Chapitre 4

Toujours l'arme au poing, je me suis avancé dans l'appartement. Mon cœur battait à vive allure, je venais de voir mon patron, mon ami, à terre. Je ne connaissais pas encore son état. Et je ne savais pas non plus si notre homme était encore présent. Je marchais sans bruits, évitant tous les objets du sol. A chaque porte que je passais, j'entrais en un bond, pointant mon arme sur une cible imaginaire, prêt à tirer. Et à la dernière pièce que j'ai vérifié, je n'ai trouvé qu'une fenêtre ouverte. « Le fumier, il s'est tiré ! » J'ai même donné un coup de pied dans le mur, pour canaliser ma colère. Mais maintenant, l'appartement était sécurisé. J'ai couru vers Mac, visiblement toujours inconscient. J'ai amené mes doigts à son cou, et j'ai senti des légères pulsations. Il était donc toujours avec nous. J'ai recherché vite fait des blessures par balles, il n'en était rien. Mais en le retournant, j'ai remarqué qu'il avait du sang qui coulait le long de sa tempe. Qu'était-il arrivé ici bon dieu ? Je le secouais alors pour tenter de le réveiller. Ne vous imaginez pas la scène s'il vous plait, je ne le secouais pas comme un prunier ! Non, je le bousculais, pas trop fort, en l'appelant. Et j'aperçus très vite des mouvements de paupières. Il reprenait conscience, petit à petit. D'abord, il a papillonné des yeux, sûrement à cause de la lumière qui l'aveuglait. Puis enfin, il les a gardés ouverts, et m'a regardé. Il a poussé un grondement, il ne pouvait pas cacher sa douleur, et c'est bien normal. Et après, il a réussi a se relever. Moi je le regardais, sans parler. Il était un peu perdu, et il avait la tête qui lui tournait, je n'avais pas besoin de mes lunettes pour le voir. Quoi que je les avais, mes lunettes ... Enfin, ne nous écartons pas encore du sujet. Nous étions tous les deux debout, il prenait appui sur la cloison derrière lui. « Danny ? Qu'est-ce ... Qu'est-ce qui s'est passé ? » Il avait l'air étonné. Il s'est essuyé le crâne avec sa main, et a regardé le sang qui s'y était déposé. Alors je l'ai regardé, un peu surpris moi aussi, mais tellement soulagé qu'il n'ait rien de bien grave. «Vous ... Vous ne vous en souvenez pas ?» Aucune réponse, du moins pas audible. Mais il me questionnait du regard. Alors j'ai continué. « Vous avez demandé à Adam de me dire de vous rejoindre ici, et quand je suis arrivé, vous étiez par terre.» Une petite lueur a traversé son regard. Je crois que sa mémoire lui revenait. Il commençait à se reprendre. « Je ... Je crois qu'on m'a assommé. Mais je sais pas avec quoi. » m'a-t-il répondu. «Vous avez eu le temps de le voir ?» j'ai demandé à mon tour. J'espérais que ce ne soit pas un pro, même qu'il soit vraiment mauvais pour se faire prendre, mais cela n'a pas duré longtemps. En guise de réponse, mon patron m'a juste fait un signe négatif de la tête, comme déçu. Enfin, maintenant, nous savions à présent que ce n'était pas Cooper qui était là dedans, ou alors il avait un complice, parce qu'il était toujours au poste. Et puis, j'ai pris de nouveau la parole, sachant déjà la réponse que j'allais avoir. « On va le retrouver, Mac. En attendant, j'appelle une ambulance. » J'ai à peine eu le temps de finir ma phrase, qu'il me répondait déjà, comme je l'avais prédit ! « Non, Danny, c'est pas la peine. Je vais bien. » Je savais qu'il avait horreur des hôpitaux, que pour lui c'était une perte de temps considérable sur son travail, mais là quand même ! Il venait de se faire assommer ! Il avait besoin de se faire examiner. Alors je me suis lancé dans la tâche presque impossible, c'est-à-dire essayer de le raisonner. « Mac, vous venez de recevoir un coup, vous étiez inconscient quand je suis arrivé ... Allez au moins voir un médecin, qui vous dit que vous n'avez pas de commotion cérébrale ? » Je m'inquiétais réellement. Vu tout le sang qu'il avait sur le côté de sa tête, c'était bien normal ! « ça va, je vous dis ... » Et il m'a fait un sourire forcé. En se redressant, il a eu un étourdissement. « Ah oui, je vois ça ... » Je lui ai lancé un regard noir, pour qu'il comprenne. Mais je savais d'avance que, têtu comme il est, il ne m'écouterait pas. D'habitude, c'est Stella qui se charge de l'affronter. Mais là, elle n'était pas là, alors je devais prendre le relais. « Bon d'accord, j'irais voir un médecin plus tard ... En attendant, on a du travail. » Et il a commencé à partir. « Mais patron ! ... Bon laissez tomber. » J'avais compris que ça ne servirait à rien de continuer. Après tout, on parle bien du Lieutenant Taylor ! Et puis je n'avais pas perdu non plus, c'était déjà mieux que rien.

