Rennes, siege du pouvoir central du parlement de bretagne etait une ville cosmopolite et assez belle dans sa simplicité.
Le persan avait pris chambre dans l'hotel de Chalain, un petit etablissement discret, pour eux trois, dans une suite agreable, probablement payé comme Meg s'en doutait avec ses economies.
Elle avait reculé pour mieux sauter et maintenant, il lui fallait aller où certains anciennes connaissances de son père avait dit qu'il avait été, pourtant, a Paris, elle avait eu l'impression de le voir en la personne de ce capitaine, les cheveux gris, la barbe coupée, mais le visage avait été celui de son père, cependant, elle le savait trop attaché aux jeux et a la boisson pour avoir finalement repris une autre vie.
On lui avait indiqué une rue, la rue saint-georges, connue pour ses maisons de passe et de boissons, nul doute quelle y trouverait quelques choses.
Nadir la suivait, la surveillant, si a Paris, il avait pus passer plus discretement, la ville etant totalement excentrique, il en etait tout autre a Rennes, ce qui força Erik a sortir de leur chambre d'hote pour la surveiller au deuxieme jour des recherches.
La rue saint-georges etait une suite de batisse visiblement datant d'un siecle, crasseuse, sombre et malodorante, filles de joies, gitans, pauvres et brigands semblaient se cotoyer en ces lieux.
Erik lui avait ordonné d'attendre la nuit pour y aller, afin d'etre sur de l'ouverture des maisons de passe et de certaines masures, cependant, cela rendait la rue bien plus dangereuse.
Leurs venues dans la ruelle, les fesaient passer comme deux dandy cherchant a s'encainailler avec les fripouilles, ce qui convenait au fantome, et si jamais un problème survenait, Meg etait sure qu'Erik pouvait les proteger, après tout il savait se battre a l'epée, comme Christine le lui avait expliqué quand Erik avait tenté de tuer Raoul dans le cimetiere ou reposait le Pere de la Prima donna.
- Quel numero ont dit les "amis" de votre père?
- d'après eux, ce serait le 23, chuchota t'elle, sachant qu'Erik voulait qu'elle garde son air de jeune homme.
Avançant vers les lieux, ce fut pour voir une maison haute, ancienne, visiblement ternes mais dont les rideaux de velours rouges semblaient parfaitement indiquer ce que cela était: une maison close.
- Monsieur, puis je demander la faveur de parler en privé avec la personne si je la trouve
- non
- vos sautes d'humeurs ont tendance a terrifier les gens, ai je fait quoi que ce soit qui pourrais vous faire croire que je veuille vous trahir, comme ma mère?
Erik soupira et inspira profondément, puis entra sans répondre, Meg suivis, elle n'avait pas le choix.
L'interieur etait eclairé a la bougie et a la lampe d'huile de poisson, surané et richement ornés, les lieux avaient un aspect des plus roccoco et ridicule.
L'entrée etait un grand salon dans lequel, une vieille femme lourdement maquillée, habillée d'une robe noire etait occupée devant un bureau en acajou, quand Erik et Meg entrèrent, fesant tinter une legère clochette, la vieille dame releva la tête, regardant les deux hommes, et se leva:
- Messieux, bienvenu a la chambre rouge, quelques choses vous ferait plaisir en particulier?
Erik regarda la vieille femme et parla:
- nous sommes a la recherche de quelqu'un, madame, qui a probablement séjourné ici, un certain Mifroid, françois de son nom
- Mifroid, hmm, elle se detourna des deux hommes semblant reflechir puis fouilla dans ses papiers ainsi qu'un vieux registre qu'elle tira d'une etagère, oui, François Mifroid, un homme perdu si je puis dire, pourquoi le cherchez vous?
- C'est mon père, et je dois le voir pour une question d'heritage, Meg avait parlé sans l'autorisation d'Erik, prenant la voix la plus basse qu'elle pouvait faire, cela sonnait comme un jeune garçon ayant a peine mué.
