Coucou, me revoilà, après 10 jours de vacance bien mérités (...) ! Et voici ce que vous attendiez tous, un nouveau chapitre !


Chapitre 14

La journée n'est pas pareille sans mes alliés. Pour un peu, j'aurai pu apprécier les Hunger Games en leur compagnie. Franchement.

Je quitte la forêt. Je vais tenter ma chance dans la montagne.

Je dépasse notre ancien campement, sans m'y arrêter. Plus haut, toujours plus haut.

L'air se rafraichit de plus en plus, il devient glacial et mordant. Des bourrasques balaient les hauteurs, et je commence à manquer d'oxygène.

Mais je ne redescends pas. Je me base ici plutôt, dans la froide montagne inhospitalière. Je ne sais pas ce que j'espère. Etre hors de portée, sans doute.

Mon sac de couchage retient ma chaleur corporelle. J'ai déniché, abandonnés, des vêtements chauds. Je ne sais pas à qui ils appartenaient, mais ils sont un peu petits. Pas grave, tant qu'ils me protègent du froid...

Je redescends un peu chasser. Je passe une demi-heure à traquer un lièvre, mais cela porte ses fruits: j'en découvre une tanière entière. Je tue seulement les trois plus gros, laissant les bébés et leur mère, toute tremblante.

Le soir tombe. Pas de morts aujourd'hui. Remarque, après la journée d'hier et ses 4 morts, le Capitole a été servi. Je parie que mes sponsors n'ont jamais été aussi nombreux.

Tant mieux.

Je me recroqueville dans mon sac. La température, déjà basse, baisse de plus en plus. Le vent continue à hurler, soufflant sur mes braises.

Heureusement, le sac remplit son office, et je dors toute habillée.

Demain, même programme qu'aujourd'hui.


Le jour se lève en même temps que moi. Je jette un coup d'oeil vers la Corne d'Abondance. J'imagine que les 3 carrières restants doivent me rechercher.

Mais je ne compte pas les laisser me trouver.

Je remballe mes affaires, croque mon reste de lapin et me met en quête de nourriture. Je compte bien rester à l'écart du théatre des opérations.

Je passe sur un petit chemin très étroit qui donne sur au moins 30 m de vide. Mmm... Dangereux, mais si je peux y attirer mes ennemis...

Non, j'en ai déjà trop fait. Je n'ai pas envie de me retrouver mélée à d'autres morts.


Je chasse tranquillement des campagnols ( j'en ai déjà deux ) quand un bruit de course me fait dresser l'oreille. Tiens... pas bon du tout. Deux personnes, au moins, sont ici.

Je me redresse et part en courant vers le petit sentier. Une fois en haut, je me cache. Un couteau en plein coeur, ça doit être suffisant pour tuer... Sinon, une chute fera l'affaire.

L'espace d'un instant, je me hais pour être devenue cette tueuse froide et cruelle, qui ne fait que calculer son coup. Mais l'instinct de survie reprend le dessus et je me tiens coite.

Le premier tribut arrive. J'arme mon bras, pour... le baisser aussitôt. C'est Epona !

Epona a les traits de quelqu'un de traqué. Je m'élance. Je dois la sauver.

La vue de son poursuivant me freine. C'est Kyle Clever, le type du Trois.

Merde.

Il a l'air blessé à l'épaule gauche, peut-être une morsure de bête comme un loup, quelque chose dans ce genre. Mais la plaie est soigneusement bandée, et, d'ici, je vois qu'elle n'est pas infectée. Je reconnais le sac d'Epona à son épaule. Il lui a piqué ses affaires. Pire, il tient sa faux. Il a du la prendre par surprise.

Epona fait vaillament face, tire un couteau, le seul qu'elle aie. Mais lui ricane doucement et brandit la faux. Je n'hésite plus. Je m'élance vers la bataille.

Kyle et Epona ont l'air surpris, mais il en faut plus pour décourager le garçon du Trois. Il continue à ricaner.

Je cours, dérape, et manque de tomber. Je me rattrape in extremis au bord du chemin. Kyle fait un pas vers moi, hésite, et revient vers Epona, qui en profite pour lui planter son couteau dans la cuisse.

Joli coup, mais maintenant, elle est désarmée.

Je me hisse à grand peine sur le chemin, grâce à une infractuosité dans la roche, juste sous mon pied. Kyle agite la faux, manifestement il n'a pas trop l'habitude de s'en servir.

Je brandis un couteau. Il a un rictus et balance la faux dans ma direction.

Le temps qu'il me faut pour l'éviter, il a déjà réussi.

Il a poussé Epona dans le vide.

Je pousse un cri de rage, la douleur m'aveugle tandis que le canon tonne. Encore une fois.

Le prochain sera pour Kyle.

Je m'élance, mais il a profité de mon trouble pour récupérer la faux. Il la brandit avec un sourire mauvais.

- Tu as envie de terminer comme ta copine, n'est-ce-pas ? Allez, viens, viens me voir...

- Tu ne sais pas à qui tu as affaire.

- Oh si, je ne le sais que trop. Tu as tué deux carrières, sauf que... tu l'as fait sur un coup de colère. Moi, je calcule tout. Et je gagne à tous les coups.

Pour toute réponse, je sors mon javelot.

Il fait volte-face et court. Je le poursuis, mais il me balance une pierre taillée qui m'égratine le front, du coup je le perds de vue.

Je crie, je hurle sous l'effet de la rage, puis je me recroqueville par terre et sanglote.

Epona...

Elle était poursuivie par son passé douloureux, et elle en était à présent délivrée. Mais elle était morte. Morte, partie, envolée, à cause de ce... Je vais le tuer de mes propres mains !

Je me relève enfin. Mon visage ne trahit aucune émotion, rien qu'un masque de fer déterminé.

Cette fois encore, on m'a enlevé quelqu'un à qui je tenais. Et le responsable, encore une fois, va payer.


Le ciel s'allume au son de l'hymne. Neuf jours. Déjà. D'après mes calculs, Epona est donc arrivée...9eme. Il ne me reste plus que 7 adversaires à éliminer. Oh, je ne les tuerai pas tous, mais je me chargerai au moins de Kyle. Et peut-être d'autres, je ne sais pas. Maintenant, à ce stade des Jeux, tout peut arriver.

Le visage d'Epona brille dans la nuit, avant d'être emportée dans l'oubli. C'est la seule personne morte aujourd'hui. Bon.

Jusque là, ce n'était que des Hunger Games pour petits joueurs. L'heure de sortir le grand jeu à sonner.