Résumé: Neville Londubat est chargé d'entretenir les plantes du directeur, Albus Dumbledore, dont un singulier bonsaï. Quels secrets entourent cette plante? C'est ce qu'il tentera de découvrir. Parallèlement, Neville se rapproche du directeur, observe les agissements d'Harry Potter et entretient son amitié avec Ginny Weasley.

Bonjour tout le monde! Voici donc le chapitre 9, suite directe du chapitre 8. Ce chapitre est très court mais j'espère que vous l'apprécierez malgré son contenu qui peut être...dérourant. Je voudrais remercier ma bêta Lucretia, Luxile qui m'a laissé une review et tout les autres lecteurs. Sérieusement, n'hésitez pas à m'écrire quelque chose, ça me fait très plaisir ;) Bonne lecture!


Chapitre 9

J'étais dans la bibliothèque, l'endroit de l'école que je connaissais certainement le moins. Je défilais stupidement entre les rayons un papier à la main. Sur mon parchemin était inscrit des sinogrammes chinois. Je ne connaissais absolument pas les langues asiatiques mais le peu de savoir que j'en avais me permettait de distinguer le chinois du japonais. Il ne me restait plus qu'à déchiffrer les sinogrammes et, logiquement, le fief de Mme Pince m'avait semblé être l'endroit parfait pour cela. Je déambulais donc dans l'antre de la connaissance, doucement. Mon regard effleurait rapidement le dos des livres de la section linguistique. Aucun titre n'attirait mon attention et je sentais que je n'obtiendrais peut-être rien ici. "Les dialectes des pays orientaux", lus-je sur un des livres. Je sortis de l'étagère l'épais bouquin à la reliure brune et le posai sur une table d'appoint. Je feuilletai la table des matières puis le chapitre consacré au chinois. La vingtaine de pages dédiée à la langue ne m'éclaira pas plus. On présentait son histoire, son influence culturelle et géographique et toutes sortes de choses qui ne m'aideraient pas à résoudre mon problème. Je fouillai dans deux autres ouvrages et m'avouai vaincu. La grande bibliothèque de Poudlard ne possédait donc pas la clé de mon énigme. Je jetai un coup d'œil aux tables dans l'espoir d'y voir Hermione, mais elle n'était nulle part. Je me résignai à quitter les rayons de livres et à m'asseoir. J'étalai le parchemin devant moi et le scrutai pour la centième fois depuis hier soir.

J'avais tout essayé magiquement : sort de traduction, sort de révélation et rien! C'était d'ailleurs le sort de révélation qui m'avait amené dans la situation présente. La veille, j'allais nourrir les plantes du directeur et vérifier si les soins que je leur avais donnés quelques jours plus tôt portaient leurs fruits, lorsque…

Je me tournai à présent vers la cloche de verre où se trouvait le fameux bonsaï. Les champignons ne s'étaient pas étendus aux autres branches mais l'arbre ne semblait pas avoir meilleure mine. Il était difficile de déterminer la santé d'un arbre quand celui-ci se trouvait enfermé dans un globe en verre scellé par une force qui dépassait la magie. Je soupirai. Il faudrait que je puisse toucher les feuilles, que je puisse examiner les branches avec une loupe. Beaucoup d'interrogations se bousculaient dans mon esprit à propos de cette plante. Je détournai mon regard vers les fenêtres du bureau. Celui-ci était vide à l'exception de ma présence et celle de Fumseck qui sommeillait sur son perchoir. Albus Dumbledore reviendrait vers 20 heures d'après le mot qu'il m'avait laissé. J'exploitai donc en ce moment le privilège qu'il m'avait accordé, toute la confiance qu'il m'avait redonnée. A côté du perchoir de Fumseck se trouvait le mur couvert de tableaux. La plupart des personnages étaient occupés à leurs propres affaires (dont dormir) excepté Phineas Nigellus qui observait le moindre de mes gestes depuis mon entrée dans la pièce. Je plongeai mes yeux dans ceux de l'ancien directeur de Poudlard.

« Quelle sensation ça vous procure de déambuler librement dans ce bureau? Me demanda-t-il d'un ton acide.

- En quoi ça vous regarde?

- Oh, votre caractère s'est endurci depuis le temps, Londubat. Vous vous affirmez de plus en plus et vous avez plus confiance en vous, ce qui est une qualité propre à votre maison.

- Je grandis, répliquai-je simplement. »

Nigellus renifla dédaigneusement et je détournai le regard.

« Il est temps pour vous de partir et délivrer ces lieux de votre présence, intervint une nouvelle fois le tableau. »

Après ma visite il ne me resterait que quelques temps pour réviser une dernière fois le sortilège de révélation avant l'examen.