Nous sommes alors allés dans la pièce principale, afin de réaliser ce pour quoi nous étions venus. Tout semblait en ordre, comme à notre première visite. Mais alors ... Pourquoi quelqu'un se serait infiltré ici dans ce cas ? Nous nous sommes tous les deux regardés, avec cette même question qui trottait dans notre tête. Et c'est Mac qui a brisé ce regard, en s'avançant près du tapis, et en déposant sa mallette à côté. Je n'ai pas compris sur le moment, mais il m'a expliqué, tout en mettant ses gants. « Il y a un pli, sur le tapis ... Ce n'était pas le cas à notre première inspection. » En réfléchissant, il avait raison. Mais jamais un simple froissement de tapis aurait attiré mon attention. Enfin, c'est bien pour ça que c'est lui le patron, et pas moi ! Et si il n'avait pas observé ce détail, nous n'aurions jamais vu ce qu'il y avait au dessous ... Lorsqu'il souleva le tissus, nous avons pu voir qu'il y avait une sorte de trappe. Mac l'a ensuite ouverte, et comme on le pensait, elle était vide. Alors il a installé son matériel, à la recherche d'empreintes ou d'ADN. De mon côté, je suis parti rechercher ce que Stella aurait pu oublier. Et j'ai trouvé, derrière une porte, tout plein de traces de griffures. Puis je me suis imaginé la triste scène, celle du chien enfermé, cherchant par tous les moyens de sortir, et son maître, battu à mort juste devant celle-ci ... Tiens, d'ailleurs ! Une idée venait de me passer par la tête ... Je m'occupais de ce chien depuis déjà plus de 24 heures, et je ne connaissais toujours pas son nom ! Alors après m'être assuré qu'il n'y avait plus rien d'important, je suis parti à la recherche d'un nouvel élément : un accessoire canin, portant un nom. Bien sûre, je ne l'ai pas dit à mon supérieur, il m'aurait sermonné. Quoi qu'avec la migraine qu'il devait avoir, il l'aurait peut-être pas fait ? On sait jamais ...