- Ho mon dieu jeune homme, faites attention quand vous parlez, vous avez le ton d'une pucelle mais peut etre etes vous encore puceau, ce qui expliquerait des choses, cependant, Monsieur Mifroid, si il est resté un mois en ces lieux, a rejoins par la suite la caserne, ou plutot devrais je dire, qu'il fut arretés suite a un vol a la place du chapitre, accusés a tords bien sur, mais il avait deja été jugés, je ne sais ou il fut envoyé après cela.
Meg inspira, quand Erik demandit soudain ce que craignait Marguerite:
- est il venu avec une personne? une jeune fille ou une enfant?
La vieille sembla reflechir un long moment de nouveau, comme cherchant dans ses souvenirs, il fallait dire que cela remontait a 10 ans.
- De souvenirs pas vraiment, le probleme avec Mifroid c'est que c'etait un homme a femmes, donc des filles, jeune surtout, j'en ai vu passer, certaines sont restées chez moi, peut etre l'une d'elles se reconnaitra si vous lui parlez.
Meg ouvrit les yeux, et regarda Erik, sifflant entre ses dents:
- Laissez moi y aller seule, lui parler, lui expliquez, si vous le faites, et si elle vous met en colère, nous savons tout deux ce qui arrivera, vous la voulez n'est ce pas?
Erik crispa la machoire, elle voyait très bien que la colère montait en lui, il ne lui fesait pas confiance, cependant, d'un autre cotés, Meg etait la seule a pouvoir dire si c'etait sa soeur ou non, le piege s'etait inversé mais les deux en etaient prisonniers.
- Très bien, Gabriel, fit il a haute voix, je vous le permet, puis il chuchota, mais une seule incartade, une seule trahison et vous finissez morte, c'est compris?
- Oui, monsieur le Marquis.
Marguerite se tourna vers la vieille femme qui pris la jeune fille par le poignet et l'emmena dans une piece adjacente, fermée a clé visiblement, tandis qu'Erik resta a l'entrée, debout, Meg pouvait sentir son regard inquisiteur dans son dos et ses cheveux a la base de sa nuque se dressèrent, elle sentais qu'une seule erreur et elle finirait morte dans une ruelle, il lui fallait trouver Anya, de ce fait, Gabriel chevalier decrivit sa "soeur", cheveux noirs ondulés, peau satinée et mat, levres pleines, jolie voix, corps de danseuse, yeux de biches.
La vieille sembla reflechir avant de revenir avec une femme dont la description correspondait presque a ce qu'avait demandé Meg sous son deguisement de Gabriel, la femme portait une jupe rouge et noire, agrementée d'un bustier de cuir brun foncés, ses cheveux en chignon etait agrementé d'une fleur rouge, alors qu'un maquillage outrancier recouvrait son visage ainsi qu'une forte pointe de poudre, a l'evidence la fille avait une peau halée légèrement brunie.
- C'est elle, fit Meg, pouvez vous nous laissez seul que je puisse discuter avec elle?
- Bien entendu, monsieur, repondit la vieille d'une voix mielleuse, ayant compris qu'Erik etait un Marquis, sans savoir que ce n'etait que faux.
Maintenant seul, la jeune fille parla d'une voix hautaine, machant quelques peu ses mots:
- z'etes qui?
- Mon nom est Gabriel Chevalier, même si ce n'est pas mon réel nom, j'aimerais savoir, qui sont vos parents?
- Je connais que ma mère, pas mon père, ce salaud s'est cassé avant même qu'il sache qu'ma mère etait enceinte, voyez, La puta esta tanbien.
- Pardon?
- c'est de l'Espagnol.
- Vous etes de ce pays?
- Oui et non, Romani, si tu vois ce que c'est, gitans comme ont dit ici, mais c'est pas bien vu, alors que quand on me demande je dit que je suis espagnole, pourquoi?
- aucune importance mais mieux vaut eviter de le dire, nous pourrions nous assoir, car je crains que ce que j'ai a vous dire ne vous choque, mais c'est une demande et une faveur dont j'ai besoin, vos rêves les plus fous pourraient être realisé, mais en échange, j'ai besoin que vous jouiez un role, une mascarade.
