13.
Des tirs en rafale traversèrent l'espace, se heurtant aux parois de la pyramide qui emprisonnait le Deathbird.
- Amis ou ennemis ? souffla Pouchy qui n'en menait pas large.
Alguérande écarquilla les yeux.
- C'est le Pharaon ! Comment peut-il être là ! ?
- Je pars cette nuit avec le Pharaon. J'en ai reçu le commandement.
- De quoi ? ! s'étrangla Albator en faisant un bond dans son fauteuil.
- Ordre du général Hurmonde. Ce commandement est aussi provisoire que tout l'équipage sera Mécanoïde et donc restreint.
- Pourquoi ? interrogea Albator en s'obligeant au calme.
- Je dois me rendre dans les systèmes solaires composant la galaxie de la Ceinture Mythologique. Vous connaissez ?
- Oui… Algie ne va pas du tout apprécier que tu le remplaces sur la passerelle, remarqua le grand brun balafré. Est-ce que cela fait partie de…
Le lhorois inclina positivement la tête.
- Oui. Et la menace qui se développe dans la Ceinture Mythologique sert vos desseins pour obliger Alguérande à se secouer et à se reprendre ! Il ne va jamais supporter la perte du Pharaon !
- Oui, c'est bien ce que Hurmonde et moi espérons, admit Albator. Si en plus de lui prendre le Pharaon, c'est précisément toi qui pars avec, il ne le supportera jamais ! Là, il sera bien obligé de réagir, d'une manière ou d'une autre.
- Que pensez-vous qu'il fera ?
- Hurler, fracasser quelques meubles, partir en imprécations… Aucune idée, en fait ! Algie nous prend toujours au dépourvu ! J'espère que Joal Hurmonde est prêt à tout !
- Je constate que vous vous entendez bien avec mon général.
- Oui, je l'aime bien ce mec ! Un peu trop carré et Militaire pour moi, mais nous sommes sur la même longueur d'onde sur bien des sujets !
- Vous avez effectivement meilleure mine, convint ce dernier. Je viens d'avoir votre thérapeute au téléphone. Il est plutôt satisfait de vos progrès.
- Oui, c'est ce qu'il m'a dit aussi. Mais vous, qu'en pensez-vous ?
- C'est une question délicate. Il ne s'agit pas que de votre personne, commandant Waldenheim. Il y a la responsabilité du Pharaon et de son équipage !
- Vous voulez dire que vous ne pouvez prendre le risque de m'y renvoyer sans que je ne sois revenu à mes capacités pleines et entières ?
- C'est une décision que j'ai déjà prise. Le lieutenant Oxymonth vous remplace.
- Bien, je le rejoindrai par la suite. Comme cela ne s'est que trop souvent produit.
- Oui, en effet, c'est arrivé trop de fois par le passé. Je vous ai enlevé le commandement du Pharaon.
- Combien de temps ? souffla le jeune homme.
- Définitivement ! Vous ne dirigerez plus le Pharaon. Ni aucun autre cuirassé d'ailleurs !
Voyant rouge, au propre comme au figuré, incapable de la moindre retenue, Alguérande bondit sur ses pieds et se penchant par-dessus la table, il frappa son général en plein visage !
- Personne ne m'arrache mon Pharaon ! Constatez à présent que je suis en bien meilleure forme que ne le dit les rapports médicaux ou autres de vos avis de bureaucrate encroûté depuis toutes ces années !
Mais avant que le jeune homme ne puisse à nouveau cogner, ivre de rage, et le cœur broyé par une détresse sans nom, des agents de sécurité avaient investi le bureau, se saisissant de lui pour l'immobiliser au sol.
Il avait rué comme un beau diable, quelques instants durant seulement, avant qu'une injection ne le plonge dans le sommeil.
- Je ne te remercierai pas, Gander ! aboya Alguérande quand la pyramide eut cédé sous les tirs extérieurs du Pharaon et ceux intérieurs du Deathbird et que les deux cuirassés se soient téléportés à distance de sécurité, enfin autant que possible au vu de leurs adversaires surnaturels. Le Pharaon est ne sera jamais qu'à moi, même si je dois le pirater pour me le réapproprier !
- Mais, il n'a jamais cessé d'être à toi, Algie. Il fallait juste que tu sois en possession de tes moyens pour y revenir. Ça n'en prenait pas le tour et le temps comptait. Ton père et le général Hurmonde y ont remédié !
- De quoi ? ! glapit le jeune homme. Et qu'est-ce que mon père vient faire dans cette histoire ? ! Gander, envoie-moi un tube d'arrimage, je monte à bord !
