Tu es né bien loin d'ici
Coucou me revoilà pour ce chapitre 10, après une longue (et dure, huhuhu) session d'examen qui m'a laissée sur les rotules. Maintenant, je dispose de plus de temps pour écrire, même si mes parents ont décidé que, en vacances, je passais du statut d'étudiante à celui d'elfe de maison !
Enfin, pas trop de bavardage ! Ce chapitre est court, COMME D'HABITUUUUUUDEUUUUUH (ahem pardon). Mais en postant de courts chapitre, pour l'instant, ça me permet de continuer à écrire régulièrement, sans me décourager en me disant « mais j'ai encore plein de trucs à dire ! ». Donc pour essayer de poster plus fréquemment, je vais continuer sur des chapitres tout pitits.
Bonne lecture !
Fye, assis dans le divan, caressait distraitement les cheveux de Kurogane qui s'était allongé, la tête posée sur les genoux de son amant.
Ils passaient encore un week end ensemble chez le brun. Mais la magique insouciance des débuts n'était plus au rendez-vous.
Fye sourit tout de même en croisant le regard de Kurogane. Le brun était un peu comme un gros toutou. Quand il était petit, les parents de Fye avaient recueilli un chien. Un énorme chien d'une race parfaitement indéfinissable, qui ressemblait plus à un petit ours menaçant qu'à un chien. Il faisait peur à tout le monde à cause de sa taille et de ses longues dents, mais Fye savait à quel point ce molosse était en fait une grosse peluche qui ne montrait les dents que quand son maitre était en danger.
Le parallèle avec Kurogane était évident. Lui aussi était un gros chien à l'air agressif, qui semblait pouvoir vous mordre au moindre mot de travers. Mais, dans les faits, il aimait les caresses et pouvait se montrer d'une grande délicatesse.
Lui aussi montrait les dents quand Fye était en danger. Il avait cloué un autre élève au mur quand celui-ci avait lancé une insulte au blondinet. Si Fye ne s'était pas jeté sur Kurogane pour le retenir, l'autre élève aurait sans doute fini à l'hôpital. Il se tendit en repensant à cet instant où il avait vu l'homme qu'il aimait se rompre de l'intérieur, les barrages cédant sous la pression. Kurogane n'était pas invincible, il ne pouvait pas tout supporter. Il était comme lui, il avait des limites.
Kurogane leva la main pour l'enfuir dans la mer de boucles blondes au-dessus de lui et attirer les lèvres de Fye pour les sceller aux siennes.
C'était beau. Délicat, légèrement sensuel. Après les deux premières semaines de passion fiévreuse, ils étaient plus calmes, plus posés dans leurs actes d'amour. Le sexe était toujours passionné, mais en-dehors de cela, on aurait presque dit un vieux couple dans leur manière de s'embrasser doucement et respectueusement. C'était peut-être parce qu'ils savaient, l'un comme l'autre, que les moments comme ceux qu'ils vivaient étaient menacés, et qu'il ne fallait pas trop les brusquer.
Fye se demanda comment des gens pouvaient être assez morts à l'intérieur d'eux-mêmes pour ne pas saisir dans toute sa beauté ce genre de moments. Comment était-ce possible de transformer quelque chose d'aussi doux et naturel que l'amour en une horreur risible et honteuse ? Il entendait encore les blagues salaces à propos de « qui prend dans le cul ». Il hésitait entre la colère et la pitié, quand il entendait ce genre de chose. Est-ce que pour eux, le sexe n'était qu'un vulgaire moyen de dominer l'un ou l'autre des partenaires ? Ne voyaient-ils pas tout l'intérêt de sentir le corps de l'être aimé frémir de désir et de jouissance sous ses mains ? Ça n'avait rien à voir avec de la domination, c'était du partage, du respect. De l'amour, en somme.
- Ca va ? demanda Kurogane.
Manifestement, le trouble de Fye était visible.
- Oui. Enfin, plus ou moins. Je pensais à… tout ça.
Kurogane se renfrogna.
- Kuro… Tu ne crois pas que ce serait bien qu'on change d'école ?
- Déjà essayé. Ça marche pas, tu ne fais que trainer tes problèmes ailleurs. T'as juste droit à une petite pause.
Fye prit un moment avant de répondre, à voix si basse que Kurogane l'entendit à peine.
- J'en aurais peut-être besoin… (puis, plus fort) Qu'est-ce qu'on peut faire ?
- Il n'y a rien à faire. On attend que ça passe.
Ils se turent ensuite. Il n'y avait vraiment rien à faire…
Fye était rentré chez lui. Cette fois-ci, ils n'avaient pas vraiment eu le cœur à faire l'amour. Ni à s'amuser. Ils avaient passé le week end dans les bras l'un de l'autre, comme deux naufragés qui essayaient de garder la tête hors de l'eau.
Kurogane regarda son appartement dépouillé de la présence rassurante du blond. Rassurante ? Il se demanda un instant comment lui, la montagne de muscle, pouvait trouver rassurante la présence de ce charmant gringalet.
