Hi !

Voici comme promis la suite, bien que je n'ai pas eu de retour sur le chapitre d'avant. Le chapitre de "Cauchemar" arrivera également bientôt, samedi au plus tard.

Alors à très vite.

Avertissement: un certain mot ou deux, et un peu de sang dans celui-ci.


Au bout d'une dizaine de minutes, Face klaxonna trois fois devant la porte du hangar qui s'ouvrit quelques secondes après. Il entra à l'intérieur et se gara à côté du van alors que le portail se referma derrière. Face vit Hannibal, un cigare en bouche, les bras croisés sur son torse, les mains gantés de ses gants noirs, l'épaule appuyée contre le mur le regardant. Une posture qui en disait long sur son humeur.

Murdock resserra l'épaule de Face dans le soutient avant de sortir de la Vette.

Face inspira longuement avant d'expirer doucement pour remettre ses idées en place prêt à recevoir les remontrances de son commandant mais surtout prêt à jouer son arnaque, à savoir cacher ce qu'il venait d'apprendre sur sa personne tant que rien n'était sûr.

Pas la peine d'inquiéter l'équipe.

Puis il sortit lentement de la voiture et grimaça légèrement quand il posa le pied à terre. Il vit Hannibal froncer les sourcils avant de l'évaluer de la tête au pied pour s'avancer ensuite rapidement vers lui.

Il prit donc un air innocent et se redressa du mieux qu'il put sentent un grand tiraillement avec une sensation de brulure au niveau du genou au geste. Mais ne s'y attarda pas puisqu'Hannibal était déjà à quelques centimètres de lui.

- Qu'est-ce qui t'es arrivé ?

- Ecoute Hannibal, je sais que tu crois qu'il y a une fille là-dessous, « ce qui est le cas, ce dit-il », mais je te jure que c'est seulement un simple retard, que je n'avais pas vu l'heure c'est tout, je suis désolé.

- Je parle de ton genou.

- Mon quoi ? Et en même temps Face baissa les yeux, pas sûr d'avoir bien entendu.

Et là, sur son pantalon beige, il vit ce dont Hannibal parlait. Déchiré au niveau du genou, une grosse tache de sang se faisait voir avec plusieurs ruissellements qui descendaient le long de la jambe. Et en y songeant, Face sentait effectivement le sang sur sa jambe imprégnant même sa chaussette. Courant sur l'adrénaline jusqu'à présent, ses pensées ailleurs, il avait tout occulté autour de lui, jusqu'à maintenant de toute évidence.

Il ne pouvait plus faire abstraction à la douleur lancinante ainsi qu'aux palpitations qui jouaient dans son genou au rythme de son battement cœur. Il fléchit un peu et Hannibal l'empoigna par le bras.

- Viens t'asseoir avant de tomber.

- C'est rien Hannibal. Vraiment.

- Ca saigne un peu trop à mon goût pour que ce ne soit rien.

Il installa Face sur une chaise qui prit le soin de ne pas plier la jambe dans le processus. Hannibal en tira une autre puis déposa délicatement la jambe de Face dessus. Sans un mot BA remit à Hannibal la trousse de premier soins et une paire de ciseaux. Et c'est toujours aussi délicatement qu'Hannibal se pencha pour couper en deux la manche du pantalon en partant de la cheville jusqu'à au-dessus du genou.

- Oh non, tu sais combien il m'a couté ce pantalon Hannibal ? Tu étais vraiment obligé de faire ça ?

Mais Hannibal ne lui répondit pas en voyant la blessure.

Face risqua un coup d'œil et grimaça de plus bel en voyant le sang couler librement d'une vilaine ouverture irrégulière où la peau pendait. Il détourna le regard en voyant ce qui lui semblait être sa rotule dessous lui donnant la nausée. Hannibal se redressa et enleva son cigare qu'il éteignit directement sur la table puis enleva ses gants tout en demandant.

- Ce n'est pas joli. Comment as-tu fait ?

Mais Face soupira alors qu'il mit sa tête en arrière contre le dossier bien conscient de la douleur à présent mais surtout désespéré que ce soit toujours à lui qu'arrive ce genre de chose. Il n'avait pas besoin d'attirer l'attention sur lui, surtout en ce moment.

Voyant que son ami n'allait pas donner de réponse, Murdock répondit à sa place.

- Il a voulu voir ce que ça faisait de sauter de cinq mètres et d'atterrir sur une pierre.

Hannibal secoua la tête d'exaspération. Il avait entendu l'alarme d'incendie dans le téléphone plus tôt ce qui voulait dire que Face avait fait une évacuation par la fenêtre pour essayer de rattraper son retard. Et voilà où ça l'avait mené.

- Je reviens.

Hannibal alla dans la pièce à côté qui leur servait de kitchenette et de dortoir en même temps pour se laver les mains correctement.

- Hey ben tu t'es bien arrangé mec. Lui dit alors BA.

- Oui je sais, merci. C'est grâce aux thérapies de groupe du lundi, lui répondit sournoisement Murdock.

- Je ne parlais pas de toi imbécile. Aucun traitement ne pourra t'arranger.

Ces chamailleries, si courantes, firent finalement sourire un peu Face et enleva une petite partie de son désespoir. Puis Hannibal, la chemise retroussée jusqu'au coude, revint.

- Il faut arrêter le saignement en premier. Si je peux, je préfère éviter l'hôpital. Decker est trop près de nous en ce moment. Dit-il alors qu'il récupéra une serviette éponge et commença à se mettre accroupit pour pouvoir faire pression sur la plaie quand tout d'un coup, Face réalisa ce qu'il allait faire.

Et ce n'est que grâce à l'adrénaline pure qu'il se releva rapidement de sa chaise la faisant tomber à la renverse dans le processus tout en reculant d'un pas sous la stupéfaction générale de ses amis.

