulait pas de routine dans son couple, après tout, ils étaient tous deux des Chevaliers. Une vie trop calme, c'était condamner leur couple. Le Cancer lui avait donc prodigué quelques leçons pour se faire charmeur et séducteur comme il le voulait, quand il le souhaitait. Et cela avait eu pour effet notable de donner un peu plus de confiance au Lion dans son couple, et pour ce soir notamment. Avoir un physique de Dieu grec, sans mauvais jeu de mots, c'est une chose. Être en pleine possession de ses moyens face à la femme que l'on aime, c'en est une autre, Aiolia s'en était douloureusement rendu compte lui-même.
«On se bat contre des Juges, contre des Dieux, on gagne une guerre sainte, et on a encore la trouille malgré tout... C'est pas vrai ça. » se fustige-t-il en sentant son coeur battre la chamade.
Les Jumeaux Gémeaux lui avaient également apportée leur contribution. Kanon l'avait aidé à trouver des idées pour mettre les choses en place doucement au cours du repas, et lui avait fait des suggestions sur la manière de faire la proposition finale. Débattre ainsi lui avait permis de faire son choix, et de se rendre compte de ce qui était possible, et de ce qui ne l'était pas. D'autant plus que certaines idées de l'ex Général des Mers étaient gravement étranges, et il en vint plusieurs fois à se demander si Kanon ne lui faisait pas part de projets qu'il aurait lui-même avec le Juge de la Wyverne. Passons, encore une fois.
Saga l'avait accompagné pour choisir la bague : pas qu'il choisirait à sa place, loin de là, mais Aiolia lui avait tout simplement dit qu'il lui fallait les conseils d'un homme qui avait bon goût. Et si Saga avait eu bien des défauts, personne ne pourrait jamais nier que le Gémeaux était un homme qui possédait beaucoup de classe, des goûts fins et une prestance rare. Et lorsqu'il avait finalement trouvée la perle rare, Aiolia n'avait absolument pas regretté d'avoir demandé de l'aide à l'ex-Grand Pope : c'était une véritable merveille, fine et élégante, tout en restant discrète.
Aldébaran lui avait appris à cuisiner de nombreux plats, et lui en avait fait goûter beaucoup d'autres: cela lui permettait de compléter sa formation en œnologie auprès de Camus. Par ailleurs, il ne souhaitait pas que leur vie commune soit cantonnée dans ces stéréotypes dégradants tels que la femme aux fourneaux et l'homme devant sa télé. Il la respectait bien trop pour cela. De toute façon, Marine ne l'aurait jamais accepté. Ils étaient égaux : peut-être pas en puissance, mais en fierté et en honneur, cela ne faisait strictement aucun doute. Alors il souhaitait lui aussi pourvoir à leur quotidien, c'était aussi simple que cela.
Et enfin, Mû, par sa douceur, sa gentillesse et sa discrétion, avait permis à Aiolia de savoir quand il pourrait faire sa demande. Le Bélier avait lentement mais sûrement récoltées ses informations, avant de venir en discuter avec le Lion, ce qui lui avait permis de choisir la date à laquelle il souhaitait inviter la jeune femme au restaurant.
« Bonsoir Aiolia. »
Coup de poing dans son ventre de Chevalier d'Or. La jeune femme est là, au bas des marches. Elle le regarde. Elle est magnifique, à tomber. Il sourit, et lui fait un baisemain délicatement avant de l'emmener vers le restaurant. Ses doutes se sont envolés.
Il est là, devant elle. Un genou à terre, et au creux de sa main, dans son écrin de velours, la bague sertie de diamants brille sous les lumières du restaurant. Il a fait sa demande. Il lui a posé cette fameuse et terrifiante question. Veut-elle l'épouser? Lui qui est un homme imparfait, lui qui jusqu'à récemment ne savait que se battre, et pas suffisamment aimer? Sa voix a tremblé un peu, bien sûr. Mais il n'a pas hésité. Il observe la femme qu'il aime. Dans ses yeux, il y a de la surprise, et un bonheur sans nom. Et quelque chose d'autre, d'indéfinissable. Une émotion telle qu'elle ne saurait être contenue. C'est extraordinaire. Elle sourit. Elle est divine. Elle se jette à son cou, elle l'embrasse. Elle lui a dit « Oui, oui bien sûr que je le veux! ». C'est une évidence. La question, même si c'est idiot de dire cela, ne se pose pas.
Dans l'immense salle qui sert habituellement aux audiences, on célèbre les jeunes mariés. Ils se sont dit oui devant l'autel, i peine une heure. Une cérémonie à couper le souffle, orchestrée par trois divinités qui se sont alternées au cours de la cérémonie. Un nombre d'invités conséquent, par extension. Mais tout était parfait. Absolument parfait. Aiolia est comblé. Parce que Marine est belle. Parce que Marine est droite. Parce que Marine est fière. Parce que Marine l'aime. Alors ils n'ont eu aucune hésitation. Même lorsqu'ils se sont embrassés devant la foule de leurs amis, et que ces derniers ont hurlé en applaudissant. Et maintenant ils sont là, tout ensemble, assis autour des nombreuses tables à manger. Mais d'abord, c'est l'heure des discours. Aiolos et Shaina sont déjà passés, émouvant ou faisant rire l'assemblée présente devant eux. A présent, c'est au tour de Milo, qui se tient debout sur l'estrade, un peu mal à l'aise, mais extrêmement séduisant malgré tout. D'après Camus du moins.
Il se dandine un peu, regarde autour de lui l'immense assemblée, ferme les yeux, et finalement, il pose son regard bleu sur le couple qui lui fait face.
