Bonjour

J'avais promis un chapitre 8 fin août ou courant septembre. Le temps m'a joué des tours et nous voilà rendu en novembre. Ce chapitre est en fait prêt depuis assez longtemps mais j'attendais d'avoir suffisamment avancé dans le chapitre 10 pour le publier. Le chapitre 9 est également prêt et paraîtra la semaine prochaine (dans le meilleur des cas). Le délai sera court cette fois car ces deux chapitres se suivent chronologiquement et ils sont assez rapide à lire.

J'arrête mon babillage ici. Je voudrais remercier Lucretia, ma bêta, encore une fois pour son travail. Je voudrais également remercier rhjlupin pour sa review et ses ajouts.

Sur ce bonne lecture à tous!


Chapitre 8

Nous étions le lendemain, dimanche donc. J'étais dans la salle commune de Gryffondor, calé dans un fauteuil. Les discussions formaient un agréable brouhaha à mes oreilles, comme un bourdonnement lointain. Les yeux plongés dans le feu de la cheminée, j'étais perdu dans mes pensées. Hermione était assise sur le sofa en face, un livre sur les genoux. Elle jouait distraitement avec ses boucles emmêlées tout en lisant et, soudainement, mes pensées de la veille me revinrent en mémoire. Je n'avais pas obtenu les réponses que je désirais et ce moment semblait le plus propice pour lui extirper des informations sur Harry. Je me redressai dans mon fauteuil et me demandai un instant comment engager subtilement la discussion. Cependant, je n'étais pas un garçon très calculateur et les mots s'échappèrent de ma bouche sans que je ne puisse les retenir :

« Hermione…je peux te poser une question? »

Elle leva un doigt sans quitter son livre du regard, puis une fois son paragraphe fini, elle leva la tête.

« Oui, je t'écoute.

- Je…hum…je me demandais de quoi vous parliez secrètement toi et les garçons. Depuis quelques semaines vous semblez bizarre, cela à un rapport avec…Tu-Sais-Qui? » Je la regardai réfléchir un instant. Peut-être se demandait-elle si elle pouvait me mettre dans la confidence. Son attitude me vexa un peu, après tout je les avais aidés au Ministère de la Magie! Finalement, elle se pencha vers moi et chuchota :

« Écoute je ne peux pas beaucoup t'en parler…ici. Disons que Harry a eu plusieurs entrevues avec Dumbledore et- »

J'étais au courant pour cette partie.

« …le directeur lui montre…certaines informations à propos de Tu-Sais-Qui. »

Subitement le puzzle s'assembla dans ma tête. Ainsi donc…le souvenir que j'avais regardé l'autre fois dans la Pensine était le sujet des cours spéciaux d'Harry. Mais pourquoi Dumbledore et lui fouillaient-ils le passé du sorcier noir?

Hermione haussa les épaules.

« Dumbledore n'a pas été clair là-dessus. Harry pense que c'est pour en savoir un maximum sur lui et trouver ses points faibles en comprenant mieux sa psychologie. »

Cela semblait assez logique.

Je fronçai les sourcils puis jetai un coup d'œil à Hermione. Je me risquai à poser une autre question :

« Et…concernant son problème avec Malfoy? »

Elle soupira.

« Harry a toujours eu un gros problème avec Malfoy.

- Mais ces derniers temps il semble plus…calme, non?

- Justement. Cela rend Harry suspicieux, il pense que Malfoy trame quelque chose.

- Peut-être que c'est vrai?

- Personnellement je pense que c'est faux, répliqua-t-elle sèchement. Son père a été envoyé en prison, cela doit être pour cette raison qu'il se fait discret. Il a honte. »

Elle eut une expression méprisante à la pensée des Malfoy puis son visage redevint serein. Je la remerciai de ces informations et de sa confiance, puis me levai pour aller faire un tour. Je sortis de la salle commune et traînai dans les couloirs en ressassant tout ce qu'elle m'avait dit.

L'attitude de Malfoy ces derniers temps ne coïncidait pas du tout avec son caractère, c'était vrai. Le Serpentard était du genre arrogant, à se pavaner dans les couloirs à chaque instant et à provoquer les Gryffondors. Toutefois, les deux suppositions, celle d'Harry et celle d'Hermione, se valaient chacune. Elles étaient toutes deux plausibles. Je haussai les épaules. Le cas « Malfoy » ne m'intéressait pas tant que ça et c'était une bénédiction d'avoir enfin un peu de tranquillité. Concernant l'autre révélation, et bien…je ne savais pas quoi en penser. Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom avait assassiné les parents d'Harry, il était légitime qu'il en sache plus sur son ennemi. Je doutai cependant qu'Harry trouve son point faible. D'après ses récits et les on-dit, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était une personne redoutable, terrifiante, déshumanisé et au cœur de pierre. C'était un être indestructible comme l'avait prouvée sa résurrection au Ministère de la Magie. Le bruit de discussions me parvint aux oreilles, j'étais arrivé dans le hall.

