Je tiens à remercier LittleJuju qui m'a mis ma première review, je vais continuer et j'espère ne pas te décevoir :)

La vague folle, je sais que Marco est un peu peureux mais tu vas en apprendras plus sur lui et ses raisons d'avoir peur! En tous cas merci pour ta review ça m''a fit très plaisir!


Chapitre 2,

Les six hommes rejoignirent leur chambre où ils furent enfermés à double tour. Ace était tétanisé, il ne pouvait s'empêcher de regarder ce monstre de briques sales à l'autre bout de la cour qui se préparait à l'engloutir. Ce fantôme, il l'avait vu, il avait espéré ne jamais le revoir mais il savait à quel point son frère en avait peur, Luffy ne tiendrait pas minutes seul là-bas alors, il préférait y aller lui-même.

« Ace pourquoi tu as fais ça ? » Sanglota son frère en s'agrippant à lui.

« Luf' ce fantôme te terrifie, ne t'en fais pas je ne risque rien juste une petite frayeur mais tu sais bien que j'aime ça, c'est pour ça que je regarde des films d'horreur ! » Luffy parut un peu rassuré il avait visiblement gobé le mensonge, la réalité était bien loin des films qu'il aimait regarder sur l'écran plat de son grand père. Si son petit frère avait tout avalé à la manière d'une tarte, les autres n'étaient pas si crédules. Marco le regarda admiratif :

« C'était courageux de ta part mec ! »

« Ouais frangin ! On peut dire que t'en as une sacrée paire ! »

« Et le plus drôle c'est que je risque de mourir sans jamais pouvoir m'en servir. »

Tous se dévisagèrent un instant se demandant si ils pouvaient rire puis finalement, malgré la pression qui régnait dans la pièce, ils explosèrent de rire à l'unisson. Puis Satch le rassura :

« Aller on va te donner deux ou trois trucs pour que tu passes la nuit ! »

Law ouvrit son lit et en tira la couverture de dessous.

« Aller à poil Ace ! »

« Hein ? Mais pourquoi ? »

« On va t'enrouler ça autours du corps sinon tu vas geler là-bas, et Lelombec te laissera jamais la prendre ! Tu la rangeras en ramenant ta savonnette demain matin ! »

Le brun s'exécuta et se dévêtit entièrement à l'exception de son boxer. Law et Marco lui enroulèrent la couverture autours du corps l'attachant solidement avec des épingles puis il se revêtit. Sabo lui fit ouvrir le pantalon et ils lui glissèrent une tablette de chocolat, un fromage de brebis, du pain et une bouteille d'eau. Satch s'esclaffa :

« Avec la bouteille tu ressembles à un pervers face à une jolie fille nue ! »

Ace rougit sous les rires des autres y compris Luffy qui n'avait justement rien comprit. Sabo fouilla dans la cache secrète et débusqua une deuxième lampe et un jeu de pilles neuves.

« T'en a combien ? »

« Trois lampes et une centaine de jeux de pilles, j'en vole deux par mois dans le bureau de Lelombec ! »

« Oh tu es courageux ! »

« Et oui ma bravoure m'honore ! »

« Et bien sir Satch auriez-vous l'amabilité de donner son manteau à la pucelle Ace avant que sa geôlière ne revienne ?! » dit pompeusement Sabo

« Mais certainement ! »

« Hey je ne suis pas une pucelle ! »

« Boh pucelle ou puceau c'est pareil frangin ! » Ace grogna dans sa barbe mettant le manteau que lui tendait Satch en effectuant une petite révérence. Ace était maintenant emmitouflé de la tête aux pieds et son équipement passait inaperçu. La cloche sonna le repas et la vieille Lelombec pointa son nez à la porte. Sabo, Law, Marco Satch et Luffy adressèrent un dernier sourire d'encouragement à leur ami tandis qu'ils allaient manger escortés d'un surveillant. L'intendante quand à elle poussa Ace vers la sortie, le froid glacial de l'hiver pénétra ses os quand il sortit du bâtiment, le réfectoire aussi miteux soit-il lui paraissait en cet instant chaleureux et accueillant. Pour la première fois, les larmes montèrent aux yeux du brun, des larmes de terreur mais malgré tout, il les reteint tant bien que mal car il savait que c'était la seule chose que l'intendante attendait, le voir pleurer et supplier.

