Hello ! Oui, j'aurais voulu le poster plus tôt mais j'ai eu des empêchements alors… Vous ne l'aurez que maintenant ! Bonne lecture :)
*Deux semaines plus tard*
Rien n'avait changé. Numéro 6 parlait toujours aussi peu, à part pour envoyer bouler Nick quand il essayait d'engager la conversation avec lui. Il ne mangeait toujours pas. Il avait perdu beaucoup de poids, par rapport à la première fois où Nick l'avait vu. Il ne dormait presque pas. La plupart du temps, il pleurait. Il essayait de le cacher, mais Nick l'entendait parfois gémir et le matin, le brun trouvait toujours sur ses joues des traces de larmes sèches. Qu'est-ce qu'il avait bien pu commettre comme crime pour qu'il s'en veuille autant ? Il était tout comme Nick, en y réfléchissant bien. Lui aussi avait beaucoup pleuré durant les premiers jours. Il repensait à tout ce qu'il avait perdu. Même s'il n'avait plus de famille depuis bien longtemps et qu'il n'avait pas beaucoup d'amis, il pleurait. Mais, il avait réussi à surmonter tout ça, grâce à David et Wesley, qui étaient venus vers lui. Nick appréciait de plus en plus Numéro 6. C'était sûrement tout ça qui lui plaisait chez ce garçon : ils étaient pareils tout en étant différents.
Un soir, alors que Nick rentrait un peu plus tard du travail, il surprit Numéro 6 en train de lire son livre, « Roméo et Juliette ».
– 6 ? Qu'est-ce que-
– Pardon. Je voulais juste voir de quoi ça parlait.
Le brun s'assit sur son lit et remarqua avec surprise que le détenu pleurait.
– Tu pleures ?
Numéro 6 ne dit rien.
– Pourquoi tu-
– Le livre est triste, c'est tout.
– Tu es sûr que ça va ? Je veux dire, si tu en as envie, tu peux-
– Merci. Mais je vais parfaitement bien.
Le blond posa le livre sur le lit de Nick et s'allongea sur son propre lit. Le brun prit une grande inspiration et demanda :
– Tu ne veux toujours pas me dire comment tu t'appelles ?
Aucune réponse. Nick soupira.
– Tu sais, tu-
– J'aimerais dormir, si c'est pas trop te demander.
« Dormir », pour lui, ça voulait plutôt dire « Pleurer en silence », non ?
Nick n'aima pas trop le ton du blond – ainsi que sa manie à toujours lui couper la parole – mais se tut quand même. Il s'endormit, après avoir constaté que Numéro 6 n'avait toujours pas retrouvé l'envie de se nourrir.
Le lendemain matin, le gardien vint les chercher pour les vestiaires puis pour un travail. Ils devaient à eux seuls enlever toute la boue qui couvrait une partie du domaine de la prison – il avait plu toute la semaine – et la mettre dans la benne d'un camion. Il faisait assez froid dehors, alors Nick prit le seul et unique blouson qu'il possédait. Il frissonna quand il vit que son colocataire n'avait sur lui qu'une simple veste. Ils prirent le camion et s'arrêtèrent à l'endroit qu'ils devaient dégager.
Nick et Numéro 6 prirent les pelles et commencèrent à mettre la boue dans le camion. Au bout d'un moment, il se mit à bruiner. Nick eut de la peine pour Numéro 6 et se risqua à proposer :
– 6, tu veux que je te prête mon blouson ? Tu as l'air d'avoir froid.
Le blond leva rapidement les yeux. Il se mordit la lèvre, un peu gêné, mais répondit timidement :
– Euh, oui, merci beaucoup, Numéro 3.
« Numéro 3 ». C'était la première fois qu'il l'appelait comme ça. Nick sourit, enleva son blouson et, tentant d'ignorer le froid, aida le détenu à l'enfiler. Le brun eut un soupir de contentement quand le blond sourit. Nick continua son travail et Numéro 6 aussi.
A un moment donné, alors qu'ils avaient presque fini de déblayer le terrain et qu'ils étaient côte-à-côte en train d'envoyer de la boue dans la benne, le blond glissa. Il entraina malencontreusement Nick dans sa chute. Ils tombèrent l'un au-dessus de l'autre dans la boue. Ils s'écrasèrent sur le sol, éclaboussés de partout. Nick ne sentit même pas la boue s'étaler sur son visage et se répandre dans ses cheveux. Il sentit seulement le contact de son corps contre celui de 6. Leurs regards étaient plongés l'un dans l'autre, ils se fixaient intensément. Aucun des deux n'osaient bouger ni parler. Puis, enfin, rougissant, Numéro 6 fit :
– Si tu pouvais te relever… Tu m'écrases, là.
