Merci encore à ceux qui lisent ma fanfiction et qui donnent leur avis ça motive beaucoup ! Bonne lecture !

Allongé sur son lit couvert d'algues, Edward se tournait et se retournait sans parvenir à dormir. Chaque fois qu'il fermait les yeux, ce Roy s'affichait clairement dans sa tête, et il n'arrivait pas à se détendre.

Qu'est-ce qu'il avait bon sang ? Jamais il n'avait été autant troublé par quelqu'un ou quelque chose !

- Ed ?

Le blond se releva pour voir Alphonse entrer dans sa chambre, la mine soucieuse.

- Winry m'a dit que tu es allé à la surface. C'est vrai ?

« Elle ne pouvait pas tenir sa langue ou quoi ? » se fâcha intérieurement notre blond.

Face à son silence, Alphonse s'approcha un peu, ne pouvant supporter de ne pas savoir ce qui tracassait son frère.

- Tu n'es pas comme d'habitude. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

-Hmf… Rien de spécial. J'ai regardé des mouettes voler. C'était super.

- Menteur, il y avait un bateau !

- Ben si tu sais déjà tout pourquoi tu demandes alors ?

Etant habitué à la mauvaise volonté de son frère pour ce qui était de parler de ses problèmes, Alphonse ne répliqua pas. Heureusement qu'il était d'un naturel patient.

- Ecoute… Pourquoi tu refuses de me dire ce qu'il ne va pas ? Je suis ton frère ! Jamais je ne me moquerais de toi si c'est ce que tu penses !

Ah ? Ces paroles ont un effet surprenant : voilà Edward en train de rougir.

- Et bien qu'est-ce qu'il y a ? demanda Alphonse avec un sourire en coin. Ne me dis pas que…

- Non ! Je t'arrête tout de suite ! le coupa Edward.

Ses joues rouges trahissaient son trouble intérieur. Il ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi il rougissait. Du moins il refusait de l'admettre…

- Alors ? Insista son petit frère avec un petit rire. Ce n'est vraiment pas ce que je pense ?

Edward, sachant qu'il ne pouvait plus éviter la conversation, se résigna finalement à raconter (du moins en partie) ce qu'il avait vu sur ce navire. Alphonse l'écouta avec attention, en particulier lorsqu'il (tout en évitant un peu son regard) fit allusion à une personne qui avait plus retenu son intérêt que les autres.

-Donc en fait, t'arrive pas à t'enlever cette personne de la tête, c'est ça ?

Edward acquiesça, ses joues devenant encore plus rouges. Alphonse lui sourit.

- Tu sais quoi ? Je pense que tu es amoureux !

Lui ? Amoureux ? Edward ne put s'empêcher de rire, bien que son rythme cardiaque venait soudainement d'augmenter. C'était un humain ! Et en plus un homme !

- Tu dis n'importe quoi ! En plus, même si c'était le cas, l'amour entre un humain et une sirène ou un homme-poisson ne peut se concrétiser !

Son rire s'était tu. Il se sentait blessé par ses propres mots, bien qu'hélas ce qu'il disait était la vérité. Une histoire d'amour entre deux êtres différents comme cela avait rarement bien fini.

Al ressentit son découragement et le rejoignit sur le lit, repliant sa queue de poisson pour pouvoir s'asseoir à ses côtés.

- On ne choisit pas de qui on est amoureux, c'est notre cœur qui parle. Et puis ne t'inquiète pas, il se peut qu'il choisisse un jour une autre personne qui te conviendras, et qui cette fois appartiendras au monde marin, comme nous ! A ce moment, tu ne seras plus tourmenté…

Ils échangèrent une étreinte fraternelle. Ed le remercia pour ces paroles et se rallongea, laissant Alphonse sortir de sa chambre. L'ennui, c'est qu'il continua à ne pas trouver le sommeil. Impossible de dormir…

Il se sentait ronger par l'envie de remonter à la surface, et de revoir à nouveau ce Prince. Peut-être que par la suite il se sentira mieux et qu'il réussira à atteindre les bras de Morphée ? Ne dit-on pas que le meilleur moyen de résister à la tentation c'était d'y céder ?