- De quel genre?
- Vous faires passer pour ma Soeur, Anya, je vous ai decrites comme telle, cependant, vous allez devoir apprendre certaines choses, des comptines, des histoires et surtout un souvenir, que vous allez devoir apprendre maintenant.
- Por qué?
- Pour faire simple, l'homme derrière cette porte, cherche Anya, mais Anya n'as jamais été réelle, et il est près a tout, je dit bien a tout pour avoir cette femme imaginaire.
L'espagnole sembla reflechir un instant, Meg soupsonnait qu'elle reflechissait aux avantages qu'elle pourrait en tirer, puis acquiesa.
- très bien, dites moi ce que je dois apprendre.
- En premier lieux, le souvenir dont je vais vous parler est en realité le miens, mais a l'epoque, je ne voulais pas me faire punir, j'ai donc donné ce nom, Anya, expliqua Meg, tandis que la femme a cotés d'elle ecoutait avec attention, sa vie allant changer d'après ce que promettait le garçon devant elle.
De l'autre cotés de la porte, Erik fesait les cents pas dans le vestibule, quand Le Perse entra dans les lieux, il s'approcha d'Erik qui avait arreté net son mouvement a l'entrée du Maure, qui vint lui chuchoter a l'oreille.
- ça, cela va être problématique, retorqua Le Marquis au maure, Gabriel n'en a pas fini.
- Si vous permettez, messieurs, parla la vieille, fesant se retourner Le fantome et le perse, il semble que vous ayez un probleme, je me trompe?
- En effet, mon serviteur ici présent, viens de m'informer que des gens de la milice renoise semble surveiller et fouiller les lieux, vous savez pourquoi?
- Ils font cela quand ils ont décidé de rendre la vie impossible aux tenanciers, ils nous montrent qu'ils ont le pouvoir et que nous, nous devons obeir, si vous tentez quoi que ce soit, meme leurs répondres, vous allez finir en geoles, mieux vaut que vous passiez par derrière, je vais appelez votre ami et sa soeur.
La vieille ouvrit une porte et laissa Le Marquis et le perse s'y faufiler, tandis qu'elle fermait derrière eux, dans la piece encensée couvertes de coussins, Meg etait encore en conversation avec l'espagnole, quand la tenancière arriva, mains croisée devant elle.
- Pardonnez de vous deranger dans vos retrouvailles, mais ils semblent que la milice de quartier ai decidé de nous poser problème, expliqua t'elle a son intrusion, votre maitre passe par la Ruelle des soupirs, juste derrière, Maria, tu fait quoi?
- Je pense que je vais suivre mon "frère", c'est l'occasion pour moi de me faire un nom, sénora.
- Bien, alors suivez moi tout de suite, je ferme les volets, tendant une clé, Maria, emmene le suivre les autres, et montre leurs le chemins pour eviter la milice.
- Si sénora Beranger.
Maria se releva et pris la clé, tandis que Meg suivait l'espagnole a travers la maison, voyant la catin ouvrir puis fermer la porte derrière eux, jusqu'a arriver a une sorte d'arrière salle de jeu, dans laquelle Le maure et Le Marquis attendait. Erik fut surpris en voyant Maria, et regarda Meg d'un air interrogateur, qui lui répondit par l'affirmative, tandis que le Maure, sembla fixer Meg d'un air sombre.
Maria ouvrit la porte arrière et le vent frais souffla, tandis que les bruits de la ruelle s'entendait, bruits de pas, de charettes, cris de femmes, de mères et d'hommes ivres.
- sénor, avancez, on aura pas le temps des présentations, je vais vous mener a un lieu sur, loin de la milice, ensuite vous ferez ce que vous devrez, Gabriel m'as expliqué ce qu'il en etait.
Erik regarda Meg légèrement soupsonneux, avant d'acquieser, son Anya avait raison, cependant, alors qu'il laissait le Maure passer ainsi que Maria puis Meg, il lui chuchota a l'Oreille:
- vous ne lui avez rien dit pour vous?
