Yosh ! Nouveau chapitre ! L'histoire arrive bientôt à sa fin, mais je vous souhaite de continuer à passer un bon moment à la lire. J'espère que la partie publiée aujourd'hui sera en mesure de vous donner faim et que vous aurez envie de dévorer la suite. Sur ce, je vous laisse, m'excuse encore de ne plus respecter mes délais de temps, et vous remercie de suivre Full Little Merman. C'est toujours un vrai plaisir d'écrire cette fanfiction mêlant mon conte préféré et mon manga favori, et de la faire partager. Bonne lecture !
Les deux murènes claquèrent des mâchoires, agacées. La nourriture se montrait coriace aujourd'hui. Winry et Alphonse, poussant tous deux un cri de guerre à l'unisson, en profitèrent pour s'élancer vers elles avec l'intention de les effrayer. Se défendre ne faisait qu'attiser la rage des deux monstres alors autant jouer la carte du kamikaze et montrer qu'eux aussi savaient attaquer. Désarçonnées par ce changement d'attitude, les créatures ripostèrent de manière chaotique, frappant au hasard. Aucun de leurs coups ne porta, contrairement à ceux d'Alphonse et de Winry.
Edward, de son côté, était parvenu à rattraper la fiole de potion. D'un geste vif, il l'avait refermée pour empêcher le précieux liquide qu'elle contenait de s'évaporer dans l'océan. L'ondin réfléchissait à toute allure. Ce qu'il venait de se passer montrait bien qu'il était un fardeau pour son frère et Winry. Il ne pouvait pas assurer ses arrières ni se battre correctement tout en veillant sur le breuvage magique qu'il comptait boire pour sauver Roy. Mais devait-il pour autant obéir à Alphonse ? Sa conscience continuait de le faire hésiter. Non, il ne savait plus… Des images horribles défilaient dans sa tête. Son cadet et sa meilleure amie hurlant de douleur, dévorés par les murènes. Roy assassiné par Dante.
CLAC !
Retour violent à la réalité. Le revoilà dans la caverne de la sorcière, les yeux écarquillés, une joue rougie. Winry se tenait à présent devant lui, le visage crispé par la colère, la main tendue. Le blond sentait encore la baffe magistrale qu'il venait de se prendre.
- Arrête de faire ton têtu pour une fois et va sauver ce prince !
Tout se figea dans la tête d'Edward. Même s'il ne voyait pas de larmes, il savait que Winry pleurait à nouveau. Cela se ressentait dans sa voix.
- Tu nous as bien abandonné déjà une fois pour lui, non ? Crétin !
- Vous n'étiez pas en danger ! riposta aussitôt le blond.
- Non, nous étions comme deux idiots à s'inquiéter pour toi, à se demander si tu étais encore en vie et où tu étais passé ! Je ne trouve pas cette situation plus agréable que celle actuelle figures-toi !
Edward soutint les yeux bleus foudroyants de son amie. Les deux murènes s'acharnaient sur Alphonse qui faisait de son mieux pour attirer leur attention. D'un commun accord avec sa meilleure amie, il avait décidé de la laisser faire pour convaincre son ainé de partir. La sirène à la larme facile possédait l'air de rien un caractère bien affirmé.
- Tu n'as jamais vraiment été heureux ici de toute façon, poursuivit Winry. S'il te plait, je te le demande en tant que meilleure amie d'enfance : ne sacrifie pas ton bonheur pour le nôtre. Je t'en prie. Ton frère et moi préférons que tu sois heureux ailleurs plutôt qu'à nos côtés et dépressif. Sauve ce prince et reste avec lui, tu m'entends ? Refuses encore une fois et je te jure que le coup de nageoire que tu vas recevoir va t'envoyer direct sur la terre ferme !
Alphonse acquiesça, toujours aux prises avec les murènes. Edward serra la potion magique contre sa poitrine et fixa son amie avec un regard désormais déterminé. Ils n'étaient plus des enfants. Winry et son frère savaient se défendre, il devait s'en convaincre et leur faire confiance. Il hocha enfin positivement la tête et le visage de la sirène s'éclaircit.
