Le chemin vers Rouen avait été une partie de plaisir, les champs fleurit du début de printemps envahissait les bas cotés des routes, donnant un air guilleret a sa recherche, ce qui n'etait qu'une simple promenade pour Alexei qui courait parfois devant elle avant de revenir lui prendre la main. L'enfant se montrait espiegle mais plutot sage, il portait une paire de souliers en cuir elimmés et elle voyait bien qu'il n'en avait pas l'habitude, cependant, quand elle lui avait demandé si il avait mal, il lui avait montré ses pieds, ils etaient dur, la plante presque comme du cuir souple, probablement a cause d'avoir toujours marché pied nu en permanence, de ce fait, bottés ou non, cela ne lui etait pas important, c'etait juste gênant pour lui car il semblait ne pas sentir ce qu'il avait en dessous de lui.

Elle n'avait repris l'enfant près d'elle qu'a partir du moment ou ils etaient arrivé a la croisée des chemins menant a Rouen, Saint-Aignan et Bois-Guillaume, les charettes passaient et elle ne voulait pas que l'enfant se blesse par inadvertance ou meme soit renversés par un cavalier. La ville etait une cité fort religieuse entourée par deux domaines de l'Eglise et l'on disait que les moines de l'abbaye de Saint-Ouen avait encore la main mise sur la ville. Etant sur la rive de la Seine, La cité jouissait d'une bonne reputation comme grenier de France, et sa bourgeoisie avait fait fortune dans le commerce de grain, d'alcool et de tissus ainsi qu'avec des importations récentes venues d'Afrique et d'Amerique, cependant il fallait trouver l'hotel de ville de la cité.

Il fallu plusieurs heures a Meg et Alexei pour parvenir a se retrouver dans la ville, sans trop se perdre, meme si ils se perdirent plusieurs fois a travers la foule dense de marins, de gens et de religieuses en passage vers l'eglise, ils etaient un dimanche. En y repensant, sa mère aurait fulminé de savoir sa fille dehors et non a l'Eglise ce matin, elle qui avait toujours fait suivre le service religieux a sa fille, mais avec Marcello, elle avait découvert d'autres façon de prier Dieu et ses saints, de façon plus proche selon ses conceptions. Tournant a une rue, elle pus enfin voir la place Saint-Quentin, mais aucun hotel de ville en vue, apostrophiant un passant, ce dernier lui expliqua que l'hotel de ville se trouvait a l'abbaye, chez les moines cisterciens.

Il fallu encore un moment avant d'atteindre les lieux, qui semblait calme et reposant a la vue, l'architecture de l'endroit, gothique, etait sublime et elle se demanda combien de temps cela avait du prendre pour se construire. Avançant, elle alla jusqu'a la grand porte, tenant Alexei par la main qui restait silencieux, regardant les lieux avec une grande curiosité, semblant a la fois emerveillés et eblouis. Lorsqu'elle frappa, un loquet s'ouvrit et une paire d'yeux fut visible.

- Bonjour, prenant Alexei par les epaules contre elle pour se rassurer, pardon de vous deranger, mais on m'as dit que l'hotel de ville se trouvait ici.

- c'est en effet le cas, c'est pour quoi? valider une naissance? un mariage?

- non, euh, ce serait pour une recherche de quelqu'un de la region qui aurait disparus.

Le loquet se ferma et la porte s'ouvrit sur un vieil homme en bure blanche.

- Entrez, pardon de cet acceuil froid ma fille, mais nous sommes en un lieu de perdition malgré la sainteté qui nous entoure et nous nous montrons prudent.

- Je comprend, mon père, repondit elle en entrant, fesant passer Alexei devant.

L'homme referma derrière elle la lourde porte et elle regarda l'interieur des lieux, murs blancs au sols de marbre noirs et rose, richement ornés dans un style classique.

- Vous m'avez dit rechercher quelqu'un, c'est cela? demanda t'il en repassant devant les deux jeunes personnes.

