Chapitre 16
Dès le lendemain, je me met en route. Il me reste un fond de pommade, dès que les premiers moustiques arrivent je m'en enduis entièrement.
L'odeur est nauséabonde, je m'enfonce et patauge dans la boue gluante, à part ces menues... difficultés, tout baigne.
Où peut bien être passé Kyle ? Il a pris la direction de la plage, je m'en souviens, mais je doute qu'il soit assez bête pour y aller ( tous les tributs doivent être au courant, pour les crabes ). J'ai perdu sa trace, parce qu'il peut maintenant se trouver n'importe où dans l'arène.
Ces marécages sont interminables !
Je patauge encore au moins deux heures, avant de regagner le couvert des arbres.
Dieu merci. Je doute qu'on me dérangera, au sommet de cet arbre. J'ai besoin de repos, il me reste assez de nourriture.
Je grimpe et me hisse sur la branche la plus épaisse. Je suis assez légère, je ne doute pas que l'arbre supportera mon poids.
La branche a beau être épaisse, je m'attache ainsi que mes affaires avec ses lianes presque indestructibles qui poussent dans la jungle. Je suis enfin au calme, si on peut être au calme pendant les Hunger Games.
Je glisse dans le sommeil.
Déjà l'hymne ? J'ai dormi tout le reste de la journée...
Le ciel s'allume et je le fixe avec appréhension. Qui... ?
Céré !
La prairie était si tentante ! Ses herbes hautes formaient des cachettes avec les rares arbres, les proies relativement faciles à trouver... Il savait que cela pouvait être dangereux mais bon..
Il s'y était caché depuis la rupture de l'alliance. Depuis, il s'était tenu à l'écart des évenements, même quand Epona avait été tuée. Ce n'était plus son problème, ce n'était plus qu'une adversaire de moins... Mais une partie de son esprit n'en était pas si sûr...
Un bruit de pas, soudain. Puis un sifflement d'air, et un javelot dans l'abdomen. Le colosse du Deux lui souriait.
- Ici, on ne reste pas plongé dans ses pensées, mon p'tit gars, ricana-t-il. T'aurais jamais du baissé ta garde, pauvre idiot. M'enfin, maintenant, t'es mort.
Céré n'eut que le temps de penser que, désormais, il n'était plus qu'un adversaire en moins avant de sombrer dans le noir et l'oubli éternel.
Abasourdie, je fixe l'écran qui s'éteint. Il ne reste plus de l'alliance que Jordan et moi. J'espère qu'il va bien. Bien sûr, espérer qu'un de ses adversaires qui pourrait vous tuer va bien est un peu absurde, surtout ici, maintenant qu'il ne reste plus que... 5 personnes !
Je me rendors, encore choquée.
Les chants des oiseaux me réveillent. Je me détache de mon arbre et vais chasser. La récolte n'est pas si mal, j'ai à manger, sans en avoir à profusion, je peux tenir 2 ou 3 jours. C'est toujours ça de fait.
Car je compte bien arpenter l'arène ( sauf les marécages, aucune personne sensée n'irait se planquer là-bas...) de fond en comble pour le débusquer, ce Kyle !
La jungle bruisse des bruits ds animaux. Plus vite je le trouverai, plus vite je le tuerai. Après la forêt, j'irai dans la montagne. C'est aussi un endroit hospitalier. Et après, la prairie. Ensuite, le désert, si je ne l'ai pas débusqué avant...
Deux jours encore ont passé, sans morts. Et je n'ai pas trouvé Kyle, ce qui m'incite à penser qu'il bouge fréquemment. Le Capitole doit être au bord de l'ébullition, je m'attend à une mauvaise surprise des Juges. Brr...
Tout incite à penser que aujourd'hui, c'est le début de la fin. Il y a comme, quelque chose de... menaçant dans l'air. Comme si quelque chose avait changé, tout à coup.
Je ne m'apesantis pas trop sur cette sensation de malaise et me met en route. je suis à la lisière de la forêt, tout près de la Corne. Je vois d'ici les carrières. Tiens, quelque chose d'étrange semble se passer. Je me rapproche furtivement, quittant le couvert des arbres. Planquée derrière un bosquet, j'entends et vois tout.
La fille du Un, Golden Fair, ou Barbie, est endormie. Le colosse du Deux tourne en rond. Vraiment bizarre. Je n'ai pas envie de m'approcher. Je sais qu'il faudrait que je m'éloigne, mais la curiosité est trop forte.
Bloody ( c'est le nom du carrière, je m'en souviens maintenant ) saisit un javelot tandis que son aliiée se réveille. Elle émerge doucement du sommeil, s'étire avec volupté.
Elle ne finit pas son geste que le javelot lui transperce l'abdomen. Elle pousse un cri horrifié, clouée au sol, perdant du sang à une vtesse impressionante.
- Bloody ! Qu'est-ce que...
- Désolé, Barbie. T'es bien jolie, mais beaucoup trop dangereuse. T'inquiètes pas, tu m'as bien servi. Mais, tu comprends, tu pourrais me faire un coup en traître n'importe quand. J'ai juste pris les devants.
Il agite un tube de poison devant son nez.
- Me dis pas que tu tentais m'empoisonner ? Il s'esclaffe. T'as trop hésité. Et puis, rien ne vaut une bonne flèche dans le coeur, hein ?
La carrière semble terrifiée, elle perd de sa suberbe et sanglote.
- Pitié, Bloody, je...
- Pas de pitié ici, et tu le sais. T'étais la première à le dire. Maintenant, j'ai le champ libre, je suis le dernier carrière, donc le plus fort de cette arène, hmmm ? Allez, souhaite-moi bonne chance.
- S'il-te-plait, je te jure que je ne voulais pas...
- Tant pis, Barbie. Que tu ai envisagé ou non de me trahir, tu mourras quand même.
A ce moment, Barbie attrape vaillement un couteau et le lance dans sa direction. Il l'attrape au vol, et, sans autre forme de procès, le lui plante dans la gorge. Le canon tonne et un éclair s'abbat sur sa dépouille. Bloody fait un bon en arrière.
Un orage titanesque est en train de se déclencher, et je parie que les éclairs sont bien plus chargés en électricité qu'un éclair normal.
Merde.
Je fais volte-face et pique un sprint vers la prairie, tandis qu'une pluie diluvienne s'abbat sur l'arène. Hors de question de retourner dans la forêt, avec tous les arbres, et dans le désert e serai une cible facile. Reste la prairie.
La dernière partie des Hunger Games a bel et bien commencé.
