Il fesait nuit quand Meg et le perse etait rentré dans la masure misérable qui servait pour l'instant de cachette au fantome de l'Opera.
Celui ci s'etait changé, laissant son accoutrement de Don juan triomphant pour une tenue d'homme de ville sobre.
Les jambes croisées sur un tabouret, Erik semblait occupé a ecrire de nouveaux quand il releva la tête vers les arrivants. Laissant le temps aux deux personnes de se debarrasser de leurs manteaux, Le fantome tendis une main vers Meg:
- La Lettre, je vous prie.
Marguerite regarda Erik un instant avant de sortir la lettre de change de la poche du manteau et de la lui tendre. Erik la pris puis l'ouvrit, commençant a lire le contenu, un sourire se dessina sur le visage de l'homme, tandis que Meg restait prostrée a l'entrée, Le perse s'étant assis a la table, buvant un verre d'eau prise 'un pichet posé sur la tablette.
- voila qui est interressant, Mademoiselle Giry, vous nous évitez bien des tracas.
- Que voulez vous dires?
- Je veux dire par là que vos ... possessions et argents vont nous êtres très utiles, ainsi que votre dot, cela nous payera parfaitement le voyage, il semble que le véritable travail ne commençera au final qu'a notre destination definitive.
- Notre destination definitive? je pensais que ce ne serait que Londres...
Erik baissa la lettre et regarda le perse puis Marguerite avant de soupirer et de parler dans la langue du perse, qui sembla lui repondre de façon calme, ce que n'etait visiblement pas le jeune homme.
- Londres n'est qu'une étape dans mon plan, notre destination finale, si vous voulez le savoir sont les Ameriques, et vous allez m'y aider, votre nouvelle identité ne sera effective qu'en france et a Londres, nous changerons encore en cours de route.
- j'espères que cela vous sera utile...vous comptez me relacher quand vous atteindrez les ameriques?
- Aucunement, relevant les yeux vers la ballerine, je n'ai nullement oublié ce qu'a fait votre mère, ni bien d'autres gens, mes plans se mettront en place, fit il en contournant la table se montrant courtois, mais chaque chose en son temps, vous devez avoir faim...non?
- Aucunement...
- Si c'etait le cas, vous ne vous seriez pas jetée sur les dattes fraiches que j'avais offerte a votre amie.
Meg ecarquilla les yeux, comment pouvait il savoir...puis lui revint qu'elle avait dormis pendant une semaine dans sa chambre, il etait probable qu'au travers du miroir, le fantome avait du la voir.
- vous vouliez empoisonner Christine, n'est ce pas
un eclair de fureur passa dans les yeux de l'homme et la main d'Erik se retrouva a serrer la gorge de Meg
- Ne prononcez jamais son nom, et n'osez même pas imaginer que j'aurais voulu lui faire du mal...vous...vous n'avez aucune idée de ce que je peux ressentir pour elle, ni même de ce que je voulais lui donner...oser encore une fois suggerer que j'ai voulu la tuer et je ne repondrais de rien.
La main d'Erik ensserrait sa gorge quand celle du perse vint prendre se poser sur le bras du fantome qui tourna son regard vers le maure.
- Assez, calmez vous et toi, fit il a Meg, mange, tu es maigre comme un spectre, et tu te tais..
Meg resta debout un moment a se masser la gorge, tandis que le fantome avait pris sa coupelle et s'en était allé dans une piece adjacente. Quand la jeune femme fini par s'assoir, ce fut pour voir le Perse lui mettre une platée devant les yeux, faites d'une sorte de ragouts de viandes et de légumes baignant dans de la sauce brune, que le maure l'invitait a manger.
La ballerine fit la grimace:
- C'est beaucoups trop
- Non, toi trop maigre, trop fine, jamais avoir beaux enfants, femmes doit avoir hanche large pour avoir enfants en santé.
Meg regarda le maure avec l'impression d'avoir affaire a l'exact contraire de sa mère, autant l'un voulait la faire manger, autant l'autre l'aurait empéchée ne serait ce que de gouter a un tel plat.
- Les hanches ne font pas les femmes
- si si, trop maigre, pas bon, mauvaise chose arrive, trop petite pour ton âge.
- c'est voulu, je suis une ballerine.
- Ballerine?
- une danseuse d'Opera
- ahh...etrange pays que la France de vouloir danseuse de la taille d'une enfant, chez moi, danseuse en chair, belles hanches, elle vivre riche et avoir bon epoux si elles sont douées, beaucoups travailles pour le Shah et ses fils.
- Chat?
- non, pas animal, ça etre comparable a un Roi, Shah etre roi de Perse.
- si vous venez de Perse, comment etes vous arrivés en France?
Le persan posa sa cuillère sur le rebord de sa coupole de bois et inspira l'air douloureux
- ça aussi longue histoire, mais moi raconter un peu, il y a longtemps, j'etais un grand penseur et mon travail auprès de mon maitre était de proteger mon pays et mon Roi, un jour, des itinérants s'arreter au palais, parmis eux, un très jeune occidental connu pour être magicien et savant.
