War of the districts
Chapitre septième
Trois jours. Le temps était maintenant écoulé. Naruto releva la tête pour apercevoir le soleil se lever, au loin. Le ciel commençait tout juste à se teinter des couleurs de l'aube, soit le rose et l'orange. Il ne voulait pas abandonner, pas encore, malgré que le temps soit déjà écoulé. Mais rien ne lui venait. C'était le vide total.
Habituellement, il aurait été le premier à foncer tête baissée. Mais seul. Jamais avec d'autres personnes. Il ne voulait pas les voir tomber un à un près de lui à cause d'une laborieuse décision. Mais Sasuke, lui, n'aurait aucun remord. Si jamais quelqu'un en prenait à sa fierté, l'Alpha ferait tout pour le tuer. Absolument tout. Peu importe que d'autres soient impliqués.
Le blond se releva en ignorant l'engourdissement de ses jambes qui lui criait qu'il était resté assis bien trop longtemps. Mais il avait perdu le compte des heures perdues à réfléchir dans sa chambre, dont il connaissait maintenant chaque recoin par cœur. Il prit alors le morceau de verre posé sur l'un des rares meubles de cette maison.
L'image de son reflet s'imposa elle-même sur le verre. Ses traits étaient tirés et d'énormes cernes marquaient ses yeux. Il ne put empêcher une futile grimace de s'installer sur son visage fatigué. Il n'avait vraiment pas bonne mine, après ces deux nuits blanches de suite, passées à se creuser la tête. Mais, ce qui l'inquiétait était surtout l'attaque prévue dans l'après-midi.
Il y aurait plusieurs morts, il en était certain, et sa trop grande gentillesse ne pouvait l'accepter. Il devait empêcher cela, mais comment ? Ses pensées tournaient en rond, ses solutions n'étaient bonnes à rien… Et, connaissant Sasuke, malgré tout ce qu'il pourrait lui dire, il n'accepterait jamais d'abandonner cet assaut.
« Stupide trop grande fierté, marmonna-t-il. »
Il sortit de sa chambre et descendit au rez-de-chaussée, cherchant à se changer les idées. Une fois en bas, il ne vit personne. Il devait être encore trop tôt. Mais il était sûr que Sasuke était réveillé. Il ne serait même pas étonné s'il descendait lui aussi à ce moment-ci pour lui annoncer qu'il était insomniaque et qu'il jouait des pièces de théâtre en cachette.
Il eut un petit sourire sur cette pensée et secoua la tête de gauche à droite. La fatigue ne le faisait vraiment pas, c'était certain. Mais ce n'était pas l'heure d'aller dormir. Pas encore. Il devait rester éveillé et empêcher Sasuke de sacrifier des vies pour absolument rien. Quitte à l'assommer et à le ligoter, ce qui serait totalement suicidaire, rappelons-le.
Alors qu'il venait de s'asseoir sur une des chaises, il entendit des pas descendre l'escalier. Il tourna la tête dans cette direction pour voir Sakura se diriger vers lui. Cette dernière siffla lorsqu'elle aperçut ses immenses cernes. Elle s'installa près de lui et enroula une mèche rose autour de son index.
« Tu n'aurais pas dû te donner autant de mal pour cette histoire, Naruto. »
Ah, c'est vrai, elle était aussi au courant pour l'ultimatum que lui avait proposé Sasuke. De toute façon, elle était toujours au courant de tout dans ce District.
« Tu sais aussi bien que moi qu'il aurait rejeté ton plan si tu en avais trouvé un. Si sa fierté est touchée, il ne démordra jamais de la tuerie qu'il prépare. »
Naruto fronça les sourcils à l'entente de la petite touche de confiance dans la voix de la rose. Cette dernière avait le regard perdu sur un point imaginaire.
« Tu lui fais encore confiance malgré ce qu'il veut faire, s'écria-t-il.
- Écoute, Naruto. Il est là depuis plus longtemps que nous encore. Et il y a encore du monde dans notre district. Alors, peu importe ce qu'il veut faire, il y aura toujours quelque chose de plus réfléchi derrière. Il ne se lancerait jamais dans une bataille s'il savait d'avance qu'il perdrait tous ses hommes. »
Le blond la regardait, la bouche légèrement entrouverte, et les yeux écarquillés. Comment pouvait-elle affirmer cela ? Il n'y avait absolument rien de réfléchi dans un assaut ! Il allait ouvrir la bouche pour répliquer, mais Sakura le coupa d'un mouvement de la main.
