Finalement, suite à ce petit instant privilégié, moi et Ryuga sommes ressorti dehors pour rejoindre nos frères et se joindre un peu à leur jeu. Kakeru est rassuré de me voir de meilleur mine et m'avoue même qu'il pensait que j'étais malade. Apriori Ryuto aussi s'inquiétait. C'est ainsi que la journée passa, simplement. Mais plus je vois la nuit arrivait plus Ryuga semble perturbé. Curieux de savoir ce qui peut l'inquiéter, je lui demande simplement.

-Dis, Ryu…

-« Ryu » ? me fait-il remarquait, surprit.

-Heu… Ryuga si tu préfère, c'est pareil.

-Non. Ryu ça me va très bien, il n'y a que toi qui m'appelle comme ça.

-Ha…ok… Heu… J'voulais savoir pourquoi…tu es contrarié ?

-Contrarié ? En quoi je serais contrarié ?

Etant dans la caravane, encore une fois, à l'abri du soleil, et des regards, il m'embrasse. Mais j'avoue que j'ai plus l'impression qu'il fait ça pour cacher ses sentiments que par envie. Je le repousse doucement, les mains sur son torse.

- Dis-moi ce qu'il y a. Qu'est-ce qui te tracasses ?

-Rien. J'vais bien.

-Le simple fait que tu dises ça revient au fait que tu ne vas pas bien.

-Ou peut être que tu te fais des films. Allons manger.

Alors on part sous la tente pour manger avec tout le monde. Forcement, il y a les deux grognasses qui en veulent à Ryu. Franchement, qu'est ce que ça peut leur faire qu'il soit gay ? C'est ridicule quand même. Mais grâce à ce repas, j'ai remarqué qu'en réalité, le malaise de mon…heu… petit ami… ouah…c'est bizarre. Enfin, c'est son père le problème. On n'a pas eu le droit de manger à côté, avant de nous joindre à la table, son petit frère lui avait dit que leur père n'était pas d'humeur, et qu'il n'acceptait pas bien le fait que Ryuga soit si peu présent avec eux.

On mangeait donc séparait, face à face quand même, car les tables se disposent en U , et ma famille se trouve à l'opposé de la sienne. Et, certes, nous sommes séparé, ce n'est pas cool, cependant, je vois bien qu'il fuit le regard de son père. Il y a un truc qui cloche.

Nous nous lançons des regards de temps en temps, et je vois qu'il a fini de manger. Je lui fais comprendre qu'on peut sortir de table, mais ça ne semble pas être possible et il se renfrogne. Hum… Que dois-je faire ? Est-ce que je pourrais aller voir son père et en parler ? Mais parler de quoi au juste ? Je ne peux rien faire là. Cette situation est pénible. Ha ? Ses parents semblent discuter. Et Ryuga s'en mêle. Pour finir en s'en allant brusquement, l'air fâché. Il passe derrière la tente. Et j'entends mon prénom chuchoté.

-Kyoya, tu viens ou pas ?!

Je sursaute. C'est bien Ryuga qui m'appellent. Alors je me lève très vite pour le rejoindre. Il est derrière la toile de la tente, je dois donc la contourner pour le rejoindre, Kakeru m'accompagne au passage. Je retrouve mon Ryuga adoré, que j'aurais aimé prendre dans mes bras, mais bon… y a Kakeru, alors… Je préfère éviter. Nous nous éloignons tranquillement, tout les trois, en direction de la caravane, après tout, c'est le meilleur endroit du coin. Très vite, Ryuto nous rejoint.

-Ryuga ! Ryuga, pourquoi t'as fais ça ?!

Faire quoi ?

- Je ne vais pas me laisser piétiner ! Ça suffit maintenant.

-Peut être mais… Tu sais bien qu'il en restera pas là, déjà ce n'était pas super, là ça s'envenime. Tu comptes faire quoi ?

-Vous parlez de quoi là ? Qu'est ce qui s'envenime ?

-Laisses, cherches pas.

Bien sûr que non j'vais pas laissez tomber ! Mais disons seulement que vus que nos frères sont là, il est moins aisé de parler.

-Ryuga… !

- Arrêtes ! Ça suffit maintenant.

