Chapitre 2

Le souper s'était déroulé il y a une heure, depuis j'étais à nouveau dans les couloirs. Je me dirigeai cette fois-ci vers le bureau du directeur et j'étais un peu anxieux parce que je n'y étais jamais allé auparavant.

J'arrivai devant la gargouille de pierre, elle me fixait de ses prunelles grises, l'expression impassible.

"Suçacides"

La statue se déplaça sur le côté, et dévoila un escalier en spirale qui me mena devant une grande porte en chêne. Je n'avais même pas commencé à frapper, que le professeur Dumbledore m'invita à entrer. Son bureau était circulaire et très grand. Je me souvenais des quelques descriptions qu'en avaient faites Ginny et Ron. Cependant, cette fois-ci, un élément tout à fait nouveau se détachait du reste de la décoration. A côté d'une longue bibliothèque se trouvait un arbre nain. Une sorte de bonsaï protégé par une cloche de verre. Son tronc et ses branches étaient noueux. Ses minces feuilles aussi longues que mon petit doigt, me parurent magnifiques, aussi verte que l'herbe en Irlande et très scintillante. Une petite brise les faisait remuer, ce qui était d'ailleurs assez curieux puisque le verre est imperméable au vent. Cet arbre ne semblait pas anodin.

"C'est très beau n'est-ce pas? murmura une voix malicieuse."

Le directeur se tenait derrière moi, vêtu de sa robe violette aux étoiles d'or et d'argent.

"La plante est en bonne santé, murmurai-je
— Je n'ai pas de grande connaissance en botanique, mais ce bonsaï me semble étrange.
— Je...je n'ai jamais rien vu de pareil moi aussi, admis-je."

Nous contemplâmes la plante encore quelque instant puis il se tourna vers moi et m'offrit un fizwizbiz. Je défis l'emballage en m'installant dans un des fauteuils qui faisait face à son bureau. Le directeur en observait le bois sculpté tout en se grattant la barbe pensivement, il ne disait pas un mot, et je pense que moi-même je surveillai ma respiration. C'était l'une des seules fois où je me trouvai en compagnie d'une personne aussi illustre et je me sentais très intimidé. Qu'aurai pensé grand-mère? Elle aurait sûrement été très fière que son petit-fils ait été en compagnie du plus grand mage de ces dernières décennies.

"Je suis sûr que vous êtes très consciencieux dans votre travail concernant les plantes, jeune homme, reprit Dumbledore.
— Oui...
— J'aurai besoin que vous me donniez un horaire, des heures pendant lesquelles vous seriez libre pour vous occupez de cette plante.
— Peut-être pendant les fin de semaines? Ou après mes devoirs?
— (Il hocha la tête) Il ne faut surtout pas que ce service devienne une corvée pour vous. Et si vous avez certaines indications à me donner je les suivrai."

Je donnai mon approbation et commença à l'observer tandis qu'il préparait un mot. Selon lui, il serait possible que certaines fois je termine mon travail après le couvre-feu. Aussi préférait-t-il anticipé et écrire un mot d'explication à l'intention de Rusard et des professeurs. Ce fut à ce moment là que je vis de nouveau sa main noire. Celle-là même que l'on avait tous vu le soir du banquet de début d'année et qu'il avait dissimulée sous sa manche. Les mots d'Hermione me revenaient en tête "On dirait qu'elle est morte". Le professeur Dumbledore lâcha sa plume et massa sa main blessée un instant, comme si elle s'était engourdie.

Je suis sûr qu'il capta mon regard à cet instant car aussitôt il me brandit la petite feuille de parchemin sous les yeux.

"Voilà! s'exclama-t-il. Bien sûr, à n'utiliser que lorsque tu en as réellement besoin, ajouta-t-il en m'observant par dessus ses lunettes en demi-lune."

J'acquiesçai vivement sous son regard perçant. Je la mettrai hors de portée d'Harry et Ron, me promis-je mentalement.

Je parcouru rapidement, mais le plus silencieusement possible, le chemin jusqu'au dortoir, peu désireux de me faire intercepter par un professeur ou autre. Je fus toutefois à deux doigts de me faire repérer par Rusard qui effectuait une ronde dans un couloir adjacent à l'entrée de la tour Gryffondor. Je réveillai la Grosse Dame qui grommela de mauvaise humeur, et disparu derrière son portrait.


A suivre...