- oui, en fait pour parler plus specifiquement, je recherche un fait d'hivers, une histoire probablement de disparition avec des Gitans, un enfant probablement peu appreciés mais reconnu par ses parents, il devait avoir alentour de 10-12 ans quand il a disparu, peut etre plus, peut etre moins. Une foire ou un camps de gitans a du être là et disparaitre rapidement.

Le vieillard reflechit pendant qu'ils marchaient en silence, ammenant la jeune femme vers un bureau simple dans une salle spacieuse mais spartiate.

- hmm le seul évènement de ce genre, s'est produit dans un village qui se trouve au Sud de Rouen, comme les naissances sont toutes remises ici, comme les mariages et les morts, on a sus, mais cela remonte a longtemps, presque 20 ans maintenant, ca avait choqués parce que les parents n'avaient pas cherché l'enfant disparus. On a d'ailleurs traités la mère de sorcière et de mauvaise mère à l'epoque après cela.

Laissez moi regarder dans les archives, vous avez le temps d'attendre?

- eh, oui bien entendu, c'est pour cela que je suis venue. repondit elle avec un sourire, tandis qu'Alexei semblait regarder la bibliotheque du moine du coin de l'oeil.

Le moine se leva de sa chaise et regarda l'enfant en passant:

- si tu veux en prendre un pour passer le temps, vas y, c'est deja rare de voir des enfants aimer lire, ne te gêne pas. proposa t'il alors qu'il sortait de la piece.

Il n'avait pas fallu le dire deux fois au garçon qui se précipita vers la bibliotheque au grand damn de Meg, mais a son soulagement, il ne s'amusa pas a faire n'importe quoi avec, il en pris un consciencieusement et revint près de Meg, quand il le posa, elle pus voir qu'il avait pris un livre dont Meg n'arrivait pas a lire le titre, cela ressemblait a de l'italien sans en être. regardant Alexei, elle remarqua qu'il arrivait visiblement a lire car ses yeux semblait suivre le texte, a moins que ce ne soit pour regarder, elle n'aurait su dire.

Quand le moine revint, presque une demi heure après, Alexei avait deja dévoré un tiers de l'ouvrage sous les yeux incredule de Meg, et quand le vieillard s'assit, il souleva legerement la couverture pour voir ce qu'il lisait:

- Philosophae Naturalis Principia Mathematicae, prononca t'il en regardant le garçon, tu sais ce que cela veux dire, mon garçon?

Alexei leva les yeux vers le moine et acquiesa lentement avec une grande méfiance dans les yeux. Le cistercien fixa le garçon un moment puis revint vers Meg, posant une serie de feuillet sur la table.

- Bien, se raclant la gorge, suivant ce que vous m'avez dit, j'ai tenté de chercher ce que des colporteurs ou des gens avaient pus nous donner, et je suis remontée a peu près a 22 ans en arrière, l'affaire avait été menée en justice par des magistrats contre une famille de Maçons, des gens simples, le ballit accusait la famille d'avoir vendu leur fils a des gitans de passage.

- Vendu? fit meg avec horreur.

- Oui, c'etait tout du moins l'accusation, mais il n'y eu pas de suites, il n'y avait aucune preuve et le fils ne fut jamais retrouvé, tout comme les gitans d'ailleurs, ce qui fit que le baillit fut débouté. expliqua le moine.

- qui etait la famille? et où cela s'est il produit? demanda Meg avec lenteur. avait il un nom cet enfant?

- d'après nos archives, la famille se nommait Joubert, le père se prénomais Armand, quand a la mère, née Guanrin, Celeste, leur seul et unique enfant est né en le 8 avril de l'an 1818, il fut baptisé a l'Eglise Saint-Leonard dans le village de Sahurs, petite communauté rurale vivant en bord de Seine, entouré de la forêt domaniale, selon le document, il fut prénomé Grégoire.

Selon les notes annexes du Documents, sa disparition fut relatée par des voisins qui avait remarqué que l'enfant ne paraissait plus a l'ecole du village, ni a la lavanderie ou l'enfant allait souvent selon temoins, a partir de là, c'est le magistrat qui a fait son enquête, d'après lui, le père est partis pour un travail dans une ville voisine une semaine après la disparition de son fils, la mère est restée et n'as jamais voulu desserer les levres quand la gendarmerie lui posait des questions, elle est morte malheureusement i ans durant l'hiver. Son fils a disparu alors qu'il avait 7-8 ans.