Voilà, j'étais arrivé vers l'entrée, et j'avais ouvert le placard à chaussures. Sur le côté, des crochets, assez épais. Il y en avait deux. Sur l'un, une laisse pendait, et sur l'autre, rien. Non ! Si près du but ! J'étais sûr que c'était normalement la place du collier ! Et il n'avait rien sur lui ... J'étais déçu. Je suis alors retourné vers Mac qui venait juste de finir ses relevés. Il s'est retourné vers moi, sa mallette en main, prêt à repartir, et m'a adressé la parole. « Il n'y a aucune emprunte exploitable sur cette tra... Qu'est-ce qui vous fait sourire ? » J'ai relevé la tête, je n'avais même pas remarqué que je souriais. Et j'étais mal à l'aise, je ne voulais pas lui dire que la raison à cet air débile qui m'avait pris, c'était que je savais enfin ou était le collier ... En fait, quand on l'a découvert, il le portait sur lui. Et il avait été mis avec les autres pièces à convictions, même s'il n'avait aucune utilité. Alors j'ai hoché les épaules, et répondu. « Non, rien, rien ... Sinon, je n'ai rien non plus de mon côté. » Je ne sais pas si cela lui a suffi, mais de toute façon, je ne lui ai pas laissé l'occasion de me questionner d'avantage, j'ai tourné les talons, et j'ai pris la direction du parking. Quant à lui, il m'a suivi, sans un mot. Arrivés à sa voiture, il a commencé à sortir ses clefs, mais je les lui ai arrachées des mains « Non non non, c'est moi qui conduit ! Imaginez que vous vous évanouissiez à nouveau au volant ? Je ne veux pas risquer ma vie parce que MONSIEUR n'aime pas les hôpitaux. » Je ne sais absolument pas ce qui m'a pris, jamais auparavant je n'avais osé lui parler comme ça. Mais là, la situation était loin d'être anodine. En protestation, il a juste soufflé et prononcé mon nom. Mais moi, je l'ai regardé froidement, avant de prendre le volant. Et il a soupiré, puis s'est installé place passager. Au fond de lui, je suis sûr qu'il savait que j'avais raison. Et puis je passerais plus tard pour récupérer ma propre voiture, de toute façon elle ne craignait rien ici. Et je n'avais pas l'intention d'aller directement au labo, non, un petit détour aux urgences s'imposait ...


Je rentrais enfin au labo suite aux derniers événements de la journée. Mais avant, j'avais fait une étape à l'hôpital, pour Mac. Oh il a bien essayé de contester, de parlementer, de me dissuader, mais je l'ai mis à la porte sans regrets, et il n'a pas eu le temps de se retourner que j'étais déjà parti. Bon, d'accord, maintenant je redoutais son retour. Il m'en voudrait sûrement, de l'avoir empêché de faire son travail. Mais je savais que ça ne durerait pas, il prendrait vite conscience que c'était la meilleure solution que j'avais. Du moins, je l'espérais. Mais ce que je souhaitais surtout, c'était qu'il n'ait rien de grave suite à son coup.