Ryuto baisse la tête et reste silencieux, comme chacun d'entre nous désormais.

Enfin, je le vois qui arrive. Nous avons passé la soirée tous ensemble hier, à regarder des films, que j'avais déjà vus vingt fois d'ailleurs. Puis ma mère est venue voir s'ils étaient là, les deux Atsuka, pour leur dire de se joindre à leurs parents. Chose qu'ils firent. Et depuis, je n'avais entre aperçut que le plus jeune des deux. Alors j'étais impatient de voir Ryuga. Celui-ci s'approche tranquillement de moi, assit sur la marche de la caravane. Il arrive à ma hauteur et je vois bien qu'il a une mine fatiguée.

-Qu'est ce que tu as ? Mal dormi ?

-Je suis…, il pose une main sur ma tête pour la caresser une seconde, puis il s'endort à moitie. Fatigué…

Instinctivement je me lève et j'ai bien raison car il se laisse tomber un peu dans mes bras. Nous rentrons à l'intérieur où je l'emmène sur le lit. Assit, adosser contre la paroi du véhicule, il ferme les yeux et respire tranquillement.

-Ton père a crié ?

-Mouai…

-Qu'est ce qu'il voulait ?!

-Je passe trop de temps avec toi, alors ça l'énerve… Mais j'l'enmerde. Profond. J'l'enmerde sérieux.

-Ryu ? Il…Il ne t'as… Pas frappé ?

Je lui demande ça sans raison enfaite, mais je m'inquiète tellement. Puis il s'esclaffe de rire.

-Lui ? haha ! Qu'il me frappe, et là c'est clair que j'me casse ! S'il me touche encore une fois je lui fais bouffer sa merde !

Il a des paroles quelques peu crus… Mais d'après ce que je comprends, il s'est déjà fait frapper.

-C'est quoi son problème ?!

-Je t'ai dis ! Il est HOMOPHOBE. Manque de pot, son fils est gay. En plus je manque de respect, je suis jamais avec mes parents, alors ce n'est pas exemplaire. Et il sait que je ne supporte pas… la violence, sur moi.

J'aimerais bien savoir pourquoi… Mais ça il ne me dirait pas de toute manière. Et puis ça doit être dans sa nature. Quoi que… Ryuga est plus un genre bagarreur qu'autre chose.

Il s'est ensuite endormit dans mes bras, durant toute la matinée il est resté endormi. Nous n'avons pas parlé à nouveau du problème avec son père. On a essayé de faire des efforts pour ne pas le contrarier, l'un et l'autre. Apriori ça à fonctionné. Puis nous avons dû nous séparer, car le contrat de mes parents s'arrêtaient. On s'est échangé nos mails et numéros de portables. Kakeru fit de même avec Ryuto, ils s'entendaient bien après tout. Nos chemins se sont détournés, chacun dérivant un peu plus loin l'un de l'autre. En un rien de temps, ce fut un océan entier qui nous séparait. Un océan d'eau, de temps, d'espace, de larmes aussi. Je crois que je n'ai jamais été aussi triste, surtout en le sachant en danger. La première chose que je fis en rentrant fut de lui envoyé un email, puis des SMS. Mais comme il ne répondait pas au bout de quelques jours, j'ai tenté d'oublier un peu, et je me suis préoccupé de mes maquettes de jeux vidéo, et de mangas. Jusqu'à ce qu'il réponde. Je l'ai tout de suite invité à venir chez moi. Nous avons convenu d'une date, et le voilà qui doit arrivé d'une minute à l'autre dans l'aéroport. Les passagers de son avion passent devant moi, mais lui je ne le vois pas encore… Ha ! Si le voilà !

Je marche à travers toutes ses personnes. Je n'ai jamais aimé la foule… Elle est méprisante. Ha ! Mais voilà donc mon cher hôte ! Abordant un grand sourire, je me dirige vers lui, qui m'a également remarqué. On se prend l'un l'autre dans les bras. Son corps m'avait manqué, son visage, sa peau, ses cicatrices, la chaleur et l'odeur de son corps que je chéris tant ! Il relève la tête et regarde d'un air triomphant.

« Bienvenu en France ! »