Meg ferma les yeux et baissa la tête, Erik etait resté au mains des Gitans pendant 8 ans, traités comme une bête, normal qu'il soit devenu l'homme qu'il etait, même ses parents semblaient n'en avoir rien eu a faire.

- Je suis vraiment désolé, etaient ils de votre famille?

- Non, mais j'ai rencontré leur fils, il est encore vivant et j'esperais comprendre pourquoi il n'etait jamais revenu, vous savez qui connais mieux l'histoire? le magistrat peut etre?

- Il vous faudra aller a Sahurs pour cela, le baillit est encore vivant, vieux mais vivant, je vais vous preparer une lettre afin que ses serviteurs vous laissent le voir, je pense qu'il voudra savoir le fin mot de cette histoire, cela l'as hanté vous savez?

- Pourquoi donc? demanda Meg avec un air surpris.

- La mère etait folle, elle pensait que son fils etait l'incarnation du diable, selon le magistrat et les temoignages du voisinage.

Marguerite resta silencieuse et choquée, tandis qu'alexei avait cessé sa lecture avant de fermer le livre d'un coups sec, ce qui fit sursauter la jeune femme, puis le tendis au moine qui lui sourit.

- tu peux le garder si il te plait, j'ai bien trop de livres, repondit l'homme a l'enfant, en se levant pour se diriger vers sa bibliotheque, je ne peu plus les lire comme avant, mais toi si, continuant alors qu'il tirait deux autres ouvrages et revint vers Alexei en les lui tendant, ils sont pour toi, je suis vieux maintenant et je n'ai plus autant la passion qu'avant de ces choses là, puis il regarda Meg, votre fils est un savant prodigue pour savoir lire et comprendre ce que decrivent ces livres, vous savez?

- je dois avouer que...non, restant interdite, de quoi parle ces livres?

- ce sont des copies de recherches de Newton sur la physique Mathematique, et si je devais vous suggerer une chose, ce serait d'envoyer ce garçon a Paris, auprès du cloitre Saint-Pierre, je pourrais vous faire une lettre de recommandation, si vous souhaitez?

Meg sentis qu'on lui prenait la main et regarda Alexei qui baissait la tête d'un air qu'elle reconnaissait, c'etait sa tête quand il avait peur.

- Je ne crois pas, du moins pas tout de suite, peut etre plus tard qui sais.

Le Prelat sembla finir d'ecrire tandis que Meg se relevait et reprenait sa cape, s'en couvrant. Le vieillard contourna son bureau et tendis deux missives a la jeune femme, tandis qu'Alexei fourrait les livres dans un havresac qui avait contenu leurs déjeuners de ce midi.

- Voici les lettres que je vous ai promise, la premiere est votre laisser passer pour voir Monsieur Albert a Sahurs, la seconde est un cadeau, expliqua t'il en regardant le garçon, cet enfant a un don, si il comprend vraiment ce que raconte ces livres comme il le prétend, mais connaitre le latin a son age me permet de le croire, si il continue dans cette voie, il est promis a un brillant avenir, sur ce, Madame, je vous souhaite bonne journée.

Meg salua le moine ainsi qu'Alexei qui se montra poli pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontré, puis sortirent du cloître. Au dehors après plusieurs mètres en silence, elle regarda Alexei qui balançait sa main d'avant en arrière, sans dire mots, elle avait du mal a croire ce que venait de lui dire le vieux moinillon. Elle ne pouvait s'empecher de voir Erik en Alexei, deux prodigues, tout deux rejetés, traités comme des monstres ou des animeaux, maltraités, mais a la différence, Erik avait vécu seul, toujours, tout le temps, seul Le Perse avait semblé son ami durant les quelques semaines qu'elle avait duré avec Erik comme otage.

