Guérison – Chapitre 8


Le même jour chez les Cullen…

Esmé les héla tous pour le déjeuner, Emmett se resservit trois fois et fit le pitre. Carlisle leur dit qu'à Forks, ils seraient « officiellement » en vacances. Tant qu'ils n'avaient pas de nouvelles d'Edward et Bella, ils ne pouvaient pas faire de plans.

Les Cullen commencèrent à se faire à leur nouvelle condition. Emmett avait un petit accident par jour, il était encore plus gamin qu'avant et Rosalie en avait assez. Maintenant qu'elle était capable d'avoir des enfants, elle supportait de moins en moins l'immaturité d'Emmett.

« Pourront nous avoir vivre séparément ? » demanda Jasper.

Esmé n'osa pas le regarder, elle savait que ses enfants voudraient plus d'indépendance, elle était triste mais ne voulait pas le leur montrer.

« Chacun fera selon sa volonté, assura Carlisle. Nous voudrions rester proches de vous. »

« Je ne suis pas sûre de pouvoir m'éloigner. » répondit Alice en prenant dans sa main celle d'Esmé.

« Passons au dessert ! » annonça celle-ci pour alléger l'atmosphère.

Emmett et Alice se levèrent en même temps et coururent jusqu'à la cuisine. Alice était une vraie gourmande, elle et Emmett avaient du mal à ne pas manger en permanence. Jasper ricana et son frère se laissa distraire une seconde. Ils entendirent un gros boum et virent Emmett tomber à terre après s'être fracassé le nez contre l'embrasure de la porte. Les rires stoppèrent, Carlisle se précipita vers son fils qui saignait abondamment.

Rosalie resta en retrait et observa son mari, elle ne put s'empêcher de penser que peut-être, il n'était pas prêt à devenir adulte. Emmett la chercha du regard et fut frappé par la dureté du regard de sa femme, elle avait déjà eu des expressions glaciales, mais jamais envers lui.

Plus tard, il la rejoignit dans leur chambre.

« Tu m'en veux bébé ? »

« Non. »

« Pourquoi tu es comme ça ? »

« Comme quoi Emmett ? »

Il tenta son approche habituelle, se glisser derrière elle et l'embrasser dans le cou et sur les épaules. Pourtant cela ne fonctionnait pas, Rose se dégagea et alla se poster devant la baie vitrée.

« Tu sais que je veux avoir un enfant, commença-t-elle d'une voix aussi calme que possible. Je suis prête. »

« Moi aussi bébé, je ferai tout pour toi. »

« Tu n'es pas prêt Emmett. Tu ne le seras peut-être jamais. » asséna-t-elle, une larme coulant sur sa joue.

« Je sais que j'agis comme un gamin mais c'est juste pour rigoler. Je veux dire… enfin merde ! On est humains à nouveau, je veux juste profiter un peu. »

« Je ne te le reproche pas Emmett. Je t'aime et j'ai supporté toutes tes pitreries, tes blagues, ton besoin d'aventures. Nous n'avions rien d'autre à faire que de nous aimer. Tout est différent désormais. Nous avons une vie à construire, un bonheur à entretenir et une famille à fonder.»

Emmett ne dit rien, il ne comprenait pas où elle voulait en venir.

« Je ne vais pas retourner au lycée, je ne pense pas aller à l'université. »

« Ok, tu peux faire ce que tu veux bébé. »

« Je crois que j'ai besoin d'être seule quelques temps. »

« Ok, on va partir tous deux à Paris ! Ou à Milan, c'est toi qui décides. »

« Oui… je décide, mais Emmett, je veux être seule, sans personne, sans toi. »

« Mais pourquoi ? »

« Je dois faire le point. Mince… je déteste les filles qui disent ça et pourtant j'en suis là aussi. »

« Rosie… »

Il passa ses bras autour de sa taille tandis qu'elle sanglotait. Sa décision était prise, elle n'avait pas envie de retourner à Forks, elle ne voulait pas reprendre une vie de mensonges, elle devait savoir ce qu'elle voulait vraiment.

Emmett la serra plus fort mais ne voyant pas Rosalie réagir à ses mots, à ses suppliques, il abandonna. Elle aurait voulu qu'il refuse, qu'il l'en empêche, qu'il ne la lâche jamais.

« Si tu m'avais rencontré quand j'étais humain, tu ne m'aurais jamais aimé. » lui dit-il avec colère.

« C'est faux ! Je t'aime Emmett mais l'amour ne suffit pas toujours. »

« Tu mens. Je t'aime malgré ton caractère de merde, malgré tes tendances égocentriques, malgré tes caprices de diva, malgré ton manque de compassion. »

« Je suis désolée, ça n'est pas un caprice mais une nécessité. Je ne sais pas quand je reviendrai mais je le ferai. »

Il la força à lui faire face, d'abord désarçonné par ce visage inondé de larmes.

« Dis-moi que tu m'aimes. »

« Je t'aime Emmett. »

« Alors ne pars pas. Je ne peux pas vivre un jour sans toi. »

Elle se tendit, se remémorant ces derniers jours où il n'avait pas passé beaucoup de temps avec elle.

« Tu y arriveras, tu passes déjà la moitié de la journée à dormir. Tu manges, tu joues aux jeux vidéo, tu te bats contre Jasper, … Je pense que tu y arriveras très bien. »

« J'ai … ok pars si c'est ce que tu veux. »

Il quitta leur chambre en claquant la porte. Rosalie sécha ses larmes et commença à faire sa valise. Elle devait dire au revoir à celle qu'elle avait été pendant plus de soixante dix ans.