Chapitre 3

Voilà, nous étions arrivés aux laboratoires. Et pour ceux qui se posent la question, l'ascenseur marchait à la perfection. Mais je préfère ne pas m'étaler sur le sujet. Alors que Don était un peu à la traîne (il devait accompagner notre suspect) je suis entré le premier, pour récupérer quelques documents dans mon labo. Mais à peine j'ai commencé à fouiller dans ma paperasse, mon ami à poil a étrangement réagi. Je l'avais pourtant presque oublié, tant il était calme. Mais là, c'était plus le cas. Heureusement, il était attaché ! Mais j'ai bien cru que la laisse allait succomber à la force de l'animal. Il avait l'air en rogne, mais inquiet en même temps. J'ai eu beau tenter de le calmer, de le rassurer, de le maîtriser, mais rien n'y faisait. Il ne connaissait plus personne. Tout le bâtiment nous regardait, à présent. Et moi, je n'arrivais pas à mes fins. Et puis j'ai regardé dans la même direction que lui, et j'ai compris. J'ai vu la même chose que lui. J'ai regardé Don mettre le suspect au chaud en salle d'interrogatoire, et j'ai même pas remarqué la présence de Mac dans mon dos. Quand il a commencé à monter le ton, j'ai sursauté. « Danny ! Calmez-moi cette bête ! Et puis qu'est-ce qui lui prend ? » J'ai tourné la tête, et avant de répondre, je me suis baissé vers mon pote, lui passant délicatement la main sur la tête, et il s'est calmé. Le chien, hein, pas le boss. « C'est pas par hasard qu'il s'est énervé. En fait, il vient de nous apporter un nouvel élément ...» ai-je rétorqué. L'incompréhension a d'un coup marqué son visage. « Comment ça ... ? » Des plus sérieux, mon regard s'est planté dans le sien. « Et bien, il a changé de comportement pile quand Don est passé devant le labo, avec Cooper, notre suspect. Vous auriez du voir comment il le regardait ... » Pour moi, tout était clair. Et je crois que Mac commençait lui aussi à comprendre. Et puis, tant qu'il était là, je l'ai mis au parfum. De toute façon je comptais aller le voir juste après. Je lui ai raconté que Cooper ne s'était pas présenté sur son lieu de travail le matin même, et qu'il n'avait pas donné de motif. Je lui ai aussi raconté que nous avions demandé à l'aimable femme de l'accueil de nous donner son adresse, et qu'en s'y rendant, nous l'avions trouvé avec une belle trace de morsure sur l'avant bras, et nous l'avions embarqué. « C'est pas bon pour lui tout ça. Bon, je me charge de l'interroger.» J'ai fait un signe de la tête, mais j'ai aussi insisté pour participer à cet interrogatoire. Au début, il ne voulait pas. Mais j'ai réussi à obtenir son autorisation, à condition que je reste silencieux -chose qui, pour moi, demande beaucoup d'efforts-. Nous sommes alors partis immédiatement ensembles. Mais avant d'entrer, Mac à reçu un appel du légiste, donnant une heure précise du décès : 8 jours avant, entre 11h et 15h. Voilà qui allait beaucoup nous aider à avancer. Nous sommes entrés, et mon supérieur s'est assis en face du suspect, qui était encore confiant. J'aime bien quand ils ont encore leur fierté, juste avant qu'on les brise ! Quant à moi, je suis resté dans un angle au fond, comme il m'avait été demandé.


- De quoi suis-je accusé, au juste ?Avait demandé Cooper, le sourire aux lèvres.

- De vol, et de meurtre. Mac parlait d'une voix neutre. Et sans attendre, il déposa une photo de la victime sous son nez. Reconnaissez-vous cette personne ?

- Je ... Non, sa tête ne me dit rien. Mais avez-vous des preuves contre moi ? Je n'ai jamais commis de vol, et encore moins de meurtre ! Sa vois avait tendance à être chevrotante, mais il avait quand même l'air convaincu de la fin. Enfin, ce n'était pas mon cas. Et son casier judiciaire était d'accord avec moi. Mais Mac a préféré garder ça pour lui pour le moment, sans penser au pauvre Messer qui attendait derrière lui. Mais, j'obéissais, et je me taisais.