- Tu as perdu assez de temps ! l'encouragea-t-elle. Retourne à la surface !
- On est avec toi grand-frère ! Ce soir, on mangera de la salade de murène et de la sorcière rôtie !
Edward acquiesça à nouveau et s'empressa de rejoindre la sortie de la caverne. Les murènes voulurent l'en empêcher mais son frère et Winry eurent tôt fait de les en dissuader. Le blond pria pour leur victoire contre ces monstres. Il nagea vers la surface sans se retourner, de crainte que l'hésitation ne revienne le tirailler.
Dans la cave du palais, Maes ne ressentait aucune hésitation. La sorcière qui avait envoyé sa femme et sa fille dans une autre dimension et contribué à ensorceler son meilleur ami se tenait face à lui. S'il voulait retrouver ses plus chers trésors intacts, il devait combattre.
- Tu es sûr de vouloir te mesurer à moi ? Ne préfères-tu pas te soumettre tout de suite ? Cela t'épargnera des blessures inutiles, voire une mort atroce.
- Tais-toi, sorcière ! Tu ne mettras jamais la main sur la pierre philosophale. Je suis certain que nous parviendrons à remporter la victoire.
- Nous ? se moqua Dante. Je ne vois qu'un valet devant moi.
- Un valet qui sera bientôt rejoint par un jeune alchimiste de talent, précisa Maes.
La sorcière fronça les sourcils. Elle ne voyait qu'un seul alchimiste dont pouvait parler Maes : l'ondin aux cheveux dorés qui fut sa marionnette pour atteindre le prince. Elle ne s'inquiéta pas outre mesure. À l'heure qu'il était, cet être naïf avait retrouvé sa vraie forme et devait surement gémir sur son sort dans sa cellule. Le valet du prince voulait la troubler, mais cela ne marcherait pas.
- Puisque tu fais le têtu je vais te dresser, annonça la vieille femme.
Des pics de terre se formèrent depuis le sol et furent propulsés en direction de Maes. L'ex-soldat les évita de justesse, roula sur le sol et, tout en se relevant, lança à son tour sa première attaque. Ses couteaux fendirent l'air mais n'atteignirent pas leur cible. Un mur composé de la même matière que les pics s'était dressé devant la sorcière. Maes se déplaça autour d'elle, déployant de multiples projectiles tranchants. Dante répéta à chacune de ses tentatives la même technique de défense : un mur venait toujours la protéger. Le valet ne se découragea pas pour autant et essaya de redoubler de vitesse pour l'empêcher d'y avoir recours. Il cru un instant que l'une de ses armes allait toucher la sorcière, mais il n'en fut rien. Dante, cette fois, esquiva sans utiliser l'alchimie et le surprit en faisant ressurgir du sol des pics acérés presque aussitôt. Maes se retrouva à terre, blessé à la hanche. Il sentit une brûlure et un liquide chaud se rependre à cet endroit.
« L'alchimie est un avantage plus qu'utile contre moi » pensa Maes, concentré.
Le combat risquait de prendre rapidement une mauvaise tournure. Le valet ne savait pas comment attaquer pour blesser son adversaire. Il n'avait jamais combattu un alchimiste, et ne connaissait donc pas les failles que pouvait avoir la défense de ce type d'ennemi. De plus, sa spécialité était les attaques à distance, et il supposait que ses chances de gagner reposaient plus sur une habilité au corps à corps qu'il ne possédait pas. Il tenta de sortir Roy de sa torpeur, conscient que seul, il ne tiendrait pas longtemps. Edward allait arriver sans doute bientôt, mais le mieux dans sa situation était de trouver du renfort au plus vite.
- Votre Majesté ! Ressaisissez-vous ! L'avenir du royaume est en jeu en ce moment !
Mais son prince continua de regarder la bataille avec indifférence. Son esprit semblait loin, très loin de la cave où ils se trouvaient. Maes ne voyait là qu'un pantin immobile, sans âme. L'état de son meilleur ami blessait le valet.