Ace se concentra décidé à affronter ce qui l'attendait. Il enjamba la végétation envahissante pour arriver à une porte similaire à celle de son propre pavillon mais cadenassée avec de lourdes chaînes. A l'intérieur on ne percevait pas un bruit. Mademoiselle Lelombec ouvrit à l'aide d'une grosse clé de fer.

« Rentres là dedans ! La douche est au premier étage, il n'y en a qu'une ! »

La douche où la fille à été violée... Charmant ! Pensa-t-il tristement.

« Tu vas prendre une douche, c'est une obligation, vu comment tu es crasseux, je serai parfaitement capable de voir si tu l'a prise demain matin ! Si tel n'est pas le cas ce n'est pas une nuit mais une semaine que tu passeras ici ! Voilà une serviette propre ! Je viendrai te chercher demai précise, si tu es encore en vie ! » Elle avait insisté sur les dernières paroles pour lui faire encore plus peur. Il tenta de prendre un air nonchalant puis rentra, pourquoi cette sadique tenait tant à ce qu'il prenne une douche ? Parce que c'était là qu'on avait violé et battu la fille ? Il trouvait ça plus répugnant qu'autre chose, les dirigeants de ce pensionnat n'étaient que des charognards qui se servaient du malheur d'une pauvre fille pour arriver à leurs fins. Il aurait aimé le dire à la vieille femme, lui cracher la vérité mais il était sur qu'elle était capable de s'en prendre à Luffy alors il se tut. La porte se referma derrière lui dans un horrible grincement, il entendit le cadenas se refermer. Il resta plaqué contre le fer n'osant pas allumer sa lampe de peur de voir ce qu'il y avait. Pourtant, il allait bien falloir qu'il bouge, il devait monter prendre une douche s'il ne voulait pas passer la semaine ici d'autant plus que le plancher se mettait à craquer. Il prit son courage à deux mains et alluma. L'espace d'un instant, il crut voir une ombre. Ace était terrorisé. Un énorme bazar régnait dans le couloir, des cahiers et des feuilles de papiers gisaient devant ce qui semblait être des salles de classe et au fond du couloir il devinait la porte du réfectoire sombre et vide. Sur la droite, un escalier se tendait vers le premier étage, Ace se décida à l'emprunter, les marches crissaient sous son poids. En haut, des draps souillés par le temps, l'humidité et la poussière s'échappaient des chambres ; de nombreuses gouttières filtraient par le toit laissant l pluie et le froid s'infiltrer. Ace soupira, bon pas question de dormir dans une des chambres, c'était trop répugnant et le rez de chaussé ne le tentait pas non plus. Il dormirait donc dans le couloir du premier étage maintenant, il allait prendre sa douche que le pire passe vite. Il reconnu facilement la configuration qui était la même que dans son pavillon à lui ainsi il n'eut aucun mal à trouver la salle de bain. Quand il entra, il eut un terrible haut le cœur manquant de vomir ; tout le coin face à l'entré était couvert de sang séché et des ongles semblaient figés dans le plâtre montrant des signes de lutte ; pendant quelques secondes, il pu voir son calvaire, voir ce qui lui était arrivé, ce qu'on lui avait fait. Il pouvait voir sa panique à ce moment là et entrevoir sa solitude ; même après sa mort, on continuait de lui faire du mal. Il comprenait sa colère et sa douleur. Le personnel de cet endroit se servait de sa douleur et ils laissaient ce sang comme un avertissement aux élèves ! C'était inhumain !

