Tu es né bien loin d'ici
Bonjour, enfin bonsoir en ce qui me concerne. Je tiens à présenter mes excuses, j'avais dis que je posterais vite, mais c'était un vœu pieux en période d'examens ^^' (MAIS d'un certain coté… j'étudie pour être prof de français, et utiliser cette position stratégique pour convertir mes futurs élèves au manga, donc on peut dire qu'en étudiant pour mes examens, je participe à la domination otaku, non ? non. Bon.)
RàR
Madoka : Merci beaucoup ^^ j'espère que ce chapitre ne te décevra pas !
mokona-pyuh : merci ^^ J'étais morte de rire en lisant ta review XD surtout le début ^^ et pour répondre à la question, oui, le reste du texte est un flash back. Disons que le tout premier paragraphe est une anticipation de la fin.
Bon, j'ai encore examen jusqu'au 1 septembre, mais je vais quand même faire de tout mon possible pour poster le chapitre suivant (j'y arriverai, un jour dans ma vie de fanficeuse j'arriverai à poster un chapitre pas en retard !)
Et je m'excuse d'avance du traitement que va subir Fye (dans la fic en général et dans ce chapitre en particulier), mais en même temps c'est très dans le ton de la fic ^^'
Enjoy !
Fye aurait bien voulu éprouver un total détachement en se trainant pour aller en cours ce matin, mais il en était bien incapable. Il avait si peu dormi cette nuit qu'il ressemblait encore plus à une apparition qu'en temps normal. Et l'objet de cette insomnie, c'était bien entendu Kurogane.
Plus particulièrement, c'était le « à demain » de Kurogane.
Est-ce que ces mots avaient été prononcés par politesse ? Ou alors est-ce que le géant brun comptait véritablement le revoir ? Est-ce que cela impliquait qu'il appréciait la compagnie de Fye ? Non, impossible, n'importe quelle personne sensée s'éloignerait naturellement de quelqu'un d'aussi insignifiant, asocial et peu bavard. D'ailleurs, ils n'avaient échangé que quelques mots en plus du cours de chimie improvisé. Donc il y avait de grandes chances pour que ce matin, Kurogane ne lui adresse même pas la parole, oui, ça allait surement se passer comme ça. Mais s'il lui disait bonjour ? Est-ce qu'il faudrait lui répondre ? Est-ce que, là encore, ce n'était pas de la pure politesse ? Et puis, est-ce que lui-même, Fye, avait envie de se rapprocher de Kurogane ? N'était-ce pas dangereux de briser sa solitude qui, à défaut d'être heureuse, l'empêchait au moins de souffrir à cause des autres ? Et si Kurogane voulait juste profiter de lui ?
Toutes ces pensées l'avaient empêché de dormir, et tournaient encore dans sa tête lorsqu'il franchit le seuil du collège. Il aperçu Kurogane au milieu d'un groupe essentiellement composé de filles. Leurs regards se croisèrent un instant, mais Fye détourna rapidement la tête avant de rentrer dans un bâtiment.
Visiblement, Kurogane avait trouvé des gens pour s'entourer, c'était une bonne chose. Il n'allait certainement pas pourrir ses relations en s'imposant, il valait donc mieux le laisser tranquille. Cette perturbation de sa solitude n'avait pris qu'une après-midi, maintenant les choses allaient redevenir telles qu'elles étaient. Et c'était sûrement mieux ainsi.
Chpodong !
Le blondinet failli s'étaler sur le sol suite à l'impact violent sur le sommet de son crâne, mais il se rattrapa de justesse en s'appuyant contre le mur.
- Bordel, tu réponds jamais quand on t'appelle ? Tu t'appelles bien Fye, non ?
Interloqué, le dit Fye se retourna vers son agresseur.
- Euuuuuuh… oui ?
Kurogane !
- Bon, alors pourquoi tu répondais pas ?
- Je euh… commença Fye. J'étais… perdu dans mes pensées.
Puis il fixa Kurogane comme si c'était un OVNI.
- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda le brun.
- Ben, tu m'as appelé. Tu as quelque chose à me dire ?
- Rien, à part bonjour.