- Roy ! C'est Maes ! Roy !
Dante rit aux éclats. Le serviteur du prince pouvait s'égosiller jusqu'à ne plus pouvoir parler, celui-ci ne bougerait pas d'un pouce. L'héritier du trône était sous l'emprise de la voix d'un ondin, et ce contrôle ne pouvait pas être brisé aussi facilement. Seul Envy, à l'heure actuelle, pouvait rompre le lien.
Maes lança de nouveaux projectiles tranchants sur la sorcière. Dante les évita avec facilité avant de tendre une main devant elle, agacée.
- Ce combat m'ennuie déjà, déclara-t-elle. Je devrais te foudroyer sur le champ mais j'ai une bien meilleure idée…
Le valet sentit une force inconnue le forcer à s'agenouiller. Il grinça des dents, voulut résister. Tout son corps trembla, ses articulations le supplièrent de céder, mais il tint bon. Son ennemie n'arriverait pas à le soumettre. Il ne courbera le dos que face à son prince, et ce jusqu'à la fin de sa vie. N'était-ce pas lui qui lui avait présenté Gracia, offert une maison et une amitié plus solide que le roc ? Dante ricana et psalmodia une incantation incompréhensible pour le valet. Aussitôt, une dague se matérialisa devant elle. La sorcière s'en empara et sembla se désintéresser désormais de son adversaire. Elle s'approcha du prince, le contourna pour se placer dans son dos, et dressa la lame contre le gorge de Roy.
- Majesté, votre plus fidèle serviteur ne fait pas preuve de bonne volonté, se plaignit-elle. Dois-je vous tuer pour le faire obéir ?
Roy resta de marbre.
- Je prends ce silence pour un oui, décida la sorcière.
- Attendez !
Maes était parvenu à se redresser presque entièrement sous l'effet de la panique.
- Je… Si vous voulez que je m'incline, soit. Mais éloignez-vous du prince.
Dante afficha un sourire particulièrement malsain. Que c'était bon d'infliger une humiliation cuisante à ces idiots ! Lorsque le valet enfin décidé à abdiquer posa un genou à terre, elle éclata de rire et utilisa un autre sortilège pour le forcer à rester dans cette position de soumission.
- Bien, je vais te récompenser pour ton obéissance.
Elle décolla la lame de son poignard du gosier de Roy et lui glissa l'arme dans une main. L'héritier du trône referma docilement les doigts sur son manche sous le regard inquiet de son valet. Maes ne comprenait pas où la sorcière voulait en venir, mais il était néanmoins certain que la vieille femme n'en avait pas fini avec eux. Il tenta en vain de se relever pour intervenir, craignant qu'elle n'ait maintenant décidé de forcer le prince à se suicider.
- Allons, allons, du calme, le rassura Dante tout en délaissant Roy pour venir se pencher devant lui. Je vais le laisser vivre comme promis. Je vais même l'autoriser à faire quelque chose de terriblement amusant pour te remercier.
Son visage exprimait une folie démentielle.
- La permission de tuer un être cher n'est pas donnée à tout le monde. Je vais l'accorder à ton prince.
Maes, horrifié, reporta son regard vers son meilleur ami, toujours aussi imperturbable qu'une statue.
Retour vers l'océan. Edward sentit bientôt l'air frais du soir sur sa peau. Il venait enfin d'atteindre la surface et se dirigea vers la berge sans attendre. Une fois sur le sable, il déboucha la fiole de potion et la porta à ses lèvres. Il ne leva pas tout de suite la tête pour boire le liquide magique. Il ferma les yeux, concentré. Il savait ce qu'il s'apprêtait à endurer. La transformation en humain risquait de lui faire perdre conscience, mais il fallait à tout prix qu'il évite cela. Combien de temps resterait-il évanoui si jamais il cédait à la souffrance ? Edward préféra ne pas faire de suppositions, et faire de son mieux pour rester éveillé.