« Réfléchis. La dernière fois, sur les six hommes qu'il avait envoyé, combien sont revenus ? Quatre. Il leur a simplement dit où attaquer et ils s'en sont sortis. Il savait qu'à ce moment-là il y aurait une majorité d'Omégas ainsi que le Médian. »
La rose se leva et remonta avant que le blond ne puisse répondre. Elle ne voulait pas qu'il comprenne qu'elle lui mentait effrontément pour le rassurer. Parce qu'un Naruto perturbé sur un champ de bataille ne survivrait pas, peu importe sa force. Intérieurement, elle ne pensait absolument rien de ce qu'elle avait dit au Bêta. Et elle espérait qu'il penserait maintenant différemment vis-à-vis de toute cette affaire.
Car elle le savait. Il n'y avait rien derrière cet assaut. C'était juste pour soulager sa fierté. Rien de plus.
Shikamaru se déplaçait entre les criminels rassemblés dans le petit salon. Ils devaient être une vingtaine, pas plus. Chacun lui tendait ses différentes armes, qu'il examinait avec attention, cherchant la moindre imperfection dans les lames lisses. Lorsqu'il en trouvait une, il donnait à son propriétaire un nouveau poignard qui avait lui aussi été étudié avec soin.
Plusieurs minutes plus tôt, Hidan avait annoncé à son District qu'ils attaqueraient le District 1 le lendemain. Depuis, ils n'avaient pas quitté la petite pièce et la tension y régnait. Le Bêta ainsi que Temari, la Delta, s'étaient vus ordonner par l'Alpha de vérifier chacune des armes de chacun des criminels. Pour que personne ne voit sa lame se briser en plein milieu d'un combat.
La tension augmentait à mesure que les minutes s'écoulaient. Il ne restait que quelques heures et cela avait quelque chose de terrifiant. Terrifiant parce qu'ils n'avaient aucune idée de qui en réchapperait et de qui en mourrait. Et ils savaient tous, intérieurement, que la guerre serait bientôt à son apogée. Leurs chances de survivre étaient minces. Très minces.
Une fois qu'il eut enfin fini sa tâche, le Bêta ramassa les armes inutilisées et les rangea dans la pièce dédiée à cet effet. De nombreuses lames s'y accumulaient, certaines directement sur le sol alors que d'autres étaient soigneusement rangées sur des étagères. Dans un coin s'amoncelaient de nombreux poignards rouillés et tordus.
Shikamaru y jeta tous les ébréchés qu'il avait ramassés, sans prendre la peine de les déposer doucement, et classa ensuite ceux en bon état. Une fois cela fait, il en choisit un pour lui-même et le plaça dans sa botte. Un autre fut accroché au mince fil autour de sa taille. Lorsqu'il sortit ensuite de la pièce, il croisa Temari, les bras chargés des lames qu'elle avait ramassées de son côté. La jeune fille lui adressa un petit signe de tête.
« Veux-tu que je t'aide, proposa alors gentiment le jeune homme.
-Si tu as le temps, ce ne serait pas de refus. »
Le Bêta la déchargea donc de la moitié de son fardeau et s'appliqua une nouvelle fois à tout classer. Alors qu'il ne lui restait plus qu'une ou deux lames à déposer, la voix de la blonde s'éleva dans son dos, faible et hésitante :
« Je ne comprends pas… Tout cela ne t'effraie pas ? Tu sembles tellement naturel, comme si tu étais encore de l'autre côté de ses murs, loin de cette guerre. Tu agis normalement, parles normalement… Shikamaru, pourquoi ? Pourquoi es-tu si fort, et moi si faible ? Pourquoi suis-je effrayée à la simple idée de prendre les armes, demain, alors qu'on dirait que c'est une promenade de santé pour toi ? »
Il y eut un sanglot étouffé, réprimé de moitié par une main. Les épaules de la jeune femme blonde tressautèrent alors que son souffle s'accélérait, se faisait moins régulier. Le brun en fut si étonné que les mots lui échappèrent, le laissant stupéfait et silencieux face à cette situation incongrue.
Ce fut la première fois où il vit le masque de femme forte de Temari se décomposer. Une vague de fierté l'envahit en voyant ce qu'il interprétait comme une marque de confiance, en même temps qu'une étrange douleur à la poitrine le saisissait. Une envie soudaine de tarir ses larmes et de revoir son sourire éclatant remonta, réchauffant sa poitrine par un étrange feu.
La seule chose qu'il trouva à faire, brisant ainsi ses dernières réticences et allant plus loin que ce qu'il n'avait jamais osé entreprendre, fut de la serrer dans ses bras, son menton callé sur le dessus de la tête blonde.
« J'ai peur, Temari. Je suis terrorisé à l'idée de devoir prendre les armes demain. Mais je n'ai pas le choix. Je n'ai pas le choix depuis que j'ai commencé cette vie criminelle, en dehors de cette enceinte, de mon plein gré. »
Il enfouit son visage dans ses mèches blondes en sentant ses bras frêles entourer sa taille. La blonde se calla plus contre lui, appréciant le réconfort qu'il lui apportait, ainsi que la douce satisfaction dans son cœur.