Plusieurs élèves traversaient l'immense carrefour et la plupart portaient les couleurs des serpents ou des blaireaux. Parmi le remue-ménage, je distinguai un blason aux insignes de ma maison. Seamus se trouvait seul, assis près des sabliers.

« Où est Dean? lui demandai-je après l'avoir rejoint.

- Il est avec Ginny, quelque part dans la cour, fit-il d'une voix lasse.

- Et toi? Tu…

- J'attends qu'il ait fini. » Il fit un petit sourire espiègle.

Je m'assis à ses côtés, sur le banc de pierre, et regardai un instant le va-et-vient des élèves.

« Elle va bien ta mère? »

Je ne sais pas pourquoi cette question avait franchie mes lèvres, d'autant plus que je n'étais pas du genre à me préoccuper de sa famille. Je me souvenais du conflit entre Seamus et Harry qui s'était produit l'année passée, à propos du retour de... Il se tourna vers moi et me fixa avec étonnement, puis ses trais se détendirent et il eut un large sourire.

« Oh tu sais, elle ne va pas mal. Elle reste suspicieuse maintenant vis-à-vis de la Gazette. Elle a hésité à me ramener à Poudlard, puis finalement elle l'a fait. Pour ma sécurité.

- Ma grand-mère n'a pas hésité une seconde. Je pense qu'elle ne voulait pas assurer toute cette histoire de protection.

- Ouais. »

Je faisais référence aux diverses mises en garde que le Ministère avait distribué dans chaque foyer. Plusieurs fascicules et pamphlets de ce qu'il fallait faire ou ne pas faire. J'avais jeté les miens au feu, leurs stupides recommandations ne m'étaient d'aucune utilité.

Le silence tomba désagréablement, heureusement l'apparition soudaine de Dean et de Ginny l'interrompit.

« Bonjour Neville, me salua la jeune fille. »

Dean me fit une accolade et tapota la joue rebondie de Seamus narquoisement.

D'un commun accord, nous décidâmes d'aller à l'extérieur durant un petit moment pour s'aérer une dernière fois la tête avant les examens qui commenceraient demain. Je discutais avec Dean sur les mesures du Ministère, Ginny nous écoutait attentivement et ajoutait quelque fois des commentaires. Seamus était allongé sur une couverture qu'il avait étendue sur l'herbe gelée. Les rares élèves qui nous avaient imités avaient tous eu recourt au sortilège de réchauffement comme le prouvait la vapeur qui sortait de leur col. Seamus pointa moqueusement une première année fiévreuse et aux joues rouges qui avait mal dosé son sort.

Nous fûmes interrompus par un étonnant duo. Lavande Brown se dirigeait vers nous à grandes enjambées, suivie de près par Luna Lovegood. Cette dernière s'installa sur la couverture, entre Ginny et Seamus, et notre attention se tourna vers Lavande.

« Vous n'auriez pas vu Ron? Demanda-t-elle de sa voix aiguë. »

Sa respiration était saccadée et de longues traînées de vapeur sortaient de sa bouche ouverte.

Ginny grimaça tandis que je hochai la tête négativement.

« Vous n'avez vraiment pas une idée de l'endroit où il se trouve?

- Non, répondit Seamus.

- Même pas une toute petite? Il ne serait pas en train de s'entraîner? Insista-t-elle.

- On n'en sait rien, claqua la voix de Ginny en détachant bien chaque mot».

Lavande continua sa route, vexée de s'être fait rabattre le caquet.

« Son cœur palpite pour Ronald, déclara Luna.

- Et bien moi, c'est ma tête qui palpite, plaisanta Dean.

- Quelle voix aiguë. Je me demande comment tu as fait pour supporter ça pendant le bal, Seamus.

- Je me le demande aussi, dit-il en grimaçant avec exagération ».

Seamus était allé au bal de noël en compagnie de Lavande il y a deux ans. Il l'avait accompagnée de peur de s'y retrouver tout seul.

Nous continuâmes nos discussions et il fut bientôt l'heure d'aller manger. Nous nous dirigeâmes vers la Grande Salle pour dîner. Luna se sépara de nous pour s'installer à la table de sa maison et nous retrouvâmes l'éternel trio à la nôtre. Hermione ainsi que Ron et Harry nous accueillirent chaleureusement, bien que ce dernier fût légèrement crispé vis-à-vis de Dean.

Après le dîner j'avais rendez-vous avec le directeur. MacGonagall vint me trouver dans le hall et m'accompagna jusqu'au bureau d'Albus Dumbledore.

Je toquai à la porte, le professeur de Métamorphoses se tenait bien droite derrière mon dos. Le directeur vint nous ouvrir, m'accueillant avec un petit sourire. J'entrai dans la pièce circulaire alors qu'il remerciait le professeur de m'avoir accompagné.

« Comment allez-vous M. Londubat?

- Bien Monsieur. »

Je notai distraitement et inutilement que la sucrerie avait disparue de son bureau. Mon regard fit le tour de la pièce circulaire, s'arrêta sur le bonsaï (qui semblait s'être redressé) et revint sur Albus Dumbledore qui me faisait face.