« Pourquoi ils t'ont fait ça ? Pourquoi ils ne te laissent pas reposer en paix ! » Murmura-t-il. Il enjamba la flaque tentant de ne pas la toucher ou pire de trébucher et de s'étaler dedans. L'eau qui sortit du robinet fut d'abord marron puis redevint claire au bout de quelques secondes ; cet endroit le répugnait plus que tout le reste mais il n'avait pas le choix. Ace passa dessous se savonnant pour se laver correctement puis il remit ses vêtements. Toujours sous le choc de la salle de bain, le brun ne voulait qu'une seule chose, dormir et arriver au lendemain mais en sortant dans le couloir, il aperçu quelque chose qui reteint son attention un bruissement très léger. Le vent ? Non sûrement pas… Quoi que en cette saison… Non impossible. Une porte avec une crois rouge et de longs rideaux blancs. L'infirmerie pensa-t-il, il avait peur mais il voulait aller voir, c'était là qu'on l'avait mise il était impossible que ce ne soit que le vent et il ne pourrait pas se reposer sans savoir à quoi il avait à faire. Il repoussa les longs rideaux poisseux pour pénétrer dans une pièce où des lits étaient alignés de chaque côté dans le style d'après guerre. Certains étaient fais et d'autres défaits. Visiblement tout avait été abandonné à la hâte ; il en vit un en particulier, un lit qui était entouré de paravents d'un atroce bleu vert et qui semblait encore soutenir un corps. Il s'approcha et vit des draps tâchés de sang séché et l'emprunte d'un corps. Sur la table de nuit, il trouva un miroir brisé lui aussi tâché de sang ; un flash parcourut alors la pièce, il vit les années 50, une silhouette couché derrière les paravents, les rideaux s'ouvrirent laissant apparaitre quelqu'un, elle attrapa le miroir poussa un hurlement, son poing frappa l'objet et la silhouette s'enfuit jusqu'à passer à travers lui dissimulant toujours son visage ; puis plus rien la réalité revint. Quand il le leva à hauteur de son visage, il découvrit cette même silhouette derrière lui dans sa réalité et pas dans le passé comme quelques secondes auparavant. Il se retourna et elle partit en courant. Sans réfléchir, il se lança à sa suite dans le dédalle de couloirs.

« Attends ! Je ne te veux pas de mal ! »

Elle ne l'écouta pas et continua puis au bout de quelques minutes elle disparut tout simplement. Ace souffla ; c'était quoi tout ça ?! Il regarda l'endroit où il se trouvait, c'était un couloir qui alignait des portes ; qu'y avait-il derrière ? Ace posa sa main sur la poignée mais elle était bloquée. Il secoua la porte fortement mais elle ne voulait pas céder alors il mit ça sur le compte de la rouille et de la vieillesse. Il se retourna et fit quelques pas tentant de retrouver sa route mais un grincement sonore retint son attention ; il se retourna comme un ressort. La porte qu'il avait essayé de franchir et qui lui semblait fermée venait de s'ouvrir. La seule chose qui s'offrait à lui était un trou noir béant. Ace s'approcha timidement de la porte en franchissant le seuil. La porte claqua le faisant sursauter ; il se retrouva dans une totale obscurité et ne vit plus rien. La dernière chose qu'il sentit fut un grand coup sur sa tête.

« Je ne te veux pas de mal… » Murmura-t-il avant de tomber dans l'inconscience.

Il faisait froid et il entendait des hurlements.

« Lâchez-moi ! Pitié ! Non Vince arrête ! Pourquoi tu fais ça ?! J'ai mal ! Au secours ! Non pas ça ! » Il voulait l'aider, arrêter cette souffrance. Il voulait l'atteindre ; la salle de bain. Quand il la vit, il s'approcha, il vit trois hommes souriant d'un air mauvais ; ils étaient à moitiés nus et goguenards. Derrière eux il vit une jeune femme déshabillée baignant dans une marre de sang et totalement défigurée. Son regard semblait totalement vide comme si elle avait été dépourvue de vie. Il fut submergé par l'envie de vomir, de fuir mais il ne fallait pas la laisser comme ça, pas là dans cet état. Il comprit qu'il vivait un souvenir quand les trois adolescents le traversèrent pour rejoindre deux filles qui attendaient à l'entré. Il s'agenouilla trempant ses genoux d'un liquide visqueux et rouge et caressa sa joue tendrement jusqu'à ce que le souvenir ne s'évanouisse. Il se réveilla devant la porte de la salle de bain, tout seul. Il détailla la trace sur le mur voyant encore le corps étendu là.

