Nous avons passé la nuit ensemble dans le camping car qui me sert de maison temporaire. Il a fait un peu chaud toute la nuit mais ça ne fait qu'empirer la journée… Ce n'est pourtant pas pour autant que je meurs de chaud, un peu comme si j'été habitué, quand même.
Lorsque je pointe le bout de mon nez dehors, ma mère arrive et m'interpelle :
-Où est ce que vous étiez ? La maison est faite pour dormir, vous allez me faire le plaisir d'y aller.
-Bien sûr que non. Je reste dans le camping car, je ne dormirais pas sur de la terre cuite.
-Bon dieu, mais qui t'as donné un caractère pareil ?! On part pour le site dans deux minutes, dépêche toi de tout ranger !
TTsss….. Y a des fois je me retiens de crier. C'est moi le larbin ici, y en a marre ! Evidement, je ne dis pas que ce doit être Kakeru à ma place, mais bon, ils sont assez grands, pourquoi c'est toujours moi qui fais tout ? Et puis leur site, j'm'en fiche moi !
-Kyoya ! Ta mère a dit quelque chose il me semble, qu'attends tu ?!
Contrains de le faire, mais bon, ce n'est pas grave, après tout, j'aime bien mettre de l'ordre dans les affaire, ça me permet de faire de même pour mes idées. Mais des idées, j'en ai plus depuis que je suis ici. Mon PC est mort, y a pas de magasin dans ce village, pas d'électricité dans la maison, ni d'eau courante, et encore moins d'arbre où je pourrais me réfugier pour être tranquille, comme en Grèce.
Deux heures s'écoulent et nous voilà arrivé dans une ville que nous traversons à fin de rejoindre des sites archéologiques un peu plus loin. Lorsque je vois les pyramides au loin, un frisson me parcourt les entrailles et je trouve cet environnement de plus en plus familier.
Nous nous arrêtons enfin, je descends et j'admire le paysage. Je vois la ville au loin, derrière les pyramides, et le sable qui domine en parti mon champ de vision. Le soleil surmonte le tout comme accoutumé. On entend seulement les archéologues, et le vent qui souffle dans les dunes. Il n'y a rien de plus. Pas un seul signe de vie en dehors de cela.
-Kyoya ! Tu as vus comme elle est grande cette pyramide !
-Oui, c'est la pyramide de Khéops.
-C'est génial !
Et rebelote pour un tour. Kakeru s'élance dans une course folle entre les chantiers déblayés par les scientifiques de l'ancien. Mes parents me demandent d'ailleurs de les accompagner à fin de me présenter à leur chef de terrain.
-Bonjours Jean, je te présente notre fils Kyoya, c'est l'ainé.
-Mme et monsieur me font honneur, rigole le type en face de moi.
On dirait un bureaucrate. Est-ce qu'il a comprit que dans le sable un costard ça ne vas pas vraiment ? Il à une peau blanche, il n'est pas du coin, en plus il est roux...
-Vous avez de la chance, vous n'êtes pas les seuls américain ici. Enfin, français maintenant. Il y a Mr Atsuka en ce moment.
Ce n'est pas plutôt japonais ça ? Je veux bien que nous ayons des origines et que ce soit pour cela que nous avons tous des prénoms et nom japonais dans la famille, mais bon, ça m'étonnerait que ce soit le cas pour ce « Mr Atsuka ». Il ne peut pas être dans le même cas, ce serait trop de coïncidences…
-Je me souviens de lui, déclare ma mère après un instant de réflexion. Sa femme était enceinte alors elle n'était pas venu la dernière fois, n'est ce pas ?
-C'est exact. Maintenant elle a deux beaux garçons qui l'ont accompagné également.
Dommage que ce ne soit pas une fille… Quoi que… Un gars c'est moins chiant au moins, et puis on pourrait peut être bien s'entendre, je me demande quels sont leurs noms.
Alors que je m'apprêtais à entrer dans un débat moral, on me tire le bras sur le côté, et ce n'est autre que Kakeru qui me demande de venir voir plus loin. Du moment que je peux m'éloigner de mes parents, tout me va, donc je le suis tranquillement. Et puis je me rends compte que j'ai eu raison de le suivre. On s'assoit sur une caisse qui trainasse en dehors du chantier. J'observe discrètement. En face de nous se dresse un espèce de tas de rochers. Ça doit faire cinq mètres de hauteur, et en haut, un gamin semble être couché. Si se n'était que ça, j'aurais rien dit, mais ce gamin en question m'attire l'œil. En effet, il a l'air d'avoir l'âge de Kakeru et de ne pas être d'ici. Serait ce l'américain en question ? D'étranges cheveux blanc, ou peut être extrêmement blond, je ne sais pas trop, se dressent sur sa tête avec une sorte de coloration rouge sur le coté droit. Il est habillé chiquement, en tout cas.