Je sortais de l'ascenseur, je n'avais croisé personne de mon équipe sur ma route. Après tout, heureusement, allez leur expliquer que j'ai abandonné mon patron sur le bord de la route ! Leur dire que je l'ai poussé hors de la voiture pour me dépêcher de repartir ! C'est juste impossible. Bref, l'animal anonyme m'attendait bien tranquillement dans mon labo. C'est fou comme, en si peu de temps nous avions acquis une telle complicité ! Certaines personnes pensent que les bêtes sont inférieurs, qu'elles ne comprennent rien de la vie. Mais après tout, je suis persuadé qu'il comprenait parfaitement tout ce qui se passait. Je crois qu'il savait parfaitement que j'essayais d'aider son maître. Et il me remerciait. Donc, ces personnes ont tort. J'avais à peine franchi la porte de mon labo, que mon ami à poils me faisait une fête. Mon ami à poil ... Je me suis alors souvenu que je m'étais fixé un objectif particulier. Celui de découvrir son nom. Je commençais à me diriger vers le local des pièces à conviction, lorsque j'ai croisé Don dans le couloir. J'ai bien failli lui rentrer dedans ! Et puis, il m'a interpellé en souriant. «Hey, dis-donc, t'as l'air pressé toi », m'a-t-il dit. Je lui ai renvoyé son sourire, et je m'apprêtais à poursuivre mon chemin, quand il a repris son air sérieux et qu'il m'a posé une question un peu ... embarrassante. « Où est Mac ? Il était bien avec toi, non ? » Je suis devenu rouge, un peu, je crois. Alors j'ai essayé de formuler une réponse, c'était exactement ce que je redoutais de devoir faire. « Hum ... Je ... Heu ... Bah il est à l'hôpital. » Je ne le regardait même pas dans les yeux. Mais lui, il ne savait pas ce que ça cachait, et comme je ne l'avais pas prévenu, il a commencé à s'inquiéter. « A l'hôpital ? Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Et toi, ça va ? » J'ai relevé la tête, pour lui répondre d'une voix se rapprochant un peu plus à la normalité. « Oui, oui, rien de grave, rassure-toi. Quand je suis arrivé, je l'ai trouvé par terre, il avait été assommé. » Il a été soulagé de savoir qu'il n'y avait pas à s'inquiéter, ni pour moi, ni pour Mac. Et il en est arrivé aux mêmes conclusions que moi. « Et comme Cooper était encore là, je pense qu'on peut l'innocenter ... Mais attend ! Tu veux dire que t'as réussi à convaincre Mac d'aller voir un médecin pour si peu ? Lui qu'on ne peut mettre dans une ambulance que lorsqu'il agonise ? » Et là, j'ai à nouveau rougi. Mais en plus, j'avais envie de rire lorsque j'ai répondu, car je revoyais la tête qu'il avait fait quand il m'avait vu prendre la fuite. « Heu ... Pas exactement, non.» Il ne me comprenait pas, et il ne supportait pas que je fasse durer le suspens comme ça, surtout avec le regard amusé que j'avais. « Mais alors quoi ? Et qu'est-ce qui te fait sourire ? » Il m'a demandé de nouveau. Et puis, j'ai été contraint de lui expliquer. «Disons qu'il n'a pas eu le temps de discuter, parce que je suis parti avant qu'il le fasse.» Et il a éclaté de rire, en imaginant la scène. Il ne me pensait sans doute pas capable de faire ça, et bien je venais de lui prouver que si. « Tu veux dire que tu l'as abandonné à l'hôpital ? T'es sérieux ? T'es mal barré mon pote !» Il m'a dit entre deux éclats de rire. J'ai ri avec lui, et puis je lui ai dit que j'avais du travail à finir. Il m'a alors fait une tape sur l'épaule, signe de compassion, et je me suis rendu au local des pièces à convictions, comme je l'avais prévu. Et au fond du carton, j'ai enfin trouvé le collier de cuir que je voulais, avec une médaille accrochée. Dessus, on pouvait y lire un nom gravé, et un numéro de téléphone au dos. « Oracle ... Alors c'est comme ça que tu t'appelles ? C'est un beau nom, que tu portes bien ... » Je me dis à moi-même. Puis je remonte aux labos, avec le collier dans les mains. Il est hors de question que je le laisse ici, non, je veux l'avoir avec moi.

J'étais presque arrivé à destination, quand les portes de l'ascenseur se sont ouvertes sur un homme. Celui-ci avait l'air très en colère ... C'était Mac. Si j'avais pu devenir une petite souris, là je peux vous dire que je l'aurais fait avec plaisir. Je me faisais le plus petit possible, en continuant ma route rapidement, presque en courant, mais surtout en priant pour ne pas être repéré. Et il ne m'a pas vu. Finalement je n'avais qu'à faire ça, l'éviter toute la soirée, jusqu'à ce qu'il se calme. Et là alors, je serais hors de danger. Mais alors que je reprenais mes esprits sur ma chaise de bureau, j'ai eu comme un flash. Je me suis refait la scène dans ma tête, imaginant notre inconnu enfermer Oracle dans une pièce, pour battre son maître. Oui, d'après nos hypothèses, il l'avait entraîné dans un bureau pour le mettre à l'écart, alors qu'il devait être furieux. Et il avait un collier ! Alors quoi de plus simple pour tirer un chien enragé, que de le prendre par son collier ? Finalement, c'était très logique. C'était ici que je devais chercher à présent. Alors j'ai pris un pinceau, et de la poudre, puis j'ai commencé à en étaler au dos de l'accessoire canin. Et il s'est avéré que j'avais raison, je venais de découvrir de magnifiques empreintes digitales qui, j'en étais sûr, appartenaient à notre vrai coupable. Petit à petit, l'étau se resserrait.

