Il est temps pour notre Edward et son prince de faire plus ample connaissance. J'espère comme d'habitude que ce chapitre vous plaira et vous souhaite une bonne lecture !

- Tu sais que tu m'étonneras toujours ? Tu pars te promener sur la plage pour te changer les idées, et voilà que tu nous ramène un garçon !

- Oh tais-toi Maes… Il semblait bien mal en point je ne pouvais pas le laisser comme ça !

Des voix…

Où était-il ? Il se sentait tellement épuisé.

Mais il avait aussi l'impression d'être enveloppé dans un cocon très confortable. Un lit ?

Lentement, il ouvrit les yeux. Il ne reconnut pas ce plafond blanc immaculé. Encore légèrement endormi et bien installé, il s'apprêtait à replonger dans le sommeil lorsqu'un visage vint brutalement se poster dans son champ de vison, le réveillant complètement.

- Ah, tu es enfin conscient ! Quel est ton nom ?

Edward serra légèrement les draps, son cœur battant, ses joues en feu. C'était lui ! C'était Roy !

- Edward, répondit-il dans un murmure timide.

- D'accord, Edward. Désolé si tu es un peu désorienté, mais je t'ai trouvé évanoui sur la plage et j'ai pensé qu'il valait mieux te ramener, s'excusa Roy en se passant une main derrière la tête. Mais si tu veux rentrer chez toi on…

Il s'interrompit, voyant le blond afficher une mine inquiète.

- Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il prestement.

- N… Non, ça va. C'est juste que…

Il hésita à continuer.

- … Que je me sens encore un peu bizarre, acheva-t-il avec un sourire gêné.

Roy parut rassuré et se leva pour se diriger vers la petite table placée sous la fenêtre, non loin du chevet du blondinet. Il prit le verre d'eau qui y était posé et revint le lui apporter.

- Tiens, ça devrait te faire du bien!

Edward le remercia avant de prendre le verre lorsque Maes refit irruption dans la pièce, tenant des vêtements dans les bras.

- Je pense que ceux-là iraient à notre jeune invité ! chantonna-t-il avant de les déposer sur le lit et de repartir dans le couloir. Bon, Roy tu viens ?

- Hmm ?

Maes eu l'ombre d'un sourire avant de revenir pour attraper son prince par la manche et de le tirer hors de la pièce, devant un Edward qui cligna des yeux sans comprendre.

- Ben quoi ? fit Roy une fois que la porte se fut refermée derrière lui.

- Il n'a pas besoin de toi pour se changer je pense, fit remarquer le valet avec un sourire en coin. Surtout que tu as déjà eu l'occasion de bien te rincer l'œil !

- Hé ! Qu'est-ce qui te fais dire que je me suis rincer l'œil ? protesta le prince en croisant les bras.

- Il ne portait rien lorsque tu l'as ramené, tu l'avais même enveloppé dans ta cape ! Et puis ton regard ne trompe pas ! J'ai bien vu comment tu l'observais lorsqu'il était encore inconscient !

Roy haussa les épaules. Il ne se souvenait pas avoir arboré une expression particulière pendant sa veillée sur le blond.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-il en haussant un sourcil, bien qu'au fond il avait déjà comprit où voulait en venir son ami.

- Oh, rien ! Mise à part qu'à mon avis ce garçon ne te laisse pas totalement indifférent ! Il faut bien admettre qu'il est mignon je dois dire mais je ne me laisserai pas tenter car ma femme est encore mieux et jamais au grand jamais je ne trahirai son amour brûlant pour moi ainsi que…

Roy roula des yeux tandis que Maes continuait de faire des éloges sur sa tendre épouse en prenant un air rêveur. Il devait avouer qu'il n'avait pas tort concernant la beauté d'Edward…

Sous l'océan, Alphonse rentrait enfin après des heures de recherches vaines. Winry était déjà revenue de son côté, mais n'avait hélas pas plus obtenu de résultats.

Ils n'eurent pas besoin de parler, leur expression mutuelle traduisant largement leur anxiété. Pour la première fois, Edward n'était pas rentré de son escapade et on ne le trouvait nulle part. Alphonse tenta de se rassurer en se disant que peut-être son frère s'était endormi quelque part, et qu'il allait arriver d'un instant à l'autre pour marmonner des excuses avant d'aller se coucher.

- J'espère qu'il ne lui est rien arrivé, fini par soupirer Winry.

- Ne t'en fais pas je suis sûr qu'il se porte à merveille, la rassura Alphonse en la suivant jusqu'à chez eux.

Lui aussi s'inquiétait mais, connaissant son amie, il ne valait mieux pas penser au pire avant d'en être plus que certain et l'angoisser encore plus.

À ce moment, effectivement, notre blond se portait bien. Très bien même. Une fois que le prince et son valet étaient sortis pour le laisser tranquille, il avait retiré les draps et s'était alors extasié devant la belle paire de jambes qu'il put apercevoir.

