7.

Au matin, pas trop rassurée, Madaryne avait apprécié que son beau-père propose spontanément de l'accompagner récupérer son mari à l'hôpital Militaire de la Flotte spatiale.

Et pour achever de la mettre mal à l'aise, deux soldats se tenaient devant les portes de la chambre où le jeune homme avait été assigné depuis la veille.

Assis sur le lit, Alguérande les regarda s'approcher.

- Ce n'est pas trop tôt ! siffla-t-il sans pour autant faire un geste pour se mettre debout.

- Oh, mon pauvre amour, quelle bêtise as-tu faite ! ? se récria Madaryne en venant l'étreindre.

- J'aurais cogné plus si les gardes de la sécurité n'étaient intervenus, grommela le jeune homme.

- Alguérande, tu as frappé le général de la Flotte terrestre.

- Oui, je suis au courant, ironisa-t-il. C'est mon poing qui a rencontré sa mâchoire. On ne m'enlève pas mes jouets !

- Au vu de ta réaction, sa décision semblait justifiée, ne put s'empêcher de glisser Albator.

- Il aurait surtout dû la deviner, ragea encore le jeune homme. Le Pharaon était toute ma vie et on ne m'ôte pas sans conséquence ce qui l'occupe toute entière !

- Ca, ce n'est pas très sympa pour la place prise pour les enfants et moi, remarqua doucement Madaryne sans néanmoins cesser de lui caresser doucement le bras.

Alguérande passa la main sur son front.

- Ma voiture est sur le parking du QG, je dois aller l'y récupérer pour que nous rentrions chez nous. Je crains que ça ne soit ma place pour très longtemps encore à présent !

- C'est le moins que l'on puisse redouter, fit Albator. Oui, revenons au château.

Le jeune homme se redressa, et sans le soutien de son père, aurait peut-être piteusement fini au sol.

- Je crois que je vais envoyer un des chauffeurs ramener ta voiture. Tu n'es absolument pas en état de tenir le volant. Essaye déjà de rester debout !

- C'est vrai qu'ils ont dû me filer une sacrée dose de calmants pour me faire lâcher prise, reconnut Alguérande en retrouvant son équilibre. Mais ils auraient pu s'arrêter à mon instant de crise. Là, je serais bien incapable de m'en prendre à qui que ce soit, surtout avec ces éléphants roses qui volètent tout partout !

- Appuie-toi sur moi, Algie, pria Madaryne. Nous te conduisons à la voiture de ton père et direction la maison !

Les deux soldats s'écartèrent pour les laisser passer.

- Où est le général Hurmonde ? interrogea Alguérande alors qu'ils quittaient l'hôpital.

- Quoi, une envie de remettre ça ? persifla son père. En manque de sommeil peut-être ?

- Pas vraiment. J'ai dormi comme une souche toute la nuit ! Mais sans perspective de roupillon, j'irais bien refaire une petite mise aux poings !

- Certainement pas ! pria Albator en le faisant prendre place côté passager. Ta situation est déjà bien assez catastrophique ainsi !

- Il ne fallait pas me reprendre le Pharaon, ragea à nouveau Alguérande. Comment ce traître de Gander a-t-il pu accepter de jouer dans cette mascarade ! ?

Le jeune homme tressaillit, jetant un coup d'œil incisif à son père.

- Tes belles envolées d'hier… Tu étais au courant, n'est-ce pas ?

- Oui. Et ne t'avise de t'en prendre à moi, j'ai plus de répondant que Hurmonde !

- Je n'y songe même pas… marmonna Alguérande sur un ton nullement convainquant !


Prétextant une surcharge émotionnelle, ce qui n'était pas entièrement faux, Alguérande avait pris son déjeuner dans son appartement, laissant la salle à manger à ses parents, sa femme et leurs enfants.

- Pouchy, quand tu te voulais « désolé », c'était à mon coup de sang que tu faisais allusion ? grinça-t-il.

- Entre autres, fit prudemment son cadet blond. Jusqu'à ce que tu frappes, j'espérais vraiment que tu arriverais à te contrôler !

- Comment aurait-il pu en être autrement ? aboya Alguérande. Voilà près de trois mois que je travaille sur moi-même pour retrouver mes sensations et le Pharaon. Et alors que je touche au but, on me vole mon cuirassé !

- Ce n'est pas pour autant que ta vie est finie, remarqua Pouchy. Il t'aurait peut-être fallu patienter encore un peu et tout serait rentré dans l'ordre. Cela aurait été juste légèrement plus long que tu ne t'y attendais.

- Qu'en sais-tu ? As-tu jamais étudié quoi que ce soit et exercé une quelconque profession ? jeta Alguérande avec violence et cruauté. Tu vis dans un monde idéal, sans contraintes et sans soucis !

Pouchy secoua négativement la tête.

- Non, que du contraire, Algie, protesta Pouchy. Morkadem a lancé son offensive. La Ceinture Mythologique est sens dessus-dessous. Des créatures se raniment et menaceront sous peu des zones névralgiques de l'Union Galactique.

- Là, c'est moi qui suis désolé, persifla son aîné à la crinière fauve. Je ne commande plus de cuirassé de guerre pour aller mettre de l'ordre !

- Il y a d'autres cuirassés… glissa Pouchy.