Pendant que les empreintes que je venais de découvrir étaient soumises à nos bases de données, je me suis souvenu que je devais finir l'analyse de l'empreinte de pas. J'ai ressorti cette preuve, pour la troisième fois dans l'enquête. La dernière fois, j'avais découvert que lorsque Cooper avait marché dans le sang, celui-ci avait commencé à coaguler. Mais je ne n'avais pas eu le temps d'approfondir. Sauf que là, je n'avais rien de plus important à faire. Et en observant la trace de plus près, j'ai remarqué un détail. En fait, ce n'était ni la botte en elle-même qu'il fallait observer, ni le sang, il fallait chercher autre chose. Et ce que j'ai trouvé, c'était une fibre, coulée dans le liquide durci. En fait, en marchant sur la scène de crime, Cooper avait du marcher sur cette fibre, et elle s'était retrouvée par la suite dans la tâche de sang. Sur ce coup là, c'était Cooper que nous devions remercier, car sans lui nous n'aurions jamais retrouvé cette fibre, même si je ne savais pas encore ce qu'elle nous révélerait par la suite ...


*BIIIIP*
Je n'avais pas le temps de me reposer. A peine j'avais trouvé cette étrange fibre, que ma recherche au sujet de l'empreinte avait un résultat. John Ross. C'est le nom qui avait été trouvé par l'ordinateur. Et ce nom ne m'était pas inconnu. Lorsque j'ai ouvert son fichier, et que j'ai vu sa photo, je me suis enfin souvenu où je l'avais vu. John Ross était en effet l'assistant personnel de Cooper. Bien étrange coïncidence, je me suis dit. Et puis, que ferait son empreinte de doigt sur le collier du chien de notre victime ? En fait, j'avais ma propre idée, ma propre théorie à se sujet. La question sur laquelle je m'interrogeait était plutôt de savoir quelle histoire incongrue ce nouveau suspect inventerait pour se justifier. Mise à part de rendre service aux victimes et à leurs familles, je crois que c'est l'une des choses que je préfère dans ce métier, de voir les pauvres assassins se débattre, et même se mélanger dans leurs propres mensonges. Mais assez réfléchi. Maintenant, je devais me concentrer sur les choses sérieuses, à savoir faire face à nouveau à Mac, chose que je n'avait pas encore faite depuis que je l'avais posé -contre son gré- à l'hôpital. Et ça, je le redoutais vraiment. Mais parfois, il faut savoir prendre le taureau par les cornes, comme on dit, bien que Mac ne soit pas un taureau. Enfin pas réellement ... Oh, et puis qu'est-ce que j'inventais encore, comme histoires pour ne pas y aller ? Allez, cette fois, c'était la bonne, j'ai inspiré fortement, et pris mon courage à deux mains, avant de prendre ma tablette et de franchir la porte en verre.

Stella et Mac étaient devant le bureau de ce dernier, ils semblaient parler de l'affaire. Et puis, en m'avançant un peu plus, j'ai vu que Flack était également là, et à en juger par le sourire qui lui est apparu très vite, je crois qu'il m'avait aussi vu. Mais tant pis, j'ai gardé mon air sérieux, et je me suis faufilé dans la masse, manque de bol, juste en face du patron, qui n'a pas manqué de me dévisager, sous le regard intéressé de Don. Mais j'ai fait comme si rien ne s'était produit, en espérant que ça passe sans trop de casse.