Il s'amusa une minute à les tâtonner, histoire de vérifier qu'elles étaient bien réelles. Cela faisait un peu bizarre de ne plus sentir d'écailles sur sa peau. Il posa les pieds par terre et tenta de se lever.

Tenta, parce que même s'il réussit, il ne tarda pas à partir vers l'avant. Poussant une exclamation de surprise, il parvint à rester debout mais partait maintenant vers l'arrière. Cette fois, il ne put se rattraper et retomba en travers sur le lit qu'il venait de quitter.

Bon, des jambes c'est bien, mais savoir s'en servir en définitive c'est mieux !

Il prit les vêtements que Maes avait déposés sur les couvertures. Porter des vêtements aussi le déphasait un peu, les sirènes n'en ayant évidemment pas besoin. Il entreprit d'enlever la robe de chambre qu'on lui avait mise et enfila la chemise et le pantalon noir. Il avait l'impression de ressembler à un pirate dans cette accoutrement…

Maintenant qu'il était habillé, il décida de s'entraîner à marcher. Ce n'était certainement pas difficile ! Une jambe après l'autre, comme ça… Et puis…

BOUM

- Aïe, geignit notre pauvre Edward qui venait de tomber sur le sol.

Visiblement, cela allait quand même lui demander un peu d'entrainement…

Il faut dire aussi qu'il n'arrivait pas trop à se concentrer. Posant une main sur sa gorge, il baissa la tête, pensif. Lorsqu'il avait répondu à Roy tout à l'heure, il avait eu une curieuse impression. Mais cela pouvait venir de sa fatigue… Il se souvenait encore de la douleur, sur la plage. Elle l'avait un peu affaibli et il ne devait pas avoir les idées encore trop claires…

La porte de la chambre se rouvrit sur Roy et Maes. Notre blond se sentit mort de honte et voulut se relever précipitamment. Grossière erreur, parce qu'il s'emmêla les pinceaux (ou plutôt les pieds vu la situation), et manqua de se retrouver une fois encore par terre.

Par chance, Roy le rattrapa et Edward devint rouge tomate, collé au torse du bel homme qui venait de lui épargner la chute.

- ..D..Désolé… Je… Je suis…

- C'est rien, c'est rien ! rit le prince qui ne trouvait pas ce contact désagréable. Tu es encore faible c'est normal !

Le blond recula et s'efforça de garder son équilibre pour ne pas avoir l'air ridicule plus longtemps.

- Bon. Moi je vais aller faire un tour en cuisine, c'est bientôt l'heure du dîner ! s'excusa soudain Maes après une courte révérence.

Il s'éclipsa rapidement, content de son excuse pour laisser son prince et ce mystérieux jeune homme en tête à tête.

L'ambiance une fois le valet sorti pouvait être comparé à une enclume. Ni Edward ni Roy ne savaient quoi dire.

Le prince regarda longuement cet intriguant adolescent qui était occupé à éviter son regard, se tortillant nerveusement une mèche de ses cheveux blonds. Le blondinet perdait le fil de ses idées, tant l'émotion d'être avec celui qu'il aimait était vive, et ses prunelles dorées s'attardaient sur le sol.

De son côté, Roy était également perturbé. Ces cheveux semblaient doux à caresser, et ce spectacle de pure timidité était adorable…

« Oui, c'est vrai qu'il est mignon. »

Baffe mentale. Il ne le connaissait même pas !

- Euh… Dis-moi, d'où viens-tu ? demanda-t-il finalement pour rompre le silence.

Edward cessa de jouer avec sa mèche. Il avança (cette fois lentement, par précaution) jusqu'à la fenêtre, l'ouvrit et pointa le doigt vers l'Océan.

- De là, je viens de là !

Roy le rejoignit et après quelques secondes de réflexion, s'émerveilla.

- Oh ! Tu viens de l'autre continent ?

Inutile de préciser que le blond se retint de pousser un soupir. Soudain, il prit conscience que ce qu'il s'apprêtait à faire était idiot. Comment réagirait son prince s'il lui disait quelque chose du genre « mais non pas du tout je viens DE l'océan, pas de l'autre bout ! Et avant d'être ici j'avais une belle queue de poisson mais grâce à une potion j'ai pu vous rejoindre parce que c'est moi qui vous avais sauvé le jour du naufrage, et il se trouve que je suis tombé amoureux de vous ! »

Dit comme cela, il ne le croira certainement pas. Surtout que, en parlant de potion, il venait de se rendre compte que son impression peu après son réveil n'en était pas vraiment une…

Comment pourra-t-il prouver ses dires s'il ne peut même pas, par exemple, rechanter la mélodie qu'il connaissait et qui avait permis la guérison de Roy ?

Parce que oui, certes il pouvait parler, mais il lui semblait bien que cette voix dont il était en train de se servir n'était pas la sienne !