- Pourtant vous devriez. Vous vous êtes récemment occupés de son héritage.

- Mais peut-être, je n'en sais rien. Lieutenant, avez-vous une idée du nombre de clients que je vois par jours ? Vous voulez vraiment que je me rappelle de tous ? Il pensait que cela allait nous clouer le bec. Mais il avait mal vu.

- En général, on se rappelle bien de ceux qui touchent un million de dollars. Regardez-bien, je suis sûr que ça va vous revenir. Mac souriait, et il ne lâchait pas le suspect des yeux. Et je crois que ça le déstabilisait.

- Et bien ... C'est possible. Mais moi je lui ai rien fait à votre gars ! Notre homme ne faisait plus autant son fier. Même, il commençait à transpirer un peu.

- Et où étiez-vous i jours ? Entre 11h et 15h ? Question classique. Mais j'étais curieux de découvrir quelle excuse il allait nous donner.

- J'étais à une réunion, de 12h à 16h. Mais je suis arrivé un peu tôt. Des témoins ? La plupart de mes collègues ... Il était content de son alibi, mais nous allions très vite découvrir si il tenait vraiment la route.

- Très bien, alors si vous êtes vraiment innocent, vous allez accepter qu'on fasse quelques testes sur vous ... ? Voilà, il était piégé. C'était bien joué. En plus, il ne se doutait pas de tout ce qu'on avait contre lui !

- Je ... Heu ... Oui ... Il était un peu retissant quant à cette idée, mais de toute façon, il n'avait pas vraiment le choix. Satisfaits, nous avons prélevé tout ce qu'on voulait, et nous sommes partis de la petite salle, le laissant un peu mijoter tout seul. Cheveux, ADN, empreintes de bottes, et surtout moulage de la blessure étaient en notre possession.


Je suis immédiatement retourné au labo pour faire quelques comparaisons. Et Mac, lui, est passé chez Adam pour lui donner le cheveu du suspect à comparer. Bref, j'ai entré les deux moulages dans mon ordinateur, celui des crocs du chien, et celui de la blessure, pour les comparer. Pendant que le logiciel tournait, je me suis concentré sur l'empreinte de pas retrouvée dans le sang. Et il s'avère que ça correspondait à 98% à la paire de chaussures italiennes que portait Cooper. Après tout, il en avait bien les moyens. L'étau se resserrait, petit à petit ... Surtout quand les ultra-violets a révélé la présence de sang sous ces dernières. Et puis, bien que je m'y attendait, l'emprunte des crocs correspondait à la plaie, elle aussi. J'avais même relevé de l'ADN de l'animal autour de la blessure. Sans m'attarder plus longtemps dessus, j'ai révélé mes découvertes à Don, qui avait passés quelques coups de fils, et nous sommes retournés en salle d'interrogatoire.


- Du nouveau ? S'inquiétait notre homme. Mais j'avais toujours pour ordre de rester à l'écart, car je n'avais encore jamais dirigé ce genre de choses.

- On peut dire ça, oui. Flack se mettait à l'aise, pour bien embêter son interlocuteur. Je l'avais observé, il s'y prenait toujours de la même façon.

- Vous avez contacté mes collègues ... ?

- Oui. Il était sur son portable, les pieds sur la table. Et Stuart bouillait intérieurement.

- Alors ? Ils ont du vous confirmer ma présence ! Il ne comprenait pas, et moi non plus. Je n'avais pas été informé de ces trouvailles là.

- Oui, oui. J'en suis resté bouche-bée. Mais où voulait-il en venir ? Là je me sentais comme le suspect, tout aussi perdu. Je serrais les dents.

- Donc ... Je peux partir alors ... ? Vous n'avez plus besoin de moi ? Il commençait à se lever.

