Plusieurs jours avaient passé depuis que Lily avait découvert qui était Severus. Novembre était arrivé, et de minuscules flocons de neige tombaient cette journée-là. Lily était assise dans la Salle commune de Gryffondor, faisant des devoirs. Très vite, elle entendit des voix se crier dessus. Elle les reconnut très vite : James Potter et Severus Rogue. Elle ferma son bouquin avec fureur, le fourra dans son sac et sortit de la salle commune. Elle les vit à l'entrée, en train de se crier dessus. Elle avait mal à la tête, tout lui semblait flou. Elle décida de les ignorer lorsqu'elle vit qu'elle était le sujet concerné et les bouscula, poursuivant son chemin. Malheureusement pour elle, ils les rattrapèrent., chacun lui posant une main sur l'épaule. Elle se retourna vers eux, cédant enfin. En s'adressant d'abord à celui qu'elle était censée aimer, elle lui dit :

- Non Severus. Je t'ai dit mille fois que j'avais besoin de réfléchir, laisse-moi tranquille !

- Mais Lily, je peux t'expliquer ...

- Non !

- Lily je ...

- Elle a dit non, t'as pas compris ?

C'était James qui avait parlé. Lily se tourna vers lui, interloquée. Au moins, cela avait marché, il s'était tu. Lily adressa un demi-sourire à James pour le remercier, puis elle se retourna vers Severus et le prit dans ses bras.

- Je suis désolée Severus, mais comprends que j'ai besoin d'espace pour l'instant. De toute façon, ça te mettrait en danger tout ça. Je ne veux pas que tu t'expliques, je comprends que c'est parce que c'est ta seule façon de te faire apprécier et qu'elle a pris le dessus, mais si tu savais comme ce n'était pas nécessaire ... Tu m'as menti Severus, j'avais confiance en toi, et ça, c'est un coup dur à prendre, comprends-moi ... Je reviendrai te voir lorsque je me sentirai prête ...

Elle brisa son étreinte, et lui adressa un sourire triste, qu'il le lui rendit avec un hochement de tête entendu. Bien sûr, il aurait dû lui dire, au premier instant, mais il avait eu peur, si peur de sa réaction. Il se sentait stupide, stupide et lâche. Surtout qu'elle ne l'avait pas rejeté pour cela en soi, mais plus pour le fait qu'il lui avait menti. Au moins, elle comprenait, elle reviendrait surement rapidement. Il releva la tête, et laissa échapper cette question :

- Quand seras-tu prête ?

- ... Je ne sais pas encore Severus. Laisse moi le temps de m'y faire.

Il hocha la tête à nouveau. Il espéra qu'elle s'y ferait vite, et il trouva qu'il était alors très égoïste de penser ainsi. Il tourna les talons après lui avoir fait un sourire d'au revoir et s'en alla, laissant ainsi James et Lily seuls. Lily tourna la tête vers James et ouvrit la bouche, comme pour dire quelque chose, mais elle ne semblait pas savoir quoi.

- Merci, souffla-t-elle après un moment.

- Il n'y a pas de quoi, fit-il.

Tous deux étaient mal à l'aise. Cela faisait plus d'un mois qu'ils ne se parlaient plus, et tout à coup, il lui venait en aide.

- Je ... Je croyais que tu ne voulais plus me voir ...

- Oh tu sais, j'étais ... j'étais fâché sur le coup, mais je ne le pensais pas, tout ce que je t'ai dit.

Il émit un petit rire gêné, et en profita pour observer sa réaction. Elle semblait soulagée. Il poursuivit.

- C'est juste que tu sais, j'ai toujours eu l'impression qu'un jour, il me volerait ma place, alors lorsqu'il l'a fait ...

- Il ne t'as pas volé ta place, James.

James parut interloqué. Que voulait-elle dire ? Il ne savait pas quoi comprendre : l'aimait-elle encore ? Il se mordit la lèvre en fronçant les sourcils. Elle continua :

- Je ne t'aimais ... peut-être pas de cette façon.

James ne répondit pas. Il avait l'air complètement détruit. Il baissa la tête et se laissa choir sur le sol mouillé. Lily s'assis à ses côtés. Elle passa un bras dans son dos après lui avait passé la main dans les cheveux, pour le détendre.

- Je t'appréciais beaucoup James, j'étais bien avec toi, mais ... après l'avoir embrassé (elle jeta un coup d'oeil inquiet à son interlocuteur, qui ne réagissait toujours pas) j'ai su que c'était Severus ... J'ai hésité, pendant un long moment d'ailleurs, mais j'en suis venue à la conclusion que ce serait lui..

Sa voix se brisa, et la dernière note était beaucoup plus aiguë. Elle retenait ses larmes : elle se sentait tellement mal ! Elle voyait bien qu'elle blessait James, et ne voulait pas qu'il en souffre. Mais elle, elle n'était plus sûre de ce qu'elle ressentait de toute façon. Bien sûr, elle aimait toujours Severus, mais ce sentiment se mêlait tellement à un sentiment d'avoir été trahie, à un sentiment de fureur et de tristesse, qu'elle ne savait plus quoi en penser. James était là, il écoutait son histoire, sans réagir. Elle leva son menton, pour vérifier s'il allait bien. Il respirait profondément, les yeux fermés. Lily ne l'avait jamais vu ainsi. Il était profondément blessé, meurtri.

- Je suis désolée...

- Ne sois pas désolée Lily. Je ne peux tout de même pas t'en vouloir. Je préfère savoir la vérité plutôt que de me faire mentir après tout.

Lily sourit à ce commentaire. James tourna la tête.

- Crois-tu qu'on puisse oublier le dernier mois, et qu'on puisse rester amis ?

- Oui. Oui, on reste amis.

Beaucoup plus tard, le soir, Lily était à la bibliothèque avec Remus. Il n'y avait personne, même Madame Pince avait quitté les lieux, la bibliothèque étant fermée. Ils étudiaient pour le prochain contrôle du professeur McGonnagal. Remus semblait stressé, lorsqu'il parlait, il allait très vite, c'était presque incompréhensible. Il semblait préoccupé. Lily essaya de le décoder, mais en vain. Il fallait se l'avouer : elle non plus, n'allait pas bien. Certes, elle était redevenue amie avec James, mais son problème avec Severus n'était toujours pas réglé. Prise d'un élan de compassion pour son meilleur ami, elle se leva et alla se poster derrière lui.

- Détends-toi, tu as les nerfs en boule, lui conseilla-t-elle.

Elle posa ses mains sur les épaules de Remus, et commença à masser, histoire de lui décoincer les nerfs. Elle s'occupa de son dos également, et elle s'arrêta vivement. Remus, constatant l'arrêt soudain de Lily, comprit vite pourquoi il en était ainsi. Ils s'accordèrent un regard gêné, puis, en s'approchant vivement l'un de l'autre, il s'embrassèrent.