-Et si on le réveillait ? Il va avoir une insolation !
-Ce ne sont pas nos affaires.
Alors que je prononce cette phrase, une ombre apparait sur le sol.
-Hé ! Vous avez un souci que vous regardez mon frère comme ça ?!
Mais… C'est du français ! Ce gars parle le français ! (Jusqu'à présent, dans ce pays, tout le monde parle arabe, sauf les traducteurs) D'ailleurs, il ressemble énormément au gamin qui dort là-haut, sauf que lui, la coloration rouge est a gauche et qu'il est plus grand, peut être même a-t-il mon âge ?
-C'est ton frère là-haut, qui dort en plein soleil ?
-Ouai. Il y a un problème ?
-Non. Mais il va avoir une insolati…
Cela fait quelques secondes que je le regarde droit dans les yeux et j'ai l'impression qu'il me foudroie du regard. Il me paralyse. Ces yeux me rappel vaguement quelque chose, je suis persuader d'avoir déjà vus ce gars avant. Bon sang, pourquoi je le trouve si mignon maintenant ? Qu'est ce qu'il se passe ?!
-Hé ! Je te parle !
-Heu…Ouai…désolé… tu es français ?
-Non, Américain, mais je suis multilingue.
-D'accord, je comprends pourquoi tu parle bien le français alors.
-Je peux parler anglais, japonais, américain, espagnol, français, italien, et arabe.
-Non merci pour l'arabe…
-T'es raciste ?
-Disons que j'ai eu ma dose pour ce dialecte…
-Hum…Tu n'es pas américain par hasard ?
Ce gars est bien étrange. Je lui réponds que je suis américain naturalisé français et que j'ai était forcé de suivre mes parents pour leur travail ici. Nous faisons donc plus ample connaissance. Ce qui est drôle, c'est que j'ai l'impression de le connaitre depuis bien longtemps, et je devine chaque réponse à mes questions !
-Ryuto ! Lève-toi de là, on bouge, déclare soudainement mon interlocuteur.
Sous les ordres de son grand frère, le dénommé Ryuto gesticules plus ou moins, puis finit par se mettre debout, à contre jour, en haut de son tas de rochers. Le soleil derrière lui m'aveugle un peu, donc je détourne la tête et m'aperçois qu'à force de parler avec ce Ryuga, mon propre frère est en totale liberté, chose pesante puisqu'il fait toujours des tas de bêtises dés que l'on tourne le dos. D'ailleurs, il suffit que je lève la tête pour le voir au sommet du tas de gravât d'où vient de descendre l'autre.
-Kakeru ! Si tu te blesse je vais encore en prendre plein la poire ! Descends ou j'viens te chercher !
-Kyoya !
Tout en criant mon prénom, cet abruti, que je n'ai pas vraiment le temps de voir, saute de tout en haut en ma direction. En une fraction de seconde, mon seul reflex pour ralentir sa chut et de tendre mon poing, qu'il prend de pleins fouet sur le côté, le faisant s'écrouler dans le sable. J'espère que je ne lui ai pas fait mal !
-Kakeru ?! Tu vas bien ?!
-Mais t'es malade ?! Depuis quand on attrape avec des poings ?! Méchant !
Alors qu'il s'efforce d'essayer de me faire mal en me frappant le torse de ses petites mains, Ryuga, derrière mon dos, éclate de rire.
-ça te fait rire qu'il se blesse ?!
-Frérot, c'est vraiment lui, Kyoya Tategami ? Coupe alors l'autre nain de jardin.
-Oué. Mais apparemment il ne se rappel pas, mais il a les mêmes reflexs stupides !
Me rappelais de quoi ? Que ce gars est un imbécile qui rigole du malheur des autres ?! Quoi que…ça me vas bien de dire ça… Je casse toujours du sucre sur le dos des autres, et là c'est un peu moi qui suis totalement stupide... Bon, ce n'est pas tout, mais j'aimerais bien me retrouver un peu tranquille, la présence de ces deux étrangers me perturbent un peu. Mais… Peut être qu'ils pourraient m'aider.
- Dis-moi, Ryuga, il y a des magasins d'informatiques là bas ?
Je pointe du doigt la grande ville du Caire, derrière les pyramides. Il regarde la ville un instant puis se tourne vers moi avec un sourire amusé pour finalement me répondre qu'il n'en sait rien, mais que c'est probable. Bon… Et bien je suis avancé. Je veux bien aller voir si je peux réparer mon ordinateur, puisque je pense que c'est la batterie qui est morte, j'ai juste à tester dans le camping car avec le chargeur. Chose que je m'en vais immédiatement faire. Mon frère me suit comme, abandonnant tout comme moi les deux autres. Une fois dans le véhicule, il ose enfin dire quelque chose, bien que, il devrait m'en vouloir, je lui suis fait mal tout à l'heure.