« Je suis désolé… »

« Désolé de quoi ? Tu es un homme, vous êtes tous pareil ! Uniquement guidé par votre entre jambe ! » Un grand craque se fit entendre et elle apparut devant lui.

« C'était des monstres ! Je n'en suis pas un ! » Se défendit-il.

« Arrêtes tes mensonges ! » Murmura-t-elle en reprenant la fuite très calmement.

« Hey attends ! Je ne suis pas comme eux ! »

La jeune femme détestait qu'on lui tienne tête alors quand elle fut au bout du couloir, elle s'arrêta et lui fit face lui disant le plus méchamment possible.

« Quoi ?! Qu'est ce que tu veux ?! Des sensations fortes ? Une histoire à raconter ?! »

« Non rien de tout ça ! Tu es le fantôme ? » Il comprit que sa dernière question était idiote.

« Bien sur qui veux-tu que je sois ?! D'ailleurs je ne suis pas un fantôme mais un zombie, j'ai un corps ! »

Sur le coup Ace se raidit un peu.

« Un zombie c'est la créature qui mange de la chair humaine non ? »

« Je préfère le chocolat ! »

Il rigola devant son idiotie et sortit la tablette de son pantalon.

« J'en ai ! »

Elle esquissa un sourire et se rapprocha de lui.

« Tu partagerais ton repas avec un zombie ? »

Il hocha positivement la tête. La jeune femme s'approcha. Elle ne ressemblait en rien aux zombies qu'il avait pu voir à la télévision, sanglants et dévorant les cerveaux humains, elle était de taille moyenne, plus petite que lui. Elle portait une robe blanche en voile et avait les pieds nus. Son visage fin était barré par une petite cicatrice en dessous de l'œil et ses joues étaient encadrées par des mèches lisses et noires ; il reconnut les pupilles gris clair qu'il avait vu la veille et un léger sourire.

« Du chocolat dans ton pantalon hein... »

« Pour pas que Lelombec la voit. »

« Oh bien sur... Et après tu n'est pas un pervers… » Ricana-elle.

Il déplia la couverture et il la fit venir avec lui, lui offrant la moitié de la tablette de cacao.

« Alors tu t'appelles comment ? »

« Coralie ! »

« Moi c'est Ace ! » Il lui fit un sourire ; un sourire naturel et pourtant espiègle et doux à la fois.

« Je sais ! » Lui répondit-elle avec le même sourire

« Je vois ! »

« Je t'ai vu hier soir ! » Continua-t-elle naturellement.

« Oui et tu m'as bien fichu la trouille ! »

« Surtout à ton frère ! »

« Luf' est assez sensible... »

« C'est pour ça que tu t'es dénoncé à sa place ? »

« Tu sais ça aussi... »

« Oui... J'ai été étonnée... »

« Pourquoi ? »

« Parce que tu étais terrifié par cet endroit mais tu as voulu le protéger ; personne ne m'a jamais assez aimé pour ça... »

« J'ai su ce qu'ils t'ont fait... Ils n'avaient pas le droit ! Ni de te faire du mal ni de se servir de ta mort ! »

« Tu sais ? Non tu ne sais rien ! Un rapport d'archive n'est pas forcement vrai en tous points... »

Il lui sourit tristement et au final, ils parlèrent toute la nuit.

« Qu'est ce qui te manque le plus de la vie ? »

« La chaleur, la douceur, la mer... »

« Tu ne peux pas y retourner ? »

« Si mais je ne vois pas l'intérêt ? »

« Pourquoi ? Je veux dire tu es immortelle profites en ! »

« L'immortalité c'est pas si cool… On est seul, affreusement seul ! »

Dire qu'il parlait avec la créature qui terrorisait l'institut depuis un demi-siècle et pourtant, elle était gentille.

« Alors, pourquoi tu es revenu en zombie ? »

« La vengeance Ace ! »

Ils avaient noirci son cœur, lui avaient fait perdre son innocence. Elle avait tellement souffert qu'elle était revenue à la vie pour les tuer tous.

