Tu es né bien loin d'ici
Bonjour ! (enfin bonsoir en ce qui me concerne).
Ahem, tout d'abord, et finalement un peu comme toujours, mille excuses pour ce retard. Dans le chapitre précédent je parlais d'une période d'examen, et bien… je les ai ratés. J'ai donc dû changer d'école (d'études, en fait), et je n'avais ni le temps ni l'envie d'écrire ces derniers temps.
Mais bon, un période de blues finit toujours par passer, et j'en reviens vers le yaoi avec enthousiasme !
Voici donc le nouveau chapitre ! Comme d'habitude, je précise que je ne touche pas un kopek pour écrire ça, et que touuuus les personnages appartiennent à Clamp, ce qui est une injustice immonde, Kurogane et Fye devraient passer en bien public, et on se relaieraient à l'observation de leurs ébats et… et je vais m'arrêter là je pense ^^'
J'espère que ce chapitre vous plaira, bonne lecture !
Il y avait décidément trop de monde. Pour la centième fois au moins, Fye rassembla toutes ses forces mentales afin d'oser franchir la porte d'où montait un ensemble de bruits de musique poussée à fond et de gens en train de parler très fort pour couvrir ladite musique.
Si la décision n'avait tenu qu'à lui, il serait déjà parti loin, très loin, là où le monde est calme, paisible et peu peuplé. Mais c'était kurogane qui lui avait suggéré de venir.
Il avait accepté, même s'il avait décidé de garder une certaine distance vis-à-vis du géant brun. Certes, leur relation pouvait être appelée « amicale », mais Fye hésitait à montrer à Kurogane certaines facettes de sa personnalité. Quand ils étaient ensembles, il évitait d'aborder des sujets trop personnels qui auraient pu trahir tellement de choses. En même temps, il faisait son possible pour lui montrer qu'ils avaient les mêmes gouts, et c'est cela qui l'avait incité à accepter de venir à cette soirée. Il n'avait pas voulu que le brun pense… hé bien qu'il pense quelque chose de mal, mais qui serait surement la vérité. Que Fye était malade de peur à l'idée de fréquenter une foule, par exemple.
Il soupira. Dire qu'il avait un moment voulu éloigner Kurogane, et que maintenant le simple fait de penser perdre son unique ami lui donnait des frissons d'angoisse. Ses sentiments qu'il avait, tant bien que mal, anesthésié remontaient à la surface de son cœur. Il sourit en repensant aux discours des livres sur le pouvoir de l'amitié il avait toujours trouvé ça un peu mièvre, voir écœurant. Les autres personnes qu'il côtoyait et qui entretenaient des liens d'amitié ne semblaient pas transfigurés pour autant, cela ne faisait pas d'eux des êtres assez compréhensifs pour savoir qu'ils le tuait à petites doses.
Maintenant, il comprenait un peu. L'amitié ne donnait pas le « bien », elle donnait la « force ». Pour les autres, cela semblait être la force d'affirmer qu'eux étaient « normaux », et pas lui. Et pour lui… c'était la force de survivre, ou de s'éveiller lentement à la vie.
Il chassa ses pensées en secouant la tête lorsqu'il s'aperçu que cela faisait au moins 5 minutes qu'il était debout à fixer la porte d'un air absent. Ses membres semblèrent bouger d'eux-mêmes lorsqu'il finit enfin par l'ouvrir et pénétrer dans la maison.
Le bruit était bel et bien assourdissant, et Fye en fut assommé pendant quelques instants. Cependant, il ne tarda pas à repérer Kurogane, qui dépassait la foule d'une bonne tête, et à se diriger vers lui.
Pour Fye, qui n'avait jamais mis les pieds dans ce genre de fête, l'ambiance semblait purement électrique. La musique n'était pas que du bruit, en cet instant, elle était le rythme sur lequel les choses devaient se faire Fye s'en rendit compte lorsqu'il constata que ses pas suivaient le « poum poum » des basses. Les gens qui dansaient sur la piste paraissaient gracieux et lascifs dans leurs mouvements. Enfin, la plupart. Les autres avaient manifestement beaucoup bu et dansaient d'une façon beaucoup plus désordonnée.
Lorsque Fye arriva enfin près de Kurogane, il s'amarra à sa présence comme à une ancre, afin de ne pas sombrer dans la folie si attirante de cet endroit. Criant un peu pour se faire comprendre, il salua son ami, qui pour toute réponse lui mis une bière en main.