Marguerite fit non de la tête rapidement, avant de répondre rapidement a voix basse:
- C'est elle que vous vouliez non? vous prefereriez lui dire que vous m'avez enlevée, sequestrée jusqu'a ce que je vous donne tout ce que je possedais? je doute qu'elle apprecierait cette facette de votre personnalité.
Erik serra les dents et sa machoire son masque de cuir et de dentelles se contracta, il se sentais en colère, a la fois contre Meg mais également contre lui même, elle avait eu raison en disant qu'il etait erratique, soupe au lait.
Courant dans la rue, evitant les passants, ils débouchèrent vers les halles, le grand marché couvert, et se fondirent dans la foule, Le Perse accompagnant Maria tandis que Meg et Erik resté un peu en arrière, les suivaient de loin.
Ils mirent un moment, mais finirent finalement par regagner la rue du chapitre ou se trouvait l'hotel ou ils avaient élus domicile. Erik s'approcha de Maria, et prononca le nom d'Anya a voix haute, ce a quoi celle ci repondit par un sourire.
Meg savait qu'elle n'avait pas eu le temps de tout dire a Anya, notement l'explication sur le fait que le Marquis portait un masque, cependant, elle avait mise en garde l'espagnole, de ne surtout pas retirer le masque, le toucher a la limite, mais le retirer etait totalement exclu.
Le fantome, de geoliers se transforma en gentleman avec Maria, Meg ne lui avait pas mentis quand elle avait dit qu'il allait realiser tout ses rêves, et il montrait deja les prémices, notement en discutant et en parlant avec elle de ses projets, Phantasmes allegoriques de son genie au service de sa beauté.
Meg sous le déguisement de Gabriel, croisa les bras, et inspira profondément, la mascarade etait lancée, et elle allait devoir apprendre a Maria certaines choses de sa propre vie, tandis qu'elle devrait, quand a elle, chercher un moyen d'echapper au griffes du fantome, cependant elle fut sortie de ses idées par Le perse qui passa derrière elle en parlant lentement:
- Le chercheur de vérité est toujours dans l'errance, aveuglé comme par un soleil du desert en plein midi, cherchant ce qu'il ne peut atteindre, enteté a aller jusqu'au bout de sa quete, cependant, la vérité ne se dévoile que quand le voile du mystère est levé.
- c'est quoi? une mise en guarde ?
- Non, Miss Giry, plutot un conseil, quelle soit votre soeur, je n'irais pas dire le contraire, cependant, vous n'aidez pas Erik...et vous ne vous aidez pas non plus.
- Je n'ai aucune envie de l'aider, je suis son otage, pas son amie...j'ai tout perdu a cause de lui !
- Est vraiment vrai? vous preferiez votre petit role de ballerine dans l'ombre de l'Opera?
- j'etait danseuse, promise a un avenir, aujourd'hui, je suis...et bien je ne suis rien, juste un role imaginé par le...Marquis de Fronsac.
- Vous realiserez, Miss Giry, que dans l'existence, il n'est plus dangereux que de tenter de garder le voile...mais je pense que vous le verrez a un moment ou a un autre, bonne nuit Miss Giry.
Le Perse entra dans l'hotel, avant que Meg ne le suive tandis qu'il lui tenait la porte, fuir etait un rêve qu'elle tenterais de realiser tot ou tard.
Maria etait entrée dans l'hotel dans les bras du Marquis, Erik la portant comme on aurait pus porter une Reine, sa muse avec lui maintenant, Christine n'etait plus qu'un souvenir douloureux quand il y pensais, mais sa vengeance contre elle et le vicomte, ainsi que tout ceux qui l'avait fait chuter, il ne les oubliais point. Marguerite Giry lui avait offert son plus cher desir, il ne la libererais nullement, mais il se dit que finalement une récompense ne serait point mauvais pour elle, cela fesait un mois ou presque qu'elle vivait surement dans l'angoisse de savoir ce qu'il etait advenu de sa mère, et il etait près a lui donner cette faveur de avoir la vérité.