Elle s'arrêta et s'agenouilla devant Alexei, le regardant, le garçon quand a lui la fixa de ses yeux gris.

- Ecoute, je sais que tu sais lire, je l'ai vu, le moine l'as vu, que tu ne l'ai pas dit a Marcello, je ne sais pas pourquoi, mais crois moi, ni lui, ni moi, ni personnes de la famille ne t'abandonnera, lui dit elle en lui caressant la joue, et tu sais pourquoi? Parce que l'on t'aime, Alexei.

Elle le pris dans ses bras et le serra contre elle, lentement, l'enfant etendit ses bras pour s'accrocher a son cou, et Meg le souleva, le bercant a demi contre elle, tandis qu'elle marchait avec lui dans les bras. Il n'avait rien dit, mais cela n'avait aucune importance, elle etait sure qu'il avait compris ce qu'elle avait voulu lui dire.

Pour aller jusqu'a Sahurs, elle s'etait permise d'utiliser quelques argents de ses economies pour prendre un coche afin de l'emmener elle et Alexei vers le petit village. Cela avait raccourci le voyage de deux heures sur les quatres qu'aurait pris le chemin a pied. Alexei avait lu tout le long du chemin, semblant refermer le livre uniquement pour regarder parfois le paysage au dehors, il n'avait pas dit un mot depuis que Meg l'avait prise dans ses bras et lui avait parlé, et elle n'avait pas tenté de lui demander pourquoi il jouait les enfants sauvages au campement.

L'arrivée devant l'Auberge du village etait plutot terne, les rues etaient de grande étendue boueuse, et les maisons en pierres semblaient grises et moussues. Lorsqu'elle demandit ou habitait le Magistrat Albert, un paysan du crû lui indiqua une grande batisse au fond de la rue, ou se voyait une voiture attelée et un serviteur en train de brosser les chevaux.

Se dirigeant vers la maison, elle hela le cocher:

- Monsieur?

L'homme releva la tête pour regarder la femme qui venait d'arriver et lui sourit, la trouvant plutot jolie, tandis qu'il sembla regarder le garçonnet avec l'impression de l'avoir deja vu:

- ah ben ca ma bonne dame, qu'est qu'une fille comme vous viens faire ici?

- Je viens pour voir Monsieur Albert, j'ai une missive pour son secretaire, je dois lui parler.

- z'inquietez pas, je vais vous y emmener de suite, je dois déposer les mords dans la cave, ca fera d'une pierre deux coups, voyez

Il s'affaira a son travail puis finissant et ramassant les atteles des chevaux, il fit signe de le suivre, ce que fit Meg et Alexei. Ouvrant une porte arrière, il montra un couloir et indiqua:

- C'est la troisieme porte au fond sur la droite, Le secretaire de Monsieur Albert, M'sieux Felix Grosjean s'y trouve, normalement il n'accepte que des rendez vous mais comme vous avez une lettre du diacre, je pense qu'il fera une exception, allez bonne journée, m'dame.

Meg salua et continua son chemin jusqu'a la porte mentionnée, frappant a celle ci. Un entrez retentit de derrière et elle poussa la clinche, un gros homme derrière son bureau d'acajour vernis semblait afferés a une montagne de papiers et dossiers divers, affaires qu'il cessa, posant son stylot a piume sur le bureau, en voyant la Dame et l'enfant.

- Madame, qu'est ce qui vous ammène ici, je crains ne pouvoir vous recevoir, seul les affaires traitées et sur rendez vous sont possible.

- Je crains malheureusement que vous ne deviez contourner votre reglement, monsieur, tendant la lettre du diacre.

L'homme gras pris la missive du bout des doigts et la decacheta, la parcourant rapidement des yeux avant de relever ceux ci vers la femme, interrogateur et méfiant.

- Pour quelle raison cette affaire vous concerne t'elle, Madame?

Meg deglutit et sentant la main d'Alexei se mit a mentir, esperant que l'homme ne le verrais pas ou qu'il ne soupsonnerait rien.