-Tu veux réparer ton ordinateur ?
-Oué. J'pense que c'est tout bêtement la batterie qui est morte. Heu… Je… J'suis désoler, j'voulais pas te faire mal tout à l'heure…
-T'inquiète pas ! Je sais très bien que tu n'as pas fais exprès, tu as juste des réactions un peu douloureuses, déclare t il en rigolant.
C'est pas drôle. J'aurais pus te faire très mal, inconscient que tu es. Enfin, je vérifie et je confirme ma théorie. Par chance, la batterie est standard, alors peut être que je pourrais le réparer. Le problème reste que nous sommes en Egypte et que, ici, il n'y a rien… J'espère qu'au Caire il y a quelque chose.
-Hey ! Tategami Kyoya. Je t'ai mentis, je sais où il y a ce que tu cherche.
Je jette un œil sur la porte ouverte où se trouve mon cadet d'un an. Il écoute au porte en plus de ça… et il me ment. Et il l'avoue !
-Il y a des magasins informatiques ici ?
-Oué ! s'écrit son petit frère. Y a carrouf !
Carrouf… ? heu…chez moi c'est égal à Carrefour, hors, Carrefour, c'est plutôt en France, non ?
-à RadioSharck tu es sûr de trouver ce qu'il te faut. Je peux t'y emmener si tu le souhaite.
Hum… Je préfère le français de Ryuga plutôt que l'anglais de son frère, il est plus compréhensible. D'ailleurs, je n'avais même pas remarqué qu'il parlait anglais. C'est devenu une véritable habitude de traduire automatiquement en français. Même quand l'accent est mauvais. Heu…quoi que c'est pas logique puisqu'ils sont américains, ils devraient parler comme il faut l'anglais, non ? Ou c'est son accent… ? Enfin bref, j'm'en fiche, moi je veux une batterie neuve pour mon pc. Mais avant il va falloir affronter les parents… qu'elle galère.
Si j'ai bien comprit, ils font des fouilles près des pyramides car le reste d'un temple à était retrouvé, donc, je devrais les voir devant une grande pierre d'hiéroglyphe en train d'essayer de comprendre quelque chose, ce qui est impossible, car je me connais plus qu'eux en Égyptien. Puis c'est difficile de trouver quelqu'un ici ! Tout le monde à les même fringues, avec un chapeau sur la tête. Encore heureux que ma mère à un t short rouge flash sur elle, autrement je ne l'aurais jamais reconnut, là, assisse au pied de cette statue du dieu Anubis, faisant prés d'un mètre de hauteur. Elle semble l'avoir déterré.
-M'man… ?
-ha ! Tu tombe bien ! Regarde cette magnifique statue ! Elle est superbe !
-Humhum… c'est Anubis. Dis, je peux me rendre en ville ?
-pourquoi faire ? il n'y a rien qui t'intéresse ici ?
-heu… voudrais voir a quoi ressemble le Caire.
-et tu compte te perdre dans ses rues ?! Tu ne connais pas le coin !
-Je sais, mais j'ai un guide. Kakeru viendrait lui aussi. C'est possible ?
-Garde ton portable sur toi, et prends des dromadaires là bas.
Quoi ? Un…dromadaire ? Je touche pas à ce truc qui crache, moi, hors de question. Mais, Kakeru a déjà sauté sur l'occasion et se jette sur la barrière de l'enclos pour appeler ses animaux saugrenus. Le proprio vient me voir et me demande si j'en veux un. J'en veux pas, mais j'ai pas le temps de le dire puisque tout de suite, l'autre abruti arrive et demande deux dromas. Non, non et non. Je ne monte pas sur ses trucs ! Il s'arrête devant moi et me tend la laisse.
-Tien, prend celui la il a l'air mieux dressé.
-Je ne monte pas cette chose.
-Et tu veux marcher ? C'est loin, tu sais ?
-Kakeru monte dessus si il veut, moi je prends mon vélo.
-Dans le sable ?!
Il éclate de rire. Le sable n'est pas profond et i peine un kilomètre. Je prends mon vélo, c'est tout. J'l'ai pas amené pour rien.
