Une petite surprise pour ce chapitre et les suivants ! Afin de pouvoir assister à toutes les morts, il y aura des parties en italique, à la fin de chaque journée, quand Leeloo constate les morts, vous pourrez connaître les circonstances du décès des tributs ( sauf ceux que Leeloo aura vu, ou auxquels elle aura participé ) !
Chapitre 9
Nous marchons depuis la fin du Bain de Sang. Le soleil se couche au-dessus de la mer, illuminant l'arène d'une lueur sanglante.
- Arrêtons-nous ici, propose Julian. On est suffisamment loin des carrières, je pense.
Nous sommes à la lisière de la jungle, que nous avons traversée obliquement, sans rencontrer trop de soucis. Nous nous arrêtons, au moins pour recenser nos possessions.
Epona a récupéré la seule faux de l'arène, elle est très rapide, et, comme l'arme était au centre de la Corne elle n'a rien pris d'autre. Julian a récupéré un glaive et deux petits sacs qui contiennent chacun un bouteille d'eau, un paquet de 6 barres énergétiques et... un paire de lunettes de nuit ! On en possède donc 2, parfait pour surveiller notre campement la nuit. Julian explique que, bien qu'ils soient proches du centre de la Corne, personne ne les avait pris, alors il avait sauté sur l'occasion, d'autant plus que personne ne faisait encore attention à lui.
Jordan, lui, a pu mettre la main sur deux haches, identiques à la mienne. Il a pris aussi un sac de couchage roulé en boule, qui, une fois déplié, révèle une gourde de 2L, pleine, soigneusement cachée. Céré, a récupéré un gourdin, puis en rejoignant la forêt, a attrapé un minuscule sac contenant des lanières de boeuf séchées. Quand à moi, mon sac contient des fruits secs, une gourde de 2L, mais celle là vide, une autre pleine, une paire de lunettes de nuit, des lanières de boeuf séchées et des petits biscuits secs, en outre du sac de couchage.
- Je pense que demain, on pourra s'occuper de repérer des sources d'eau, pour quand on sera en manque, propose Epona.
- Excellente idée, j'approuve.
La nuit tombe à une vitesse stupéfiante. Un coup de canon retentit. Les carrières ont du trouver un tribut faible.
- J'ai compté 7 coups, tout à l'heure, après le bain de sang, fait Jordan. C'est moins que d'habitude.
Justement, l'hymne de Panem retentit. Nous retenons notre souffle.
La fille du Trois s'affiche dans le ciel.
Elle court, court le plus possible. La jungle est trop dangereuse, le désert aussi, mais la prairie est l'endroit idéal. Mais elle ne peut pas partir comme ça, ça serait stupide... Alors elle aperçoit un sac, passe-partout, ni trop petit ni trop gros... Elle l'attrape quand une flèche lui transperce le biceps gauche. Stupidement, elle fait volte-face, surprise, et une seconde flèche de la fille du Un l'atteint au coeur.
Le garçon du Trois ne s'affiche pas. Dommage, il a l'air plutôt coriace. Mais bientôt apparait le garçon du Quatre. J'ai un haut-le-coeur. Epona me regarde avec douceur.
Ensuite, vient le garçon du Six.
Toutes ces armes... Hmm, c'est terriblement tentant. Il sait qu'il ne faut pas, mais avec une arme, la partie serait facilitée. Et puis, son mentor le sous-estime. Largement. Au petit trop, il bifurque vers la Corne. Là, un petit sabre ! Et il n'y a personne aux alentours... C'est trop facile. Un épieu lui traverse l'abdomen, et il tombe, à deux mètres du sabre. C'aurait été facile, si il n'y avait pas eu le colosse du Deux...
Et puis la fille du Six. Celle-là, elle a fui dès les premiers instants, ça devait être le tribut trouvé par les carrières. Je remarque qu'elle n'avait que 12 ans.
Pourquoi est-elle montée sur la montagne ? Il fait si froid... Et elle n'ose pas redescendre, elle ne peut pas. Alors, elle allume un feu... Un tout petit feu...
Soudain, les carrières sont là.
- Tu savais pas que la montagne, c'est dangereux pour les petites filles ? lance la fille du Deux.
- Pi... pitié...
Mais il n'y a pas de pitié, et la massue du garçon du Un qui lui fracasse le crâne en est la confirmation.
Je retient mon souffle. Mais c'est la fille du Huit qui apparait. Bran est en vie !
Il faut qu'elle fuie... Vite. Elle est juste derrière la fille du Trois, qui est touchée deux fois, une au bras, une au coeur et tombe par terre. Elle a peur, elle est choquée, devant cette morte aux yeux encore ouverts. Mais il faut qu'elle fuie... Vite. Mais la flèche de la fille du Un l'atteint quand elle se remet à courir. Paf, en plein coeur.
La fille du Dix apparait. Jordan pousse un gros soupir.
- Maintenant, le district Dix n'a plus qu'un tribut...
Le garçon du Six meurt sous ses yeux, elle cachée sous une pile de sacs.
- Alors, ma chérie, on joue à cache-cache.
C'est le garçon du Un.
- S'il-vous-plait...
La massue qui fracasse son crâne est la seule réponse.
Et voilà le garçon du Douze.
Courir... Plus vite, plus vite... Une douleur à la jambe. Il s'arrête, un shuriken dans la cuisse. Une autre douleur, dans la poitrine. Et une autre, encore une autre... Et la fille du Deux vient achever sa besogne, d'un shuriken dans la gorge.
Et la fille du Douze, pour clore les morts.
Fuir... Sa survie dépend de sa capacité à fuir. Elle voit du coin de l'oeil, son partenaire tomber, transpercé par des shuriken. Non... C'est impossible. Elle trébuche dans un filet négligeamment posé sur le sol. Le filet de la fille du Quatre. Et elle es retrouve empalée sur le trident, pour aller avec.
- Bon, maintenant, on trouve un campement, je lance.
- La plage ne m'a pas l'air... sûre, fait Céré. Elle doit être truffée de pièges. Mais la jungle non plus ne me dit rien.
- Regardez, il y a des rochers, juste là, constate Jordan. Si on s'installe dessus, on sera pas obligé de descendre sur la plage.
- D'accord, mais il faut des tours de garde deux par deux, toutes les deux heures, je propose.
- Ok. Leeloo et moi on prend le premier, intervient Epona. Et Jordan et Julain prendront le deuxième, et Céré...
- Je le ferais tout seul.
- Ah oui, pour les sacs de couchage on se les partage par équipes de garde, fait Epona, génie de l'organisation.
Nous prenons les lunettes de nuit et nous installons.
- Tu l'as tué de sang-froid ?
Je comprend qu'elle veut parler du garçon du Quatre.
- Non... Il était devant moi, il allait me tuer... Et puis j'ai eu peur, alors je suis passée en mode automatique, et l'instant d'après, sa tête reposait à mes pieds.