- J'ai rencontré le fils joubert, il y a quelques années, et comme vous pouvez le voir, il m'as laissé un cadeau, fit elle de façon calme, tentant d'être détendue, Quand j'ai rencontré cet homme, il ne savait rien de lui, il ne connaissait plus son nom, mais il se souvenait venir de Rouen.

- Où l'avez vous rencontré?

- A l'epoque, ma mère frequentait une foire de bohémiens sur Paris, elle m'y avait emmenée pour me divertir, c'est là que j'ai rencontré cet homme, il me fesait pitié et j'ai pris soin de lui, ainsi que de l'enfant qu'il avait eu d'une femme volage qui laissa l'enfant a son père.

Grosjean regarda la femme pendant un long instant après que Meg ai fini son mensonge, scrutant son visage, elle etait jeune et plutot séduisante, puis regarda l'enfant, qui semblait etrange de par son regard enigmatique. Il reflechissait a l'age qu'aurait eu Gregoire Joubert a l'heure actuelle, reflechissant il calcula alentour de 31 ans, peut etre plus, peut etre moins, et l'enfant assis devant lui devait avoir alentour de 13-14 ans, oui s'etait possible qu'il soit soit un heritier, cela aurait signifié que Gregoire joubert aurait eu une aventure, et il savait très bien comment etait les jeunes hommes a cet age.

- Bien, la lettre du Diacre décrit certains faits que normalement nous seuls savions, notement la prodigualité, qu'il semble avoir transmis a son fils, si je déduis ce qu'a pus ecrire le diacre, que voulez savoir exactement sur l'affaire?

- Tout, du début a la fin. sembla ordonner Meg a sa propre surprise. j'ai besoin de savoir tout ce qui s'est passé.

- Avant cela, j'ai besoin de savoir une chose, vous dites que Gregoire joubert est toujours en vie, c'est cela, cependant vous ne me dites pas qui il est, ni ce ou il est actuellement.

Meg pâlit et le magistrat le remarqua.

- Il est partit vers les Ameriques, en me laissant seule, repondit elle en se raclant la gorge, quand a qui il est, je crains ne pas le savoir, a l'epoque ou je l'ai connu, il se fesait appeler d'un nom de Scene, Le magicien, que j'ai repris a mon nom, travaillant dans le même milieu, sous le nom de Phillipe Carrere, il en a peut etre changé depuis, cependant, il n'est plus en France, et c'est parce que je m'inquiete que j'ai voulu commencer a chercher qui il etait, il m'avait avoué venir de rouen, et avoir eu une vie difficile, ce que je cherche a confirmer ou infirmer.

Monsieur Grosjean se lecha les levres et soupira, un heritage pour l'etat qui lui passait sous le nez maintenant qu'il y avait un heritier.

- Parfait, vous souhaitez que Monsieur reconnaisse l'enfant, je présume?

Meg hesita un instant, si elle le fesait, il etait fort probable qu'ils chercheraient après Erik, mais elle avait donné son propre nom de Scene, dès lors, elle acquiesa. L'homme prepara un papier puis le présenta devant Marguerite qui le signa puis devant Alexei, qui fit de même avec son prénom, ce qui lui confirma l'idée que si il savait lire, il savait ecrire. L'homme sembla cacheter le document avant de le plier et de la mettre sur le cotés avant de commencer son histoire.

- Tout ceci sera envoyé afin de vérifications, nous chercherons également monsieur Joubert pour que tout les documents soient mis en ordre, comptez que cela peut prendre du temps, cependant, vu ce que vous m'avez demandé, je dois vous prévenir que ce n'est pas une histoire facile a entendre et j'aimerais eviter qu'elle ne s'ebruite, beaucoups de gens ont souffert de cette affaire.

Meg acquiesa, comprenant, le laissant continuer.