« Tu veux que je la nettoie ? »

« Quoi donc ? »

« La salle de bain ! »

« Pourquoi tu ferais ça ? »

« Parce que tu ne va pas vivre ton éternité avec le souvenir de ta mort sous les yeux ! Et c'est répugnant de se servir de toi ! »

Elle lui sourit gentiment.

« Fais gaffe Ace... Tu es comme je l'étais un électron libre. Les électrons libres ne sont jamais les bienvenus ici ! »

« Je sais mais je suis comme ça ! »

« Je ne veux pas que tu nettoies cette douche ! C'est la seule chose qui me rappel ma haine et pourquoi je suis encore ici ! »

« Pourquoi tu es encore ici ? »

« Tu n'as pas à le savoir ! »

« Alors dis-moi juste pourquoi tu es rentré ici ? »

« Et bien… En 1945 juste après la guerre il y avait beaucoup d'orphelins et j'avais 11 ans. Mes parents avaient été tués lors d'un bombardement à Paris en 1940 ma mère m'avait protégé et m'avais donné sa vie. En 42 j'ai connu un homme, il était peintre et résistant. Je me suis mise à le coller partout comme de la glue puis il a fini par m'adopter. Il est mort à la libération en tombant d'un échafaudage. Là on m'a envoyé dans un orphelinat. J'y ai fais deux ans jusqu'à mes 13 ans ; là je me suis évadé pour me joindre à un mouvement communiste mais au final ça ne s'est pas très bien passé ! J'ai fini par me rebeller et téléphoner à un journal pour dénoncer le régime mais on n'appréciait pas trop les gens comme moi là-bas alors on m'a envoyé ici pour me faire taire ! Je n'ai jamais revu mon pays ! »

« Tu venais d'où ? »

« D'Irlande ! »

« Avec des cheveux noirs et des yeux gris ?! »

« Pendant la guerre ils étaient roux mais je les ai fais teindre pour ne pas être repérée par les nazis ! »

« Et tes violeurs ? Qu'est ce que tu leur as fais ? »

« Des choses que je ne veux pas te raconter ! » Elle lui adressa un clin d'œil et disparut. Ace dormit bien mieux que la nuit précédente enroulé chaudement dans sa couverture.

Il regarda les murs désolés, la clarté du jour rendait l'endroit un peu moins effrayant quoi que... Il se leva, enroula la couverture autours de lui, consomma ce qu'il restait de nourriture et descendit attendre Mademoiselle Lelombec. A 7h pile, quand la cloche sonna, la vieille lui ouvrit. Ace tenta d'adopter une figure traumatisée chose qu'il dut faire assez bien puisqu'elle adoptait un air satisfait. Il fut autorisé à rentrer dans sa chambre pendant que les autres déjeunaient ; rater l'infâme porridge de Monsieur Lebourge ne l'affectait guère ; il replia la couverture de Law et rangea la lampe sous le pied du lit. La vieille Lelombec l'amena dehors où il grelotta comme un fou en attendant les autres. Aujourd'hui ils devaient arracher l'herbe de la piste de course à la main. Luffy arriva en trombe se jetant sur Ace tandis que les autres hommes lui serraient la main.

« Alors cette nuit ? Tu t'en es tiré comment ? »

« Ben normalement quoi... »

Ace ne voulait pas parler de ce qu'il avait vécu cette nuit, il estimait que cela ne regardait que lui même si d'un côté il voulait rassurer Luffy, pour une fois, son égoïsme prenait le dessus. Sabo haussa les épaules, il se disait probablement que son frère ne parlait pas parce qu'il était traumatisé. Il s'approcha discrètement de lui tout en arrachant les arbres.

« Ace qu'est ce que tu as vu là-bas ? »

« J'ai vu ce qu'ils lui ont fait ! »

« La douche hein ? »

« La douche... » Murmura-t-il fébrilement au souvenir de tout ce sang et de son flash détaillé. Il préféra ne pas faire part de cette expérience à ses amis et se concentra sur son travail. Il retirait l'herbe cristallisée sous la neige.

