Hey! Je ne suis pas en retard – miracle.
ClaireR5er : Oh merci, j'ai aimé ta review :3
Nick souffrait. Ses côtes étaient endolories et ses jambes ne le tenaient plus. Il était étalé sur le sol, recroquevillé sur lui-même, la tête ensanglanté, les yeux fermés, les cheveux ébouriffés. Sa poitrine se soulevait avec peine quand il respirait.
Il avait encaissé chacun des coups des différents acolytes de Numéro 13. Ils frappaient si fort et aux endroits qui faisaient le plus mal. Jeffrey avait regardé Nick se faire frapper sans rien pouvoir faire. Sebastian l'avait gardé emprisonné dans ses bras jusqu'à la fin. Le blond avait pleuré, Nick l'avait vu. En fait, il était tombé par terre dès le cinquième coup. Ses yeux étaient ensuite restés fixés sur le Numéro 6.
Mais maintenant, il ne savait pas où il se trouvait. Peut-être état-il encore au même endroit ? Peut-être que Jeffrey était près de lui en ce moment ?
Nick se réveilla. Il ouvrit difficilement les yeux. Jeffrey était là, agenouillé à ses côtés, lui caressant les cheveux. Des larmes continuaient de couler sur ses joues. Nick bougea légèrement l'épaule et se rendit compte que le blond l'avait pris dans ses bras. Il reposait contre son torse, tachant avec du sang son t-shirt et son pantalon. Nick sentit une larme de Jeffrey tomber sur son visage. Il était trop faible pour l'essuyer lui-même. Il leva les yeux vers le blond. Celui-ci n'avait pas remarqué qu'il était réveillé.
– Oh, Nicholas, s'il te plait, réveille-toi… Je t'en prie, ne me laisse pas… J'ai peur, si peur… Ouvre les yeux, dis-moi que ce n'est rien… Serre-moi fort dans tes bras… Je t'en supplie, dis quelque chose…
Nick ne dit rien, pourtant.
– Tout est ma faute, tout est ma faute ! Si je n'avais pas provoqué Numéro 13, ça ne serait jamais arrivé ! Oh, je m'en veux, si tu savais comme je m'en veux ! Nicholas, s'il te plait, parle-moi ! Dis-moi que tout ça n'est qu'un cauchemar et que je vais me réveiller auprès de Calvin, mon Calvin… Je l'aimais tant, si tu savais… S'il voyait que je suis dans les bras d'un autre, il me tuerait…
Le blond pleura de plus belle. Nick n'aimait vraiment pas le voir comme ça. Il articula difficilement :
– Jeffrey…
Le blond arrêta instantanément de parler et regarda le brun. Celui-ci sentit ses bras serrer son corps souffrant. Il réprima un cri de douleur.
– Nicholas ! Tu es vivant ! J'ai cru que je t'avais perdu !
Le blond enfouit sa tête dans le cou de Nick et il sentit les larmes du détenu couler sur lui.
– Jeffrey, tu me fais mal…
– Pardon.
Le blond le relâcha un peu.
– Comment est-ce que tu te sens ?
– Ça peut aller. Où est-ce qu'on est ?
– Toujours au même endroit. On n'a pas bougé.
– Ils sont partis ?
– Oui, depuis une heure.
– Les gardiens vont se demander où on est passé…
– Il nous reste quelques minutes pour rentrer dans notre secteur. Tu peux marcher ?
– Je ne sais pas…
Le blond se leva. Il prit Nick par la main et tira de toutes ses forces. Le brun réussit à se mettre sur ses pieds mais dut s'appuyer sur Jeffrey car il avait très mal aux jambes. Ils marchèrent lentement, au rythme de Nick, jusqu'au secteur C. Le gardien ne remarqua pas leur démarche étrange et dit seulement :
– Vous êtes en retard, dis donc ! Essayez d'arriver plus tôt, la prochaine fois !
Jeffrey aida Nicholas à s'allonger sur son lit.
– Merci, murmura le brun.
