Salut à tous ! Voilà enfin le chapitre 3, qui m'a donné du fil à retordre... J'aimerais tellement vous le faire voir comme il se déroule dans ma tête, avec autant de détails... Hélas il semblerait que ce soit impossible de faire mieux que ça pour l'instant.
J'ai créé une playlist sur YT dont l'adresse se trouve dans le résumé de cette fic; elle contient toutes les musiques qui lui correspondent, tant par leur ambiance que par leurs paroles, donc libre à vous de l'écouter en lisant ou pas: je suis consciente que de loin pas tout le monde partage mes goûts en matière musicale^^' Écoutez-la à partir de la 3ème vidéo pour ce chapitre si vous le faites cependant.
Chapitre relativement gore vers la fin; Badass!Cain!Dean all the way !
Bonne lecture et merci au guest lovedean pour son review :D
Le cœur de Dean est pris de vertige, comme s'il se décrochait et tombait sur son diaphragme; c'est une étrange sensation qu'il n'a ressenti qu'à certains moments de sa vie - des moments qu'il aimerait tellement oublier...
"Castiel a besoin de toi."
Un mauvais pressentiment.
- Où ?! aboie-t-il d'une voix rauque.
- Ils sont dans une vieille usine désaffectée à l'ouest de Blackwell, Oklahoma.
Ses yeux verts papillonnent pendant qu'il se rappelle mentalement la carte des Etats-Unis, qui, à force de la parcourir, s'était gravée dans sa mémoire.
- Mais c'est à plus de quatre heures de route !
Il se maudit à mi-voix pour avoir sonné si désemparé.
- Hey, je suis un démon, pas un ange, lui rappelle Crowley en souriant. Je ne peux pas te téléporter ici.
- Alors gagne du temps pour moi !
Dean prend son couteau et se rue hors du bunker en enfilant tant bien que mal sa veste en cuir.
- Bien sûr. Au fait, le bâtiment est entouré par une vingtaine de démons à la solde d'Abbadon... Elle ne veut apparemment pas que ton ami Castiel trouve le moyen de redonner leurs ailes à ses petits camarades, ce que je peux aisément comprendre. Tu ferais mieux d'amener l'Orignal avec toi, un coup de main ne serait pas de refus...
- Sam n'est pas là, j'ai pas le temps de l'attendre, répond le chasseur en démarrant l'Impala.
Crowley parait ravi de savoir que son protégé sera seul.
- Très bien, je vais faire tout mon possible pour ralentir Gadriel et garder les démons à l'extérieur, mais ne traîne pas en route.
Ils raccrochent en même temps et la Chevrolet fonce vers le Sud en ronronnant telle une panthère.
Le Roi de l'Enfer arbore un air qui signifie clairement: "C'est trop facile." Il se téléporte dans la salle des machines et se remet à écouter avec intérêt la discussion de Castiel et Gadriel, dissimulé dans l'ombre portée d'une cuve.
- Tu n'as aucune raison de vouloir ces noms, Gadriel...
Soudain, le visage de Castiel s'illumine:
- Sauf si... Sauf si tu es avec Métatron ! Et qu'il te l'a ordonné...
Gadriel ne le nie pas; il en semble même fier. L'ange au trenchcoat secoue lentement la tête de gauche à droite, et quand il la relève, on peut apercevoir les milliers d'années qu'il a passé à écumer Ciel et Terre inscrites dans ses cernes:
- Je vois. Que t'a-t-il promis ? La moitié du Paradis ? Il se sert de toi, Gadriel !
- Je suis son bras droit ! Le vice-président du Paradis !
- Tu es son esclave !
Le silence retombe sur eux comme une chape de plomb.
Chaos... Méfiance... Doutes... Crowley passe décidément un merveilleux après-midi. Gadriel baisse inconsciemment son épée et commence à faire les cents pas devant le cercle de feu.
- Je suis son associé, il a besoin de moi ! réplique-t-il avec la véhémence de quelqu'un qui refuse d'ouvrir les yeux.
- Peut-être, mais pour combien de temps encore ? Est-ce qu'il t'est venu à l'esprit qu'il pourrait te tuer dès que tu ne lui seras plus d'aucune utilité ?