« Enfin c'est ridicule de bosser comme ça ! »

« Ce camp date de l'URSS, on y envoyait les enfants ou ados qui parlaient trop. C'était mieux que de dire « prison politique… » »

« Ouais je sais… »

« Tu sais ?! »

« Rien oublies… »

La cloche du repas sonna enfin les libérant enfin. Ils n'eurent pas la même chance que la veille et durent travailler dehors tout l'après midi. Alors que le jour commençait à baisser, ils n'avaient fini que la moitié du terrain.

« Bah on va encore bosser ici demain… »

Ace souffla, de la buée sortait de sa bouche ; il allait se relever quand quelque chose attira son attention ; une sorte de bout de papier coincé entre les pavés et la glace durcie. Il tenta de le dégager de ses doigts quand il eut une prise suffisante, il tira sur le papier qu'il trouva plastifié. Quand il vit de quoi il s'agissait, il ouvrit des yeux ronds comme des billes. Il s'agissait d'une photo vieille d'environ 50 ans à en juger par le papier. Il reconnu Coralie enlacée par un jeune homme. Il revit son flash reconnaissant l'un des violeurs.

« T'as trouvé quelque chose Ace ? » Demanda Satch

« Oui ! Tu sais ce que c'est ? »

« Elle c'est Coralie et le type à côté c'est celui qui l'a violé ! »

« Mais ils ont l'air proches... »

« Je suppose qu'avant de la coincer sous la douche il a tenté de faire connaissance avec elle… »

« C'est surement ça… » Murmura-t-il à voix basse ; il tenta d'admettre cette information mais quelque chose clochait. Il se rappela des cris qu'il avait entendu dans son flash. « Non Vince ! Pourquoi tu fais ça ?! » Alors au lieu d'aller se doucher après le repas, il s'introduit dans le bureau de l'intendante. La pièce puait le vieux ; les tapisseries à fleurs jaunies étaient pleines de crasse et de poussière. Un ordinateur épais trônait tel un bijou de technologie qu'Ace voyait plutôt comme une antiquité d'un autre âge trônait sur le bureau. Il ne savait pas ce qu'il cherchait, probablement un indice sur ce type ou sur elle. Après avoir fouillé plusieurs cartons sans succès, il décida de s'attaquer à la dite antiquité. Il l'alluma et essaya plusieurs mots de passe jusqu'à trouver celui qui marchait. Il se mit à rechercher dans les rapports d'incident où son propre dossier était présent. Il ne trouva qu'une seule chose au nom de Vince ; le jeune homme avait été surpris dans des buissons avec une jeune femme. C'est tout ce qu'il avait trouvé. Il arrêta l'ordinateur perplexe et retourna vers sa chambre.

« Tiens passes toi de l'eau sur le corps au moins… »

« Merci mec ! »

Ace se lava rapidement avec la serviette et s'enfonça dans les draps bien au chaud, la photo conservée soigneusement dans sa taie d'oreiller.

Il fit un rêve étrange cette nuit là. Il vit la mer et le vent sur une lande d'herbes folles. Une petite fille faisait voler son foulard dans la tempête. Elle avait des cheveux roux et des yeux verts émeraude pétillants de joie et de bonheur. C'était la première fois qu'il voyait autre chose que de la douleur ici. Il ne voulait pas quitter ce rêve, cette petite fille était reposante et apaisante. Cependant son corps refusa de coopérer et il sentit un frisson parcourir son corps. Il se réveilla grelottant s'apercevant que sa couverture n'était plus là.

« C'est ça la grande différence entre Marco et toi… »

« Hein ?! » Bafouilla-t-il sortant à peine de son sommeil. Coralie s'approcha de lui se plaçant dans un rayon de lune pour qu'il puisse la voir.

« Je disais que c'est ça la différence entre Marco et toi… Qu'est ce que tu veux savoir ? »

« Qu'est ce qu'ils t'ont fait Coralie ? Vraiment ! » Ace fit fis l'allusion à Marco la gardant tout de même dans un coin de son esprit.

