Salut tout le monde, je voulais tout d'abord remercier mes fidèles lectrices - ainsi que la nouvelle - pour leur supers reviews ! J'espère que la suite vous plaira parce que je vous prépare un cocktail de folie :3 C'est sérieusement la fic la plus complexe niveau scénario que j'aie jamais écrite. Alors soit je suis maso, soit j'adore les défis, soit les deux.
Il faut que je partage cette citation Destiel que j'ai trouvé par pur hasard dans mon livre hier soir (un magnifique ouvrage d'ailleurs, je vous le conseille): "Y a pas d'enfer assez profond pour empêcher le paradis d'y entrer." - Les Faucheurs Sont les Anges par Alden Bell.
Ah, et petit sondage: je me fais toujours un devoir (et un plaisir^^) de répondre personnellement à chaque review, est-ce que cela vous dérange ?
Voilà, maintenant vous pouvez lire :P
- J'ai tellement peur. Quand tu m'as sorti de l'Enfer, tu as bien du voir ce que j'y faisais... Ce que j'y étais devenu...
- Tu avais craqué, Dean. Peu de gens ont tenu autant de temps que toi avant d'accepter le marché et de torturer d'autres âmes...
- Cela ne change rien, cette partie de moi est toujours là ! Cette partie de moi qui aimait ça. C'est comme une ombre qui attend de revoir le jour... Et ça me fout les chocottes.
Ca y est. Dean l'a enfin dit, d'une voix tremblante et étranglée. Mais ce qu'on lui a toujours répété est un mensonge; ce n'est pas en disant à haute voix ce que l'on a sur le cœur que tout s'arrange miraculeusement, bien au contraire; maintenant, en plus du reste, la honte le submerge.
Il se dégoute. Comment peut-il être aussi faible ? "Si ton père te voyait..."
Castiel ne dit rien. Après tout, que pourrait-il bien répondre à cela ? L'ange prend délicatement les mains du chasseur dans les siennes et pose ses pouces au centre de ses paumes, juste en-dessous des demi-cercles sanguinolents. Dean peut sentir sa grâce courir sur la surface de sa peau afin de la refermer, et cette sensation le chatouille presque.
Soudain, Castiel resserre sa prise et plante son regard dans le sien:
- Dean, tu es l'homme le plus juste et le plus courageux que j'aie jamais rencontré. C'est tout à fait normal que tu aies peur, mais je sais que tu t'en sortiras, parce que c'est ce que tu as toujours fait.
Ses yeux ont la couleur de l'océan après la tempête, quand les rayons du soleil réussissent à percer l'épaisse couche de nuages et parsèment l'eau de taches turquoises. Dean se perd dans ces abysses pendant quelques secondes, laissant une étrange sensation de chaleur emplir son ventre à ces paroles, avant de se refermer comme une huître.
- Ouais, si tu le dis... Bref. Merci pour ça. (Il lève brièvement les mains.) Je vais aller piquer un somme, ça ira mieux demain matin.
"Continue d'essayer de t'en convaincre."
- Je t'en prie. Très bien, je veillerai sur toi.
D'habitude, Dean l'aurait envoyer paître, mais ce soir, il doit presque retenir un soupir de soulagement. Histoire de garder la face, il lève les yeux au ciel pour signifier à Castiel que l'idée ne l'enchante guère et qu'il s'y résout à contrecœur.
Il retire ses bottes en cuir, se couche sur le côté gauche et remonte la couverture beige sur son flanc.
Quant à l'ange, il tire la chaise pour l'installer plus près du lit et s'y assoit, de sorte qu'il soit dans le champ de vision directe du chasseur.
Les deux s'observent quelques minutes, indécis.
Dean ne veut pas fermer les yeux. Il aimerait remercier Castiel pour tout ce qu'il a fait pour lui depuis le début, merci, merci, merci d'être toi. Il espère qu'il peut lire sa reconnaissance à travers la noirceur de son âme, et d'après son sourire compréhensif, il pense qu'il le peut.
Cette situation devrait les mettre mal à l'aise, cependant, elle leur semble habituelle, comme s'ils l'avaient toujours fait. Peut-être est-ce le cas, après tout, ce n'est pas la première fois que Castiel regarde Dean dormir, sauf que cette fois, ce dernier le sait.
Il ramène ses genoux à lui pour dormir en position fœtale, avant de marmonner dans sa barbe:
- Bonne nuit, Cass.
- Bonne nuit, Dean.
Dean sombre rapidement dans l'inconscience, tandis que Castiel s'amuse à compter ses tâches de rousseur. Une fois les avoir toutes recensées, il contemple encore un moment ses longs cils bruns qui étirent des ombres sur ses pommettes, puis éteint la lampe de chevet.
- Ah, te voilà.
Un beau jeune homme s'assoit à côté de son exact opposé:
- Désolé du retard, mais les indications étaient difficiles à déchiffrer...
Ils se trouvent dans un bar miteux du Nord, où quelques habitués sirotent leur bière en regardant le hockey à la télé d'un air vide.
- On aurait pas eu à changer de lieu de rendez-vous si ton vaisseau ne t'avait pas "échappé" et si tu n'avais pas dû "emprunter" l'employé du précédent bar.
Les yeux de glace de Métatron brille d'une colère contenue qui menace cependant d'éclater à tout instant. Heureusement, le barman les interrompt et ils commandent deux scotch le plus naturellement possible.
- Je n'ai rien pu faire... Ce démon, Crowley, était de leur côté.
- Je le sais, Gadriel. C'est bien pour cette raison que tu es encore mon associé.
Un frisson d'effroi parcourt l'échine de l'ange.