Avec l'eau qu'ils avaient pour le repas, Jeffrey essuya le sang qui maculait la tête de Nick. Ils mangèrent un peu, puis Jeffrey s'allongea dans le lit de son colocataire.
– Au fait, je ne t'ai toujours pas remercié de m'avoir sauvé.
– Oh, c'est rien…
– Non, ce n'est pas rien, Nicholas.
Le brun le regarda à son tour. Il sourit avant de dire, rougissant :
– Tu peux m'appeler Nick, tu sais…
Le blond sourit à son tour. Il posa délicatement sa main sur celle de Nick.
– Et moi, tu peux m'appeler Jeff.
Nick enfouit son visage dans le cou du plus grand
– Jeff ?
– Mmh ?
– Qui est Calvin ?
N'entendant aucune réponse, Nick leva les yeux. Une larme avait coulé sur la joue du blond.
– Oh, Jeff, non, ne pleure pas… Désolé si j'ai dit quelque chose qui ne fallait pas…
– C'est rien… Je… Je vais t'expliquer.
Il prit une grande inspiration et commença son récit :
– Quand j'étais plus jeune, vers dix-neuf ans, j'étudiais dans un lycée privé, loin d'ici. J'y ai connu un garçon… fantastique. C'était le plus beau, le plus gentil, le plus intelligent et le plus drôle garçon que j'avais jamais vu. Il n'avait aucun défaut. J'en suis directement tombé amoureux. Un jour, je lui ai tout avoué. C'était dans un parc, je m'en rappelle encore. Il faisait grand soleil, des enfants jouaient au football dans l'herbe, et nous, nous étions sur un banc. J'ai pris sa main (Jeff, sans trop s'en rendre compte, prit la main de Nick dans la sienne) et je lui ai dit : « Calvin, je suis amoureux de toi. » Il m'a regardé et il m'a embrassé. J'ai été le premier surpris. Mais j'étais si heureux ! On a officialisé et tout le monde l'a assez bien pris. Pour mes parents, ça a été plus dur. Ils acceptaient mal le fait que je sois gay, en fait. Ils m'ont un peu mis dehors… (Nick, triste pour son ami, frotta son nez contre la peau du plus grand.) J'ai alors emménagé chez Calvin. Sa mère – son père avait divorcé – m'a très bien accueilli. A vingt-deux ans, on s'est acheté notre propre appartement. Mais le drame est survenu. C'est pour ça que je suis ici. J'ai été condamné parce que… On m'a accusé d'avoir tué Calvin.
– Il- Il est mort ? Tu l'as tué ?
– Oui. Oui, il est mort et non, je ne l'ai pas tué, souffla-t-il en écrasant une larme. Ça s'est passé pendant que j'étais au boulot. Le soir quand je suis revenu, Calvin était là, dans notre lit, mort. On l'avait empoisonné. Bien sûr, on m'a tout de suite soupçonné. Et pourquoi ? Parce que je suis gay. C'est tout bête. Cet inspecteur était en quelque sorte homophobe. Il m'a envoyé directement en prison. Alors, je suis vraiment, vraiment désolé si j'ai été agressif, ou si je t'ai rejeté, mais j'étais si désespéré. Tu as remarqué, mais je pleurais toutes les nuits. Je ne mangeais pas parce que je savais que ça ne servait à rien de me nourrir si je n'avais plus personne qui m'attendait à l'extérieur de la prison. Je m'excuse.
Nick caressa la joue du blond.
– Tu n'as pas à t'excuser, Jeff. Ce n'est pas de ta faute. Mais je voulais tellement te connaître… Tu m'attirais, je ne savais pas pourquoi… Mais maintenant, je sais.
– Pourquoi ?
– On est les mêmes, tous les deux.
– Comment ça ?
– On a vécu exactement les mêmes choses.
– Qu'est-ce que tu veux dire ?