Il nous faut bien un quart d'heure pour arriver à la bordure de la ville. Il fait chaud et c'est épuisant, mais à partir d'ici, le sol est dur. Je chevauche mon vélo et avance tranquillement à côté des deux dromadaires. Kakeru est monté avec Ryuto car c'est la première fois qu'il monte là-dessus et qu'ont moins, ils ne s'écrasent pas tout les deux, ils ont la place pour être tranquillement assis. Ryuga est donc tout seul sur son dromadaire, enfaite, quand je le regarde, j'ai comme l'impression qu'il est triste, qu'il fait la tête. Serait il jaloux par ce que sont frère n'est pas avec lui ? Non…Ils n'ont pas l'air excessivement proche tout les deux. Alors pourquoi ? Mieux encore, pourquoi lorsqu'il me regarde également je ne peux m'empêcher de tourner la tête ?
Nous continuons donc à marcher encore un moment puis Ryuto dit apercevoir carrefour. Moi je ne vois rien.
-On va voir Nasir pour qu'il garde les dro' , frérot ?
-hum…Ouai…
Il a vraiment l'air dépité, il parle avec un ton un peu triste, mais je crois bien être le seul a remarquer, quoi que…Je suis le seul a faire attention plutôt.
Nous nous arrêtons devant une auberge. Le grand frère Atsuka rentre dans l'auberge et ressort avec deux cadenas dont il se sert pour accrocher les laisses à la rambarde de l'auberge ainsi que mon vélo. De cette manière on est sûr de ne pas perdre ces stupides bestioles.
-C'est où alors ?
-Le sous terrain. Mais, t'as de l'argent Égyptien au moins ? me demande Ryuto
Hu…Je n'avais pensé à ça…quel imbécile je suis !
-Non…J'ai que de l'euro…
-Je te paye ton truc, coupe alors Ryuga, à mon étonnement.
Il faisait la tête il y a trois secondes et la il est tout content de pouvoir m'acheter une batterie ? Enfin…C'est ce que je ressens… Peut être que je me trompe. Peut être qu'en faite c'est tout autre chose …
Nous entrons alors dans le magasin. C'est vrai, c'est comme un carrefour, il y a pleins de choses, bien que le côté électronique et tout ça est légèrement plus petit. Je cours vite au rayon ordinateur, mais ce que je trouve ne me satisfait pas, car en faite, je ne trouve absolument rien de ce que je veux… Mais bon, comme Kakeru est curieux de tout voir, on reste un peu plus longtemps, à mon grand malheur car je déteste les magasins étrangers, on ne comprend rien du tout.
Un petit moment plus tard nous sommes enfin dehors.
-Où c'est Radioshark ?
-On va à Citystar avant. Je voudrais voir quelque chose.
On reprend les dromadaires, tout en gardant les cadenas. Nous traversons une partie de la ville et croisons quelques voitures et quelques personnes à pied ou en vélo. Au bout d'une vingtaine de minutes nous découvrons une porte fermé.
-hum… RadioShark n'est pas loin.
Encore un tour a travers la ville. Et ENFIN ! ENFIN ce fichu magasin informatique ! Il était temps. En plus d'avoir un nom assez classe, ils on se qu'il me faut. C'est super. Maintenant, il faut le payer… Et ça c'est Ryuga qui s'en charge. D'ailleurs, il me demande de venir voir dans le rayon d'à côté. Je le suis, laissant nos frères regarder les jeux vidéos. Enfaite, il ne voulait rien me montrer mais juste me parler.
-J'ai une condition, pour ta batterie.
-ça ne m'étonne pas… Et c'est quoi ?
-Tu es là pour un mois, c'est ça ? Donc il te reste on vas dire trois semaines et demi.
-Et ensuite ?
-Reste avec moi tous les jours.
Quoi ? C'est quoi cette condition ? Il veut un ami pour jouer dans le sable ? Non mais franchement, en plus on se connait a peine, j'vais pas passer mes journées avec un gars que je ne connais même pas. Si ça ce trouve, je vais le détester demain, et puis ça n'a aucun sens, il a plus trois ans quand même ! On ne demande pas ça… Et ça fait trop pervers…
-Une semaine. Juste une semaine, reste avec moi ce temps, s'il te plaît.
J'ai beau le regarder droit dans les yeux je ne lui trouve pas un regard amusé mais bel et bien sérieux. Quel but aurait cela ? À quoi ça sert que je reste avec lui une semaine ? … Et puis son air triste de tout à l'heure… J'ai vraiment pas envie d'y avoir droit à nouveau, je ne peux pas expliquer pourquoi mais je n'aime vraiment pas ça…
-Juste deux jours alors ?
Il essaye de marchander par ce que je ne répond pas tout de suite, je n'aurais pas penser qu'il puisse être aussi… bizarre.
-Non. Une semaine si tu veux, mais que si je te supporte.
-Marché conclut alors !
Il tend sa main que je tape avec la mienne et inversement.