Fye regarda l'objet avec suspicion. De l'alcool ? Du vrai alcool ? Sans aller jusqu'à dire qu'il n'avait bu que du Kidibulle jusqu'ici… Enfin… Son seul contact avec de l'alcool remontait à ses 6 ans, lorsqu'il avait trempé ses lèvres dans le verre de vin de sa mère avant de recraché avec dégout le liquide, en jurant que JAMAIS PLUS de toute sa vie il ne gouterait de nouveau un truc aussi immonde. Et il avait plutôt bien tenu sa promesse jusqu'à présent.
Il n'eut pas le temps de réfléchir plus avant, Kurogane entrechoqua légèrement sa propre canette de bière en criant « santé », puis en engloutit plusieurs gorgées. Fye l'imita, et bu une grande gorgée, qui lui sembla terriblement amère, à tel point qu'il faillit tout recracher. Mais la seconde lampée lui parut plus passable. Finalement, le gout n'était pas si horrible que ça, et une fois habitué à l'amertume, ça passait, un peu comme le café. En plus, l'alcool lui réchauffait agréablement le ventre, il senti un sourire béat s'épanouir sur son visage.
Kurogane n'avait compté que les 8 premières bières, ensuite son ami avait disparu de son champ de vision. Maintenant, il estimait les dégâts à 12 bières, au vu des yeux brillants et de l'excitation de Fye, qui dansait sur la piste comme si sa vie en dépendait. Lui était toujours adossé contre le mur.
La soirée se passait nettement moins bien que ce qu'il avait prévu. Lui qui avait escompté passer un peu de temps avec Fye c'était raté une fois saoul le blondinet était parti bien loin.
Kurogane s'étonna quand même de la fluidité avec laquelle Fye dansait, même saoul. Son corps bougeait harmonieusement, et l'alcool semblait l'avoir débridé plutôt qu'alourdi, il dégageait un cet instant quelque chose de vraiment puissant.
Soudain, et malgré la distance, Kurogane vit le visage de Fye changer, comme s'il se décomposait. Il ne lui fallut que quelques secondes pour analyser la situation puis foncer vers son ami. Fye se laissa faire lorsque le brun l'arrachait de la piste et le trainait de force vers la sortie. Il se laissa faire aussi lorsque Kurogane attrapa ses cheveux blonds et les maintint délicatement en arrière, même s'il ne comprenait pas l'utilité de ce geste. Pour le moment…
Quelques secondes plus tard, Fye vomissait copieusement sur une plate-bande. Une partie de son cerveau, apparemment pas trop touchée par l'alcool, remercia silencieusement Kurogane d'avoir épargné un shampooing au vomi à ses cheveux. Il voulut le lui dire, mais son estomac se rebella à nouveau, l'obligeant à remettre sa manifestation de gratitude à plus tard. Il se demanda vaguement comment, alors qu'il mangeait si peu, il pouvait vomir autant. Mais la question se perdit dans les méandres de son esprit.
Lorsqu'il vit que Fye allait un peu mieux, Kurogane l'aida à se redresser lentement.
- Uh… marmonna Fye. Je… crois que j'ai un peu… sommeil.
Et tout à coup, le jeune homme se sentit happé vers un puits sans fond de lassitude, tandis qu'il sombrait dans l'inconscience.
Lorsque Fye se réveilla, il lui sembla qu'il venait de passer sous un rouleau compresseur. Sa tête lui faisait abominablement mal, son estomac brulait, et le monde tournait autour de lui. Il n'osait même pas soulever une paupière pour regarder l'heure, cela aurait demandé de monopoliser trop de muscles et d'effort. Malgré tout, il tenta l'expérience, soulever une seule paupière pendant une seule seconde, ça devait être possible. Sûrement. Il rassembla ses forces, et par miracle il réussit à la seconde tentative.
7h47 s'afficha pendant une seconde, en beaux chiffres numériques rouges.
Bien. On était samedi, il avait largement le temps de dormir encore. Ses parents se réveillaient généralement vers midi, profitant d'un de leurs seuls jours de repos pour faire la grasse matinée.
Rassuré, Fye s'enfonça un peu plus dans la couette, se déhanchant légèrement pour adopter la meilleure position.