Gadriel s'arrête de marcher. Castiel met la touche finale:
- T'a-t-il seulement laissé entrer au Paradis ou le garde-t-il pour lui tout seul, tel l'enfant égoïste qu'il est ?
Silence éloquent. L'ange assassin appuie ses doigts sur ses tempes, en plein conflit intérieur; tout son corps se tend avant de se relâcher d'un coup, comme la corde d'un arc:
- Je ne peux pas faire marche-arrière maintenant. Je dois retrouver mon honneur.
- Ce n'est pas en tuant à l'aveuglette sur les ordres d'un fou que tu le retrouveras ! crache Castiel, les poings serrés.
Il a perdu tout espoir de le raisonner. Pourquoi faut-il toujours que le disque de ses frères tourne en boucle dans leur tête ? Sont-ils donc impossible à déprogrammer ?
Furieux, Gadriel lance son épée angélique et elle se plante dans le ventre de Castiel, qui tombe à genoux au milieu de sa cage enflammée. Il examine la blessure en grimaçant, sa chemise blanche se teintant déjà de rouge, et plus inquiétant encore, de bleu:
Sa grâce - ou plutôt celle qu'il avait volée - est en train de s'échapper.
- Ne t'inquiètes pas, je n'ai visé aucun organe vital. Tu te videras peu à peu, jusqu'à ce tu acceptes de me livrer tes acolytes et me supplie de te soigner, déclare Gadriel en s'asseyant contre la paroi nue en face de lui.
- Tu peux toujours rêver ! rugit Castiel, tremblant néanmoins de douleur.
Crowley soupire dans l'obscurité; il aurait dû prendre du pop-corn.
A la tombée de la nuit, Dean parque l'Impala devant l'usine désaffectée qui semble à première vue déserte.
Règle numéro une de la chasse: Ce qui semble désert ne l'est jamais.
Il bondit hors de l'habitacle, pressé de se dégourdir les jambes après quatre heures et demi de conduite ininterrompue, et s'approche à grands pas de la porte principale.
Porte que Crowley avait préalablement condamnée pour l'obliger à passer par la porte de service et ainsi, faire un détour sinueux dans les entrailles du bâtiment.
Dean jure et s'acharne quelques secondes sur la poignée, puis il abandonne et longe le mur couvert de graffitis bariolés jusqu'à trouver une porte ouverte comme une invitation.
Il sent le piège, sort son couteau et s'engouffre dans les ténèbres.
- Ah, Dean ! Enfin, l'y accueille Crowley en posant une main sur son épaule.
Le chasseur manque de le poignarder par réflexe:
- Hé oh ! C'est moi ! Le bon vieux Crowley, tu te rappelles ?
Dean lève les yeux au ciel.
- Castiel et Gadriel sont dans la salle principale. J'aurais voulu pouvoir me battre à tes côtés, mais avec tous ces démons d'Abbadon... J'aimerais autant éviter de me faire remarquer, s'excuse le Roi de l'Enfer en donnant des petits coups de pied dans le sol.
- Ouais, j'imagine.
- Toutefois, j'ai un cadeau pour toi...
Crowley plonge sa main dans la poche intérieure de son long manteau, étudiant sournoisement la réaction du chasseur d'en-dessous de ses longs cils, et en sort la Première Lame. Les yeux de Dean se mettent à briller d'anticipation, sa respiration s'accélère; pourtant il n'esquisse aucun geste pour la prendre.
- Prends-la. Tu auras besoin du pouvoir de la Marque pour sauver Castiel.
Ces mots finissent de le convaincre et il lui arrache la Lame des mains avec avidité.
Brûle.
Ses doigts brûlent, sa paume brûle, son bras brûle.
La douleur est paralysante. Elle monte, encore et toujours, et à chaque centimètre de chair qu'elle gagne, elle se change en plaisir.
Dean sourit.
Un sourire carnassier, frère d'un soupir d'aise.
Ça lui a manqué.
Elle lui a manqué.
Il s'avance dans le noir, le couteau dans la main gauche, la mâchoire aiguisée dans l'autre et Crowley démarre son chronomètre.
