Tu es né bien loin d'ici
Hello tout le monde ! je poste vite pour une fois ! En fait, je suis en plein dans les examens (=dans la merde). Et comme je n'aurai sans doute pas fini tout de suite et qu'il me faudra un peu de temps pour me remettre du choc (=dormir 48h au moins), je vous poste ce chapitre. A la base, je voulais faire un trèèèèèès long chapitre, et c'était bien parti pour, mais à la place pour que vous n'attendiez pas une éternité, j'ai coupé à la transition. Bonne lecture !
Lili n'était pas une fille méchante. Elle ne s'était jamais considérée comme telle. D'ailleurs, elle se sentait la conscience en paix de ne jamais avoir participé à la barbarie des agressions envers Fye. Certes, quand quelqu'un lançait des blagues sur lui, elle riait, mais au fond, ce n'était pas si terrible. Et puis, après tout, la plupart des choses étaient vraies : il était maigre, pas très viril et très renfermé. Il ne faisait pas d'effort pour s'intégrer.
La jeune fille repensait à ce qu'elle avait vu. Aucun doute possible sur ce qui s'était passé, elle avait clairement reconnu Kurogane et Fye, et ils s'embrassaient.
Lili n'était pas une fille méchante, au contraire, elle était plutôt ouverte d'esprit. Si ces deux-là étaient gays, grand bien leur fasse. Mais… même si, en soit, ce n'était pas un problème, cela restait une information de qualité pour une « miss potin et ragot » comme elle.
Elle sourit et se mit à trépigner sur place en arrivant près de son groupe d'amies. Sarah, Justine, Amélie et Claire. Le groupe des cinq, comme disaient les professeurs. Cinq filles unies par la passion des garçons et des potins. Et Claire parlait justement de Kurogane, si ça ce n'était pas un signe !
- Non mais d'accord, il ne parle pas beaucoup mais ça reste pour moi le plus canon de la classe ! Peut-être même du collège !
- Pas faux, répondit Amélie avec un sourire de connivence. Il faudrait l'inviter ce week-end à la soirée chez Justine, on se donne carte blanche et que la meilleure gagne !
C'était LE bon moment, celui où l'information DEVAIT être lâchée, l'effet dramatique allait être énorme.
- Y aura pas de meilleure, les filles, il est déjà en couple.
Parfait, toute l'attention de l'auditoire.
- Euh, on peut savoir avec qui ? demanda Claire.
- Avec Fye.
- N'importe quoi ! s'exclama Claire en riant. Ils sont juste proches, mais ce sont deux mecs, c'est normal qu'ils soient proches, non ?
- Peut-être. Mais je viens de les voir s'embrasser, et j'imagine que même deux amis très proches ne s'embrassent pas sur la bouche.
Parfait ! Lili aurait presque jouit tellement le spectacle de quatre filles devant elle, bouche bée, était parfait. Ça, c'était la maitrise. Elle était bien consciente de sa position sociale être toujours au cœur de toutes les intrigues, ça permet d'être toujours bien entourée. Là, avec une information aussi croustillante, elle devenait un peu la reine du groupe.
Les filles se mirent à caqueter pour commenter l'événement. Lili n'avait plus qu'à donner de brefs commentaires et répondre aux questions, comme une célébrité qu'on interviewe.
Lili n'était pas une fille méchante, vraiment. Elle manquait juste cruellement d'empathie.
Un nouveau lundi, une nouvelle semaine qui s'annonçait. Fye était heureux, parfaitement heureux. Ils avaient encore passé un week-end de rêve. Il avait voulu cuisiner pour Kurogane et au final il avait presque brûlé l'appartement. Après qu'il se soit dûment excusé, il avait eu droit à une petite leçon de cuisine « pour que tu puisses survivre en milieu hostile, parce que là tu ne tiendrais même pas cinq minutes ! ».
Et, bien sûr, ils avaient passé du temps au lit. Fye s'étonnait à chaque nouvelle fois des sensations qui hérissaient son corps. C'était à chaque fois pareil et en même temps différent. Le contact de la peau de Kurogane l'électrisait. Il en venait presque à croire sincèrement ce que son ami – non, amant, il avait quand même du mal à s'y faire – lui disait, comme quoi il n'était pas horrible. Il ne le croyait pas « vraiment ». Autant de gens ne peuvent pas se tromper. Mais si pour Kurogane seul il n'était pas horrible, cela lui suffisait.
Une sensation bizarre s'empara de Fye lorsqu'il franchit le portail du collège. Après des années d'enfer scolaire, il avait développé un vrai 6ième sens pour détecter si la journée serait invivable ou non. Ça n'avait rien de mystique, il suffisait de regarder attentivement les gens pour le deviner. Le cerveau de Fye recueillait les informations et les lui livrait, c'était tout. Et là, inexplicablement, il sentait que quelque chose clochait.
Il se dirigea prudemment vers le bâtiment où il avait cours. Normalement, il attendait Kurogane, mais là il se sentait vraiment mal. Il lui enverrait un SMS quand il serait en classe. À côté de la porte principale, il y avait un groupe de filles de sa classe. Il leva à peine les yeux pour les regarder.
- Hey ! Bonjour, Fye ! lança l'une d'elle.
- Bonjour, répondit-il doucement.