« Aujourd'hui, nous n'avons plus qu'un choix. Alors, surtout, n'oublie pas cette obligation demain. Je te promets que j'en ferai de même, termina-t-il. »
Temari releva la tête et plongea son regard vert dans celui noir du jeune homme. En plongeant dans ces profondeurs d'ébène, elle y puisa de la détermination, qui finit par réveiller son esprit combattif, ainsi que la personnalité de femme forte qui la caractérisait.
« Survivons. »
Dans le District 1, Kiba faisait les cent pas dans le salon tout en écoutant le flot de paroles sortant de la bouche de Tenten, qui lui racontait dans les moindres détails leur infiltration dans le 3. Le brun, en voyant qu'elle était encore choquée et que son débit trop rapide ne ressemblait à rien à ses oreilles, décida de l'interrompre.
« C'est assez, Tenten. Va te reposer, tu en as assez fait pour aujourd'hui. Demain, nous parlerons de tout ça. »
La Médian hocha la tête et quitta la pièce, non sans avoir lancé un dernier regard à Ino qui lui lança un léger sourire. La blonde se retrouva bien vite seule devant l'Alpha. Son silence ainsi que son regard posé sur elle finit par l'intimider, si bien qu'elle se tordit les mains, mal à l'aise. Mais elle ne put résister à dire le fond de sa pensée en baissant la tête.
« Ce serait mieux pour vous que vous ne me gardiez pas. »
La phrase fut prononcée d'un ton bas, un peu mal à l'aise certes, mais qui reflétait une grande détermination. Et peut-être une petite touche de résignation, aussi.
« Et pourquoi penses-tu cela ? demanda Kiba en arquant un sourcil, ayant arrêté de tourner en rond depuis un bon moment.
-Parce que j'ai été parfaitement inutile. Je n'ai été qu'un simple fardeau pour Tenten alors qu'elle en avait déjà plein les bras. J'ai fui comme une lâche quand elle me l'a ordonnée et… et… je l'ai laissé seule avec quatre hommes… J'ai…
-Stop. »
La voix du brun résonna, calme, dans la pièce. Ino ne voyait pas son visage, ayant toujours la tête baissée et la vue embrouillée par quelques larmes qui menaçaient de couler sur ses joues. Toutefois, elle sentit des doigts soulever délicatement son menton, ainsi que des yeux bruns aux pupilles fendues fixer ses yeux embués.
« Tu es plus secouée que ce que tu ne le laisse croire, Ino. Je te propose de te reposer, cette nuit, et d'y penser demain une fois que tu auras la tête froide, d'accord ? proposa-t-il d'un ton doux qui rassura légèrement l'Oméga. »
Cette dernière hocha la tête et l'Alpha s'éloigna d'elle. Ino n'attendit pas plus longtemps pour monter les marches derrière elle, se rendre à sa chambre et se laisser tomber sur le lit. Elle fixa le plafond pendant plusieurs minutes, réfléchissant aux évènements qui venaient tout juste de se dérouler.
Sans même s'en rendre compte, ses paupières s'alourdirent et, bientôt, elle glissa dans un sommeil sans rêve.
En bas, Kiba était assis à même le sol, les yeux fermés et le visage tourné vers le plafond. Un craquement retentit près de lui et il rouvrit les yeux, presque las, sans même sursauter.
« Pein, dit-il simplement en regardant le Delta qui venait de le rejoindre. »
Ses traits tendus et son regard dur ne purent qu'inquiéter le roux qui ne l'avait vu que de rares fois dans cet état. Il n'était pas particulièrement proche de l'Alpha, mais il lui vouait quand même un profond respect. Et celui-ci n'était pas dû qu'au rang qu'il occupait, loin de là…
« Qu'est-ce qu'il y a, demanda alors Pein de sa voix légèrement monotone. »
Kiba le regarda dans les yeux pour la première fois depuis qu'il l'avait rejoint, il y avait quelques secondes. Ses sourcils froncés lui donnaient un air sombre.
« Je ne sais pas. J'ai un mauvais pressentiment. »
Il soupira, ferma les yeux et baissa la tête vers le sol. Le roux resta debout devant lui, encore plus sérieux qu'à l'accoutumé.
« Sasuke n'a rien tenté depuis quelques temps, et j'ai l'impression qu'il y a anguille sous roche. Mais ce n'est pas lui qui m'inquiète.
-Pourquoi ça, furent les seuls mots que le Delta put prononcer.
-Il est réfléchi, malgré qu'il se laisse dominer par sa colère. Il ne tenterait pas une attaque futile en sachant qu'il n'a aucune chance de vaincre. Mais Hidan, lui, n'est pas du tout comme lui. Et voilà plusieurs jours qu'il n'a encore rien fait. »
L'Alpha se releva et alla se poster près de l'une des fenêtres de la maison, ayant une vue directe sur la rue déserte. Pein suivit le mouvement et se posta à ses côtés.