Parce que lui, au moins, il était fort. Fye ne craquait pas. D'une certaine manière, le blond faisait preuve d'une force morale tout à fait épatante. Quelles que soient les insultes, les coups et les brimades, il continuait d'avancer. Bien sûr, il ne s'en sortait pas intact, il souffrait. Mais il continuait malgré tout. Il pleurait chez lui, Kurogane le savait. Il s'était entaillé au point que ses bras étaient zébrés à certains endroits. Il mangeait peu. Mais dès qu'il avait évacué sa peine, il se relevait pour combattre la vie de nouveau.
Pour Kurogane, c'était cela, le courage. Lui, il accumulait tout sans jamais laisser transparaitre ce qu'il ressentait. Cela avait ses avantages : tout le monde semblait convaincu qu'il était mentalement fort comme un roc, inébranlable. Ça plus ses muscles, cela dissuadait une partie des emmerdeurs de venir lui chercher des noises. Mais au final… il se sentait usé, bien plus vieux que son âge.
« Je me sens desséché. Un peu comme… du beurre qu'on aurait étiré sur une tartine trop grande »
Cette phrase du Seigneur des Anneaux, qu'il avait vu récemment avec Fye, résumait bien ce qu'il ressentait.
Il n'avait plus la capacité de faire semblant d'être insensible. Il se sentait horriblement fatigué…
Il avait terriblement besoin d'une pause dans sa vie.
Lorsque Kurogane ouvrit les yeux, il lui fallut un long moment pour remettre ses idées en place. Elles semblaient le fuir. Les yeux fixé sur son réveil, qui indiquait 9h23, il émergeait lentement de son sommeil. Puis, il s'étira avec délectation et chercha doucement le corps chaud de Fye.
Rien.
Soudain, il se souvint qu'on était lundi. Et que par conséquent, il était monstrueusement en retard. Même en se dépêchant, il avait déjà manqué le premier cours de la journée et n'arriverait que pour le milieu du second cours. C'était mieux que rien.
Il bondit de se lit.
- Bordel mais comment j'ai fait pour ne pas me réveiller ?
C'était bien la première fois que ça lui arrivait. C'était peut-être l'odeur de Fye dans ses draps qui lui avait laissé penser que le paradis du week end se prolongeait jusqu'à aujourd'hui ?
Kurogane avait rarement couru aussi vite pour aller à l'école. Et il fallait être réaliste, en temps normal, il aurait purement et simplement séché les cours si Fye n'y était pas. Mais le blond allait sans doute s'inquiéter si Kurogane ne venait pas, alors il courait pour éviter qu'il ne se fasse du mauvais sang.
D'habitude, il lui fallait 15 minutes pour aller jusqu'à l'infâme bâtiment scolaire où il passait ses journées. Là, en 7 minutes précisément, il était devant la porte de sa classe. Il frappa avec assurance, entendit un « oui » puis rentra.
- Monsieur Kurogane ! On ne vous attendait plus. Vous irez voir le préfet de discipline (1) à la fin de l'heure. Allez vous asseoir.
Le brun obtempéra sans rien dire. Après tout, c'était sa première absence injustifiée depuis son changement d'école, il ne risquait pas trop de problème. Cependant, il blanchit lorsqu'il constata que la place de Fye était inoccupée.
Une fois assis, et avec autant de discrétion que possible, il sorti son téléphone pour vérifier ses messages. Il n'y en avait qu'un, de Fye.
« T'es ou ? Ca va ? »
S'il demandait cela, c'est qu'il était à l'école ce matin. Le cœur de Kurogane manqua un battement, il avait un horrible pressentiment... Il se força à répondre calmement « En classe. En retard. T'es retourné chez toi ? ». Et attendit.
Le cours s'étirait de plus en plus, comme s'il voulait ne jamais permettre à Kurogane de sortir et de voir où était passé Fye, qui ne répondait toujours pas à ses messages !
Lorsque la cloche sonna enfin, Kurogane n'aurait pas su dire à quel cours il venait d'assister. Il bondit de sa chaise et couru vers la sortie avant de se lancer dans un quadrillage méthodique des bâtiments afin de trouver Fye.
Et il le trouva.
Derrière le local de sport, son ami gisait sur le sol, recroquevillé sur lui-même, ensanglanté et parcouru de sanglots.
Il s'était fait tabasser. Kurogane ne l'avait pas protégé. Il n'avait pas été là….
(1) Je ne connais pas toutes les subtilités du système scolaire français (ni même si l'appellation est pareille partout en Belgique), mais dans l'école où j'étais, le préfet de discipline est la personne chargée de la surveillance en général, de coordonner les éducateurs, et aussi de donner les punitions (entre autre). Je crois qu'on dit CPE en France mais c'est absolument sans certitude !
Voila voila. On avance petit à petit vers la fin de cette fic. J'ai toujours du mal à estimer en nombre de chapitre, mais disons à vue de nez qu'il devrait encore y en avoir entre 1 et 3, plus un épilogue.
N'hésitez pas à reviewer, même si c'est juste pour me dire que je dois poster la suite, ça me motive toujours à trouver le temps de me remettre devant mon pc Et encore merci de me lire ^^