Le cerveau de Fye réfléchissait à toute vitesse, et paradoxalement, plus il réfléchissait, plus les rouages de ses pensées se grippaient. Qu'avait-il prévu, déjà, au cas où Kurogane lui dirait bonjour ? Vite, vite, il fallait qu'il trouve quelque chose à dire, n'importe quoi de pas trop débile.
- Euh bonjour aussi.
Superbe, pensa Fye, et d'une originalité incroyable. Cependant, Kurogane n'était pas parti immédiatement, il l'attendait toujours. Une timide lueur d'espoir, contenue, commençait à germer dans l'esprit de Fye. Son premier ami se tenait peut-être là, devant lui, et il ne savait pas quoi faire.
Quand les mots sont morts depuis trop longtemps, les réveiller est bien difficile.
Kurogane le fixa quelques instants, puis soupira.
- Bon, si mes souvenirs sont bons, on a cours de ce coté, non ?
Fye acquiesça, et suivit le géant jusqu'à la salle de classe.
- … question ? Fye, peut-être ?
En entendant son nom, le jeune homme sursauta avant de prendre une teinte rouge vif. Il paniqua ! Il était habituellement attentif aux cours, mais là, il avait complètement perdu le fil du discourt du professeur.
- Euh… Je ne sais pas, monsieur, marmonna Fye.
- Voyons, monsieur Flowright ! C'est Lazare ! Lazare, le seul homme de toute la Bible, avec Jésus à être revenu d'entre les morts. Aaaaalala, bande de païens… (1)
Plusieurs étudiants pouffèrent légèrement, et le cours repris. Fye était encore rouge de confusion, non pas de ne pas avoir su répondre à la question, mais bien d'avoir été pris en flagrant délit de rêverie. Juste avant que le professeur l'interroge, il était en pleine observation de la main gauche de Kurogane, assis juste à côté de lui. Il ne s'expliquait pas comment, mais son esprit avait soudain « buggé ».
Il tenta vainement de se rappeler le fil de ses pensées, mais un peu comme un rêve que l'on essaie de retenir, elles lui échappaient. Il finit par reporter son attention sur le cours.
Soudain, un léger choc au niveau de son coude le fit se tourner vers Kurogane. Celui-ci fit glisser une feuille sur le banc. Fye l'attira à lui, et lu le message.
« Ca va ? »
Clair, concis, tout à fait le style de Kurogane, de ce qu'il en connaissait. Il griffonna rapidement une réponse.
« Oui, oui, pas de soucis. Je m'endormais un peu. »
« Ok. C'est la pause-diner, juste après. Tu manges où ? »
Fye failli tomber de sa chaise en lisant cela. Kurogane comptait manger avec lui ?
Il prit quelques instants pour réfléchir. Il fallait qu'il trouve une réponse appropriée, qui dirait en même temps qu'il acceptait, mais qu'il n'était pas très populaire et donc qu'il préfèrerait ne pas se mêler aux autres. Il décida de faire simple.
« D'habitude je mange seul. Derrière les bâtiments.»
Il vit Kurogane froncer les sourcils.
« Ah. Donc ça te dérange que je vienne ? »
Fye soupira intérieurement. Il n'était définitivement pas douer pour communiquer.
« Non, pas du tout »
Kurogane hocha la tête, puis il fit un geste qui signifiait sans équivoque que leur professeur commençait à se douter qu'ils n'étaient pas pleinement concentrés sur le cours. Fye sourit, et reprit son sérieux.
Il y avait quelque chose d'extrêmement bizarre pour Fye à partager son temps de déjeuner avec quelqu'un. D'habitude, c'était un moment durant lequel il ne pensait pas, ou il lisait, de manière à ne plus vraiment être dans cette école qui représentait son enfer personnel.
Cependant, la présence de Kurogane le ramenait systématiquement à la réalité, et pour la première fois depuis longtemps, il avait une conversation. Lacunaire, certes, vu que son interlocuteur était peu bavard, mais une conversation quand même.
- Pourquoi est-ce que tu restes avec moi ? s'enquit le blondinet.
- Ca te dérange ?