« Je comprends ton inquiétude, commença Pein. Kiba, il faut s'en méfier. Il y a quelques mois, bien avant ton arrivée, il lançait environ une attaque en deux jours. Et ces dernières éliminaient de nombreuses personnes, dans tous les districts.
-Et ça sans aucune préparation… le coupa Kiba.
-C'est cela. Nous lui avons donné trop de temps, et il en a profité. Sa prochaine attaque ne risque pas d'être efficace… »
Le visage de Kiba ne se détendit pas, mais ses yeux exprimèrent de la surprise devant la fin de cette phrase, qui ne suivait pas la logique de son raisonnement.
« Elle risque d'être destructrice. »
La lune était déjà bien haute dans le ciel. Minuit devait être passé depuis quelques temps lorsque des silhouettes s'agitèrent dans les rues désertes du quartier sombre de Konoha. Des lames réfléchissaient la lumière de la lune, éclat maladroitement camouflé par des mains. Ces dernières restaient crispées sur le manche de leur arme.
Seul le bruit des pas et des respirations saccadées brisait le silence de la nuit. L'angoisse était toutefois bien présente dans chacun d'eux, sans qu'ils ne puissent la repousser. Soudainement, celui en tête leva la main et s'immobilisa, rapidement imité par la dizaine de personnes derrière lui.
Une maison modeste, composée de deux étages, se dressait devant eux. Mis à part le criminel chargé du tour de garde qui rôdait aux alentours, il n'y avait aucun mouvement dans l'habitation. Elle aurait pu paraître déserte si on ne savait pas qui y vivait. La petite armée s'accroupit dans la rue, à l'affût et en attente du signal de leur chef.
« Tiens… Shikamaru n'est pas là, murmura alors l'un des blonds de la troupe, Deidara, d'une voix à peine audible. »
À ses côtés, Sasori observa les criminels autour de lui et ne put qu'approuver.
« Quand j'y pense, je ne l'ai pas vu depuis que nous nous sommes regroupés pour partir. Il avait quelque chose d'urgent à faire avant de venir ?
-Sois réaliste ! La seule chose importante à faire ici, c'est vivre. Et soumettre les autres, aussi. Je penche plutôt pour un ordre de la part d'Hidan. »
Ils remarquèrent alors que ce dernier les observait, le regard noir, leur ordonnant silencieusement de se taire avant qu'on ne les repère. Ils ne purent qu'obéir et se remettre à observer la maison devant eux. Temari, ayant suivi leur conversation, espéra que le Bêta avait hérité d'une mission moins dangereuse que l'assaut. Mais leur Alpha n'aurait jamais accepté de laisser le stratège accomplir une tâche sans importance, surtout avec l'assaut qui les attendait.
Soudainement, des bruits de lutte retentirent de l'habitation. Le garde revint précipitamment à l'intérieur, passant par une porte située à l'arrière de la maison. Exactement en face de la rue dans laquelle se tenait le District 3 au complet. Du moins, presque. Deidara sourit alors à Temari, dont l'appréhension se lisait sur son visage.
Des cris de douleur se firent alors entendre. Hidan choisit ce moment pour se relever, mouvement suivi bien évidemment par toute la troupe. Ils enjambèrent quelques débris avant de se retrouver à découvert. Temari n'entendait plus que les battements de son cœur qui résonnait dans ses tempes.
Boom... Boom...
Ils commencèrent à courir en direction du quartier général du District 1.
Boom... Boom...
Ils atteignirent la porte par laquelle était disparu le garde et s'empressèrent de l'ouvrir.
Boom... Boom...
Ils franchirent tous la porte et dévalèrent au pas de course le couloir blanc devant eux.
Boom... Boom...
Temari aperçu alors Shikamaru qui luttait seul contre trois personnes.
Boom... Boom...
Des pas retentirent à l'étage et des personnes dévalèrent les escaliers alors que le District 3 sautait dans la mêlée, profitant de l'effet de surprise.
Boom.
La vraie guerre était commencée.
Euh... bonsoir, héhé ? Est-ce qu'on peut faire comme si vous n'avez attendu que deux jours pour ce nouveau chapitre, hein ? :3
Sérieusement. J'avais prévu d'écrire pendant l'été, mais malheureusement j'ai manqué d'inspiration. Et, avec la rentrée, j'étais complétement crevée et je manquais de temps. Cela dit, excusez-moi. Vraiment. Ce n'est pas dans mes habitudes de prendre autant de temps pour pondre un chapitre.
J'espère toutefois qu'il vous aura plu, surtout que nous entrons vraiment dans le vif du sujet. :3
Bisous !
Elyndra (anciennement Alyah)