« Vous entendez? Vous vous croyez tout… »

J'occultai ses paroles et m'approchai de la porte. Mon regard passa une dernière fois sur l'arbuste et à ce moment une connexion se fit soudainement dans mon esprit. Et si…Je m'approchai du bonsaï et dégainai ma baguette. Je l'élevai au dessus du globe de verre et dessinai quelques arabesques dans les airs tandis que Phineas s'exclamait d'une voix impétueuse. Des étincelles dorées pleuvaient de l'extrémité de ma baguette. Je prononçai le sort de révélation à voix haute tout en visant bien la cloche et dessinant des arabesques de plus en plus vite. Tout à coup, une forte lumière blanche m'aveugla et entoura l'arbuste et sa cloche. Je me protégeai les yeux avec mon bras. « Qu'avez-vous fait! » s'exclama Nigellus.

Moi-même je n'en savais rien. Venais-je de détruire le bonsaï? La lumière diminua progressivement jusqu'à disparaître complètement. Tout semblait redevenu normal. En me penchant, j'aperçus de curieux signes tracés en relief sur le globe de verre. Ils n'étaient pas là quelques minutes plus tôt. Ils ne ressemblaient à rien que je n'avais vu jusque ici dans le monde magique, peut-être était-ce un langage? Cela ressemblait fortement à du chinois…

Et je me retrouvai donc à présent à la bibliothèque avec une nouvelle énigme à résoudre. Je soupirai une nouvelle fois puis me décidai à bouger. J'allai récupérer mon sac dans le dortoir des Gryffondors et débutai ma journée de cours en compagnie de Dean et Seamus. Nous commencions en Défense Contre les Forces du Mal et nous fûmes retardés par les escaliers mouvants. L'heure se déroula si lentement, je crus que toute ma vie se passerait dans cette pièce qui paraissait plus exiguë en la présence de Rogue. Pour le cours suivant, celui d'Enchantements, des troisièmes années de Serdaigle nous avertirent que la salle de classe avait changé de place. D'ailleurs toute la structure du troisième étage s'était modifiée pendant la nuit et toutes les salles de cours avaient été dispersées dans l'ensemble du château. Il arrivait rarement que Poudlard ait des caprices, mais à chaque fois que cela se produisait, c'était au plus grand déplaisir de ses occupants. Nous arrivâmes tout de même à l'heure pour le contrôle. Je réussis plutôt bien l'examen de Sortilèges contre toute attente; et une fois le seuil de la porte franchi, ce fut comme si un poids s'enlevait de mes épaules. L'heure du dîner fut accueilli par tous avec soulagement.

Les discussions allaient bon train, principalement à propos du Quidditch et des prochains matchs qui auraient lieu. Les sélections avaient été faites le mois dernier avec Harry au poste de capitaine. Il avait choisi Ron, Ginny, Katie Bell, Demelza Robins, Ritchie Coote et Jimmy Peakes. Jimmy Peakes était en deuxième année et je ne le connaissais que de nom. Ritchie Coote m'avait été présenté par Harry une semaine après la sélection. Il était en quatrième année et avait de bonnes aptitudes au sport, notamment la précision. Au tout du moins, c'est ce que Ron m'avait dit. Je n'avais jamais été doué en sport, qu'il soit magique ou moldu, et je m'intéressais finalement assez peu au Quidditch. Il était donc pour moi impossible d'émettre un jugement sur l'efficacité de tel ou tel joueur. Robins était en cinquième année. C'était une camarade de Ginny et, d'après celle-ci, une véritable commère. J'aperçus au loin sa chevelure sombre et bouclée.

Je me servis une cuisse de poulet et de la purée, la discussion entre Ron et Harry continuait toujours :

« … stratégie de jeu qui fera en sorte de te faciliter la tâche.

- C'est-à-dire?

- Je veux que tu aies le moins affaire à la balle. Katie et Ginny seront les principales attaquantes, Demelza portera plus appui… »

Etcetera. Je décrochai de la conversation et portai mon attention sur Hermione qui restait muette. Elle leva les yeux vers moi.

« Je n'y comprends rien, me déclara-t-elle en tournant sa fourchette dans sa purée avec ennui.

- Ça fait cinq ans que je n'essaie plus de comprendre. »

Elle sourit et replongea dans son hachis Parmentier en baissant la tête. Je vis alors plusieurs élèves à la table des Serdaigle, table qui était directement à côté de la nôtre, penchés au dessus d'épais livres reliés. Cela me fit penser à mes propres cours et devoirs. Parmi les étudiants se trouvait une fille aux longs cheveux noirs et raides, Cho Chang, l'ancienne petite amie de Harry. Ils avaient été ensembles l'année dernière et c'était d'ailleurs son amie qui avait vendu l'Armée de Dumbledore à Ombrage et sa brigade. Harry lui en avait beaucoup voulu. Je me souviens de l'attitude de Ginny, de sa mâchoire crispée quand Cho et Harry se permettaient certains gestes complices. Il était amusant de constater que cette année la tendance s'était inversée.

« Tu penses à quoi? »

Hermione me fixait curieusement à travers les mèches frisées qui lui tombaient devant les yeux.

« A mes devoirs »

Elle me fit un sourire contrit et me servit un morceau de brownie.


A suivre...