- Euh, non, ce n'est pas la question. Juste que euh…
Fye du prendre son courage à deux mains avant de continuer.
- Je… ne suis pas particulièrement populaire. Et comme tu es nouveau, ce n'est peut-être bonne une bonne idée de passer ton temps avec moi. Je veux dire, je n'ai pas beaucoup d'intérêt, ni de conversation, et ça ne serait pas bien que toi tu aies mauvaise réputation et…
Il s'embrouillait complètement dans ses explications, et fini par se taire en rougissant. Kurogane le regarda fixement.
- Et alors ? Je m'en fous.
- Mais… tu vas être mis en quarantaine, plus personne ne voudra te parler.
- J'ai dit que je m'en fous. De toute façon dans quelques jours ce sera le cas quoi que je fasse.
Fye ne saisissait pas ce que Kurogane voulait dire. Il était grand, beau, charismatique, et avait tout à fait le physique qui plaisait aux filles et faisait jalouser les garçons, il n'y avait aucune raison pour qu'il soit mis au ban de la société comme il l'avait lui-même été.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Rien, laisse tomber. Tu l'apprendras assez tôt de toute façon, grogna Kurogane.
Le jeune homme ne savait pas trop quoi faire. D'un côté, il bouillait de curiosité et de l'autre… il ne voulait pas vexer Kurogane. Il préfèrera laisser tomber.
Il y eut un très long silence, qui ne semblait apparemment pas gêner Kurogane, mais Fye se creusait désespérément la tête pour trouver quelque chose à dire. Finalement, ce fut Kurogane qui rompit le silence en soupirant.
- Ne stresse pas comme ça ! Si tu ne voulais pas que je mange avec toi, fallait le dire !
- Mais non, c'est pas ! s'empressa Fye. C'est juste que je n'ai pas l'habitude de euh manger avec quelqu'un.
- Ouais, j'ai vu ça.
Fye baissa la tête, penaud. Il savait bien qu'il n'aurait pas du accepter, et qu'il valait mieux qu'il reste seul. Kurogane devait s'ennuyer avec lui, et c'était surement la dernière fois qu'ils mangeaient ensemble.
- Je ne suis pas quelqu'un d'intéressant, tu sais, murmura-t-il à Kurogane. Sinon ça se saurait. Je ne suis pas normal.
Le géant aux cheveux noirs soupira de nouveau, encore plus fort que la première fois.
- Les gens normaux sont chiants. J'ai déjà été abordé par 5 crétins qui voulaient savoir si je faisais de la muscu, 3 filles qui m'ont demandé trèèèès subtilement si j'avais une copine, et une pintade qui n'a rien dit mais m'a regardé pendant 10 minutes en battant des cils. Ca, ce n'est pas intéressant. Toi, tu as l'air intéressant.
Après cette longue phrase, sûrement la plus longue qu'il avait prononcé depuis qu'il était arrivé, Kurogane se tu. Fye rougissait jusqu'aux oreilles, et ne su que dire. Il fut sauver par la sonnerie de reprise des cours, et ils se dirigèrent en silence vers leur salle de classe.
La nuit promettait d'être encore longue. Blanche, certainement. Fye se retourna pour la centième fois au moins dans son lit.
Kurogane.
Il n'arrivait plus à se sortir ses mots de la tête, ce déjeuner l'avait laissé dans un état de stupeur incroyable.
Sur le chemin du retour, il s'était senti incroyablement heureux. Il était presque convaincu que Kurogane était l'ami qu'il attendait depuis si longtemps, et projetait de lui faire subir un interrogatoire en règle sur ses gouts, histoire d'étoffer leurs sujets de conversation.
Ce ne fut qu'une fois rentré chez lui qu'il commença à se poser des questions. Un minuscule détail lui était revenu en tête, l'instant où il s'était perdu dans la contemplation de la main de Kurogane.
Depuis, les questions fusaient dans son esprit. Il était heureux d'être près de Kurogane, certes, mais… et si ce n'était pas un simple intérêt amical qu'il éprouvait pour lui ?