N'y tenant plus, il tâcha de sortir de la maison sans réveiller les autres, et se dirigea vers la surface. Il chercha des yeux le bateau de toute à l'heure, priant pour qu'il soit encore là. Par chance, la fête n'était pas finie car il l'aperçut un peu plus loin.

Il nagea jusqu'à lui et entreprit de retrouver la corde qui allait lui permettre de pouvoir monter sur l'embarcation. Malheureusement, il eu beau contourner le navire, il ne la trouva pas.

Et il ne tarda pas à comprendre pourquoi. Le ton des voix qu'il entendait avait changé depuis la dernière fois. Ce n'était plus des rires qu'il entendait, mais des cris de peur.

Inquiet pour le prince, Edward leva la tête en reculant, espérant voir ce qu'il se passait sur le pont. Il n'eut pas le temps de réagir qu'une vague l'engloutit, le forçant à retourner sous l'eau. L'Océan n'était plus si calme que tout à l'heure…

Il revint à la surface et comprit alors pourquoi les gens sur le bateau étaient si agités. Une tempête s'était levée, et elle devenait de plus en plus violente ! Le navire était sévèrement secoué par les flots et tanguait dangereusement.

La pluie ne tarda pas à s'ajouter au mauvais temps, et Ed sursauta lorsqu'arriva les éclairs. C'était beaucoup plus impressionnant de voir une tempête de la surface que depuis les profondeurs.

Les hurlements s'intensifiaient et le blond fut horrifié par ce qui s'ensuivit. Malgré les efforts fournis, le navire finit par chavirer, et tout le monde sauta à l'eau pour ne pas sombrer avec, rejoignant les barques qu'on avait auparavant jeté par-dessus-bord pour pouvoir rejoindre la Terre ferme.

Dans la panique, personne ne s'était aperçu de sa présence. Mais là, de toute façon, Edward se fichait complètement d'être vu. Où était Roy ? Il ne le voyait pas !

Le blond se figea. Et si…

Sans attendre il plongea, espérant se tromper. Il le chercha des yeux, mais toujours rien. Son angoisse augmenta. Pourvu qu'il ai eu le temps de quitter le bateau !

Là ! Quelqu'un coulait ! C'était lui ! Edward accéléra le mouvement de ses nageoires. Les humains ne pouvaient pas respirer sous l'eau et ne tenaient pas longtemps sans oxygène.

Il l'atteignit et entoura aussitôt son torse de ses bras pour pouvoir le tirer vers la surface.

Vite ! Plus vite ! C'était dur mais, motivé à l'idée de lui sauver la vie, il puisa dans toutes ses forces et réussit à le ramener à l'air libre.

Les barques étaient déjà hors de vue mais Edward connaissait une plage pas très loin. Il commença alors à nager dans sa direction, en prenant bien soin de garder la tête de Roy hors de l'eau. Au bout de presque une demi-heure, ils atteignirent la terre.

Bien content que ça soit enfin terminé, le jeune homme-poisson hissa le corps inerte du prince sur le sable avant de commencer à reprendre son souffle. Après tout ça, c'est sur, il n'aura plus aucun mal à dormir.

Il déplaça une mèche de ses cheveux blonds qui le gênait et secoua légèrement l'homme qu'il venait de sauver.

- Ça va ?

Pas de réponse.

- Vous allez bien ? demanda-t-il un peu plus fort.

Toujours pas de réponse. Edward posa sa tête sur le torse de Roy et fut vite soulagé. Il sentait le cœur battre, ce qui voulait dire qu'il était en vie. Le prince remua faiblement, mais garda les yeux clos. Il était faible, très faible…

Edward regarda les alentours avant de se pencher vers ce visage qui le fascinait tant.

- Ce que je vais faire ne vas pas grandement vous aider, mais va néanmoins vous redonner quelques forces.

Avec douceur, presque comme si Roy allait se briser au moindre contact, il posa ses lèvres sur les siennes durant quelques instants. Il le sut à ce moment et ne pouvait plus se le nier : il était bel et bien amoureux.