« Il y a beaucoup de choses que j'aimerais vous à dire à tous les deux. Sérieux. J'avais même préparé un beau discours sur l'Amour et ses merveilles. Un truc bien chiadé qui aurait ému tous les petits couples ici présents, et même les plus réfractaires au concept de sentiment. Mais aujourd'hui, devant vous et face à ce bonheur éclatant... je ne trouve pas les mots. Ça viendra peut-être, à l'occasion, mais pour le moment... Enfin, je veux juste revenir sur quelque chose qui a été dit pendant la cérémonie. Ce n'est pas pour vous blesser Athéna, absolument pas. Mais... Cette formule, là, ''pour le meilleur et pour le pire... '' C'est ridicule. Oui, absolument ridicule. Ça n'a aucun sens. Parce que le pire, nous l'avons déjà vécu. Toutes et tous. Ceux qui sont morts, ceux qui ont été blessés, ceux qui ont perdu quelqu'un... Rien ne sera jamais pire que cela. Les émotions qui ont été ressenties, la douleur que nous n'avons pas pu exprimer, les sentiments que nous avons dû contenir... Franchement, pouvez-vous imaginer quoi que ce soit qui puisse être pire? Parce que moi, non.
La main de Marine sert plus fort celle de son mari, et sa tête se penche doucement, pour se coller contre celle d'Aiolia. Elle se rappelle du vide qu'elle avait ressenti, lorsque les douze chevaliers d'Or s'étaient élancés contre le mur des Lamentations. Le soleil avait brillé fort, plus que jamais. Puis il s'était éteint, pour toujours croyait-elle. Elle sent le sourire d'Aiolia contre sa joue. Elle se tourne vers lui. Elle l'aime. Les souvenirs font mal, mais la réalité est belle.
Le regard de Milo a croisé celui de Camus. Ils s'accrochent doucement. Ils savent, tous les deux. Le Verseau lève discrètement son verre en fixant son amant. Ce discours, il est aussi pour eux.
Les autres invités murmurent doucement. Le Scorpion n'a pas tort. Les Divinités sourient, amusées.
C'est pour ça que je voudrais reformuler ce qui a été dit au cours de la cérémonie. Aiolia, Marine... Acceptez-vous de vous aimer, pour le meilleur, uniquement le meilleur, rien que cela et pour l'éternité? »
Les deux concernés hochent la tête en souriant, les larmes aux yeux, trop émus pour parler et s'embrassent de nouveau, sous les applaudissements de la salle. Ils rient, tandis que le Scorpion descend de l'estrade, rejoignant son compagnon qui lui étreint la main violemment. Marine se penche à l'oreille de l'homme qu'elle aime, et lui murmure quelques mots. Le Lion écarquille les yeux, la regarde, et fond brutalement en larmes. Sous les regards effarés de l'assistance, le cinquième gardien ne peut contenir sa joie, et s'écrie violemment que le meilleur existe déjà. Marine est enceinte. Après un moment de silence abasourdi, les hurlements de joie retentissent de nouveau dans l'assemblée. C'est un jour magnifique, vraiment.
C'est terminé, enfin. Marine reprend sa respiration, tandis que l'infirmière lui dépose précautionneusement son enfant entre les bras. Un petit garçon. Elle le regarde, émerveillée, ébahie, soulagée. Elle pleure, tout en collant cette petite vie contre son corps. Aiolia embrasse ses cheveux trempés de sueur, et caresse du bout des doigts ce bébé qui crie à plein poumons en revendiquant sa vie. Il ne peut pas y croire. Lui aussi a les larmes aux yeux. Il murmure qu'il les aime, tous les deux. Sa famille. Sa femme et son fils. C'est probablement impossible d'être aussi heureux que ce qu'il est actuellement. Ses poumons sont plein d'amour, et d'émotions trop fortes pour être exprimées.
Quelques minutes plus tard, il sort de la salle pour laisser Marine dormir. Il écarquille les yeux. Ses amis sont tous là. Ils lui sautent dessus. Et Aiolia rit, en pleurant. Ou pleure en riant. Il ne sait pas. Les deux en même temps, probablement. L'enfant va bien. La mère aussi. Et lui, il ne sait plus du tout comment gérer ce trop plein d'émotions. Il s'effondre entre les bras de son frère. Il est épuisé. Il aime, et il est aimé.
Il y a cet enfant. Cet enfant, béni des dieux. De trois dieux en particulier. Cet enfant qui sourit aux incarnations divines penchées au-dessus de lui. Cet enfant qui babille, qui ne comprend pas encore tout ce qui se passe. Shun pleure, en silence. Personne ne lui dit rien. Pas plus Hyôga qui lui serre la main, que son frère qui ne sait où se mettre. Tous savent pourquoi le chevalier d'Andromède laisse couler des larmes. Cet enfant ne connaîtra pas la guerre, ni les déchirures qui ont brisé leurs vies. Cet enfant sera libre. Il sera fort bien sûr. Mais il aura le choix. Devenir un chevalier, ou non pour commencer. Il vivra entouré de personnes qui n'auront plus besoin de se battre. Il aura des oncles, des tantes, des amis. Il est le premier né d'une nouvelle génération sans douleur. Or, c'est pour cela qu'ils ont tous lutté toutes ces années. C'était cela, leur objectif. Et ils y sont enfin parvenus.
Devant l'autel où leur enfant se fait baptiser, Marine et Aiolia se tiennent la main. Comme toujours. Plaisir et privilège simple. Ils sont heureux. Ils s'embrassent, discrètement. Se sourient comme des gamins pris en faute. Caressent du regard leur bébé qu'Athéna élève vers le ciel.
Et l'avenir est radieux.