- l'affaire remonte a presque 50 ou 60 ans, peut etre plus, mon père officiait comme bailli et moi comme clerc a ses cotés, commença t'il, a l'epoque, ce village etait bien plus petit et sauvage que maintenant, des charbonniers et des bucherons pour beaucoups, des paysans pour la plupart également, parmis eux vivaient la famille Guanrin, le père etait paysan, et il avait deux filles, L'ainée, Agrippine et la cadette, Celeste. La mère Guanrin etait une femme pieuse mais fort superstitieuse qui couvait ses filles comme une poule, leurs mettant dans la tête des vieilles idées issus de folklores, si l'ainée etait plutot comme le père, les pieds bien ancrés sur terre, la cadette etait plutot facilement influencable et impressionable.

L'ainée epousa plusieurs années plus tard un metayer tandis que la cadette resta vieille fille jusqu'a ses 28 ans, puis quand les grandes crues dévastèrent la region, nous fimes appels a des maçons afin de creer une digue pour proteger le village, Monsieur Joubert etait parmis eux, un artisan itinérant, il tomba amoureux de Celeste, le problème c'est que la fille etait vouée a Dieu, comme elle le disait au alentour, tout en fustigeant les curés et les filles de bénitier, vouée a Dieu, mais a sa façon, comme sa mère avant elle. Elle promis le mariage a Joubert, mais a la condition qu'ils ne corrompent point la pureté du mariage. La mère de Celeste l'avait toujours mise en guarde envers les hommes, decrivant les filles normales comme des catins et des filles de babylonnes, vous voyez le tableau.

Pendant 25 ans, ils eurent ce qu'on pourrait appeler une relation platonique, Joubert découchait de chez lui souvent pour son travail et je ne doute pas qu'il a dû trouver de quoi s'occuper ailleurs, mais Celeste etait sa femme, et il voulait une famille, des enfants, comme tout le monde. On ne sais pas vraiment ce qui s'est passé, mais dans les années qui ont suivis, on a vu de moins en moins Celeste et sa colère de Dieu, jusqu'a ce qu'un jour de printemps, voila que Joubert rapplique a l'auberge du village, demandant a voir la vieille augustine, la sage-femme mais également la femme du tavernier. La voila qui suis le bonhomme et quand elle revient, elle raconte que Celeste avait donné le jour a un Garçon, Autant vous le dire, Joubert etait radieux a la nouvelle et a la vue du nouveau né, en revanche pour la mêre, ce n'etait pas du tout le cas. Je présume fortement que Joubert a fini par craquer et a forcé sa femme pour obtenir ses faveurs et un heritier, pour elle, cela a du être l'equivalent du diable ou du démon qui brisait ses aspirations envers Dieu, et sa pureté virginale.

L'enfant est né, fut baptisé sous le nom de Gregoire, en mémoire de Saint Gregoire le Sïnaiste, né le même jour que l'enfant. Pendant les premières années de vie du garçon tout se passait bien, sa mère s'en occupait, même si elle le considerait avec un oeil mauvais.

- qu'entendez vous par un oeil mauvais?

- J'entend par là que pour Celeste, Gregoire etait responsable quand quelques choses n'allait pas dans la maison, en clair, elle avait le gamin comme tête de turc, mais les choses empirèrent les deux années avant sa disparition, quand le maitre d'Ecole où allait le gamin nous prévint qu'il etait incroyablement intelligent et qu'il etait un virtuose, d'après ce que j'ai compris, il avait mis Gregoire devant un piano et lui avait demandé de jouer, ce qu'avait fait l'enfant de façon totalement naturelle, en clair, tout comme d'autres avant lui, ce garçon avait un don pour la musique. Voulant le mener a ce qu'il continue, le maitre d'ecole lui offrit un violon que l'enfant accepta, et qu'il rammena chez lui. Si son père semblait plutot content, pour la mère, la musique etait la musique du Diable, selon Celeste, quand son fils jouait elle voyait les ombres du diable derrière lui, endormir les gens pour leurs prendre leurs âmes. Le Gamin a très vite compris a ne pas rester chez lui, et on le voyait plus souvent dehors a aider son père, que dans la maison avec sa mère.