« Écoutez M. Londubat, je vais demander à ce que Minerva ne vienne plus vous escorter jusqu'ici. Comme vous l'aviez remarqué je suis souvent en déplacement mais j'ai décidé de vous redonner…ma confiance.

- Merci, soufflai-je, étonné qu'il consente à revenir si vite sur sa décision.

- Naturellement, j'attends de toi que tu gères ta curiosité.

- Bien sûr. »

J'avais remarqué qu'il était passé du vouvoiement au tutoiement et je me sentis bêtement fier d'avoir obtenu la confiance d'Albus Dumbledore pour la seconde fois.

Il m'invita à m'asseoir et se tint lui-même debout derrière son haut siège. Il sembla réfléchir un instant, caressant sa barbe de sa main noire. Je déglutis.

« Je sais que tu es au courant pour les cours, déclara-t-il. »

Je ne m'attendais pas à ce qu'il aborde ce sujet et je me sentis inconfortable.

« Je te demande, encore une fois, toute ta discrétion et ton silence sur le sujet. J'ai été agréablement surpris que Mademoiselle Granger accepte de te mettre dans la confidence.

- Moi aussi Monsieur, je lui en suis reconnaissant. »

Le directeur hocha la tête et s'installa enfin.

« Depuis le Ministère, tout semble s'accélérer et Lord Voldemort semble plus que décidé à éliminer Harry. »

La mention de son nom me glaça d'effroi.

« Tout est si compliqué ».

Ses épaules se voûtèrent et de mon côté je ne savais ni quoi dire, ni quoi faire. J'attendais qu'il continue, ce qu'il fit au bout d'un moment de silence.

« Donc tu comprends bien que je ne peux pas m'occuper du bonsaï, ni de mes autres plantes d'ailleurs, comme je te l'ai dit hier. Je profite du fait que tu aies été mis dans la confidence, tu comprends. »

Je hochai la tête.

« Bien. D'ailleurs, à propos de tes recherches sur la plante, sache que parfois les personnes qui ne nous sont pas agréables peuvent nous être utiles. »

Il me fit un clin d'œil et je le regardai ahuri. Qu'est-ce que ça voulait dire? Le directeur passa du coq à l'âne :

« J'ai remarqué l'attitude distante de Harry au dîner. Est-ce qu'il va bien?

- Je… » Un sourire fleurit sur mes lèvres. « Je pense qu'il n'apprécie pas beaucoup Dean Thomas cette année ».

Dumbledore partagea mon amusement avec un regard entendu et un sourire en coin. Je fixai un instant ses yeux, intensément. Harry les avait plusieurs fois décrits comme pleins de vie, pétillant de malice; mais aujourd'hui ses yeux ne pétillaient pas.

« Les temps sont graves, expliqua-t-il d'une voix soudainement rauque ».

Avais-je pensé à haute voix ou…lisait-il dans mes pensées? Harry avait aussi dit quelque chose sur le fait qu'il semblait tout savoir…Mais évidemment! Vu qu'il a su pour les confidences d'Hermione alors que personne ne lui a rien dit! Je pouvais être lent à la détente parfois…

Ainsi, cela voulait dire qu'il savait tout également sur moi. Je trouvai cette pensée angoissante et dérangeante, pourtant je n'avais rien à cacher.

Le directeur se leva, coupant court à ma réflexion et je le suivis machinalement. Nous fîmes le tour des plantes qui n'avaient pas reçues d'eau et de flux magique depuis plusieurs jours. Quelques-unes avaient bruni à certains endroits ou leurs feuilles avaient jauni. J'enfonçai ma baguette dans la terre de chaque pot et soufflai « Aguamenti » puis la remuai dans la boue. Quelques étincelles s'échappèrent et furent absorbées par les racines ou captées par les feuilles et la tige. Je caressai la cloche de verre du bonsaï qui semblait avoir encore reperdu de sa vigueur depuis le moment où j'étais arrivé. Je notai dans ma tête que l'une de ses branches était attaquée par des champignons. Cela était étonnant vu que la cloche semblait hermétique. Je fis part de mon observation au directeur qui scruta la plante à son tour mais ne trouva rien à dire de plus. Il réfléchit encore un instant puis marmonna dans sa barbe :

« Il faudrait peut-être que je vous montre…mmh…où l'aurai-je mis?...Pensine?

- Pardon, mais que dîtes-vous?

- Oh rien de bien ordonné! Il est tard et je pense qu'il est temps pour tout le monde d'aller dormir.

- Bonne nuit, Monsieur le directeur.

- Bonne nuit, M. Londubat. »

Il me tendit un mot plié en quatre. C'était une autorisation pour dépasser le couvre-feu. En effet je m'aperçu que le premier qu'il m'avait signé s'était volatilisé. Je le remerciai et descendis les escaliers en colimaçon. Mes pas résonnaient dans les couloirs vides et sombres. Je croisai Rusard et Miss Teigne, l'un affichant un horrible sourire et l'autre avec l'allure fière et la croupe relevée. En lisant le mot, il grogna mais me laissa passer.


A suivre