– Oh, oui, désolé ! dit Nick en reprenant ses esprits.
Le brun se leva et tendit une main au plus grand. Celui-ci l'accepta et quelques secondes plus tard, il se tenait debout, près de Nick, toujours sa main dans la sienne. Ni l'un ni l'autre ne semblait vouloir rompre ce contact. Ils se fixaient, encore. Plusieurs secondes, ou minutes peut-être, s'écoulèrent avant que Nick secoue la tête et revienne à la réalité.
– Pardon, s'excusa-t-il une seconde fois avant de lâcher la main du blond.
– Pas de problème. Merci.
Nick sourit, regardant par terre, gêné. Numéro 6 se rendit compte de l'état du blouson qu'il portait et fit :
– Je m'excuse pour ton blouson. Je crois qu'il va être irrécupérable.
– C'est pas grave, lui assura-t-il.
Le blond hocha la tête. Ils reprirent ensuite leur travail. Ils finirent tard et rentrèrent à la nuit tombée. Le gardien les héla :
– Hé ! Numéros 3 et 6 ! Vous en avez mis du temps ! Qu'est-ce que vous fichiez ?
Ils ne répondirent pas. Ils descendirent du camion. Quand le geôlier vit leur état, il faillit pouffer de rire mais dit plutôt :
– Vous avez joué à cache-cache dans la boue, ou quoi ?
Les deux détenus soupirèrent. Quelle honte… Mais au moins, ils étaient deux dans cette galère : ils ne pouvaient pas se doucher avant le lendemain matin. Ils entrèrent dans la cellule.
– Pouah ! C'est dégueu ! ronchonna Nick en enlevant sa veste. Comment on va dormir avec ça ?
Le blond ne répondit pas. Il regardait un point fixe dans la pièce. Nick voulut savoir ce qui l'intéressait tant. Apparemment, c'était le vieux livre de « Roméo et Juliette ».
– Tu veux le lire ? proposa le brun.
Numéro 6 leva les yeux vers lui et acquiesça lentement.
– Oui. Si ça ne te dérange pas.
– Biens sûr que non. Tiens.
Numéro 6 prit le bouquin avec un petit sourire.
– Merci, 3.
Le reste de la soirée se déroula comme d'habitude : Numéro 6 ne mangea pas et les deux détenus ne discutèrent que très peu.
Le lendemain, ils allèrent prendre une bonne douche. Ils restèrent les derniers à se préparer. Nick essaya une fois de plus d'engager la discussion :
– 6, j'aimerais savoir…
– Oui ?
– Quel est ton vrai prénom ? tenta-t-il pour la troisième fois.
Numéro 6 le regarda mais ses lèvres restèrent closes. Nick poursuivit :
– Pourquoi tu ne manges jamais ?
Cette fois, le blond arrêta de se savonner et le fixa, clignant parfois des yeux quand une goutte d'eau le faisait ciller. Voyant qu'il en répondrait pas, Nick dit :
– Si tu veux en parler, je-
– C'est pas la peine, 3.
– Je te jure que je comprends vraiment que-
– Non. Non, tu ne comprends pas.
Il avait dit ça d'un ton sec. Nick soupira. Numéro 6 recommença à se frotter avec le savon, essayant d'enlever les dernières gouttes de boue.
Ils finirent de se doucher en vitesse puis retournèrent dans leur cellule – il n'y avait pas de travail pour eux. Ils ne parlèrent pas. Nick observait le blond qui lisait tranquillement.
A midi, on les emmena dehors, pour qu'ils mangent dans la cour. Comme David et Wesley devaient manger sur le terrain où ils travaillaient, Nick se retrouva seul sur son banc. Numéro 6 était en face, le fixant, son sandwich posé à ses côtés, intact. Ils recommencèrent leur petit jeu de celui qui baissera le regard en premier. Souvent, c'était Nick qui perdait. Peu après, le gardien les ramena dans leur cellule. Le blond poursuivit sa lecture jusqu'en début de soirée. Vu qu'ils n'avaient pas discuté depuis la douche, Nick se décida à parler :
– Ecoute, je suis désolé pour ce matin et je-
– Jeffrey Sterling.