Malgré la tentation de se rendormir tout de suite, il essaya de faire le point sur les événements de la veille. Il avait des souvenirs précis juqsu'à… jusqu'à ce que Kurogane le sorte de la maison. Ensuite, il avait vaguement conscience d'avoir… oh mon dieu !
Il avait vomi devant Kurogane. La honte failli lui faire ouvrir de nouveau les yeux, mais il préféra les fermer encore plus fort, espérant ainsi faire gagner de la netteté à ses souvenirs.
Oui, c'était implacable, irréfutable, il avait vomi devant son ami. Et si ses souvenirs ne mentaient pas, c'était même lui qui l'avait soutenu.
Fye soupira profondément, avant de se replonger dans son introspection. Y avait-il autre chose qu'il aurait fait ? Ses souvenirs n'allaient pas au-delà du moment où Kurogane l'aidait à se redresser, histoire d'être dans une position plus digne qu'à moitié à quatre pattes. Et ensuite ? Plus rien.
D'ailleurs… Comment était-il rentré chez lui, au fait ?
Chez lui…
Il ouvrit les yeux en grand. Le réveil indiquait 7h49, maintenant. Mais ce n'était pas son réveil. D'ailleurs ce n'était pas non plus sa couette, et il supposa que du coup cette chambre ne devait pas non plus être la sienne.
Il voulut se lever brusquement, mais un vertige le prit, et il s'effondra dans le lit aussi vite qu'il s'était levé.
C'est à ce moment qu'il remarqua un détail qui n'était pas encore parvenu jusqu'à lui à travers sa gueule de bois : il y avait quelqu'un d'autre dans le lit. Le quelqu'un en question grogna.
- 'taiiiin… Tu vas arrêter de remuer, oui ? Je peux dormir ?
Les mots résonnaient bizarrement dans le crâne de Fye, et semblaient être d'abord passé au travers d'une couche d'ouate. Prudemment, il leva la couette afin de savoir qui était dans ce lit, et, tant qu'à faire, demander où il était. La personne lui tournait le dos. Quel dos… Fye resta quelques instants perdu dans la contemplation de ces épaules larges et musclées et de cette taille superbement dessinée qui aboutissait sur deux fesses, cachées par un boxer noir qui ne parvenait pas à dissimuler leur galbe. Magnifique… Fye tendit la main pour toucher cette peau qui semblait si appétissante, avant de rougir violemment d'avoir eu une telle pensée. Il reconnut au même instant le propriétaire de ce dos.
- Euuuh… Kurogane ?
- Ouais ?
- Euuuh…
- Ca va, te fatigue pas, soupira le brun en se tourant vers lui d'un air résigné. Pas trop mal à la tête ?
Fye prit le temps de constater les dégâts avant de répondre.
- Pour être parfaitement sincère, j'ai mal partout. Euh… je suis où ?
- Chez moi.
Le blond faillit s'étrangler.
- Chez toi ?
- Ben oui. J'allais quand même pas te laisser à la fête alors que tu étais mort-saoul, t'allais te faire violer. Et comme je savais pas où tu habitais, je t'ai amené ici. Avant que tu ne demandes, j'ai utilisé ton téléphone pour prévenir tes parents que tu dormirais ici, j'ai jugé préférable de ne pas expliquer pourquoi. J'ai plus ou moins expliqué que tu avais oublié de les prévenir que je t'avais invité à passer le week-end chez moi.
- Merci… ça vaut mieux, en effet. Ils ne sont pas extrêmement sévères mais je ne suis pas sûr qu'ils auraient apprécié que je revienne euh… comme ça.
- Mouais. Maintenant, si t'as plus de question urgente, j'ai passé une partie de la nuit à vérifier que tu ne vomirais pas sur mon parquet, j'aimerais dormir encore un peu.
Et sans laisser à Fye le temps de répondre, il s'allongea de nouveau. En temps normal, Fye se serait sans doute levé mais sa tête tournait toujours autant, et il jugea que toute question ou action attendrait bien cet après-midi. Sur cette bonne décision, il s'endormi à nouveau lui aussi.
Argh, désolée de finir à l'instant où ils sont dans le même lit douillet, mais la suite sera pour le prochain épisode ! Je ne promets pas de date de sortie, vu qu'apparemment à chaque fois il se passe un truc qui la contrarie.
N'hésitez pas à laisser une pitite review (même si c'est pour m'engueuler pour mon retard) !