Mon Roi offrit défis au magicien, lui offrant de créer le plus beau palais de mon pays, et le magicien accepta, pendant 5 ans, il travailla avec les maçons et sculpteurs de mon pays, offrant un palais unique a mon Roi, qui remercia le magicien en l'emprisonnant.
Meg buvait litteralement l'histoire du Maure, semblant imaginer dans sa tête l'aventure du magicien face a un roi cruel, tandis que le perse continuait.
- Mon Roi etait un bon souverain pour notre peuple mais il se mefiait des étrangers et de ses voisins, et plus que tout, il etait orgeuilleux, alors quand le magicien eu fini son palais, il refusa l'idée que le magicien puisse travailler pour un autre que lui.
Le shah preferais voir le magicien mort que de le voir fuir ou encore parler des secrets du palais, dès lors il le mis a mort.
Moi, a l'époque, j'etais capitaine de la garde secrète, protegeant mon roi, mais je trouvais cruel la façon dont il traitait le jeune magicien, alors je choisis de trahir mon roi et de sauver le magicien, malheureusement, mon roi l'appris, et après le depart du magicien de mon pays, mon roi me fit convoquer, me depouilla de mes terres, biens et serviteurs, et me frappa de la pire malédiction: l'exil.
Je suis desormais un etranger ou que j'aille, même chez moi, dans mon pays, et si jamais je devais y retourner, a moins qu'un de ses fils ne prennent la suite du Shah, je serais assassiné ou décapité en public pour exemple.
Une voix cependant sortis de la chambrée, fesant prendre conscience a Meg que le magicien n'etait autre qu'Erik le fantome.
- Tu oublies, mon ami, l'episode de ton arrivée a Paris, le grand Maure excentrique, adulé de la bourgeoisie, et poète fameux.
- C'etait dans une autre vie, Erik, j'ai vieillis et je me suis assagis
- Tandis que je devenais fou
Le Perse regarda en direction de la chambrée, seul l'ombre d'Erik se voyait sur le mur, mais sa voix semblait pour Meg, juste a cotés d'elle et du Maure.
- Le travail de l'amour comporte plusieurs niveaux, et ces niveaux ne pourront pas être atteints par tout le monde. Le desir, la Luxure, la courtisane, c'est du naf, un ruisseau s'assechant dans un desert qui n'atteindra jamais l'ocean, simples jeux nés de la passion physique, s'exprimant de milles manières mais n'atteignant jamais son but, Erik.
- Qu'en sais tu, Eunuque, toi qui n'as jamais aimé une femme.
- Qu'en sais tu? l'amour est au delà du figuré de la chair, xayal, ce n'est pas un desir violent caché, ce n'est pas une obsession faites de duperies, non, mon ami, le veritable amour ne fleurit point sur une terre froide, angoissée ou encore vaniteuse et hypocrite. Se languir dans l'attente n'est que source de douleurs et de desespoir, dessechant la terre fertile.
Le veritable amour echappe a ce monde terrestre, il est libre de la duperie, du besoin ou de l'envie, il n'est pas attaché a l'apparence ou a la parure, il n'est que fidelité a l'etre aimé, il est sage devant l'absence et patient, il est ivre de la source de vie qu'est l'amour qu'Allah a donné aux hommes, voila ce qu'est le véritable amour, il est detaché des choses terrestres.
La voix d'Erik après un temps que Meg trouva long repondit:
- Alors ce n'est nullement un amour mortel...
- Il est un amour de ce genre parmis les mortels, mais tu ne le verra que rarement, il est souvent comparé et confondu avec la ferveur de vos moines ou nos soufis, detachés du monde, mais confiant en son prochain et en l'amour qu'on lui porte, car là est la vérité d'Allah, l'amour est grand en son sein et cet amour jailli dans le coeur des hommes, coeurs trop souvent obscurcit par la convoitise, l'egoisme ou l'hypocrisie.
Même moi qui n'ai jamais touché une femme, je sais ce que cela est, car j'ai deja aimé, mais différement des autres hommes, je dois avouer que cela peut etre douloureux mais l'esprit est toujours plus fort que la chair, les votres ont un dicton que j'ai deja entendu dans vos monastères: la chair est faible.
- et Dieu est fort...mais Dieu ne m'est aucune aide, Nadir, il m'as abandonné a la naissance et le Diable m'as baptisé
- Ne blasphème pas, xayal, Allah est grand et il n'abandonne aucun de ses enfants.
Meg etait restée silencieuse, elle avait l'impression en cet instant d'avoir assistés a quelques choses qui lui etait passé au dessus d'elle, comme si deux philosophes avaient d'un coups échangés des passes d'armes.
A l'evidence, Le Perse avait gagné cette manche, mais le fantome restait caché dans les ombres, la jeune femme fini son plat, avant de mettre le peu de couvert sur une etagère, tandis que le perse se penchait vers elle:
- Ne l'enerve pas, il n'est pas mauvais mais il a le sang noir, tenta t'il d'expliquer en fesant un geste de l'index et du pouce, certains sujets sont a éviter comme tu peux le voir, obeis et tout iras bien, mais garde ta langue de femme derrière tes levres, tu as le defaut de beaucoups de femmes de chez moi, parler trop sans reflechir.