Cependant, quand une foire de bohémiens vint un jour proche du village pour se présenter a Rouen, on ne sais pas vraiment ce qui s'est passé, mais on sais qu'après leurs passages, l'enfant n'etait plus là, ni son violon, le père sembla distant, sonné, inconsolable et je pense qu'il est partis avant de crever de chagrin ailleurs. Celeste quand a elle recommença sa vie comme avant la venue de Gregoire, pour elle, c'etait comme si il n'avait jamais existé, et certains membres de communautés commencèrent a soupsonner que la mère avait du faire du mal au garçon.

On fit appeler la gendarmerie mais même après des semaines d'interrogatoires, des battues et autres, on ne trouva jamais trâçe de l'enfants, ce n'est qu'une phrase de Celeste qui nous fit mettre la puce a l'oreille qu'elle avait vendu son fils au bohémiens. Elle avait dit a mon père: "Maintenant son âme est de nouveau avec Dieu, j'ai racheté leurs âmes en même temps que la sienne, ils seront tous au paradis au jugement dernier, le Diable a perdu et les catins de babylonnes sont sauvées du spectacle de sodome et ghomores".

Comme elle ne parlait pas au singulier mais au pluriel, on s'est demandé de quoi elle parlait, et on a repensé a ce qui pouvait selon elle etre le spectacle de sodome et ghomore, pour mon père c'etait les bohémiens, malheureusement, cela fesait des semaines, voire deux ou trois mois qu'ils etaient partis, impossible de les trouver et l'hiver etait là, on ne pouvait pas faire les recherches. On esperait même trouver un corps, vous savez, Le petit gregoire avait une particularité, il avait sur la joue droite un grain de beauté fort reconnaissable et une tache de naissance sur les cotes du même cotés, ce qui fait que l'on savait si un garcon trouvé ou mort etait ou non gregoire, ce ne fut jamais le cas.

Maintenant vous savez son histoire, et celle de sa famille, je suis desolée que vous ayez eu a entendre cela, j'espere pouvoir vous aider a le retrouver, mais je suis heureux que vous me preveniez qu'il soit encore vivant, j'enverrais les papiers afin que tout soit fait au plus vite.

Meg acquiesa après avoir ecouté, encore choquée de ce qu'elle venait d'entendre, et elle etait prête a se lever quand le magistrat lui parla de nouveau.

- J'aurais voulu savoir, as t'il continué la musique?

Marguerite se leva, surplombant le gros homme et lui sourit:

- Oui, Monsieur Grosjean, a vrai dire, je peu même vous avouer qu'il joua même a l'Opera et qu'il en ecrivit un pour une grande cantatrice

- Vraiment? j'aurais aimé entendre sa musique de nouveau.

- peut etre le pourrez vous, la cantatrice qu'il a formé se nomme Christine Daaé, Vicomtesse de Chagny, Merci pour tout, monsieur, je ne vais pas vous deranger plus longtemps.

Marguerite et Alexei etait dans le fiacre, les rammenant vers le village ou leur foire s'etait installée quand le garçon parla:

- Il est comme moi, sa mère l'as detesté parce qu'elle ne comprenait pas, parce que nous etions des monstres, nous aussi.

Meg pris les mains de l'enfant et le fit assoir près d'elle, le prenant dans ses bras, sa tête contre son flanc.

- Vous n'êtes pas des monstres, vous êtes des anges, des anges du savoir, de la musique et des arts, c'est juste que c'est l'ignorance des hommes, leurs peurs, leurs folies qui tuent et detruisent les gens, toi comme lui n'avez rien fait de mal, vous êtes juste né, né en ayant la science infuse, le doigt de Dieu vous a touchés, mais ces gens ne le voyait pas.

- Ma mère et mon père aussi etait terrifié parce que je savais des choses que pour eux, un enfant ne savait pas, alors ils m'ont mis avec les chiens-loups de siberie.

Meg caressa les cheveux d'alexei, le berçant jusqu'a ce qu'ils arrivent, maintenant elle savait le début de l'histoire, elle avait commençé a recomposé le puzzle de la vie d'Erik, il ne manquait que deux parties: celle avec Le Perse et ce qu'il fit pendant 10 ans, et l'autre, la dernière, la fin...si maintenant Erik etait heureux en Amerique.