- Non, ne touche pas.

Hannibal se releva incertain de cette agitation soudaine et complètement surpris par la peur écrit dans les yeux de Face.

- T'es idiot où quoi, tu vas saigner à mort. Grogna BA. On dirait un enfant. Depuis quand tu es devenu douillet. J'te rappelle que tu as vu pire. Tu devrais peut-être arrêté de trainer dans tes maisons de poupées de luxes.

BA fit un pas vers Face pour le rattraper et pouvoir le remettre sur la chaise. Il avait été d'abord énervé de s'être inquiété pour son retard imaginant le pire, mais sa colère s'était vite estompée en voyant son petit frère blessé. Mais ils n'avaient pas le temps pour ces enfantillages. Mais Face, avant que BA ne l'attrape, fit un autre pas tremblant et peu stable en arrière.

- Ne me touche pas, j'ai dit.

BA perdit ses moyens en voyant à présent lui aussi l'air terrifier de son petit frère et regarda Hannibal pour une certaine aide.

- Ecoute Face, ce n'est pas grave que tu sois en retard, ce n'est pas comme si ça arrivait régulièrement, c'est juste qu'on était inquiet. Allez, laisse-moi te rafistoler ? Cajola Hannibal en tendant une main.

Mais Face recula encore une fois se retrouvant ainsi dos au mur à présent tout en secouant la tête négativement.

Hannibal fronça les sourcils, quelque chose clochait et il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Ce n'était pas dans les habitudes de Face d'avoir peur et encore moins de le montrer. Car Face était le genre d'homme à se plaindre pour une coupure fait avec une feuille de papier et de faire passer une blessure par balle pour une piqure de moustique.

Mais sa peur sembla s'évaporer pour laisser à la place de la détermination.

- Donne-moi la serviette je vais le faire, dit alors Face

- Voyons Muchacho, tu n'as pas confiance en nous. Tu as besoin de points de suture. Tu ne peux pas faire ça tout seul.

Murdock s'avança vers son ami prêt à lui mettre un bras protecteur autour des épaules mais la réaction de Face surprit de nouveau tout le monde.

- Ne me touche pas j'ai dit, hurla-t-il tout en poussant avec ses deux mains le pilote qui perdit l'équilibre ayant pour conséquence un atterrissage dur sur BA, qui lui, resta stable. Murdock regarda Face en état de choc alors que BA grogna tout en l'enlevant de lui.

Hannibal bouillonnait à l'intérieur. Ce genre de comportement était inacceptable au sein de leur équipe.

- Stop Lieutenant ! Ca suffit les conneries. Viens t'asseoir tout de suite. C'est un ordre.

- Non, tu ne comprends pas Hannibal. Je ne peux pas.

- Tu ne peux pas quoi ? demanda d'un ton plus calme Hannibal mais toujours autant frustré en voyant la détresse de Face dans ses dernières paroles.

- Je ne peux pas me laisser toucher. Face s'appuya lourdement sur le mur commençant à vaciller par la douleur et probablement la perte de sang.

Hannibal jeta un coup d'œil à BA qu'il retourna pour dire qu'il était prêt à le récupérer s'il passait.

- Pourquoi ça Face ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Je . . . je ne peux pas te le dire.

- Quelqu'un t'as fait du mal ? Hannibal posa la question la plus insensé à ses oreilles mais là, il était à court d'idée. Il sentit les regards choqués de BA et Murdock mais n'y prêta pas attention.

- Non, bien sûr que non. Lui répondit Face tout aussi surpris par cette supposition.

- Alors quoi ? Demanda Hannibal dans la défaite.

Face se réajusta sur le mur qui le soutenait à présent alors que son genou commença doucement à se plier sous son poids.

Le regard de Murdock s'assombrit en voyant la plaie s'ouvrir un peu plus laissant plus de sang couler et lança un regard de détresse à Hannibal.

Puis Face ferma les yeux en essayant le plus dur possible de ne pas craquer. Il ne voulait pas le dire, pas maintenant, pas aussi tôt.

Puis il les rouvrit instantanément en sentant une paire de mains s'envelopper autour de son biceps.

- Non BA, lâche-moi. Se débat-il.

- Arrête imbécile, tu agis plus fous que cet écrou qui nous sert de pilote.

- Ne me touche pas.

Puis Hannibal lui empoigna l'autre bras pour le retenir et essayer de le remettre sur sa chaise avant de faire empirer plus les choses.

- Lâchez-moi bordel de merde.

- Du calme Muchacho.

- J'ai le SIDA, cria-t-il finalement.

Le monde s'arrêta de tourner pour un instant.

Hannibal et BA arrêtèrent d'avancer avec leur charge sans pour autant la lâcher. Murdock se figea la bouche ouverte dans l'étonnement. Face, voyant une ouverture, se dégagea de ses amis avec une dernière secousse et recula d'un pas, la respiration haletante.

Tous les yeux se tournèrent sur lui. Face n'y vit pas de peur, pas de pitié, pas de colère, juste de l'étonnement. Aucun ne semblait avoir bien entendu.

Face secoua la tête et se mit à sourire amèrement.

- Tadem ! Surprise ! Ce n'est pas la guerre, pas l'armé, pas un peloton d'exécution ou un de ces connards qu'on remet en place régulièrement qui aura la tête du grand et merveilleux Lieutenant Templeton Peck mais un putain de virus mortel. Baissez les armes, fermez vos bouches, aucun plan, aucune fusillade, et encore moins le Jazz ne pourra faire quelque chose cette fois-ci. Je suis déjà mort, les gars.

Et après ça, il s'effondra dans une chaise, la tête penchée en avant dans la défaite la plus totale sous les yeux toujours abasourdis des autres.