– Pardon ?
– Je m'appelle Jeffrey Sterling.
– Oh, fit Nick en souriant, heureux que le blond ait enfin voulu lui dire son nom. Moi, je suis-
– Nicholas Duval, je sais.
Nick rougit légèrement. Alors, il savait son prénom depuis le début ? Il s'en était souvenu ? Nick s'attendait à ce que le blond continue de parler mais il ne dit rien.
– Jeffrey, tu sais, si tu veux parler de-
– Non.
La réponse était directe. Il se reprit, avec un ton un peu plus aimable :
– Je ne suis pas prêt.
Nick acquiesça lentement. La porte s'ouvrit. Un gardien leur tendit leur nourriture.
– Bon appétit ! leur lança-t-il chaleureusement.
Nick mangea doucement en regardant Jeffrey. Ce dernier fixait le sol, pensif. Il ne toucha pas le sandwich, comme à son habitude. Le brun vint s'asseoir près de lui et posa une main tremblante sur son épaule.
– Jeffrey, il faut que tu manges.
Le blond ne dit rien. Nick caressa gentiment le bras de son colocataire. Il grimaça quand il sentit les os saillants du blond. Depuis son arrivée, il avait perdu une dizaine de kilos. Ce n'était pas très bon signe. Nick s'inquiétait de plus en plus pour le détenu.
– J'ai pas faim.
Comme pour le contredire, le ventre du Numéro 6 gargouilla. Ils échangèrent un petit regard amusé mais Jeffrey ne mangea pas pour autant. Nick posa doucement sa tête contre l'épaule de son colocataire. Jeffrey ne protesta pas et le laissa faire.
– Nicholas ?
– Mmh ?
– Est-ce que… Est-ce que tu penses qu'on peut être amoureux de quelqu'un qui est mort ?
Nick tressaillit. Avant qu'il ne puisse faire quelque chose, ses yeux se remplirent de larmes et il ne put les retenir de couler sur ses joues.
– Oh, pardon, je ne voulais pas te faire pleurer, Nicholas…
Le blond prit le Numéro 3 dans ses bras et le brun enfouit sa tête dans le cou du Numéro 6.
– Désolé, Nicholas…, répéta-t-il dans un chuchotement.
– C'est rien, Jeffrey, c'est juste… Ça me fait repenser à…
Nick pleura de plus belle. Au bout de quelques instants, il se ressaisit et essuya ses larmes. Mais il ne se défit pas de l'étreinte du blond. Il leva les yeux vers Jeffrey et répondit faiblement :
– Oui. Oui, tu peux être amoureux de quelqu'un qui est mort.
Jeffrey acquiesça lentement et resserra ses bras autour de la taille de Nick. Puis le brun dit :
– Jeffrey, mange s'il te plait.
– Nicholas, je n'ai vraiment pas-
– Si, tu as faim, le coupa-t-il. Tu meurs de faim. Je le sais parce que j'ai vécu exactement la même chose que toi.
Le blond le regarda piteusement.
– Fais-le pour moi, lui dit le brun.
Jeffrey se mordit la lèvre inférieure. Il jeta un coup d'œil à son sandwich puis le porta doucement jusqu'à sa bouche. Il mordit délicatement dedans et mâcha pendant plusieurs secondes avant d'avaler. Il ferma les yeux tout en reprenant une bouchée. Nick souriait. Il avait enfin reprit l'envie de manger. Quand il eut fini, il sourit à l'autre détenu.
– Merci, dit Nick. Allez, dors, maintenant. Demain, il faut qu'on travaille.
Jeffrey sourit et, avant que le brun parte vers son lit, il lui prit la main. Juste comme ça. Seulement pour être en contact avec lui. Nick se laissa faire, bien sûr. Il appréciait de tenir la main du blond dans la sienne. C'était agréable. Puis le Numéro 6 libéra le Numéro 3 et ils s'endormirent.
Alors ? C'était bieeeeeen ?
Petites questions : Que pensez-vous du jour où Nicholas et Jeffrey ont dû enlever la boue ? C'était mignon ? Et quand Jeffrey a demandé si on pouvait aimer quelqu'un qui était mort ? Pourquoi pensez-vous que Nick a pleuré ? Tell me everything!