Maintenant, je dois rentrer chez moi, il te surveilleras, la nuit se fait tard et tu dois te reposer.
Meg acquiesa, la porte ouverte par le Perse, l'idée de fuir lui vint, mais elle aurait probablement été arritée par le maure et sa dague avant même qu'elle ne soit en bas de la rue, et elle avait vu ce soir a quel point l'homme etait loin de lui vouloir du mal, il l'avait protegée du fantome non?
L'homme partis, Meg se retrouva seule dans la masure, Erik toujours dans la chambrée l'appela, après qu'un son de rangement et de chaises poussées se fit entendre.
- Mademoiselle Giry, approchez je vous prie. demanda t'il
Marguerite s'executa et approcha de l'entrée, des ombres mouvantes se fesant jour sur les murs, vacillante par la flamme des bougies qui ondulaient sous les courants d'airs qui parcouraient les lieux.
la maison abandonnée etait froide dans la majorité en dehors de la piece principale et la chambrée, raison pour laquelle Erik avait fait de cette dernière, son lieu de repos quand il semblait ne plus vouloir ecouter le perse.
- que me voulez vous, argua Meg en regardant Erik
- couchez vous !, ordonna t'il toujours penché sur un substitut de bureau engoncé de papiers divers sur lesquels Meg pouvait voir par intermitence par dessus l'epaule d'Erik des dessins complexes, certains d'une rare beauté.
- Pardon? fit elle surprise
- Couchez vous, j'ai dit
Meg ouvrit la bouche et inspira avant que le fantome ne retorque:
- Je ne vais rien vous faire, mais peut etre par prudence, préféreriez vous le sol crasseux, peut etre?
- non merci, le reste de cet endroit l'est deja assez pour moi, repondit elle en regardant le lit defoncé qui allait etre sa couche, vous dormez avec moi je présume.
- Pas tout de suite, et de ce fait, je prend une légère précaution, fit il en se relevant après avoir fouillé un havresac a ses pieds, ceci est un lacet du pendjab, sa fonction est de vous empechez de fuir durant mon sommeil, si jamais.
Meg soupira mais laissa Le fantome l'attacher tandis que l'autre extremité du lacet etait attachés au poignet d'Erik, et remarqua qu'un seul pouvement provoquait une tension sur la corde, ce qui permettait a l'humme de savoir si la jeune fille bougeait ou tentais quoi que ce soit.
L'ancienne ballerine eu du mal a trouver le sommeil, cependant le repas copieux et la longue marche de la journée, l'avait epuisée, mais son esprit vagabondait, elle avait remarqué les dessins du Fantome, certains titres et son nom associés ne lui disait rien de bon quand au plans du fantome de l'opera, et elle ne voulait pas etre la cause de souffrance de quiconque, mais Erik semblait a l'évidence vouloir sa vengeance sur le destin.
Les yeux a fermé, Meg tentait de reposer son esprit tout autant que son corps quand elle sentis le fantome s'allonger a cotés d'elle, après avoir soufflé les bougies qui avait éclairés son plan de travail, ouvrant les yeux, elle entendit un froissement puis un leger son mat, il avait retiré son masque, probablement parce que contrairement a l'autre, il pouvait bouger ainsi qu'en raison de l'inconfort.
L'idée lui vint de vouloir voir de nouveau le visage du fantome de l'Opera, qu'elle n'avait fait qu'appercevoir lorsque Christine avait retiré son masque lors du final de Don Juan triomphant. Tournant lentement et doucement la tête, elle fut déçue de la chose, Erik lui tournait le dos, roulé légèrement en boule, en position foetale, torse nu, ne gardant a l'evidence que son pantalon.
Si elle ne pouvait voir le visage, elle pus voir parfaitement la peau et son dos marbré de cicatrices ainsi que le cotés droit... ses yeux habitués a la pénombre remarqua la différence nette entre la peau lisse et fraiche d'un coté, et l'aspect rugueux, tordus et tourmentés de sa chair brulées.
On aurait dit que la peau et les muscles avaient tenté de se tordre sur eux même, donnant un aspect maladif organique a l'ensemble, et comme sa mère lui avait dit, c'etait difficile a regarder, les cotes semblaient saillir par instant et a d'autres, elle pensait voir un ecorché vif comme ce qu'elle avait pus voir sur les gravures du Docteur Periot.
l'envie de toucher cette chair malade la repugnait mais la curiosité la tenaillait, cependant elle se souvint du conseil du Perse: ne pas mettre Erik en colère, et elle soupsonnait que toucher une de ses parties defigurée, meme dans la nuit noire, l'aurait fait entrer dans une rage folle, et cette fois, il n'aurait pas fallu compter sur l'intervention du maure pour la sauver.
Depit et de frustration, Meg fini par fermer les yeux et a trouver le sommeil.
