Chapitre 4

Mes préparateurs sont trois: deux femmes et un homme.

La première s'appelle Caty, elle tient un salon de manucure quand elle ne prépare pas des tributs pour les Hunger Games. Elle a la peau rousse, des oreilles de chat qui sortent de son crâne aux cheveux blond platine, des moustaches et des ongles ridiculement longs, soigneusement manucurés.

La deuxième s'appelle Phoébé, elle est très jeune, 19 ans je crois, et tient un salon de coiffure. Elle est normale, à part qu'elle expérimente des coiffures étranges ( elle en change, d'après ce qu'elle dit toutes les semaines ). Aujourd'hui ses cheveux sont brun-roux, et attachés en un chignon d'où sortent le reste de ses cheveux.

L'homme s'appelle Tarquin, il a des cheveux bleus sombres et la peau verte anis, avec des yeux rouges. Horrible.

Ils ne cessent de parler d'Oreste, mon styliste, ainsi que le cousin de Phoébé. Il est son aîné de 5 ans, il s'est occupé du Dix pendant 3 ans et vient d'être promu ici, dans le Sept. Apparemment, il n'a pas l'intention de me changer en arbre.

En attendant, je subis une remise à zéro, on me fais belle sans commencer à préparer mon costume. J'y passe la matinée, puis Caty me guide dans un salon adjacent où je mange mon repas en attendant mon styliste.

C'est un bel homme, aussi simple que sa cousine, c'est-à-dire que sa seule concession à l'extravagance sont ses yeux, d'un violet intense, bordés de sourcils bleus très longs.

- Bonjour, Leeloo. Je m'appelle Oreste et serai ton styliste cette année.

- Qu'avez-vous prévu pour la Parade ?

- Et bien, tu vis dans la forêt, tu es une survivante ! C'est sous cet aspect là que je vais te montrer, et ça va te donner un atout !

Effectivement.

L'après-midi est fini quand je descend vers le hangar d'où seront envoyés les chars. Je suis tout bonnement... impressionnante. Mes cheveux sont gonflés, Phoébé leur a donné énormément de volume et c'est magnifique. Je suis vêtue d'une espèce de brassière en peau de loup blanc qui ressort sur ma peau foncée artificiellement ( avec une crème qui part au lavage, heureusement ). Ma jupe m'arrive à mi-cuisse, elle est faite d'un mélange de feuilles et d'aiguilles de sapin. Je porte des sandales faites de lianes brunes, qui font comme des ballerines de danseuse. Je porte une couronne de pommes de pin et de baies. Ma bouche est plus rouge, mes yeux plus brun. Mes ongles sont arrondis, et couverts d'un vernis vert sombre.

Bran porte un simple pagne comme ma jupe, mais on voit que son costume aurait plus été fait pour un tribut impressionnant et musclé. Lui est maigrichon, et avec l'épieu qu'il doit porter, il a l'air chétif. Moi, je porte une torche enflammée, qui éclaire mon visage sans maquillage.

La Parade commence. J'espère faire bonne impression, je dois continuer à être hautaine et distante. Nos chevaux démarrent et me voilà dans le Grand Cirque. La foule en délire m'acclame, mais je l'ignore et fixe le char précédent, déguisés en avions. Je déteste être montrée comme un chien savant alors que, dans moins d'une semaine, on va m'envoyer tuer dans une arène. Mais je dois me prêter au jeu, sinon je n'y survivrai pas. Or, je veux survivre, je veux rentrer chez moi, revoir ma famille et mes amies.


Je contemple la rediffusion de la Parade. Les deux du Un ont la peau dorée et portent un pagne et une robe de diamants. Sublime. " Barbie " rayonne littéralement. Pour elle, l'arène c'est une option, un bonus. Elle est là pour les jolies robes et le public qui l'acclame. Les deux du Deux portent un vêtement de gladiateur à l'ancienne, avec les fausses armes et tout ça. Le Trois a une combinaison au dessin de puces électroniques. Le Quatre est à peine vêtu ( la fille porte un soutif et une mini-jupe, le garçon juste un pagne ) et leur peau est bleutée, nacrée. Le Cinq porte une combinaison moulante bleu sombre, parcourue d'éclairs jaunes. Le Six, est donc en avion. Et nous faisons notre entrée. On est impressionnant, il faut le reconnaître. Ca change des arbres et des rares bucherons.

Le Huit porte une toge multicolore très ample. Le Neuf, une chemise à carreaux et un pantalon de toile trop large. Le Dix est déguisé en vache. Le Onze porte à peau de chose près le même vêtement que le Neuf, avec en plus un large chapeau de paille chargé de faux fruits. Le Douze est le pire avec le Dix: les tributs sont nus, couverts de poussière de charbon noire.

Wendy se lève et je la suis. Nous entrons dans ma chambre. Elle est bien plus grande et luxueuse que celle du train ! Ma mentor s'assoit sur le lit.

- Ta stratégie est facile à deviner; ton attitude, si elle est accompagnée de morts, t'apportera des sponsors. Mais, dans l'arène, ça ne suffira pas. Mmm ?

- Les carrières ne sont pas les seuls à pouvoir s'allier. J'ai prévu de monter une alliance avec des tributs prometteurs.

- Quand ?

- Dès demain, dès l'entraînement.

- Parfait. Mais méfie-toi des carrières. Fais en sorte qu'ils ne devinent pas, pour l'alliance. Maintenant, je vais te raconter une histoire. C'est l'histoire d'une fille du district Sept qui fut envoyée aux Hunger Games. Elle brilla comme une étoile, et les carrières la voulurent pour alliée. Elle refusa; et dans le bain de sang, tous se retournèrent contre elle. Elle en tua deux, en blessa gravement un qui mourut quelques minutes plus tard. Puis elle se retrouva acculée. Seulement, le garçon de Cinq, qui nourrissait les mêmes ambitions qu'elle, la sauva. Il tua un autre carrière, et il n'en resta que deux.

Le Cinq et la Sept se lièrent d'amitié. Hélas, le garçon du Quatre, un des deux survivants carrière avec la fille du Deux le tua un jour qu'il chassait. La Sept pleura beaucoup. Pour oublier, elle tua tous les tributs qu'elle trouvait sur sa route, jusqu'au grand Final. La fille du Deux était morte, tuée par la fille Du Huit ( tuée deux jours plsu tard par la Sept ). Il ne retsait que le Quatre. La Sept put enfin se venger pleinement. Elle ne savait pas que tuer avait été une terrible erreur depuis le début, et aujourd'hui encore, elle est hantée par le lourd tribut de sang qu'elle a fait versée. Cette fille, c'était moi, Leeloo. Ne tues pas pour tuer, tues uniquement en cas de légitime défense. Les carrières que j'ai tué au premier jour ne me hantent pas tant que ça, mais tous les autres, si. Penses-y, Leeloo. La vie ne vaut la peine d'être vécue que si elle est heureuse.