Oui. C'était confirmé. Il reconnaissait ce regard, cette façon de s'adresser à lui comme pour le rendre de nouveau visible. Assez visible pour qu'on le repère et le frappe. Quelqu'un avait encore dû prévoir de lui faire subir une crasse et ces filles étaient au courant. Finalement, il n'allait pas se rendre directement en classe. Si ces filles savaient quelque chose, elles pourraient dire où il était allé, et se placer volontairement dans un endroit clôt sans surveillance n'était pas du tout une bonne idée. Il bifurqua au premier couloir pour s'installer sur les bancs près de la salle des professeurs. C'était l'endroit le plus sûr. Quelle que soit l'heure, il y avait toujours des professeurs qui rentraient et sortaient par cette porte. Aucun ne s'intéressait à lui, ils avaient l'habitude maintenant de ce jeune homme qui ne semblait pas intégré, mais au moins personne ne s'aventurait à le frapper ou l'insulter si près du lieu de pouvoir. Fye envoya un SMS.
« Je suis près de la salle des profs. Y a un truc bizarre avec les autres »
« Ok j'arrive. Je sais, j'ai vu ».
Kurogane avait lui aussi senti ce changement dans l'attitude des autres élèves. C'était particulièrement visible chez les filles. D'habitude, elles le regardaient avec convoitise, comme une sorte de friandise placée un peu trop haut sur une étagère. Mais là, c'était de la curiosité, voire parfois du mépris. La dernière fois qu'il avait vu ce regard…
Il espérait de tout cœur que son intuition soit fausse. Sinon ça allait être l'enfer.
- … va bien voir ! Chuuuut !
Le groupe de filles qui discutait passionnément à côté de la porte d'entrée se tut lorsqu'il arriva à sa hauteur. Autre signe évident que quelque chose n'allait pas.
Il accéléra l'allure pour rejoindre au plus vite Fye et ne pas le laisser seul trop longtemps. Le jeune homme l'attendait, comme il l'avait dit, juste à côté de la salle des profs. Bonne idée.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Kurogane voulu éviter la question, mais il fallait au plus vite mettre au point une ligne de conduite.
- Je crois qu'on n'a pas été assez discret.
Fye devint encore plus blanc que d'habitude, et Kurogane crut que le blondinet allait s'évanouir.
- C'est pas vrai… Qu'est-ce qu'on va faire ? Tu les as vu ce matin ? S'ils sont au courant, j'ai pas l'impression qu'ils vont se contenter de ne rien dire…
- Au courant de quoi ? susurra une voix féminine.
Kurogane et Fye se tournèrent vers la voix. Le groupe de filles qui étaient près de la porte se tenait maintenant devant eux.
- Alors, au courant de quoi ? Que vous sortez ensemble ? lança une des filles, rousse. Mais ça, ce n'est pas un secret ! Faut éviter de vous faire des bisous devant tout le monde. Mais vous faites un joli petit couple.
Le ton de raillerie était insupportable.
- Lili !
Une voix claire et retentissante venait d'intervenir. Fye ouvrit des yeux ronds lorsqu'il vit le professeur Yuko Ichihara débouler devant eux. Pendant un court instant, il se dit qu'il devait rêver.
- Je peux savoir ce que vous êtes en train de faire ? demanda le professeur.
- Euh… je hum félicite Kurogane et Fye. Parce qu'ils sortent ensemble !
Manifestement, la jeune fille espérait se mettre le professeur dans la poche en pointant une différence tellement importante que même madame Ichihara devrait reconnaitre qu'ils n'étaient pas comme les autres.
- Tiens donc ? C'est une tradition de féliciter les gens en se moquant d'eux ? Il fallait me mettre au courant, mademoiselle Lili. Dans ce cas, félicitation pour vous et Antoine, vous faites un joli petit couple. Cependant, si je puis me permettre un conseil, bien que les toilettes soient prévues pour assouvir certains besoins primaires, je ne peux que vous recommander d'utiliser un lit pour ceux qui ne concernent pas le transit intestinal. Maintenant, veuillez libérer le passage vers la salle des professeurs, à moins que vous ne préfériez que je convoque vos parents.
Lili était aussi rouge que ses cheveux. Elle s'en alla presque en courant, suivie de près par ses amies, qui avaient l'air plus intéressées que compatissantes. Apparemment, elles ne savaient pas pour les câlins peu chastes entre Antoine et Lili et comptaient lui tirer bien vite les vers du nez.
Le professeur sourit. Fye s'étonnait toujours de voir à quel point le professeur Ichihara semblait toujours tout savoir.
- Hé bien, messieurs. Si ce que Lili a dit est vrai, je vous souhaite bon courage. Si vous avez besoin de parler, vous savez que je suis là pour ça.
Et elle s'en alla, majestueuse, dans la salle des professeurs, laissant les deux jeunes hommes se regarder avec stupeur et perplexité…
Voila, je sais c'est court :s Je ne pourrai vraiment me remettre à écrire que dans deux semaines, donc à priori ne vous attendez pas à avoir de mes nouvelles avant ^^ »
Encore merci pour vos reviews, ça me fait vraiment chaud au cœur de les lire en ce temps de guerre ! (non, je ne dramatise pas tout tout hahahaha c'est pas mon genre !).
A bientôt !