- Enfin bref, nous ne sommes pas ici pour discuter de ton échec. Un vieil ami est sur le point de retrouver ma trace... C'est ta prochaine cible.
Métatron tend un morceau de papier à Gadriel, qui le lit avant de le mettre dans la poche de son jeans.
- Je sais ce que tu vas dire: "Mais comment vais-je faire, il est bien trop fort et trop entouré ?!" mime le Scribe avec une moue d'enfant moqueur.
L'ange fronce les sourcils devant l'imitation peu élogieuse - mais exacte - de sa personne.
- Voilà ce que tu vas faire. Tu vas prendre contact avec Crowley; le plus simple est de passer par un de ses sbires, dont je te donnerai l'adresse plus tard. Puis tu vas t'allier avec lui pour attirer ta cible dans un piège... mortel.
Il a prononcé ce dernier mot comme si c'était la chute d'une excellente blague. Gadriel reste perplexe:
- Pourquoi accepterait-il ?
- Parce qu'il garde une veille rancœur à son égard... Allez, ne t'inquiètes pas. On se rapproche lentement mais sûrement de notre but. Bientôt, nous régnerons en maîtres incontestés sur le Paradis !
Ses yeux ont une lueur démente. Gadriel a de moins en moins confiance en lui, mais il hoche poliment la tête et se volatilise.
Vingt-quatre heures plus tard, l'ange assassin s'apprête à frapper à la porte d'une suite royale quand celle-ci s'ouvre d'un coup sec:
- Bien le bonjour, Gadriel. Content de te revoir dans des circonstances plus... aérées, plaisante Crowley.
- Bonjour. Il faut que l'on discute.
- Oh, j'adore quand on va droit au but.
Le démon le laisse passer le seuil et referme la porte à clé derrière lui.
- Un verre ?
- Non, merci.
- Tu ne sais pas ce que tu rates. (Il lève son verre en cristal et respire le parfum de l'alcool à plein poumon.) Craig, trente ans d'âge...
- J'ai besoin de vous pour piéger Castiel.
Crowley fait mine de s'étrangler en buvant.
- Rien que ça ! Et pour quelle raison ?
- Cela ne vous regarde pas.
- C'est pas faux...
Il contourne l'ange pour se laisser choir dans un fauteuil capitonné, les rouages de son esprit tournant à plein régime derrière ses yeux gris.
- ... Sauf si je risque de me mettre à dos les deux chasseurs les plus ennuyants du monde. Qu'est-ce que j'y gagnerais en contrepartie ?
Gadriel balance son poids d'un pied sur l'autre.
- Eh bien, j'ai cru comprendre que vous vouliez vous venger de lui...
- En effet. Cet emplumé - sans vouloir t'offenser - m'a doublé quand il était mon complice... (L'éclair d'une idée passe sur son visage.) Très bien, faisons équipe ! Qu'attends-tu de moi ?
Crowley semble avoir hâte de s'y mettre, et son soudain changement d'attitude ne trouble même pas Gadriel.
Castiel pénètre dans une usine désaffectée du nord de l'Oklahoma, seul, comme Crowley le lui a demandé. Il s'imagine bien qu'il ne s'agit pas là d'une visite de courtoisie, aussi garde-t-il sa lame angélique à portée de main.
Le bruit de ses pas résonnent dans le couloir bétonné qui débouche sur une vaste salle des machines où trônent encore quelques cuves de refroidissement, semblables à d'anciens volcans éteints.
- ça fait un bail, Castiel.
La voix sablonneuse de Crowley fait sursauter l'ange.
- Pourquoi m'as tu contacté ?
- Vous n'aimez décidément pas les bavardages inutiles, vous les célestes... Je t'ai appelé, parce que je sais où se trouve Gadriel.
Castiel plisse les yeux.
- Je suppose que ces renseignements ne seront pas gratuits.
- En effet... Je te propose un marché: je t'amène Gadriel et tu me donnes toutes tes infos sur Abbadon.
- Qu'est-ce qui te fait croire que j'en ai ?
- Voyons, Cass... L'un de tes nouveaux adeptes aura surement entendu une rumeur, ou ressenti un petit quelque chose de maléfique dans une certaine région de l'espace...
Dans sa tirade, le démon tourne autour de l'ange, qui suit le mouvement instinctivement jusqu'à se retrouver juste là où Crowley le veut. D'un geste de la main, il embrase le cercle d'huile sacrée qui s'élève en crépitant tout autour de Castiel.
- Toi...! Espèce de...
Il ne trouve pas d'insulte à la hauteur de la haine que lui inspire le Roi de l'Enfer.
- J'aimerais bien pouvoir dire que je suis désolé, mais... Je ne le suis pas, dit ce dernier, un grand sourire sur les lèvres. Je vais te laisser, mon associé devrait se pointer d'une minute à l'autre...
Castiel n'a même pas le temps de lui demander son identité que Gadriel apparait, lui répondant implicitement; il jette un coup d'œil au démon, attendant sa permission, puis se lance:
- Castiel. Je veux le nom de tous les anges qui te suivent.
L'intéressé lâche un petit rire qui pourrait facilement passer pour un soupir:
- Comme dirait un très bon ami à moi... "Tu peux crever !"
- J'ai tout le temps pour te faire parler, Castiel, réplique Gadriel en dégainant son épée.
Pendant cet échange, Crowley s'est éclipsé avec discrétion. A l'entrée de l'usine, il sort son portable et sélectionne son contact favori. Quand ce dernier décroche, il met son talent d'acteur à profit et annonce sur le ton de la panique:
- Dean, Castiel a besoin de ton aide; il est retenu prisonnier par Gadriel !