Un premier démon se jette sur lui dans un contour; il le transperce en plein cœur et le squelette du corps humain qu'il occupe apparait en contrejour, révélé par la lumière orangée de son essence embrasée qui clignote avant de s'éteindre, soufflée comme la flamme du bougie.
Il retire le couteau, qui glisse entre les côtes avec un bruit agréable.
Dean poursuit son chemin, se dirigeant au toucher et à l'instinct. Un imperceptible mouvement d'air à sa droite et son bras se tend, projeté par une volonté qui lui semble propre: un deuxième corps s'effondre, sans scintiller cependant.
Il décide de ranger le couteau; la Première Lame est plus discrète.
Il distingue de mieux en mieux les contours de son environnement; tout lui apparait avec une étonnante clarté et il se surprend à penser qu'il n'a jamais vraiment vu auparavant.
Un rat passe en couinant entre ses pieds; sa fourrure est sale et hirsute. Il lui manque même un bout d'oreille.
Tout à coup, une douleur aigüe éclate dans son dos; profitant d'un instant d'inattention, un démon l'a poignardé. Il fait volte-face et éventre son agresseur en grondant: la jeune femme brune jette un coup d'œil incrédule à ses intestins qui dégringolent par terre tels un paquet de serpentins avant de tomber à son tour.
Dean tente d'évaluer la gravité de sa blessure en tâtonnant sa peau sous sa veste; sa main en revient à peine tachée de sang et puisqu'il ne sent plus aucune douleur, il continue son exploration.
Il débouche enfin dans une salle qui est assez spacieuse pour qu'il puisse écarter les bras sans en toucher les parois.
Salle remplie d'une dizaine de démons qui lui montrent les dents.
Il fait des moulinets avec la Première Lame, brûlant d'impatience, mais aucun d'eux ne passent à l'offensive; ils se contentent de fixer le morceau de mâchoire comme si il leur rappelait quelque chose de très lointain.
Quelque chose qu'ils devraient fuir.
Les trouvant trop longs à son goût, Dean leur fait signe d'approcher d'un clin d'œil aguicheur; ils se jettent sur lui avec une vitesse surhumaine mais il voit tout au ralenti: il esquive un coup de poing, tranche une gorge qui s'ouvre en aspergeant tout autour d'elle, ampute une jambe qui s'apprêtait à le tacler, fait une roulade sous deux démons qui se percutent de plein fouet, se relève, plante la lame dans un crâne qui se fend comme une pastèque, et tout n'est que sang, chair et cervelle virevoltant autour de lui, telle une tornade organique dont il serait l'œil.
Quand plus rien ou presque ne remue dans la pièce, il arrête sa danse macabre.
Un amas de membres entremêlés et sanguinolents git à ses pieds.
Ses lèvres se recourbent en un rictus de contentement.
Dean continue sa progression, et tombe bientôt sur trois démons qui lui barrent le passage entre deux énormes tuyaux métalliques; il saute sur l'un de ce derniers avec l'agilité d'un fauve avant de s'abattre sur eux dans un ricochet mortel.
Seul un démon réussit à éviter le choc et il recule, terrifié:
Attends ! S'il te plait, ne me tue pas ! Pitié, je ne savais pas ce que tu es, je ne savais rien ! Je ne fais que ce que Cr-
D'un mouvement rapide, il le décapite; la tête à la bouche encore remuante se détache et roule sur le sol bétonné en gargouillant des paroles inintelligibles.
Dean n'entend plus rien à part le sang qui bourdonne dans ses oreilles.
Quand il défonce la porte de la salle des machines quelques instants plus tard, souillé, la respiration saccadée, les yeux dilatés, Castiel ne le reconnait pas.
Notes:
- Le titre de ce chapitre ("Berserk" , pluriel: "Berserker") est le nom donné à un ancien guerrier nordique qui pouvait entrer dans une fureur animale et dévastatrice. Ce don lui était conféré par son animal totem, en l'occurence l'ours. Il y avait aussi des guerriers-loups et des guerriers-sangliers^^ Plus d'infos sur Wikipedia.
- Dean sautant sur le tuyau pour s'abattre sur les démons était une référence à mon premier jeu PC, le super Prince of Persia: Les Sables du Temps 3