«Hey les gars, j'ai du nouveau pour l'enquête !» j'ai annoncé, avec mon air professionnel. « Si ça vous intéresse, je vous ai trouvé un nouveau suspect. » J'ai ajouté avant que quelqu'un puisse en placer une.
« Ah oui ? Alors t'attends quoi pour nous faire part de tes trouvailles, cow-boy ? » Stella m'a interrogé ironiquement. En temps normal j'aurai souri, mais là, je devais rester sérieux, pour éviter le pire. Seul Don, encore une fois, a été amusé par les paroles de Stella, tandis que Mac, continuait à me fusiller de son regard émeraude. Je n'ai même pas osé le regarder dans les yeux, je l'avoue ...
«John Ross», j'ai simplement annoncé. Et immédiatement, deux paires d'yeux interrogateurs se sont posés sur moi, alors que la troisième paire marquait plutôt de la surprise.
« John Ross, l'assistant de Cooper ? » a interrogé Flack, de nouveau sérieux.
« Celui-là même. » J'ai répondu directement. « J'ai trouvé ses empreintes digitales à l'intérieur du collier d'Oracle » Me rendant compte qu'ils connaissent pas son nom, je me suis repris. « Le chien. Et puis il travaillait avec Cooper, notre premier suspect. Il devait être au courant pour l'héritage, à mon avis ce n'est pas une coïncidence ... »
Et enfin, Mac à cessé de me regarder méchamment. Il s'est peut-être rendu compte que ça ne servait à rien, et que c'était pas en étant en froid qu'on avancerait sur l'affaire. Je lui ai alors passé la tablette avec mes résultats, qu'il a traversés des yeux.
« En effet, c'est un bon suspect. Il a le mobile et l'opportunité, ça suffit pour l'interroger. Bon travail Messer. » C'est ce que Mac m'avait répondu, je n'avais pas rêvé, il m'avait félicité. J'étais étonné, mais en y repensant, c'était plutôt logique. Bah oui, on ne parle pas de n'importe qui, on parle du lieutenant Taylor, qui est totalement dévoué à son travail ! Néanmoins, je lui en était reconnaissant.
« C'est vrai, s'il avait appris pour l'héritage, il aurait pu vouloir se l'approprier ... Et il s'est peut-être même dit qu'avec un peu de chance, on accuserait son patron à tort, ce qu'on a failli faire ... » Stella a ajouté, avant que Mac enchaîne rapidement. « Mais qu'on a pas fait finalement. Stella, Flack, allez interroger John Ross, je vais tenter de me renseigner à son sujet. » Les deux concernés ont alors hoché la tête, signe d'approbation, et ont tourné les talons. Une fois qu'ils étaient un peu plus loin, Mac à commencé à faire de même, et à entrer dans son bureau, mais je l'ai arrêté avant qu'il ne le fasse. « Écoute, Boss ... Je suis désolé pour .. Heu ... Tu sais, l'hôpi » « C'est bon Danny, je comprends, j'aurais fait la même chose pour toi. » Il m'a coupé avant même que je ne termine ma phrase. J'ai encore une fois été un peu surpris de sa réaction, mais surtout, j'étais soulagé. « Vr ... Vraiment ?» Je lui ai demandé. Mais quel idiot, pourquoi j'insistais ? Je savais pas trop. « Oui, » Puis, un sourire timide s'est dessiné sur ses lèvres. « même si je m'y serais sans doute pris différemment.» Je lui ai rendu son sourire. «Oui, mais moi, je suis moins têtu que vous. Ça aurait été bien plus facile de me convaincre. » je lui ai répondu d'un ton amusé. «Tu as probablement raison. » Il a poursuivi, et nous avons tous deux ri. Et puis je me suis rendu compte que je ne savais même pas ce que les médecins lui avaient dit au sujet de son crâne. «Au fait, comment ça va la tête ... ? » Je l'ai interrogé. « Je survivrai.» Il m'a adressé un dernier sourire, et m'a fait une tape sur l'épaule, avant d'entrer dans son bureau. Quant à moi, je me suis dirigé vers la salle de pause, en quête d'un bon café bien mérité. J'avais enfin un peu de temps pour souffler. Et ce n'est que une heure après que mon portable s'est mis à sonner, et que j'ai reçu un texto de Don, m'annonçant que le travail était loin d'être terminé.

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