- Asseyez-vous ! L'homme avait obéi, et lui, il rangeait son portable dans sa poche. Après quelques secondes de silence, il avait poursuivi. Ils nous ont donc confirmé votre présence ... Mais ils ont aussi tous dit que vous vous étiez absentés environ une heure, pour je cite, « motifs personnels ». Cooper s'était pris la tête dans les mains. Et moi, je comprenais mieux.

- C'est pas vrai ... soupirait-il. Mais je suis innocent !

- C'est ce que tout le monde nous dit. Enfin, ce serait bien trop facile sinon.

Agacé, je m'étais avancé, malgré les regards noirs de Don, et j'avais frappé très fort sur la table, en face du suspect.

- Bon, ça suffit, avais-je hurlé. Écoute-moi bien Stuart, parce que je ne me répéterais pas. Tu peux continuer à nier, mais moi ce que je sais, c'est que tous les indices prouvent ta présence chez Barthley, de même qu'un témoin. Et … En voyant ton casier … Je doute que les juges soient bien cléments avec toi si tu passes devant eux !

J'avais marqué un blanc, de quoi lui laisser quelques secondes d'analyse et de réflexion. Et oui, c'était loin d'être une flèche, ce gars là, c'est moi qui vous le dis ! Néanmoins, je savais que c'était dangereux d'évoquer un témoin, car il n'y en avait pas vraiment ... Enfin pas un humain.

- Nous, on veut bien te croire, mais on ne peut plus rien pour toi si tu ne nous apporte rien. Alors soit tu coopères avec nous, et ta peine est limitée, soit on t'inculpe de vol et d'homicide par la même occasion. Car tu es le seul suspect mon pote !

Don me regardait, il n'en croyait pas ses yeux. Je crois que je l'avais impressionné. Et ça avait marché.

- Bon ça va, d'accord ... Je savais pour l'argent, et j'étais effectivement allé là bas dans le but de le prendre ... Mais une fois arrivé, la porte était ouverte et lui il était déjà ... Enfin, c'est pas moi qui l'ai tué quoi ! Et l'argent n'y était plus !

- Et c'est là que vous avez été mordus ? Don reprenait l'interrogatoire en main.

- Oui, en fouillant l'appartement j'ai ouvert une porte et ... Cette sale bête m'a sauté dessus ! Je l'aurais bien flingué mais j'avais rien sur moi, je n'étais pas venu dans le but de tuer qui que ce soit ! J'avais serré les poings très forts. C'est lui qu'on devrait "flinguer", comme il se plait à dire ! Mais les faits semblaient correspondre avec nos relevés. Nous sommes finalement sortis, pour essayer de trouver une autre piste à suivre, quelque chose qui pourrait nous aider à avancer.


Alors que je me dirigeais vers mon labo, afin d'approfondir mes recherches sur l'empreinte de pas, pour confirmer la version de Cooper, Adam m'avait arrêté. «Danny ! J'ai comparé le cheveux que tu m'as donné ! » Je pensais connaître le résultat, mais je suis quand même entré pour l'écouter. Il m'a montré son écran, et j'ai été très étonné ... « Les deux échantillons ne viennent pas du même donneur, ce n'est pas un cheveu de Stuart Cooper ... » M'avait-il dit. Et j'ai pensé tout haut. «Donc, il y avait une troisième personne dans l'appartement. Très bien, merci Adam.» je me retournais pour aller faire mon travail, quand il m'a une fois de plus retenu. « Pas de quoi. Et heu ... Mac m'a dit de te dire de le rejoindre sur la scène de crime après l'interrogatoire. Il est parti y'a bien vingt minutes. » Je l'ai remercié, et me suis de nouveau dirigé au parking. Mes analyses allaient devoir attendre apparemment ... Et bien plus que je le croyais. Arrivé sur les lieux, j'étais dans le couloir, et j'avais appelé mon patron. Aucune réponse. C'était étrange, peut-être ne m'avait-il pas entendu ? Alors j'ai appelé un peu plus fort, toujours rien. En avançant un peu plus, j'ai vu que la porte était ouverte. J'ai glissé la main à mon holster, et c'est main à la crosse de mon arme que je suis entré, prudemment. Et au sol, devant moi, s'étalait un corps seul, inerte. « Mac » ...