Son cœur avait battu légèrement plus fort lorsqu'il lui avait dit « toi, tu es intéressant », est-ce que ça signifiait…
Il n'avait jamais connu ni l'amitié, ni l'amour, il ne savait pas ce qu'il était censé ressentir. Perdu dans les doutes, il fini par s'endormir, épuisé.
La balle de basket tomba lourdement sur sa tête.
-Bordel, Fye, t'es p'tet une gonzesse mais tu pourrais au moins rattraper la balle ! 'tain à cause de toi on va perdre.
- Laisse tomber, c'est une lopette. Je t'avais bien dis de pas le prendre dans l'équipe.
- Pas le choix, il ne restait plus que lui.
Douleur. Son cœur se serrait. Il voulu répondre mais les mots n'arrivaient pas à passer la barrière de ses lèvres.
Les vestiaires.
- Hé ! mais t'as même pas de muscles en fait.
Un coup.
- Laissez-moi !
- T'as qu'à te défendre. Lopette.
- Je ne suis pas…
Un coup de pied.
- Allez, qu'est-ce que t'attends.
Encore un. La douleur. Les larmes
- J'avais raison pas vrai, les mecs ?
Une main qui agrippe les cheveux et tire la tête en arrière.
- T'es qu'un pédé.
- Ouais, tarlouze.
Non.
- Un déchet comme toi peut pas être un mec.
Non.
- Hé ! Regardez !
- C'est quoi ? Son sac ?
- Ouais. Oooh, mais c'est qu'elle aime la poésie, la tapette !
Non !
Le bruit des pages qui se déchirent.
NON !
Fye se réveilla en sursaut, la bouche ouverte dans un cri muet.
Il se recroquevilla sur lui-même, serrant fort sa poitrine pour empêcher son cœur de s'en échapper. Les larmes coulaient abondamment sur ses joues. Dans sa tête, le souvenir qui avait repris vie dans son cauchemar se déroulait encore et encore, enfonçant encore un peu plus la lame de douleur dans son cœur.
- Je ne suis pas… comme ça…
Pas normal… Aimer ce qu'il aimait, la lecture, la poésie, ce n'était déjà pas normal… Ressembler à ce qu'il était, ce n'était pas normal non plus… il se le rappelait douloureusement.
Non. Il ne pouvait pas en plus être amoureux d'un homme. Ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas avoir dépassé ce niveau de monstruosité.
Il saisi le cutter qui était toujours dans son sac, et déploya la lame. Il la fit glisser rapidement son bras, un peu plus haut que le poignet.
Du sang.
Le liquide s'échappait faiblement. Rien de mortel. Il le regarda s'écouler avec fascination, et c'était comme si sa douleur s'échappait avec lui. Sa tête était vide, et en même temps entièrement remplie de ce sang qui coulait tout doucement, presque goutte par goutte, de sa plaie.
Quelque chose au fond de lui s'apaisait à ce spectacle. Quelque chose au fond de lui aimait qu'il ouvre ainsi son enveloppe charnelle et en fasse sortit les souffrances, tout en sachant qu'un jour il ferait une entaille définitive, et que toutes ses souffrances partiraient avec lui dans un flot de sang.
Mais ce n'était pas encore le cas, et il regarda le sang couler, puis coaguler. L'entaille tirerait surement sur sa peau pendant quelques jours, mais ce n'était pas grave. Cette souffrance-là était tout à fait gérable, elle était physique. Il valait mieux souffrir à cet endroit plutôt que partout dans sa tête et dans son cœur.
Apaisé, malgré le côté morbide de son acte, il bascula dans son lit. Demain, il verrait Kurogane, et était bien décidé à ne plus jamais avoir la moindre pensée qui serait déviante ou monstrueuse.
Quelque part en lui, résonnait le bruit des chaines que l'on utilise pour enfermer son cœur, ainsi que le bruit d'une clé tombant dans un océan de souffrance.
Voila, voila.
(1) Ceci est une espèce de private joke, plutôt une référence. Mon ancien prof de français disait tout le temps « bande de païens », et c'est resté une référence (chibikitsu, si tu passes par ici, tu vois de qui je veux parler ^^).
Comme d'habitude, n'hésitez pas à me laisser des reviews, que ce soit pour louer ou critiquer ma modeste fanfic ^^