Il but le breuvage rouge sang d'une traite et n'eut pas à patienter longtemps pour en ressentir les terribles effets. Il se tint les hanches, se laissa tomber à terre, recroquevillé. Il ne se retint pas de gémir puis de crier. Contenir la douleur la rendait plus insupportable. Il luttait de toutes ses forces pour ne pas sombrer. Le prince, Maes… Il s'efforça de penser à ceux qui avaient besoin d'aide. Il frappa le sol avec violence, déchiré par la métamorphose qui s'opérait en lui. Il pria pour qu'elle cesse au plus vite. Ses membres tremblaient, il avait l'impression qu'on lui passait une épée à travers le corps pour le fendre en deux. Lorsqu'il était devenu humain pour la première fois, et de cela il était persuadé, la douleur n'avait même pas été aussi intense. Dante avait sans doute voulu préserver un tant soit peu sa santé pour qu'il puisse faire fonctionner son plan.
Il cru mourir à maintes reprises. Comment son cœur et son cerveau pouvaient-ils encore résister à cette torture ? Pourquoi était-ce si long ? Edward haleta, le front baigné de sueur. Sa vue se brouillait, ses paupières menaçaient de se fermer. Courage. Il se répétait ce mot sans cesse. Il devait tenir bon pour Roy et les autres.
Enfin, la douleur se fit moins intense puis disparut. Edward resta cependant allongé, les yeux mi-clos. Il était encore conscient, mais épuisé. Un vague sourire étira ses lèvres. Il ne s'était pas évanoui. Il avait réussi. Toutes ses forces, en revanche, semblaient s'être volatilisées. Se relever s'avéra difficile. Il reprit calmement son souffle et jeta un œil aux deux jambes qui venaient à nouveau de remplacer sa queue de poisson. Il les remua avec précaution et constata qu'elles lui obéissaient à merveille. Il voulut alors se mettre debout mais échoua lamentablement. Le blond jura.
- Allez, tu as passé le plus gros, se réprimanda-t-il. Tu peux te lever et courir !
Son corps lui en voulait de subir toutes ses épreuves. Edward s'y reprit en plusieurs tentatives pour pouvoir enfin tenir sur ses deux jambes. Celles-ci tremblaient un peu mais il ne s'en formalisa pas. Ses prunelles dorées fixaient le château de Roy. Son objectif. Un détail retint son attention. Une silhouette descendait la côte menant à la plage depuis l'édifice. Une silhouette assez grande et familière. Il la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle devienne plus visible.
Roy avançait vers lui. Il ne rêvait pas. C'était bien lui. Il reconnaissait ses traits, ses yeux, son vêtement d'apparat. Son prince venait bien à sa rencontre. Comment savait-il où il se trouvait depuis qu'ils furent séparés ? Comment avait-il échappé à Dante ? Le blond n'en avait aucune idée.
- Roy ! C'est toi ! Où est Maes ?
L'héritier du trône d'Amestris ne répondit pas. Le futur souverain avait les yeux dans le vague, et aucune expression n'habitait son visage tandis qu'il se rapprochait les mains dans le dos. Edward s'inquiéta. Finalement, l'état de Roy n'était peut-être pas si brillant que cela…
- Roy ! Pourquoi es-tu si… Sérieux ? Comment est la situation au palais ? Tu vas bien ?
Aucune de ses interrogations ne fit réagir son prince. Edward le vit s'arrêter en face de lui sans prononcer le moindre mot. Il attendit, mais Roy resta sans bouger. N'y tenant plus, le blond se précipita et l'étreignit.
- Tu es vivant, c'est le plus important. Si tu es ici cela veut sans doute dire que la sorcière a été vaincue, n'est-ce pas ? Toi et Maes n'avez pas eu besoin de mon…
TCHAC
Edward n'acheva pas sa phrase. Le mot « aide » mourut dans sa gorge, remplacé par une exclamation de douleur. La surprise habita ses prunelles dorées qu'il releva vers le visage du prince. Roy le fixait toujours avec la neutralité la plus totale. Le fait qu'il venait de poignarder son protégé ne faisait même pas naître la moindre émotion, positive ou négative, en lui.