Elle soupira avant de commencer.

« J'avais 16 ans à cette époque. J'étais rentré là à mes 14 ans et j'enchaînais les punitions. Mais tu vois, malgré ce que j'endurais j'avais Vince, le type de la photo et mon petit ami. Il était beau, gentil et attentionné le jour où on a prit cette photo je me rappelle qu'il me disait qu'on formerait une famille un jour. Il était parfait ; enfin, ça c'est ce que je croyais... Un soir, j'avais décidé de me donner à Vince, il devait me rejoindre dans les douches. Quand il est arrivé tout était magique, il était doux et tendre. Seulement au bout d'une dizaine de minutes quand j'ai été totalement déshabillée, j'ai vu ses deux copains mettre la tête dans la douche ; je me suis caché mais Vince m'a maintenu au mur. Les deux autres sont rentrés et ont retiré leurs pantalons. J'ai hurlé, appelé au secours, il y avait du monde à l'étage mais personne ne m'a écouté alors je me suis battu comme je pouvais, j'ai commencé à les mordre et a leur donner des coups de pieds mais ils me les ont attrapé. Ils m'ont massacré à coups de poings jusqu'à ce que je sois trop blessée pour bouger ne serais-ce qu'un doigt. Pendant 40 putains de minutes j'ai juste pu sentir ce qu'ils faisaient et j'ai prié, prié pour que quelqu'un m'aide mais personne n'est venu, j'ai du attendre 20 minutes de plus pour que quelqu'un daigne m'aider ! On m'a mise sous sédatifs à l'infirmerie. Quand je me suis réveillé je me sentais salle et idiote et puis j'ai entendu des adultes parler, ils disaient que c'était ma faute, que c'était moi qui avait provoqué Vince et ses amis. J'ai aussi appris que deux filles les avaient aidés à rentrer. Tout d'un coup, j'ai senti ou plus exactement, je n'ai plus senti mon visage alors j'ai pris un miroir qu'on avait laissé. J'ai hurlé, je ne me reconnaissais même plus : je n'avais plus de nez, plus de paupière et mes lèvres étaient gonflées, j'étais totalement défigurée. Alors je suis rentré dans ma chambre et je me suis jeté par une fenêtre. Mais tu vois, je me suis dit qu'il serait absolument injuste qu'eux s'en sortent et pas moi alors je suis revenue sous forme de zombie. J'ai défiguré les deux amis de Vince et les deux filles qui les avaient aidés mais Vince... Vince je lui ai coupé les couilles pour que jamais il ne puisse s'en servir et que chaque matin quand il se regarderait dans une glace il pense à moi et qu'il se rappelle de ce que j'ai pu souffrir. »

« Et qu'est ce qu'il est devenu ? »

« Il coule des jours paisibles avec sa femme je pense... »

« Mais c'est horrible ! Après tout ça, après ce que tu en as bavé ?! Il s'en est tiré ?! »

« Il savait bien mentir ! »

« C'est répugnant ! Tu ne peux pas te venger ?! »

« Non, ma vengeance c'est sa conscience ! Je ne dis pas que je n'aimerai pas le détruire, au contraire j'adorerai mais à quoi bon… »

« Quand je sortirai d'ici, je le tuerai ! »

« Calmes toi Ace… La subtilité est bien meilleure dans ses cas là ! Tu n'es pas un monstre tu sais ! »

« C'est vraiment dégueulasse ! Je trouve ça répugnant ! »

« De quoi ? »

« Ce que les hommes peuvent faire pour du sexe ! »

« Ne t'en fais pas, je suis remise du traumatisme... »

Ace la regarda tendrement, il tenta une approche douce mais elle eut un mouvement de recul se levant pour partir apeurée

« Désolé ! Restes je ne te ferai aucun mal ! »

La jeune femme était déjà parti et Ace fixa le plafond; il avait plusieurs idées pour le lendemain.


Que peut bien avoir Ace dans la tête? Est ce que vous aimez? Vos avis m'intéresse car c'est la première fiction que je publie alors je stresse un peu.