Il releva la tête, caressant la joue de son prince. Il ouvrit la bouche, cette fois non pas pour lui murmurer des paroles, mais pour entamer un chant qu'il connaissait bien, une chanson que sa mère avait souvent chanté pour Alphonse et lui, et qui parlait des merveilles que recelait le monde.

Il n'avait pas l'habitude de chanter, mais comme tous ceux de la race des sirènes, il possédait une voix à plusieurs propriétés magiques, dont celle de guérison. De plus, leur chant était toujours très agréable à écouter…

Il chanta plusieurs minutes, le temps qu'il puisse constater que Roy reprenait des couleurs. Celui-ci entrouvrit soudain les yeux, tournant légèrement la tête vers lui. Le rouge aux joues, Edward retira sa main de sur sa joue d'un geste vif, et ne continua pas sa mélodie, bien trop intimidé de continuer devant quelqu'un (et surtout devant lui).

Le prince plissa les yeux, sa vision étant encore bien floue.

- Tu… C'est toi qui m'as sauvé n'est-ce pas ? articula-t-il d'une voix enrouée.

- O… Oui, répondit Edward qui se sentait encore plus rougir lorsque le Prince lui prit une main.

- Je t'en suis éternellement reconnaissant ! Quel est ton nom ? demanda Roy qui, toujours un peu assommé, n'arrivait pas à discerner à qui il s'adressait.

Notre blond hésita quelques secondes avant de répondre.

- Je m'appelle E…

- ROY ? ROY, OU ES-TU ?

Edward sursauta. Sur le coup, il n'acheva pas sa phrase et s'empressa de plonger dans l'eau pour aller se cacher un peu plus loin, près des rochers de cette partie de la plage.

Un Maes trempé jusqu'aux os, échevelé et essoufflé, ne tarda pas à arriver sur la rive. Il vit son ami allongé sur le sable et s'élança vers lui en courant.

- ROY !

Cette fois, le prince ouvrit les yeux pour de bon et se releva, aidé par Maes qui poussa un long soupir de soulagement.

- J'ai cru que je ne te retrouverai jamais ! Tu ne peux pas savoir à quel point on était tous inquiets lorsqu'on s'est aperçu que tu n'étais pas avec nous ! On a aussitôt démarré des recherches et…

- C'est bon Maes je vais bien, rassura Roy en toussotant.

- C'est dommage que la fête se soit terminée comme ça, mais au moins le destin t'a offert un beau cadeau d'anniversaire en te faisant échouer ici, fit remarquer le valet.

- Non, ce ne sont pas les vagues qui m'ont amené ici, le coupa Roy tandis qu'ils avançaient pour aller retrouver les autres. J'ai été secouru par quelqu'un…

- C'est impossible voyons, tout le monde était dans les barques et personne ne manquait à part toi !

- Mais je n'ai pas rêvé ! Insista le brun. Je me souviens que lorsque le bateau allait chavirer, j'ai été envoyé contre le mat et j'ai perdu conscience sous le choc. Lorsque je me suis réveillé, j'étais sur la rive et il y avait quelqu'un qui était à côté de moi, et même qui chantait !

- Qui chantait ?

- Oui, j'en suis sûr ! On n'entend pas une voix comme celle-là souvent !

- Il chantait faux ?

- Mais non idiot c'était… C'était… Il n'y a même pas de mot !

- Mieux que ma petite Elysia ?

- Oui !

- Alors tu as bel et bien rêvé. C'est impossible ça.

Edward les regarda s'éloigner en pensant qu'il avait bien fait d'être retourné les voir. S'il ne l'avait pas fait, il aurait perdu Roy. Mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être triste. Il l'avait sauvé mais ne pouvait pas rester avec lui.

C'est donc le cœur encore plus lourd qu'il se décida à retourner chez lui. Et cette fois, lorsqu'il se rallongea sur son lit, il n'eut aucun mal à s'endormir, complètement épuisé par ses efforts précédents.