– Quand j'avais dix-sept ans, je venais de me rendre compte que j'aimais les garçons. Je l'ai tout de suite dit à mes amis et à ma famille. Enfin, à mon père, vu que j'avais perdu le reste de ma famille déjà. (Jeff déposa un baiser d'encouragement dans les cheveux du brun.) Il m'a hurlé dessus et m'a fichu à la porte. Je me suis réfugié chez mon meilleur ami. Et j'ai rencontré son frère. Mon Dieu, son frère. Si magnifique et… tellement parfait. Je l'ai aimé dès que j'ai croisé son regard. Lui aussi. Il s'appelait Fabian. (Nick fit une courte pause.) Un soir, alors que mon meilleur ami était parti dormir chez sa copine, j'étais resté seul dans ma chambre. Fabian est entré, en serviette. Il sortait de la douche. Il a fermé la porte à clé et il s'est approché doucement de moi. J'étais littéralement terrifié. Je frôlais la crise cardiaque. Il s'est allongé sur moi et il m'a embrassé. J'ignore encore comment il a découvert que j'étais amoureux de lui, mais il le savait, en tout cas. Toute la soirée, on est resté dans ma chambre, à s'embrasser et tout le reste. Bien sûr, on n'a dit à personne qu'on était ensemble, je me serais fait jeter dehors sinon. On a fait semblant pendant quatre ans. Pendant quatre ans, ce n'était que sourires en coin, regards qui en disaient long et petits rendez-vous en amoureux. La cinquième année, on est parti vivre en couple dans un appartement. Mais quand mon meilleur ami et sa mère sont venu pour rendre visite à Fabian, ils m'ont trouvé à sa place. Alors une grande discussion a commencé et je leur ai tout expliqué. Mon meilleur ami l'a très bien pris, pas comme sa mère. Elle a refusé tout contact avec son fils. Et, à notre huitième année de vie commune, Fabian est… mort. (Nick se retint de fondre en larmes. Au lieu de ça, il serra la main de Jeffrey dans la sienne.) L'inspecteur homophobe qui s'occupait de l'affaire m'a tout de suite accusé d'avoir empoisonné mon fiancé quand il a su que j'étais gay. En arrivant ici, j'étais tout comme toi. Je ne parlais à personne, je ne mangeais pas et je ne faisais pas une nuit sans cauchemar ou sans larme. Puis David et Wes sont venus vers moi et m'ont sorti de cet enfer. Grâce à eux, j'ai repris le goût de la vie. C'est pour ça que j'ai pleuré quand tu m'as demandé si on pouvait être amoureux de quelqu'un qui est mort. Ça a ravivé mes souvenirs. J'ai repensé à Fabian, parce que je l'aime toujours.
Jeff s'excusa.
– Tu n'y es pour rien, Jeffrey.
Le blond eut un faible sourire.
– On ferait mieux de dormir. Il faut que je me repose ce soir si je veux être en état de travailler demain.
– Tu as encore mal ?
Nick, qui n'avait pas pour habitude de dévoiler ses faiblesses, acquiesça lentement. Jeffrey opina puis regagna son lit. Mais il revint presque aussitôt vers le brun pour l'embrasser sur le front et lui murmurer : « Bonne nuit, Nick. » Le Numéro 3 s'endormit, mal en point, mais content. Le Numéro 6, lui, resta éveillé plus longtemps.
Il avait choisi de devenir ami avec Nick, il avait décidé de ne plus rejeter son aide. Et il était plus heureux comme ça, parce que ce garçon était exactement comme lui. Ils étaient les mêmes, tout en étant différents.
Pas mal comme chapitre, uh? Au moins vous connaissez leur passé maintenant :)
Questions, comme d'hab : Que pensez-vous du réveil de Nick ? C'était assez mignon, touchant ? Et le passé de Jeffrey et Nicholas ? Est-ce que vous trouvez que c'est louche qu'ils aient des antécédents si communs ?
Toute prévision météo est bonne à prendre ! (J'appelle des prévisions météos tous les récits un peu tirés par les cheveux que les lecteurs inventent, pour proposer une suite au chapitre xD Je fais souvent des prévisions météos, pas vous ?)
